27.06.2008

Zimbabwe

Trois réflexions à propos du Zimbabwe

 

 

 

1) Contrairement à ce que l ' on entend souvent, les politiques menées font une différence :

 

Il y a soixante ans la Birmanie était bien plus prospère que la Thaïlande, la Corée du Nord bien plus riche que celle du Sud...et, il y a encore 20 ans,  le Zimbabwe était un des pays les plus prospères d ' Afrique australe, donc du continent !

 

 

2) La situation politique est déprimante, et la situation économique est désespérée. Des milliers de Zimbabwéens s ' enfuient vers l ' Afrique du Sud...où ils sont victimes de réactions xénophobes parfois violentes,  jusqu ' à la mort.

 

Pas de camps de rétention, ni de charters : des trains de nuit cadenassés pour les renvoyer chez eux, vers leur désespoir.

 

 

3) Mugabe n ' a pas ruiné seulement son pays : il a également détruit la promesse illusoire du mécanisme de "surveillance par les pairs" promis par l ' Union africaine comme gage de bonne gouvernance,  au moment de la mise en place du NEPAD.

 

 

09.06.2008

difficiles accords de partenariat

IL FAUT TENIR COMPTE DES PRÉOCCUPATIONS DES Pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique DANS LES NÉGOCIATIONS SUR LES ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

 

 

 

 

Les Accords de partenariat économique doivent être un instrument positif au service du développement et de l'intégration régionale des pays ACP.

 

 

Aucun pays ACP ne doit se retrouver dans une situation pire que celle qui prévalait avant la mise en oeuvre d'un accord de partenariat économique.

 

 

Les accords de partenariat économique doivent aider les pays ACP à s'intégrer progressivement dans l'économie mondiale selon leurs propres termes et à se développer de manière durable.

 

 

Or, certains pays ACP ont le sentiment qu'ils ne disposent d'aucune marge de manoeuvre dans les négociations.

 

 

Les Accords de partenariat économique ne doivent pas être négociés comme des accords de libre échange traditionnels.

 

 

Les ACP doivent avoir la possibilité d'exclure de ces accords les services, les questions de propriété intellectuelle et les sujets dits de Singapour (investissement, concurrence et marchés publics).

 

 

En revanche, il faudrait inclure dans ces accords des normes sur le développement durable, y compris le travail décent et les droits fondamentaux des travailleurs.

 

 

Tout comme le Parlement européen  les Parlements des pays ACP ont un rôle légitime dans la négociation, la ratification et le contrôle de ces accords.

 

05.06.2008

améliorer l'efficacité de l'aide

Pour une meilleure efficacité de l'aide aux pays en développement

 

Il faut  rendre l'aide plus transparente, cohérente, responsable et orientée vers des résultats concrets afin de soutenir plus efficacement les pays en développement dans leur lutte quotidienne contre la pauvreté.

 Il faut souligner l'importance de principes comme le besoin de respecter et de promouvoir l'appropriation national, de s'aligner sur les priorités des pays partenaires, de promouvoir la participation des ONG et des autorités locales, et de promouvoir de l'harmonisation des efforts entre donateurs.

Il serait indispensable que la Commission produise une matrice de tous les instruments financiers qu'elle a accordés à la bonne gouvernance, et ce afin de pallier au manque de clarté et de transparence en matière d’allocation de l’aide.

Il faut rappeller l'importance que l'UE respecte ses engagements en matière d'aide au développement.

Iil est indispensable d'enrayer l'inacceptable régression de l'aide publique européenne au développement, qui est passée de 0.41% à 0.38% du PNB entre 2006 et 2007.

Les Etats membres doivent redoubler d'efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement et atteindre l'objectif de consacrer 0,7% du PNB européen à aide publique au développement en 2015.

04.06.2008

crise alimentaire

La crise alimentaire mondiale touche de plein fouet les plus démunis

 

 

 

La hausse considérable des prix des matières premières agricoles estimée à 83% a provoqué une crise alimentaire mondiale qui se traduit actuellement par des émeutes de la faim dans les pays en voie de développement et par un pouvoir d'achat réduit des consommateurs européens les plus modestes.

