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28/11/2010

Théâtre de bonne humeur

Le technicien

 

D'Eric Assous

 

Avec Roland Giraud et Maaike Jansen

 

Mise en scène de Jean-Luc Moreau

 

Théâtre du Palais-Royal

 

 

Roland Giraud est le technicien...de surface, embauché, par pitié ou par vengeance, par son ex épouse, qu'il a abandonnée 25 ans plus tôt, alors qu'il était en pleine réussite.

La patronne, dans tous les sens du terme, comme actrice autant que comme personnage, c'est Maaike Jansen, qui mène rondement les affaires, avec une gouaille très parisienne, malgré son nom scandinave.

 

Le théâtre du Palais-Royal, construit en 1783 par le Duc d'Orléans (mais pourquoi tant de théâtres parisiens sont-ils tellement inconfortables ?) n'est pas sur les boulevards, mais la pièce qui s'y joue peut être qualifiée de "théâtre de boulevard" : il y est question d'adultère, avec situations sinon scabreuses ou moins embarrassantes, de secrets de famille, aisés à deviner pour le spectateur,  dévoilés après quelques quiproquos de bon aloi. Un théâtre de bonne humeur.

 Avec tout de même une réflexion sous jacente sur le temps qui passe, sur l'amour qui reste, malgré tout, sur la difficulté, sinon l'impossibilité,  de réinsertion après 55 ans, même comme "technicien de surface"...

 

07:58 Publié dans Téâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre

27/11/2010

Lost City Radio

Lost City Radio

 

Daniel Alarcon

 

10/18 n°4327

 

 

Un jeune auteur américain, d'origine péruvienne, parle d'un pays imaginaire, qui fait irrésistiblement penser au Pérou des années noires, quand l'armée avait les pleins pouvoirs pour lutter contre le terrorisme.

Mais l'on pourrait penser à d'autres pays latino-américains ayant subi une guerre civile et/ou une juste militaire.

Un pays qui veut oublier la guerre civile, qui reste, malgré tout,  ancrée dans les mémoires.

 

L'émission "Lost City Radio" est consacrée, chaque semaine, aux nombreux disparu(e)s.

"Des centaines de milliers de personnes déplacées allaient former le cœur de son audience."

Bien entendu, l'animatrice de l'émission va se trouver confronter à son propre passé.

 

 

"Les hommes politiques, ça n'existe plus : il n'y a plus que des flagorneurs et des dissidents"

 

"La campagne comptait sur la militarisation croissante exigée par les forces de l'ordre, tirait sa force et sa légitimité  d'un massacre d'innocents, ou de la disparition de tel sympathisant connu et bien aimé."

 

 

 

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

26/11/2010

Fair game, pas "fair play" du tout

Fair Game

 

De Doug Liman

 

Avec Naomi Watts et Sean Penn

 

 

Et dire que tout cela est vrai ! La réalité dépasse la fiction et l'affliction.

 

Nixon a été obligé de démissionner pour avoir caché la vérité dans l'affaire du Watergate. Clinton a été harcelé sur la nature exacte de ses relations sexuelles avec une stagiaire. Mais W. Bush a pu terminer son mandat après avoir délibérément et effrontément menti sur de prétendues "armes de destruction massive" irakiennes. 

D'autres films américains, comme "Green Zone" sont revenus sur ce mensonge.

"Fair Game" entre dans les détails.

La CIA avait très explicitement dit que le programme nucléaire irakien était détruit.

Tout le monde savait que les tubes en aluminium donnés comme "preuves" n'avaient rien à voir avec la construction d'une bombe atomique.

Un ancien ambassadeur américain avait expliqué très catégoriquement qu'il était impossible que le Niger ait vendu 500 tonnes d'uranium à l'Irak.

Pour faire peur à tous les agents des services de renseignements susceptibles de révéler les mensonges, de gros et de détails, les proches du Président sont allés jusqu'à révéler le nom d'une femme  officier de la CIA.

Ces salopards ont été punis pour cela, puis amnistiés par le Président.

Mais l'essentiel était fait : détourner l'attention de la véritable question : pourquoi les soldats américains étaient-ils en Irak ?

Le film montre bien le fonctionnement des médias américains (seulement américains ?) : l'essentiel est de passer à autre chose, à d'autres questions, par exemple : quels sont les rapports de ce couple ? Le mari ne se faisait-il pas payer des vacances au Niger aux frais des contribuables ? Sont-ils de vrais patriotes ou des communistes ?

Souvenez-vous de l'affaire Woerth / Bettencourt cet été : il fallait détourner l'attention : ce fut l'opération sécuritaire avec les Roms pour cibles.

 

La démonstration est irréfutable et inquiétante pour la démocratie et la marche du monde.

 

Sean Penn est un habitué des films engagés politiquement. Il incarne parfaitement cet idéaliste décidé à faire éclater la vérité. Naomi Watts est très crédible en mère de famille, fille de militaire, totalement engagée dans son travail, au péril de sa vie, de son couple, de sa famille. 

 

08:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

25/11/2010

Drame haïtien, impuissance européenne

Haïti : drame humanitaire, impuissance de l'Union européenne

 

Devant l'aggravation de la situation, l'ONU a lancé un appel de fonds de 121 millions d'euros.

Le coordinateur de l'ONU se plaint d'avoir reçu moins de 10% de ce dont il a  besoin.

 

La Commission européenne a mobilisé 12 millions d'euros supplémentaires pour ses partenaires humanitaires sur place et dépêché de nouveaux experts médicaux.

 

Devant le Parlement européen, la Commissaire européenne chargée de l'action humanitaire a exhorté les parlementaires à faire pression sur leurs Etats membres pour qu'ils contribuent.

En pleine crise sur le budget européen, on voit là un exemple concret de l'utilité que pourrait avoir un véritable budget commun, au lieu d'attendre la bonne volonté de chaque Etat.

Dans le domaine des affaires étrangères, l'Union européenne est souvent perçue comme une "super ONG".  Je dirais plutôt qu'elle est une pourvoyeuse de fonds pour les ONG.

Le drame haïtien montre qu'elle ne peut agir qu'à la marge : 10%.

 

 

07:54 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, haïti

24/11/2010

Paul à Québec : un "prix du public" bien mérité

Paul à Québec

 

Michel Rabagliati

 

Prix du public FNAC / SNCF Angoulême 2010

 

Editions "La pastèque"

 

 

Paul, qui vit au Québec, à Montréal, avec sa femme Lucie et sa fille Rose,  part  en famille à Québec pour rendre visite à ses beaux-parents Roland et Lisette.

Le grand-père, heureux d'avoir la visite des ses filles, gendres et petits enfants a fait installer un chauffe-eau pour que tout le monde puisse profiter de la piscine.

 

Une petite première moitié du livre montre une vie familiale tranquille, avec les tracas ordinaires : trouver une maison à un prix abordable, assez grande et dans un quartier sympathique, sans nuisances...

Avec toutes ces expressions québécoises qui nous font sourire, mais ne nécessitent pas de dictionnaire.

Se brancher à Internet, après avoir été obligé de changer tout l'équipement informatique, parfois déjà obsolète au moment de l'achat. La scène de l'installation "si vous êtes en pantalon tapez 3"...fait penser au "Bidochon fait de l'informatique" de Binet.

 

La, grande, deuxième moitié est plus centrée sur Roland, le beau-père de Paul.

Roland est un "self made man", qui raconte son enfance miséreuse, puis son travail acharné et qui, arrivé à l'âge de la retraite, est frappé par le cancer.

Adieu la belle maison dans la campagne, avec piscine,  près de Québec, il faut déménager dans un appartement,  près de ses filles.

Puis il faut se résigner à attendre la mort dans un centre de soins palliatifs, où, après une période un peu agressive, il demande le droit de choisir son moment de mourir.

La scène de sa petite fille retournant sur la tombe encore ouverte pour lui adresser un dernier adieu est particulièrement touchante.

 

Depuis quand n'avais je pas pleurer d'émotion à la lecture d'une BD ?

S'il est vrai que l'on ne pleure que sur soi même, j'avoue espérer ne pas terminer ma vie ainsi...

 

Un sacré "roman graphique", "sibonac !", comme disent nos cousins,  au trait précis comme un scalpel,  souligné par le noir et blanc.

 

 

"Si j'avais les ailes d'un ange, je partirais pour Québec..."

09:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd