Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/08/2019

Dans l'Amérique du XVIIe siècle

Un don

Toni Morrison

Prix Nobel de littérature 1993

10/18 n° 4339

 

Toni Morrison a été la première afro-américaine a être couronnée du prix Nobel de littérature.

Elle nous a quitté cette année, nous donnant un bon prétexte pour la lire, ou la relire.

J'ai jeté mon dévolu sur un petit livre de moins de deux cent pages qui raconte l'histoire de trois domestiques : une enfant noire de huit ans, fille d'une esclave déracinée d'Angola ; une jeune indienne, seule survivante du massacre de sa tribu lors de l'expulsion des indigènes de la Caroline ; une adolescente blanche, rescapée du naufrage du bateau de son père, n'ayant jamais vécu auparavant sur la terre ferme.

Un roman des débuts de l'Amérique colonisée, au XVIIE siècle. Vastes étendues et intransigeance religieuse.

 

"Elle se baigne tous les jours, ce que les chrétiens ne font jamais."

"En autorisant tout Blanc à tuer tout Noir pour n'importe quelle raison, en offrant des compensation aux propriétaires pour la mort ou la mutilation d'une esclave, ils séparèrent et protégèrent les Blancs de tous les autres, et pour toujours."

"Le tabac et les esclaves étaient mariés."

"Les hommes les plus riches de sa connaissance bâtissaient en bois, pas en briques."

"être femme ici c'est être une blessure ouverte qui ne peut guérir."

 

 

 

 

 

11/08/2019

Quelle vie ont eu nos grands-parents ?

Histoire de Rose et Jean Duchemin

Alphonse Karr

éditions des falaises

 

Mon fils m'a ramené d'Etretat, berceau de la famille Vallin, un petit livre racontant la vie de Rose Duchemin, née Vallin.

Une vie de dur labeur, à la limite de la misère ("nous étions pauvres honteux"). Une vie à demander au boulanger de pouvoir payer le pain, principale nourriture avec les pommes de terre, à crédit, au retour de pêche.

Sur la couverture on voit des femmes, et des hommes, tourner autour du cabestan pour remonter le bateau de pêche sur les galets. Une scène racontée par ma grand-mère paternelle. Les femmes attendaient sur la grève. Dès que les bateaux étaient en vue, le rappel était lancé pour que toutes les disponibles viennent tourner afin de remonter les cordes, et donc les bateaux.

Rose, treizième enfant de la maison Vallin, mariée en 1815 afin de son mari soit exempté de partir à la guerre de Napoléon.

Jean Duchemin était marin. Mais si pauvre qu'il n'avait pas de filet pour participer à la pêche. ("il faut six filets pour avoir son lot à la pêche du hareng") Seule solution : prendre un crédit. Une pêche difficile puisque déjà à l'époque les marins se plaignaient que les harengs aient quitté nos côtes. "Nous avons à présent un pays bien triste pour la pêche, nos côtes sont stériles."

Rose élèvera seize enfants. Sept garçons et neuf filles.  "Il ne faut pas crier après les enfants pour se faire craindre, on est plutôt servi à les prendre par la douceur. Quand on crie après eux, ils vous haïssent de suite ". La mer lui prendra deux garçons, dont l'ainé.

Aujourd'hui une école d'Etretat porte le nom de Rose Duchemin.

Alphonse Karr, romancier et journaliste (il fut même rédacteur en chef du Figaro de 1836 à 39) prête sa plume pour raconter la vie de Rose, en certifiant qu'il a reproduit fidèlement son récit.

 

 

17:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, histoire

13/07/2019

Roman noir et gastronomique

Souper mortel aux étuves

Michèle Barrière

Le livre de poche policier n°3143

 

L'action se passe lors du règne du malheureux roi Charles VI victime de crises de folie de plus en plus longues, laissant , de fait, la régence du royaume à son épouse, Isabeau de Bavière qui n'a pas laissé un bon souvenir dans l'histoire de France, marquée en cette période par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, portée à son maximum par les assassinats de Louis d'Orléans, frère du roi, et de son cousin Jean sans Peur, Duc de Bourgogne.

Un bourgeois de Paris a la gorge tranchée dans des étuves, haut lieu de prostitution. Son épouse veut venger son mari. Elle enquête et découvre que les études, comme aujourd'hui les saunas, peuvent être parfois autre chose que des lieux d'hygiène. Elle découvre également que son mari était en ces lieux sur la piste d'un trafic de fausses monnaies.

Son enquête la mènera jusqu'à Bruges, important lieu du commerce international à l'époque, et Lille "l'une des trois capitales, avec Dijon et Bruxelles, du duc de Bourgogne."

Michèle Barrière est incontestablement la spécialiste du livre policier et gastronomique.

 

 

14:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, littérature, histoire

01/06/2019

Un inédit d'Arnaldur Indridason

Les fils de la poussière

Arnaldur Indridason

éditions Métaillé / noir

 

Premier roman d'Arnaldur Indridason, avec Erlendur qui mène l'enquête, avec Sigurdur Oli. Paru il y a vingt ans en Islande, mais qui n'avait jamais été traduit en français.

Une histoire glaçante d'essais pharmaceutiques menés sur une classe de gamins révélée trente ans plus tard par la mort de deux protagonistes. Une fin qui se rapproche de la science fiction. Tous ceux qui ont aimé les aventures du policier islandais Erlendur aimeront retrouver la première enquête de celui-ci.

 

14:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, littérature

26/05/2019

Semaine sanglante

Dans l'ombre du brasier

Hervé Le Corre

Rivages / Noir

 

Le brasier, c'est la fin de la Commune de Paris. La "semaine sanglante" commence le 22 mai, le roman commence le 18. Les deux et se terminent par la défaite finale dans le cimetière du "Père Lachaise", à Belleville le dimanche 28.

Dans l'ombre de ce bain de sang, la vie humaine n'ayant plus beaucoup de valeur, un pervers enlève des jeunes femmes qu'il drogue, pour les "louer"  à un photographe, ou les vendre, en particulier aux Prussiens qui encerclent Paris, sans intervenir dans la guerre civile.

Un relieur élu "responsable de la sécurité" du Xe arrondissement part à la recherche de la dernière jeune femme enlevée, dont le fiancé est sergent dans les rangs des communards.

L'auteur est clairement dans le camp de la Commune, et avance l'espoir d'un monde meilleur.

La répression fut féroce. Le roman est clair sur ce point, mais ne donne pas les chiffres : 1 000 morts dans les rangs de l'armée "régulière", entre 5 700 et 7 400 fédérés tués pendant les combats + 20 000 personnes fusillées sans jugement, 13 000 condamnations, dont 3 800 à la déportation en Algérie ou en Nouvelle- Calédonie, dont Louise Michel. L'état de siège subsista jusqu'en 1876.

 

 

19:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, littérature, histoire