 

 

Différents facteurs ont conduits à cette crise:

 

 

- la montée de la demande de produits alimentaires de première nécessité par des économies émergentes telles que la Chine et l'Inde créent de fortes tensions sur les marchés;

 

- les facteurs conjoncturels et structurels liés au changement climatique;

 

- la spéculation sur les prix des produits alimentaires de base, notamment par les fonds alternatifs de matières premières qui profitent d'une façon inacceptable des tensions et de la forte volatilité des marchés agricoles;

 

- le développement des cultures à des fins énergétiques et des agro-carburants aux dépens des cultures alimentaires essentielles;

 

- les lacunes de la politique européenne de coopération et de développement qui a d'ailleurs régressé cette année passant de 0,41% à 0,36% du PIB européen;

 

- le soutien dans les pays en développement aux cultures d'exportation au détriment des cultures vivrières et de l'autosuffisance alimentaire;

 

- les règles actuelles du commerce mondial qui génèrent des conditions particulièrement inéquitables pour les petits et moyens agriculteurs en particulier dans les pays en développement;

 

 

Au-delà de l'action d'urgence à mener pour répondre à la crise alimentaire mondiale, il est indispensable de mener une action de long terme pour répondre aux causes profondes de cette crise.

 

 

Pour atteindre le premier Objectif du Millénaire qui est la réduction de la pauvreté et de la faim, la Commission et les Etats membres devraient dès lors dédier une part plus importante des fonds du développement au soutien aux petits producteurs du Sud.

 

 

Dans le cadre du bilan de santé de la Politique Agricole Commune (PAC), il faut redéfinir les moyens d'intervention sur les marchés mondiaux (infrastructures, stocks d'intervention, gestion des risques, prospectives et modélisation économique de l'évolution des prix...), et de repenser globalement nos modèles de productions pour qu'ils soient productifs et durables.

 

 

Il faudrait, en outre, analyser les écarts existants en Europe entre les prix payés aux producteurs et les prix pratiqués par les principales chaînes de commerce de détail, qui abusent de leur position dominante sur le marché.

 

23.05.2008

Burundi

Burundi : des choix entre principes et réalisme

 

 

 

Personne ne parle du Burundi, ce petit pays jumeau du Rwanda, lui aussi avec sa minorité tutsi, qui a longtemps monopolisé le pouvoir militaire et politique.

 

En 1993,  pour la première fois,  un Président a été élu démocratiquement. Cet Hutu a été renversé,  après quatre mois,  par les chefs militaires tutsis.

 

La guerre ethnique qui s'en est suivie, entre l'armée tutsie et les maquisards hutus a fait, dans ce tout petit pays,  plus de 300.000 morts et plus de 400.000 réfugiés et déplacés internes, et ruiné l'économie, déjà pauvre,  d'un pays qui n'a pas de minerais et dont la population est massivement victime du paludisme et du sida.

 

A l'issue d'un processus de paix amorcé sous la houlette de Nelson Mandela,  le pays s'est doté d'une Constitution qui donne à chaque ethnie des postes à tous les niveaux de pouvoirs,  proportionnellement à leur importance numérique.

 

Système communautariste haïssable mais qui semble fonctionner.

 

Sauf que dans chaque communauté chaque "clan" veut sa part du pouvoir et donc de la richesse.

 

En 2005 des élections ont eu lieu sous la surveillance internationale et ont été validées, même par les perdants, ce qui n'est malheureusement pas si commun en Afrique.

 

Un mouvement hutu, le FNL,  n'est pas passé par la case "élections" et continue la lutte armée en demandant sa "part" et une amnistie complète.

 

Deux choix difficiles pour savoir quel est le moindre mal :

 

- peut-on/ doit-on récompenser la lutte armée qui s'est faite contre des pouvoirs élus démocratiquement ?

 

- peu-on / doit-on accepter l'impunité, y compris pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité ? 

 

Refuser au nom des principes, ou accepter pour avoir la paix ?

 

Envoyer une force internationale pour désarmer le FNL ?

 

 

 

17.02.2008

à propose du Tchad

Quelques réflexions à propos du Tchad

 

 

 

Il n'est pas possible d'accepter une prise de pouvoir par la force, pas plus au Tchad qu'ailleurs ;

 

 

Mais il n'est pas possible d'oublier que l'actuel chef de l'Etat est, lui même, parvenu au pouvoir de cette façon ;

 

 

Si le Tchad était une véritable démocratie, la question de la prise du pouvoir par les armes se poserait dans d'autres termes (même si dans le passé, on a vu des régimes démocratiques renversés par les armes : Espagne et Chili, en particulier) ;

 

 

Scandaleusement, Déby a profité de l'occasion pour faire arrêter les responsables de l'opposition non armée, alors que la stabilité du pays passe par une solution politique allant vers la démocratie et la mise en place d'un Etat impartial ;

 

 

Les assaillants avaient des moyens matériels, en particulier militaires,  conséquents et coûteux : ils ne les ont pas trouvés dans leurs petits souliers à Noël : quelqu'un a donc payé. Tout le monde sait que c'est le Soudan.

 

La moitié des véhicules ont été volés aux ONG humanitaires travaillant au Tchad et au Darfour.

 

 

Il n'est pas acceptable que des pays servent de "base arrière" pour des attaques contre leurs voisins : ni le Soudan vers le Tchad, mais pas plus le Tchad vers le Soudan ;

 

 

Comme toujours dans ces cas là, ce sont les populations civiles qui souffrent, en particulier les femmes et les enfants ;

 

 

Vu les déclarations hostiles à la force européenne de sécurisation des camps de  réfugiés et de déplacés (plusieurs centaines de milliers), de la part du Président soudanais et de la part des rebelles, la concordance entre l'attaque des rebelles et le début du déploiement de l'EUFOR n'est pas fortuite ;

 

 

Conclusions :

 

 

Il faut que Déby libère immédiatement les représentants de l'opposition non armée, de façon à entamer avec eux un véritable dialogue permettant d'aller vers des élections incontestables (programmées pour 2009).

 

 

Il faut que l'EUFOR se mette en place le plus rapidement possible, afin d'assurer la protection des populations civiles réfugiées et déplacées, ainsi que la sécurité des actions humanitaires, comme l'ONU lui en a donné le mandat.

 

 

05.02.2008

Les 100 clés de l'Afrique

Les 100 clés de l'Afrique

 

 

Philippe Leymarie et Thierry Perret

 

 

Editions Hachette littératures

 

En coédition avec Radio France International

 

 

 

Les deux auteurs sont journalistes à RFI. Philippe Leymarie est bien connu des visiteurs du site internet de RFI.

 

 

100 clés, et pourtant la porte reste close, le mystère entier.

 

100 clés, 54 Etats, des personnages de légende comme Mandela et Sankara, des enjeux économiques, sociaux et culturels. Des espoirs, suivis de désespoirs, comme au Kenya.

 

100 clés pour prendre conscience qu'il n'y a pas une Afrique, mais probablement 100, qu'aujourd'hui plus d'Africains vivent dans des bidonvilles,  dans les banlieues des villes, que dans des cases dans des villages.

 

 

Que faire ?

 

 

Dans l'Histoire aucune société ne s'en est sortie par l'aide, mais dans notre ville, plusieurs associations, plusieurs établissements scolaires ont développé des opérations remarquables.

 

Avec la coopération décentralisée, les donateurs sont plus sûrs que leurs aides arrivent à destination.

 

Nous pourrions agir en tant que, petite, ville, à notre modeste niveau.

 

Pourquoi ne pas choisir une ville de 10.000 habitants et voir ce que nous pourrions lui apporter, par la coopération, à travers nos associations, nos établissements scolaires, notre personnel municipal, administratif et technique, pour partager compétences, expériences et expertises ?

 

30.01.2008

Allez en Mauritanie !

A l'Oued, rien de nouveau...

 

 

 

 

J'ai rencontré cette semaine un ami de longue date, député mauritanien.

 

Il m'a supplié de vous dire de venir visiter la Mauritanie, vite.

 

 

Un mois après l'assassinat de quatre touristes français, au bord d'une route, le tourisme mauritanien est en crise.

 

L'annulation du "Paris-Dakar" a, non seulement, représenté un manque à gagner estimé à 3 millions d'euros, mais la publicité négative de cette annulation a provoqué une chute vertigineuse et catastrophique de la fréquentation. Chauffeurs et guides ont été licenciés. Hôtels et restaurants sont vides,  Atar et Chinguetti, aux portes des immenses dunes de sable, ont des allures de villes fantômes.

 

 

C'est beau le désert ! On pense à Saint-Exupéry ("Dessine moi un mouton..."). On est confronté à l'infini de la terre et du ciel.

 

Les hommes sont en blanc, les femmes sont en noir. Tout le monde a le visage caché pour se protéger du vent, du sable...et du mélange des deux, surtout quand la tempête se lève.

 

 

En fait, je garde le souvenir de deux déserts mauritaniens, très différents l'un de l'autre :

 

- D'une part la route de Nouakchott, la capitale, à Nouadhibou,  deuxième ville du pays et port de départ des clandestins qui risquent leur vie vers les Canaries : des heures de voitures dans une étendue plate, sans ombre. De temps à autre quelques chameaux. Et curieusement, le long de la route, quelques cabanes. Et devant les cabanes, des Mercedes ou des BMW. Je n'ai jamais pu croire que le lait de chamelle pouvait rapporter autant...

 

- D'autre part,  les dunes de l'Adrar qui permettent de voir naître 1000 et 1 étoiles, les palmeraies ensablées, l'eau que l'on va chercher si profondément, les ruines de Ouadane. Partout, la lutte contre le sable.

 

 

A tout moment je me suis senti en totale sécurité.

 

Pour rassurer les touristes, tout le dispositif de protection a été renforcé.

 

Dépêchez vous d'y aller : avant l'arrivée des fortes chaleurs, en avril.

 

17.01.2008

Aider le Kenya

L'Union européenne doit apporter d'urgence son aide au Kenya

Les Socialistes européens appellent l'Union européenne d'apporter immédiatement son aide au Kenya pour sortir de sa crise politique, en lui fournissant l'appui logistique et financier.

 Les Socialistes européens sont particulièrement sensibles, tant au respect des préceptes démocratiques et à la transparence qui auraient du présider à ces élections qu'à la résolution des terribles problèmes de pauvreté dont sont victimes des millions de Kenyans. Les députés Socialistes européens  condamnent fermement les violences qui ont entrainé la mort de centaines de personnes et la fuite de centaines de milliers d'autres et demandent aux protagonistes du pays d'appeler  leurs "troupe" au calme et de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour rétablir la confiance aux institutions et au processus démocratique.

En attendant cette difficile réconciliation et aux fins de l'obtenir le plus vite possible, les socialistes européens soutiennent tous les efforts entrepris par l'Union africaine et ses dirigeants et apportent leur appui total à Kofi Annan qui est chargé de cette délicate entreprise, favorisant ainsi une solution africaine au conflit en cours.

L'élection au poste de Président du  Parlement d'un représentant de l'opposition kényane, pourrait alimenter la tension.

Par ailleurs, les socialistes européens souhaitent que la Commission européenne, qui a débloqué 5 millions d'euros d'aide d'urgence pour les personnes déplacées par les violences,  reste particulièrement vigilante à l'évolution de la situation et qu'elle accompagne chaque étape de celle-ci en vue d'en faciliter la bonne issue.

29.12.2007

Rwanda : retour sur un génocide

Rwanda : Retour sur un génocide J ' ai vu le téléfilm de Canal + consacré à cette tragédie. Avec mon bloc-notes et un stylo en mains.

En fait,  mélanger le génocide des Tutsis et l ' opération "Turquoise" entraîne une certaine confusion.

Quand l ' armée française est arrivée, conformément au mandat de l ' ONU, pour protéger les populations civiles, les forces tutsies de Kagamé avaient déjà pris Kigali et le pouvoir, et ce ne sont plus les populations tutsies qui fuyaient, car elles pouvaient espérer être protégées par l ' armée de Kagamé,  mais des centaines de milliers de Hutus.

