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18/11/2017

De la tolérance religieuse

Une colonne de feu

Ken Follet

éditions Robert Laffont

 

J'ai bien aimé "Les piliers de la terre", un peu moins "Un monde sans fin".  Je regrettais dans ces deux romans leur manichéisme. Les méchants sont vraiment méchants et les gentils sont des héros. Autre reproche : les "rebondissements" tout à fait prévisibles. Etonnant de la part d'un auteur de "thrillers". Ces deux regrets sont également valables pour ce troisième volet de la cité imaginaire de Kingsbridge.

Cinq cent ans de la Réforme, mais aussi actualité de l'extrémisme religieux.

"Quand un homme est convaincu de connaître la volonté de Dieu, et qu'il est résolu à l'accomplir à tout prix, il devient l'être le plus dangereux du monde."

Il y a donc deux catégories : les extrémistes religieux, très méchants, et les tolérants qui sont les héros. Inconvénient : tous les méchants sont catholiques ! Avec en tête de liste la famille de Guise, ce qui est mérité. Mais tous les catholiques ne sont pas méchants. Catherine de Médicis et Charles IX sont classés dans la catégorie des tolérants et sont totalement exonérés par l'auteur des massacres de la Saint Barthélémy !

En Angleterre Marie, fille de Catherine d'Aragon, surnommée "Marie la sanglante", catholique, est dans le camp du mal,et Elizabeth I, protestante,  dans le camp des gentils, ne tuant les catholiques, dont Marie Stuart, Reine d'Ecosse, que pour sauver son trône.

Il est curieux de Ken Follet ne distingue pas les Protestants des Anglicans. Henri VIII, père de Marie et d'Elizabeth pourchassait les Luthériens autant que les catholiques.

 

09:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire

17/11/2017

Napoléon et l'aristocratie russe

Guerre et paix (1)

Léon Tolstoï

Adaptation : Frédéric Brémaud

Dessins : Thomas Campi

Couleurs : Fabio d'Auria

Le Monde et éditions Glénat

 

Guerre et paix, initialement paru en feuilleton,  a été adapté trois fois au cinéma, sans compter la version parodique de Woody Allen "Guerre et Amour" , adapté à plusieurs reprises à la télévision par la BBC, en multiples épisodes, dont une version avec Anthony Hopkins, adapté en opéra, adapté au théâtre. Le voici adapté en BD.

L'adaptation BD porte peu sur la guerre et la paix mais insiste surtout sur la vie de l'aristocratie russe de l'époque. Malheureusement la question du servage, soulevée par Tolstoï, est escamotée. Les guerres napoléoniennes, et les positions changeantes du Tsar,  servent de toile de fond.

La première partie se termine avec l'avancée des troupes napoléoniennes vers Moscou.

 

 

08:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire

14/11/2017

Les racines de la Révolution

Le sang de la Bastille (1787/1789)

Claude Manceron

éditions Robert Laffont

 

Raconter la Révolution à travers les biographies croisées des personnages les plus importants...et de parfaits inconnus.

Projet gigantesque. Au départ Claude Manceron avait prévu cinq volumes de 1774 à 1797. Il a bien écrit cinq gros volumes mais qui ne couvrent que la période antérieure au déclenchement de la Révolution, et n'a pas eu le temps de rédiger, à partir de ses milliers de fiches, la suite de ces biographies couvrant la période révolutionnaire elle même. Et personne n'a repris la tâche titanesque.

Ce "sang de la Bastille" va du mariage de Condorcet (vingt ans de plus que la mariée) et du renvoi de Calonne ("une politique d'emprunts plus que d'impôts"),  à la prise de la Bastille, comme l'indique le titre. "Le sang de la Bastille cria dans toute la France" (Saint-Just)

"Ainsi s'est accomplie la plus grande Révolution dont l'Histoire ait conservé le souvenir." (ambassadeur britannique à Paris)

"Louis XVI souffrait d'une indécision pathologique croissante aggravée par l'imprégnation alcoolique." "Il ne détestait rien tant que d'être appelé à l'arbitrage." Et les caisses sont vides ! Et la disette fait rage, provoquant des émeutes de la faim dans plusieurs provinces.

La Fayette va obéir à "cette faim canine pour la popularité et la renommée" (Jefferson)

"Ce fut dans la poussière des archives seigneuriales que je découvris les affreux mystères des usurpations de la caste noble." (Babeuf)

Pendant ce temps, les Etats-Unis d'Amérique adoptent leur Constitution. "Pas question de faire désigner le Président au suffrage universel direct. Une péréquation compliquée permet d'éviter qu'il soit l'émanation des gros Etats par rapports aux petits." Et c'est ainsi,  qu'un jour, un Président sera élu avec presque trois millions de voix de moins que sa concurrente... mais ceci est une autre histoire !

 

 

 

 

 

16:01 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

10/10/2017

Séparation de l'Eglise et de l'Etat

La Séparation de 1905

Les hommes et les lieux

sous la direction de Jean-Pierre Chantin et Daniel Moulinet

éditions ouvrières / éditions de l'Atelier

avec le concours du Centre National du Livre

 

Les maires du Narbonnais sont en colère contre l'évêque. Celui-ci interdit les concerts profanes dans les églises de son diocèse.

Les maires font valoir que ce sont les communes qui sont propriétaires des églises et qu'elles prennent en charge tous les frais d'entretien et de réparations. Mais ils ne sont que "nu-propriétaires". Les fidèles et le clergé en ont la pleine jouissance, bien que "sans droit juridique."

Ils considèrent que la Loi de 1905 es dépassée et devrait être revue.

Sauf que la Loi de Séparation n'avait pas prévu une telle situation. Les biens des Eglises devaient, sur proposition de Jean Jaurès, être dévolus à des associations cultuelles placées sous l'autorité de la hiérarchie religieuse.

Loi acceptée par les Protestants et les Juifs, mais refusée par le Pape.

Cet ouvrage, fruit d'un colloque organisé à Lyon à l'occasion du centenaire de la Loi de Séparation, et qui garde toute son actualité, explique clairement que c'est la loi du 2 janvier 1907 qui prend acte du refus de l'Eglise catholique et dispose, dans son article 5 qu'"à défaut d'associations cultuelles les édifices affectés à l'exercice du culte continueront à être laissés à la disposition des fidèles et des ministres du culte pour la pratique de leur religion." La Loi d'avril 1908 ouvrit la possibilité aux commune "d'engager les dépenses nécessaires pour l'entretien et la conservation des édifices du culte." Il s'agit d'un "transfert total des charges de l'utilisateur sur le propriétaire." "Celui qui profite n'est ni propriétaire ni locataire. Il jouit d'une concession d'usage, à titre exclusif et perpétuel. La Loi de décembre 1913 rend les communes explicitement responsable de la sécurité des lieux et des objets qui s'y trouvent.

Autres interventions lors du colloque reprises dans le livre : "la laïcisation de la mort", "les Protestants face à la Séparation", "les Juifs face à la Séparation", "l'application de la loi de Séparation Outre-Mer" (trop basée sur l'Eglise catholique, oubliant l'islam), et bien entendu "la révolte des Inventaires." qui n'était pas attendue. "Ce qui devait n'être qu'un épisode technique anodin de la Séparation est devenu l'un des psychodrames de l'histoire de France.

 

 

16:12 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

30/09/2017

Mata Hari racontée par Paulo Coelho

L'espionne

Paulo Coelho

éditions Flammarion

 

Néerlandaise, mariée jeune à un diplomate en poste en Indonésie, elle débarque à Paris sans le sou mais pleine de culot. Elle invente des danses "asiatiques" lascives et érotiques.

Elle séduit des hommes importants et/ou riches.

Pendant la Première guerre mondiale, elle ne comprend pas que les temps ont changé. Son charme est un peu passé. Elle ne peut plus se reposer sur ses relations pour pardonner ses imprudences, ses mensonges et ses provocations, son désir d'attirer l'attention.

Il faut débusquer des espions, ou une espionne. "Femme émancipée dans un monde gouverné par des hommes", elle fera parfaitement l'affaire du "bouc" émissaire. "Prostituée, oui. Espionne, jamais !" Mais elle est "plus attachée à montrer son importance qu'à défendre son innocence."

"La preuve que nous avions était tellement insuffisante qu'elle n'aurait même pas servi à fouetter un chat"

"Son accusateur, le chef du contre-espionnage,  avait été l'un des responsables de l'affaire Dreyfus."

Paulo Coelho prouve une nouvelle fois son talent de conteur.

 

"Quand une femme permet à un homme de l'aider, cela le rend toujours vulnérable."

"En temps de guerre, la première victime est la dignité humaine."

 

 

20:46 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire