09.02.2010
les gendarmes (européens) en Haïti
Mission de la gendarmerie européenne : enfin !
Les ministres européens ont décidé d'envoyer 300 gendarmes de la "Force européenne de gendarmerie", pour sécuriser, sous l'autorité de l'ONU, les convois humanitaires en Haïti.
La création d'une "Force européenne de gendarmerie" a été évoquée pour la première fois au Conseil européen de Nice, il y a 10 ans !
Comme au niveau européen tout prend toujours beaucoup de temps, cette force a été créée en septembre 2004 par l'Italie, la France, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal.
Il est vrai que pour certains pays, en particulier la Grande-Bretagne ce corps de militaires ayant des missions de police, à moins qu'ils ne soient des policiers ayant un statut militaire, est tout simplement incompréhensible, pour ne pas dire choquant, à la limite d'une atteinte aux droits de l'Homme.
D'autres considèrent qu'ils sont le meilleur atout de l'Union européenne dans les opérations civiles et militaires, caractéristiques de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense. Ils peuvent faire le lien entre les autorités militaires et civiles, dans des contextes "déstabilisés", ou même hostiles.
J'ai visité son quartier général, en Italie, à Vicenza, en juin 2007.
Ces gendarmes ne demandaient, déjà, qu'à prouver leur utilité.
Depuis leur petit quartier général de 30 personnes, il est possible de mobiliser 800 gendarmes, des différents pays européens, en 30 jours maximum, pour assurer des missions de maintien de la paix, de préservation de l'ordre public, mais aussi pour former des officiers et des instructeurs spécialisés dans le maintien de la paix. Ce qu'ils font à Vicenza.
J'ai appris, à cette occasion, l'existence d'une "Association internationale de centres d'entraînement au maintien de la paix" !
Il était alors question de les faire participer à la mission EULEX au Kosovo, mais l'Espagne ne reconnaissant pas l'indépendance du Kosovo s'y est opposée. Et tout doit être décidé à l'unanimité...
En Géorgie la mission d'observation de l'Union européenne a été composée, de facto, de gendarmes, mais, à ma connaissance, c'est la première fois, dix ans après la première décision à son sujet, quatre ans après avoir été déclarée "opérationnelle", que la "Force européenne de gendarmerie", en tant que telle, part en mission, enfin !
11:27 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe
07.02.2010
blessure d'amour propre
Blessure d'amour propre
Martin Veyron
Editions Dargaud
Au début des années 80 paraissait, aux éditions "l'écho des savanes", "L'amour propre ne le reste jamais très longtemps", de Martin Veyron.
A la fin de "L'amour propre", le "héros" (Martin Veyron affirmait que ce n'était pas autobiographique, ce qui était facile à croire), le personnage principal, donc, se retrouvait papa d'une petite fille.
Le temps a passé bien vite. Presque trente ans plus tard le papa devient grand-père. Toujours dessinateur, il a des problèmes avec sa prostate, et avec son inspiration, et est toujours fauché. Autobiographique ?
Il se retourne alors vers ce qui a fait son inoubliable succès : le "point G" et les "femmes fontaines".
Cela m'a donné envie de relire "L'amour propre", et je ne l'ai pas regretté.
Album beaucoup plus "hard" : la période était-elle plus permissive, ou Martin Veyron est-il moins excité ?
Reste, au moins pour ma génération, et celle de Martin Veyron, la douceur de la nostalgie du temps qui passe, et nos fantasmes pas tout à fait estompés...
08:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, bd
06.02.2010
venezuela s'en tenir aux principes
Faut-il respecter toutes les lois ?
Au Venezuela, une loi oblige tous les médias à retransmettre, en leur intégralité, toutes les interventions du chef de l'Etat. Celles-ci peuvent durer plusieurs heures, le Président Chavez étant un grand admirateur de Castro.
Six télévisions, privées, ont décidé de ne pas retransmettre la dernière intervention : elles ont été interdites de diffusion.
Je ne supporterais pas une loi obligeant toutes les télévisions et toutes les radios à retransmettre intégralement toutes les interventions de Sarkozy, même si aucune loi n'oblige à regarder la télévision, ou à écouter la radio, à ce moment là.
Est-il possible de ne pas obliger radios et télévisions à respecter la législation ?
A la fin de la guerre, les juges allemands et collaborateurs de tous les pays, y compris le notre, expliquaient doctement qu'ils appliquaient la loi. Idem à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud.
En cas de dictature, les choses sont claires : il faut soutenir celles et ceux qui sont victimes de lois non démocratiques.
Mais le Venezuela reste une démocratie pluraliste, avec des élections libres et transparentes, et des médias privés, comme partout, majoritairement aux mains de forces économiques hostiles à toute action progressiste, en l'occurrence celles du gouvernement bolivarien de Chavez.
Conclusion ?
Non aux atteintes au pluralisme et à la démocratie, d'un côté comme de l'autre !
08:30 Publié dans Amérique latine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2010
Up in the air
Up in the air
De Jason Rehman
Avec George Clooney et Anna Kendrick
Jamais facile de faire de l'humour avec des drames sociaux et humains.
Et pourtant ce film est une réussite.
La toile de fond est une Amérique en crise, où les entreprises licencient par paquets, et dont les dirigeants utilisent les services de spécialistes, chargés d'annoncer la nouvelle aux futurs chômeurs.
C'est toute une technique que d'expliquer à des gens qui vont perdre leur situation que "c'est une nouvelle chance qu'ils doivent saisir", en leur offrant une brochure supposée contenir tous les conseils pour "rebondir".
George Clooney joue, avec beaucoup d'humour et de finesse, le rôle d'un de ces mercenaires. Sa vie, consiste à passer d'un Hilton à l'autre, entre deux avions, deux "salons" d'aéroport, deux vagues de licenciements, avant de se retrouver, le moins souvent possible, "chez lui", dans la solitude d'un appartement vide.
Sa vie (de rêve ?), risque de basculer lorsqu'apparaît une brillante étudiante, sortie major de sa grande université (l'ENA n'existe pas aux USA) qui invente le licenciement par vidéoconférence.
Le rythme ralentit un peu quand le film quitte son sujet pour s'attarder dans les poncifs de la comédie américaine (il l'aime, elle l'aime, ils s'aiment...). Un homme amoureux n'est généralement drôle que dans le ridicule !
Mais la fin "remet les pendules à l'heure".
George Clooney : "who else ?"
08:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
04.02.2010
petit dictionnaire des mots de la crise
Petit dictionnaire des mots
De la crise
Philippe Frémeaux
Dessins de Gérard Mathieu
Editions "Alternatives économiques"
Les problèmes économiques sérieux, et leurs conséquences sociales, présentés avec humour, aussi bien dans le texte que les dessins, dans ce tout petit livre.
C'est clair et pédagogique, donc percutant.
A travers des mots comme "aléa moral", "titrisation" et "bonus" il est expliqué clairement que les banques et traders peuvent se permettre de prendre des risques inconsidérés avec de l'argent qui ne leur appartient pas : les gains sont privés, les pertes à la charge des épargnants et des contribuables.
En 2008, alors que les banques perdaient des milliards, 18 milliards de $ de bonus ont été distribués, et les salaires des grands dirigeants n'ont pas baissé.
"Le marché des créances titrisées avait atteint 11 000 milliards de $ aux Etats-Unis en 2006. Elles étaient finalement revendues à des épargnants et finissaient, par exemple, dans votre compte-épargne retraite ou votre assurance-vie". "AIG s'en était fait une spécialité et garantissait, à la veille de la crise, pour 2 600 milliards de $ de créances titrisées. L'équivalent d'une année du PIB français." "La déconfiture d'AIG a coûté 170 milliards de $ aux contribuables américains".
"Qui a beaucoup d'actifs peut rester inactifs"
"La seule solution pour dépenser plus sans gagner plus, c'est de s'endetter"
"Quand l'Etat s'endette, ce sont ceux qui gagnent suffisamment pour épargner qui lui prêtent de l'argent. Et si l'Etat augmentait juste un peu les impôts payés par les plus aisés plutôt que de leur emprunter de l'argent ?"
"Le marché ne fonctionne jamais sans règles. Le néolibéralisme est le fruit d'une puissante intervention politique au profit des plus puissants et des plus riches". "La dérèglementation consiste à donner plus de place aux mécanismes du marché dans la gestion des services publics."
08:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise


