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19/01/2019

Espagne, juillet 36

La guerre civile espagnole

Paul Preston

Adaptation et illustrations : José Pablo Garcia

édition Belin

 

Paul Preston, historien britannique, docteur en Histoire d'Oxford, enseignant à la London School of Economics, spécialiste de l'histoire de l'Espagne contemporaine. Je trouve que le titre d'un de ses autres ouvrages "Une guerre d'extermination" s'applique mieux aux évènements survenus en Espagne lors de cette période. Il ne s'agissait pas d'une "guerre civile", mais d'une guerre de militaires rebelles, avec des troupes marocaines comme fer de lance, soutenus par Hitler et Mussolini,  contre d'autres militaires ("70% des généraux et un peu plus de la moitié des colonels restèrent fidèles à la République"), et surtout contre une population civile mal armée pour se défendre.

"On estime que le nombre des assassinats en zone franquiste est trois à quatre fois supérieur à celui des assassinats en zone républicaine." "Franco qualifiait de "rédemption morale" les tueries qui suivaient la prise de nombreuses villes."

Pour expliquer, Preston remonte au début du XIXe siècle avec l'antagonisme entre une bourgeoisie progressiste d'un côté et de l'autre la noblesse terrienne et l'Eglise. J'ai déjà eu l'occasion de parler de la Constitution libérale, la Pepa adoptée à Cadix en 1812,  annulée par Ferdinand VII.

 

"La dépendance vis-à-vis d'un marxisme français rigide et simpliste que promouvait l'inflexible leader Pablo Iglesias porta préjudice au parti socialiste."

"En 1939, 70% de l'opinion britannique était favorable à la République, alors que le gouvernement conservateur était partisan de Franco."

"En refusant à la République le droit d'acheter des armes, les Britanniques se dispensaient d'aider les forces révolutionnaires."

"Franco concéda aux Allemands d'importantes richesses minières et des droits d'exploitation."

"Fin octobre 36, un peloton franquiste exécuta 14 prêtres basques.Ni le Vatican, ni les hiérarques de l'Eglise espagnole ne condamnèrent les exécutions."

"L'Eglise vit ses efforts au service de la cause rebelle récompensés par le contrôle exclusif de l'éducation."

 

08:37 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire, espagne

17/01/2019

De Charles X à Louis-Philippe

L'été des quatre rois

Camille Pascal

Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2018

éditions Plon

 

Quatre rois : Charles X, Louis XIX, Henri V et Louis-Philippe. Difficile de maintenir le suspens puisque l'on connait la fin. Restent toutes les péripéties pour y parvenir.

Juillet 1830 : Charles X, poussé par les ultras, "plus royalistes que le roi", publie des "Ordonnances" mettant en cause, entre autres,  la liberté de la presse, le corps électoral...Contrairement aux assurances de son premier ministre, Polignac, le peuple de Paris se révolte.

Hugo, Stendhal, Dumas, sont témoins. Lafayette, Thiers, Chateaubriand, Talleyrand, Guizot sont acteurs.

Quand Charles X se résigne à abdiquer, il nomme pour lui succéder, non pas le Dauphin, son fils, qu'il considère comme incapable, mais son petit-fils, le Duc de Bordeaux,  fils posthume de son fils ainé, le Duc de Berry.  Il est exagéré d'écrire qu'ils succéderont sur le trône à Charles X. Le Dauphin, restera Duc d'Angoulême,  sans jamais devenir Louis XIX, sauf le temps d'abdiquer en faveur de son neveu. Et le petit Duc de Bordeaux, malgré tous les efforts de sa mère, Duchesse de Berry, devra se contenter d'être le dernier prétendant au trône de la branche aînée des Bourbons. Pour Louis-Philippe, l'Histoire se terminera dix-huit ans plus tard.

 

"L'homme avait été un si piètre préfet de police sous l'Empire que de tels états de service méritaient, à eux seuls, la confiance des Bourbons qui la plaçaient toujours mal."

"Le roi régnait par la volonté de dieu."

"Le Duc d'Orléans offrait un compromis possible pour une France éprise de liberté mais fatiguée des convulsion historiques."

"La Chaussée d'Antin ne voulait pas davantage de la République que le Faubourg Saint-Germain"

"La popularité est à la politique ce que l'encens est au culte des dieux."

"Les rues misérables qui lapaient depuis des siècles les murs du vieux Louvre."

"Ces privations qui assombrissent une vieillesse et déplaisent souverainement aux femmes jeunes."

 

 

08:01 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire

15/12/2018

Bohême-Moravie

Munich

Robert Harris

éditions Plon

 

Septembre 1938. Mussolini a servi d'intermédiaire entre Chamberlain et Hitler afin de trouver un accord sur les Sudètes, cette partie de la Tchécoslovaquie majoritairement peuplée de citoyens d'origine allemande, mais attribuée à la toute nouvelle Tchécoslovaquie,  après la Première Guerre mondiale.

Daladier, Président du Conseil des ministres,  est également invité. Il parlera rapidement de "traquenard". Robert Harris lui attribue un rôle très effacé.

Le chantage d'Hitler est simple : soit les Tchèques quittent les Sudètes, soit c'est la guerre. Seulement vingt ans après la fin de la grande tuerie. La France et le Royaume-Uni avaient promis, par Traités, de défendre la Tchécoslovaquie contre d'éventuels agresseurs. La diplomatie française, passant des accords de défense multiples, est en complète contradiction avec la stratégie de l'Etat-Major, entièrement défensive.

Les opinions publiques française et britannique ne veulent pas "mourir pour les Sudètes." Les foules acclament Chamberlain et Daladier à leur retour dans leur capitale respective. Chamberlain semble penser sérieusement avoir sauvé la paix. Daladier, plus lucide, déclare en petit comité "Ah les cons, s'ils savaient". Il était persuadé qu'il se ferait conspuer à son retour en France. L'Assemblée nationale approuve massivement l'accord de Munich.

Churchill, adversaire de Chamberlain au sein du parti conservateur déclare : "Ils avaient le choix entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre."

Dommage que Robert Harris ne reprennent pas ces citations de Daladier et Churchill.

Moins de six mois plus tard, Hitler raye de la carte d'Europe la Tchécoslovaquie en instaurant un protectorat allemand sur la Bohème-Moravie, et en donnant son indépendance à la Slovaquie, dirigée par un gouvernement pro-nazi.

D., de Robert Harris sur l'affaire Dreyfus,  est un de mes livres préférés. J'ai été un peu déçu par Munich qui n'est pas mauvais quand même.

 

"Chamberlain était aussi égocentrique que Hitler : le Premier ministre amalgamait toujours l'intérêt national et lui-même."

 

 

08:49 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, littérature

13/12/2018

Derrière les Murs rouges

Mao, sa cour et ses complots

Jean-Luc Domenach

éditions Fayard

 

Jean-Luc Domenach raconte les luttes de factions au sein de la caste au pouvoir en Chine. Mao n'était pas tout puissant. Il était surtout habile à utiliser les uns contre les autres.

Après le "Grand Bond en avant", la "Révolution culturelle" avaient d'abord pour but d'affirmer son pouvoir, au prix d'une terrible famine, les deux fois.

"Mao a presque toujours vu faux et conduit son pays aux désastres du Grand Bond et de la Révolution culturelle mais il a mis en oeuvre un remarquable talent politique pour conserver le pouvoir et battre tous ses opposants hypothétiques ou réels."

"36 millions de morts du Grand Bond, la guerre menée par Mao contre l'élite des Murs rouges a engendré la Révolution culturelle."

C'est la caste des pragmatiques qui s'imposera après sa mort, permettant une relance de l'économie, mais toujours sous le joug d'une répression féroce.

"La modernisation capitaliste fournirait ce que la révolution n'avait pas donné".

 

"Les épouses, conscientes de l'importance des avantages matériels, ont efficacement contribué à la constitution en caste de l'élite politique chinoise."

 

08:48 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, chine

05/12/2018

Nîmes, ville romaine

Musée de la Romanité

Nîmes

 

Ouvert au printemps, à deux pas des arènes, avec une belle vue sur celles-ci dans les étages supérieurs, le musée de la Romanité de Nîmes est vaste, aéré, agréable, sauf peut-être pour la signalétique qui ne garantit pas de ne pas se perdre. Ce qui est dommage car l'idée est de nous faire  suivre le processus de romanisation.

VII siècle avant JC, les Volques, peuple gaulois sont installés autour de la fontaine sacrée qui deviendra la tour Magne. Leur alliance avec Rome s'affirmera bien avant qu'ils ne  combattent aux côtés de Jules César contre Vercingétorix.

44 ans avant notre ère Nîmes devient une colonie romaine sous le nom de Colonia Augusta Nemausus. C'est le coeur du musée.

L'Histoire ne s'arrête pas avec la chute de l'Empire romain. Le musée possède un département consacré à "l'Antiquité tardive".

La visite se termine par l'exposition du "legs de l'Antiquité".

Une visite à ne pas manquer si vous passer dans la région.

 

 

08:38 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire