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16/05/2022

Une taupe au KGB

L'espion et le traître

Ben Macintyre

Pocket 17953

 

Un colonel du KGB, fils d'un agent du KGB, marié avec une agent du KGB, fille d'un gradé du KGB. Malgré cet environnement, il est difficile de continuer à croire à la propagande quand on aime la musique classique, même allemande et la littérature européenne, et que l'on assiste à la répression du "printemps de Prague". Des postes au Danemark puis à Londres permettent de voir qu'il peut être doux de vivre dans ces "affreux" pays capitalistes, au moins aussi bien qu'au "paradis" communiste.

Il devient la source la plus haut placée du Mi6 au sein du KGB, jusqu'au moment où un agent double britannique va le dénoncer. Son exfiltration depuis Moscou, en passant par la Finlande,  est digne des meilleurs films du genre. Son épouse ne lui pardonnera pas son double jeu.

 

"L'Union soviétique préparait son arsenal : elle équipait d'armes nucléaires ses forces aériennes basées en Allemagne de l'Est et en Pologne, elle plaçait en alerte près de 70 missiles SS2O pointés vers l'Europe de l'Ouest, elle déployait des sous-marins porteurs de missiles balistiques nucléaires."

"Le terme "finlandisation" signifiait l'état de soumission dont souffrait une petite nation sous le joug d'un puissant voisin. Durant la guerre froide, la Finlande était officiellement neutre, mais restait soumise à de nombreux contrôles de l'Union soviétique."

 

 

27/04/2022

Procès de Pétain, procès de la collaboration

1945

Le procès de Pétain

scénario : Philippe Saada

scénario et dessin : Sébastien Vassant

dossier historique : Farid Ameur

édition : Le Monde et Glénat

 

Un peu plus d'un an après le débarquement en Normandie, un an après la libération de Paris, trois mois après la capitulation de l'Allemagne nazie, le Maréchal, 89 ans,  se trouve devant un tribunal très politique.

Défilé de témoins, acquis à l'accusation ou à la défense. Aucun n'est neutre.

Thèse de l'accusation : Pétain a totalement collaboré avec l'ennemi. Hypothèse que j'ai entendu, enfant, de la part de mon père : Pétain un vieux réactionnaire qui a profité de la défaite pour prendre le pouvoir et mettre ses idées de Droite extrême en pratique. "La République est morte, cela vaut bien un défaite" (le Procureur Mornet)

Thèse de la défense : il a évité le pire aux Français. Hypothèse que j'ai entendu, enfant,  de la part d'une de mes grands-mère : le Maréchal et le Général de Gaulle étaient complices pour se partager les rôles.

 

"l'indemnité d'occupation de deux milliards par jour que payent les Français pour entretenir les troupe allemandes est excessive."

"la demande par Hitler que la France leur livre les réfugiés allemands qui avaient fui le régime nazi, c'est le premier déshonneur du régime de Pétain"

"Pétain multiplia les communiqués" ; "il pouvait au moins se taire !"

"en Algérie et au Maroc, les troupes alliées se trouve face à l'armée française qui ouvre le feu, comme l'avait ordonné Pétain" "Pétain persiste à faire tirer sur les troupes anglaises et américaines envoyées pour libérer le pays."

"le statut de monarque l'enivre"

"les mesures raciales ont été aggravées en 42 par un gouvernement qui était un gouvernement français"

"en mars 1942, le premier convoi de déportation quitta la France, 78 suivront"

"la loi du 20 janvier 1944 autorisa la milice à prononcer des condamnations à mort de, façon tout à fait sommaire, prononcées par un jury de trois miliciens"

 

 

 

 

 

16:18 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, histoire

19/04/2022

Une histoire populaire de la France

De l'Etat royal à la Commune

D'après l'ouvrage de Gérard Noiriel

Scénario : Lisa Lugrin et Clément Xavier

Dessin : Alain Gasto Rémy

Couleur : Marie Favantines

éditions Delcourt

 

Des éléments d'une histoire du peuple de France, et pas seulement les rois. L'accent mis sur les résistances et les révoltes qui ont pesé dans l'histoire de notre pays. Ce livre est un petit frère de "l'histoire populaire de l'empire américain" d'Howard Zinn, en BD.

"L'Etat ne s'est fixé définitivement qu'au début du XVe siècle" "C'est l'Etat qui représente l'élément de continuité qui nous relie au passé" ; "l'Etat s'est stabilisé grâce à deux ingrédients : les impôts et la force publique"

"Au IIIe siècle des tribus germaniques s'installèrent dans l'espace gallo-romain." En contrepartie de la protection accordée aux clercs, ces derniers légitimèrent le pouvoir des princes francs en lui donnant un caractère sacré" "Les chefs de guerre transformaient les vaincus en main d'oeuvre servile" "Les esclaves représentaient la plus grande partie de la main d'oeuvre exploitée par les propriétaires des grands domaines." "en 1367, une nouvelle ordonnance obligea les chômeurs à réparer les fossés sous peine d'être fouettés." ; "la taille fut instaurée comme impôts permanent, prélevé dans chaque famille du royaume, à l'exception des nobles et des clercs, afin de financer l'armée royale"

de 1629 à 1643, chaque année au moins une insurrection importante éclata dans le royaume" ; "le soulèvement des croquants du Périgord laissa une trace durable dans la mémoire collective." "la répression s'abattait avec férocité" "on estime que plus de la moitié des faibles revenus paysans étaient ponctionnés par les classe dirigeantes" ; "la faim, le froid , la maladie provoquèrent la mort de plus d'un million et demi d'individus en moins de deux décennies."

"entre 1625 et 1848, plus de 4200 expéditions négrières déportèrent 2 millions d'esclaves dans les territoires du premier empire colonial français"

"le Comité de Salut public décida de nommer un instituteur de langue française dans chaque commune où les habitants parlent un idiome étranger"

"le désenchantement des classes populaires à l'égard du pouvoir napoléonien apparut nettement dès que les défaites succédèrent aux victoires" ; pendant 20 ans , les campagnes militaires au cours desquelles périrent un million de Français"

18:06 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire

19/03/2022

Guerres de religions à Paris et Amsterdam

La cité de larmes

Kate Mosse

éditions Sonatine

 

La "Cité de feu" racontait les guerres de religions à Carcassonne et Toulouse. Un protestant et une catholique s'aimaient d'amour tendre. Les voilà dix ans plus tard, toujours amoureux et chargés de famille. Ils sont invités au mariage du protestant Henri de Navarre avec la catholique Marguerite de Valois qui restera dans l'Histoire sous le nom de "Reine Margot".

Ils sont donc, à Paris,  la nuit de la Saint Barthélémy. Certains d'entre eux dans les rues. Ils parviennent à s'enfuir en bateau, changent de bateau à Rouen direction Amsterdam, seule ville de Hollande encore tenue par les catholiques. La guerre fait rage entre les troupes espagnoles d'occupation, catholiques et les révoltés menés par le prince d'Orange, protestants qui demandent leur indépendance.

Le couple venu de France se veut la preuve que la coexistence pacifique est possible. Dans le roman, si tous les catholiques ne sont pas des méchants, les principaux méchants sont catholiques, à commencer par Henri de Guise !

 

"Limoges faisait partie d'une des principautés gouvernées par Jeanne d'Albret, reine de Navarre et était contrôlée par les forces huguenotes."

"Le bruit court que la reine de Navarre a été empoisonnée par la reine mère, Catherine de Médicis."

"Les taxes avaient été augmentées pour financer le mariage royal malgré trois ans de mauvaises récoltes."

 

17:22 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman historique

06/03/2022

Quand la noblesse française se ridiculise

Azincourt par temps de pluie

Jean Teulé

éditions Flammarion / Mialet / Barrault

 

1515 ? Marignan ! Tout le monde connait ! Mais juste un siècle avant, 1415 ? Azincourt. Moins connu. Toute petite place dans nos livres d'histoire. Une défaite qui colle moins avec notre "roman national". Même mon correcteur orthographique ne connait pas !

Jean Teulé nous raconte l'affrontement avec sa verve habituelle. La bataille s'inscrit dans le feuilleton de la "guerre de 100 ans." Les Anglais ont débarqué à Harfleur et remontent vers Calais, donc vers le nord en longeant la côte. Ils mangent des moules pas fraîches, donc sont malades.

L'armée française, féodale, forte de 50.000 combattants devait bloquer les 15.000 soldats anglais qui voudraient rentrer chez eux, en rembarquant à Calais.

Pour se couvrir de gloire, les chevaliers français se disputent l'honneur d'être au premier rang. Cela importe plus que d'avoir un plan stratégique. Pas question d'accepter la moindre discipline.

Première erreur tactique, les Français se positionnent en bas d'un terrain en pente. Et comme le titre du livre de Jean Teulé l'indique : il pleut, et pas qu'un peu. Le terrain était labouré pour les semailles. La terre est saturée d'eau, et donc de boue. Comment être un preux chevalier, avec un armure de 30 kg , en moyenne, avec un casque "bassinet" de 5 kg ? Teulé parle des protections de chevaux, mais les livres d'histoire disent que les protections des chevaux de guerre avaient quasiment disparues en raison de leur poids qui ne permettaient pas de de mouvoir. Surtout les pattes dans la gadoue.

Ce que Teulé ne dit pas,  c'est que la noblesse française avait connu les mêmes déboires à Crécy et Poitiers, déjà en partie à cause des armures...et de leur arrogance face aux archers anglais, même pas des nobles !

Habituellement, à cette époque,  les batailles ne servent pas à tuer mais à faire des prisonniers pour faire payer des rançons. Les soldats anglais sont très déçus quand ils reçoivent l'ordre du Roi Henri V d'Angleterre de massacrer les prisonniers. Il en restera 1.500 "rentables", pour 10.000 morts.

Teulé ne signale pas que l'essentiel des nobles présents à Azincourt sont des "Armagnacs"puisque les "Bourguignons" penchent vers le prétendant anglais au trône de France.

Ce qu'Azincourt révèle, c'est l'inutilité de la noblesse "d'épée"qui va être remplacée progressivement par la noblesse de "robe". Car à quoi sert une noblesse qui s'accroche à ses privilèges mais est incapable de protéger les Français ?

 

17:16 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, littérature