Le film "Hôtel Rwanda", très touchant au demeurant, masquait de la même façon le phénomène de cette fin de guerre "civile" : Kagamé n ' était pas accueilli comme un libérateur : ce n ' était pas De Gaulle en 1944 : plus de 2 millions de civils fuyaient à l ' approche de ses troupes,  vers le Zaïre, le Burundi, la Tanzanie. Certains vivent encore dans ces pays,  dans des camps de réfugiés.

Parmi eux il y a, il y avait, incontestablement, des génocidaires et des responsables du génocide.

Il y avait des génocidaires,  parce que la folie meurtrière, armée d ' instruments agricoles comme les machettes,  s ' était emparée de la population, organisée en milices villageoises,  effrayée par le retour, en armes,  des anciens maîtres tutsis,  évincés du pouvoir par la démocratie majoritaire, conduits par Kagamé,  le neveu de l ' ancienne Reine.

Il y avait des responsables du génocide,  qui avaient fui,  en se fondant dans la masse des fuyards.

Le but de l ' opération "Turquoise", décidée par le Conseil de sécurité de l ' ONU,  était de prendre les forces de Kagamé de vitesse,  pour protéger les populations hutus qui fuyaient. C ' était effectivement trop tard, malheureusement,  pour les Tutsis.

Où étaient les casques bleus pendant le génocide des Tutsis ? Aux abris, à peine capable de se protéger eux mêmes. Ils avaient été envoyés au Rwanda comme garants d ' un accord de paix que Kagamé était bien décidé à ne pas respecter, car ce qu ' il voulait, c ' était conquérir le pouvoir. Quand l ' ONU a constaté que l ' accord de paix n ' était pas respecté, après le massacre d'une dizaine de casques bleus belges, elle a rappelé les casques bleus.

Dans "La danse du léopard" (Actes Sud), la journaliste belge Lieve Joris raconte comment les troupes de Kagamé ont poursuivi les Hutus à travers tout le Zaïre : les reliquats de l ' armée défaite du gouvernement déchu, mais aussi les femmes et les enfants qui étaient avec eux, mourant de faim, de maladies, d ' épuisement.

Ce "contre-génocide" n ' excuse en rien le génocide. Il n ' y a pas les gentils d ' un côté, ceux qui ont gagné la guerre, et les méchants de l ' autre, ceux qui ne sont toujours pas désarmés. Comme cela est montré dans le film, l ' armée française les a laissé partir sans les désarmer : par souci de protection des populations hutus ? Par espoir de reconquête ?  Aujourd ' hui, treize ans après, ces soldats d ' infortune terrorisent les populations de l ' Est du Congo, pour survivre, ayant perdu tout espoir de rentrer en vainqueurs dans leur pays.

Il ne faut, malheureusement,  pas croire que le phénomène soit spécifiquement africain : souvenez-vous d ' Oradour, dans le Limousin : les soldats de la division "Das Reich", dont de nombreux Alsaciens, enfermant femmes et enfants dans l ' église du village avant d ' y mettre le feu.

Autre reproche fait à la France et à l ' armée française : avoir soutenu le gouvernement en place. C ' est tout à fait vrai. La France avait un accord de coopération, y compris militaire, avec le gouvernement légal, internationalement reconnu du Rwanda. Mais en face, qui a formé les troupes de Kagamé ? ? Qui lui a fournit les armes qui lui ont permis de prendre le pouvoir ? Tout le monde connait la réponse : les Américains !

Le gouvernement soutenu par la France, tout légal qu ' il était, n ' en était pas moins  corrompu. Les élections étaient truquées. Cela arrive, trop souvent,  en Afrique.

Kagamé n ' a même pas fait semblant, pendant longtemps, d ' organiser des élections, et quand il l ' a fait,  il a interdit tous les partis d ' opposition. Son armée a largement pillée les richesses de l ' Est du Congo.

Juvénal Habyarimana était un "fils de pute". Mais, comme aurait dit Kissinger, c ' était "notre fils de pute".  Il a été assassiné et remplacé par un autre "fils de pute", venu d ' Ouganda. De qui Kagamé est-il "le fils de pute" ?  Kagamé,  et ceux qui l ' ont financé et armé, n ' ont-ils vraiment aucune responsabilité dans le déclanchement du génocide, qu ' ils utilisent, politiquement, sans scrupules, aujourd ' hui ?

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