26.06.2008
Remarquable Aung San Suu Kyi
Les médias ont parlé de la Birmanie en septembre à l'occasion des manifestations, conduites par des moines bouddhistes, et durement réprimées par les forces de l'ordre de la dictature.
Les familles sont toujours sans nouvelles de militants disparus à cette occasion.
Comment oublier ces scènes surréalistes de l'organisation d'un référendum, alors que le pays venait d'être durement touché par un cyclone...et le refus de la dictature de laisser les humanitaires avoir libre accès aux victimes ?
Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, vient de "fêter" ses 63 ans, en résidence surveillée, comme elle vient de passer 13 de ses 18 dernières années, quand elle n'était pas en prison.
Le rapport du Rapporteur de l'ONU pour les Droits Humains est si terrible que la Junte refuse de le laisser revenir.
Combien de milliers de prisonniers politiques ?
Les imprudents qui avaient eu l'audace de demander une aide humanitaire directement aux ONG les ont rejoints en prison...où les forces de l'ordre ont ouvert le feu.
Il faut renforcer les sanctions contre les membres de la Junte militaire, en particulier contre leurs avoirs à l'étranger, tant qu'il n'y aura pas d'amélioration dans le respect des Droits de l'Homme, tant qu'il n'y aura pas de retour à la démocratie et à l'Etat de Droit.
07:38 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme, birmanie
26.05.2008
Liban : enfin une sortie de crise ?
Le Liban prêt à surmonter sa crise politique Comment ne pas se féliciter de l'accord interlibanais, conclu sous l'égide de la Ligue Arabe, à Doha (Qatar, 21/05/2008), qui fait renaître l'espoir au pays du Cèdre. Cet accord devrait mettre fin à une crise politique grave qui dure depuis plusieurs mois et sortir le Liban de l'impasse et de l'incertitude. Cet accord prévoit l'élection par le Parlement du nouveau président, le général Michel Sleimane (et oui, encore un général !), la formation d'un gouvernement d'union avec une minorité de blocage pour l'opposition (avec les risques que cela comporte) ainsi que la reforme de la loi électorale, qui conduira à des élections générales en 2009. Toutes les parties concernées doivent respecter à la lettre cet accord historique et travailler de manière sincère pour renforcer la démocratie et préserver la sécurité des citoyens ainsi que l'unité du pays.
08:30 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban
21.05.2008
Birmanie : aider, d'urgence
L'Union européenne doit mettre en œuvre tout son possible afin d'aider, dans l'immédiat, la population birmane qui se trouve, suite au typhon catastrophique, dans une situation déplorable. Il n'est pas possible qu'à cause du comportement inadmissible de la dictature militaire birmane, les gens sur place demeurent, deux semaines après la catastrophe, abandonnés sans aide internationale.
LUnion européenne doit insister auprès du pouvoir birman pour supprimer toute sorte d'obstacle, afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire internationale vers la population sinistrée.
Les socialistes européens, en critiquant sévèrement l'intransigeance et l'indifférence totale de la junte face aux problèmes graves de la population birmane, ont invité la communauté internationale à augmenter et à coordonner la pression afin d'obliger le pouvoir en place à changer son comportement inhumain. Malheureusement, la dictature militaire n'a rien de mieux à faire que d'organiser un referendum pour stabiliser son pouvoir illégitime...
07:41 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : birmanie
14.05.2008
Banques et morale
Moi, je n'ai pas d'argent à placer. Mais si vous avez des économies à faire fructifier, faites quand même attention : vous pourriez être intéressé(e) par la publicité que certaines banques font pour certains de leurs fonds d'investissements .
Elles vous proposent tout simplement de spéculer sur l'augmentation des prix des denrées alimentaires de base. Pendant que des gens meurent de faim dans les pays pauvres, pendant qu'ici en Europe de plus en plus de personnes ont du mal à s'acheter les denrées alimentaires de base à cause de l'augmentation terrible des prix, des banques proposent de participer au mouvement et de contribuer à une des formes de spéculation les plus cyniques jamais connue.
07:59 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : spéculation, crise alimentaire
04.05.2008
Droits de l'Homme en Tunisie
Droits de l'Homme en Tunisie : l'amitié ne doit pas empêcher la lucidité.
À l’instar de ceux tenus naguère par Jacques Chirac, les propos de Nicolas Sarkozy
minimisent la gravité des manquements aux droits humains et démocratiques des
Autorités tunisiennes. Tous les témoignages des organisations et des acteurs des droits
de l’homme concordent et indiquent qu’en Tunisie les libertés ont régressé et le
harcèlement policier considérablement augmenté.
La lutte contre le terrorisme ne saurait justifier le renforcement du contrôle policier sur la
population en général et les militants des droits de l’homme en particulier.
L'amitié entre la France et la Tunisie, comme les accords de partenariat entre la Tunisie
et l’Union Européenne, entraîne, a minima, une obligation de lucidité de la part desresponsables politiques européens. L'aveuglement n'est pas une position politique et
l'économie n'est pas la seule réalité à prendre en compte dans les relations entre
pays amis.
Le Chef de l'État français aurait pu faire preuve de plus de respect pour la dure
réalité quotidienne du peuple tunisien, et en particulier pour celle des journalistes et
militants persécutés.
08:02 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme
22.04.2008
crise alimentaire
La hausse des prix agricoles a des raisons structurelles :
- La disparition des excédents européens (il y a deux ans j'avais écrit un article, passé totalement inaperçu, sur les risques que cette disparation fait peser sur les "banques alimentaires". Les plus pauvres que nos pauvres sont frappés les premiers) ;
- L'augmentation du pétrole rend plus cher les importations, y compris celle de l'aide ;
- La compétition des agro carburants (allons nous continuer à les subventionner ? Il parait qu'il faut 80 litres de pétrole pour faire 100 litres d'éthanol ? ;
- L'augmentation de la demande, pour des raisons démographiques ou de changements des habitudes alimentaires.
Les mouvements spéculatifs, en particulier à la Bourse de Chicago, n'arrangent rien.
"Comme nous l'avons vu par le passé, ces questions conduisent parfois à la guerre"
Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI.
Comment ne pas craindre, en effet, que ces émeutes n'enfoncent le monde dans des crises régionales aigües ? Combien de déstabilisations incontrôlables à prévoir ?
Le Darfour et le réveil du problème touareg nous rappellent que la lutte pour la nourriture reste d'actualité.
L'exemple haïtien me semble également révélateur :
- Voilà un pays où la communauté internationale a organisé, à grands frais, des élections, et entretient sur place une force de maintien de la paix (ce n'est pas une opération PESD, mais ça pourrait l'être...), avec une aide importante pour une tentative de reconstruction de l'Etat.
- Les émeutes de la faim y ont fait au moins six morts, dont un "casque bleu" qui tentait de s'interposer, et plus de 200 blessés.
- le Premier ministre a servi de "fusible", mais combien de premiers ministres, dans combien de pays devront sauter ?
Qu'avons-nous à proposer ? De nouvelles élections, avec une mission d'observation, dans le cadre d'une aide à la démocratie et au respect des Droits de l'Homme ? Une force d'interposition de l'Union européenne ?
Plus de trente pays sont concernés dans le monde.
Faudra-t-il monter des opérations de "Politique Européenne de Sécurité et de Défense pour garder les rizières ?
Combien de "missions de Petersberg" en perspective ?
Notre "Instrument Européen de stabilité" ne suffira pas à faire face.
En bref, et en résumé, c'est la stabilité du monde qui est en jeu : un problème géopolitique !
08:35 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire
20.04.2008
Meilleurs voeux
"Shubho Nababarsha" : bonne année en langue bengali.
L'occasion pour rappeler que ce pays vit toujours sous l'état d'urgence, les libertés et la démocratie ayant été "suspendues" par les militaires, "à titre provisoire", un "provisoire" qui dure...
Rappeler également que les habitants de ce pays, dont les basses terres sont de plus en plus souvent inondées, sont parmi les premières victimes du changement climatique.
Et l'occasion de vous souhaiter une très bonne année 1415 du calendrier bengali. Calendrier totalement laïc, ce qui a amené quelques obscurantistes religieux à attaquer sa célébration...
Raison de plus pour fêter le Nouvel An !
08:05 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.04.2008
Echanges avec le 1er ministre irakien
"Au nom de Dieu, le tout puissant et le miséricordieux", le Premier Ministre irakien a donné à la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, un bel exemple de langage officiel :
- la situation n'est pas bonne mais bien meilleure qu'il y a deux ans, et elle sera bien meilleure encore avec l'aide des amis du peuple irakien (qu'ils en soient remerciés) ; il faut avoir confiance, la stratégie est fructueuse, il n'y a pas de guerre civile, ni de guerre religieuse, seulement une guerre contre le terrorisme, et la victoire est proche ;
- mais si les alliés repartaient maintenant, ça serait le retour du chaos ; il faut attendre que les forces de sécurité irakiennes soient en capacité de maintenir l'Etat de Droit ;
- il faut poursuivre la lutte contre le terrorisme, mettre en échec al-Quaida ;
- la réconciliation nationale a été favorisée par des lois de justice et d'amnistie ; le gouvernement (d'union nationale) continue à travailler à l'unité nationale ; la partition du pays a été évitée ;
- les forces armées sont au service de l'Etat ;
- la pacification ne pourra pas être obtenue uniquement par des mesures sécuritaires : il faut également des solutions politiques, des investissements en faveur du développement économique, des services publics...
- les activités économiques reprennent ; le pays est potentiellement riche : il faut aider à sa mise en valeur, en reconstruisant les infrastructures et en investissant ; une loi pour favoriser les investissements est en préparation ;
- il n'y a pas de "minorités", il n'y a que des Irakiens égaux en droit, ayant également droit à la protection de l'Etat, sans considération d'appartenance religieuse ;
- la dictature est terminée, les médias, y compris étrangers sont libres : c'est la liberté et le pluralisme garantis ;
- la Constitution garantit l'égalité des femmes ;
- une commission indépendante garantit le respect des Droits de l'Homme ;
- en octobre auront lieu les élections provinciales : pour qu'elles soient libres, il faut mettre fin aux milices (interdites par la Constitution, donc hors la loi) ; les partis qui ont des milices ne pourront pas participer aux élections ;
- la répartition des compétences est claire entre l'Etat fédéral et les provinces ;
- les déplacés pourront voter ; ça sera plus difficiles pour les réfugiés dans les pays voisins ; le gouvernement souhaite leur retour (surtout les cadres) mais seule la stabilité le permettra vraiment ; que l'Union européenne soit remerciée pour son aide ;
- le gouvernement irakien veut sortir de l'isolement hérité de l'ancien régime, et souhaite multiplier les échanges et les coopérations ;
- l'Irak souhaite avoir de bonnes relations avec tous ses voisins, et espère que ce souhait est réciproque ; l'Irak dialogue avec tous pour obtenir des accords réciproques de non ingérence et de respect.
08:09 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak
08.04.2008
Le Dalaï Lama à la cérémonie d'ouverture ?
Il était vraiment minimaliste et très général ce badge "pour un monde meilleur", que les athlètes français avaient décidé de porter hier, à l'occasion du passage de la flamme olympique : c'était pourtant encore trop. Comme cela semblait être encore trop, pour la police française, encouragée par les Chinois, de déployer le drapeau tibétain.
Etait-ce pour un début de commémoration des 40 ans de Mai 68 que la police française a voulu prouver qu'elle maniait toujours aussi bien la matraque ? Les CRS de 68 doivent être à la retraite aujourd'hui. D'autres ont repris...le flambeau !
Le passage de la flamme olympique devrait être partout l'occasion d'une fête. Après Londres et Paris tout le monde voit bien que les manifestations dégénèrent, "pour un monde meilleur", avec un Tibet "libre" (pourquoi seulement le Tibet ? les autres n'ont pas droit à la liberté ?). Comme souvent, la cause est bonne, les débordements, y compris ceux de la police, brouillent le message.
L'attribution des Jeux Olympiques à Pékin aurait pu être une extraordinaire opportunité pour la Chine de s'ouvrir au monde, et vice-versa. Le malentendu semble être total.
L'idée d'un boycott des Jeux Olympiques s'éloignent. On sait maintenant qu'ils seront très "encadrés" par les forces de l'ordre chinoises, qui n'auront rien à envier aux parisiennes.
La question se porte maintenant sur la cérémonie d'ouverture. Daniel Cohn-Bendit, jamais à court d'idées depuis 40 ans propose d'y inviter le Dalaï Lama. J'imagine celui-ci arrivant à Pékin entouré de tous les Chefs d'Etats et de gouvernements de l'Union européenne : bien plus fort que le boycott (boycottage si vous préférez...) !
Mais y-a-t-il la moindre chance que les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne se mettent d'accord sur une position et une action commune ?
Une politique étrangère commune de l'Union européenne ? Cela serait sans doute les prémisses "d'un monde meilleur"...
11:38 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : jo, tibet
07.04.2008
Chypre
Je me souviens très précisément du moment de ma dernière visite à Chypre : c'est là bas que j'ai appris le décès de François Mitterrand.
Je me souviens très bien de cette ville coupée en deux, en particulier d'une rue étroite coupée par un barrage gardé par des "casques bleus".
Je me souviens de la tentation d'aller voir de "l'autre côté", dans la partie turque, dans cet Etat reconnu par la seule Turquie qui y a envoyé ses troupes et ses colons venus d'Anatolie. Souhait freiné par la nécessité de signer une demande officielle valant quasiment reconnaissance de cet "Etat".
Je me souviens des minarets des mosquées dans cette partie de la ville.
Je me souviens de l'énorme différence de niveau de développement entre la partie hellénophone et la partie turcophone.
Je me souviens que mes camarades socialistes, qui soutenaient la demande d'adhésion à l'Union européenne, plaidaient pour que cette demande ne soit pas repoussée à cause de la partition de l'ile et donc ne pas être punis deux fois.
Aujourd'hui Chypre est membre de l'Union européenne, et une partie de son territoire est toujours occupée par l'armée d'un pays candidat à l'adhésion.
Cette semaine la rue Ledra, fermée depuis 1963, a vue disparaître sa barricade gardée par les soldats de l'ONU. Temporairement fermée, à cause d'un incident avec la police turcophone, j'espère qu'elle restera ouverte durablement, et que cette ouverture deviendra le symbole du premier pas vers la réunification du pays et la coexistence pacifique des deux communautés linguistiques.
08:18 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe


