27.10.2009

taxer les transactions financières

A propos de taxes sur les banques

 

Deux idées sont actuellement débattues :

 

1) une contribution apportée par le secteur bancaire à son sauvetage, en contrepartie d'une garantie des dépôts bancaires par l'Etat.

Les Etats ont débloqué des sommes importantes pour éviter la faillite d'établissements bancaires ou financiers. Il s'agirait de leur faire payer la garantie ainsi apportée. Une sorte d'assurance. C'est que qu'a décidé le gouvernement belge. C'est ce que la Droite refuse en France.

 

2) une taxe sur toutes les transactions financières, proposée par les socialistes européens.

Il faut savoir que le volume des transactions financières globales équivaut à 73,5 fois le PIB mondial, il s'agit donc essentiellement de spéculation. En 1992, ce rapport ne s'élevait qu'à 15 fois. La spéculation est devenue plus importante que la création de richesses. Le système peut s'effondrer de nouveau, pour les mêmes raisons, à n'importe quel moment. Il est donc, non seulement moral, mais économiquement indispensable d'augmenter, en les taxant, le coût des transactions spéculatives.

De plus, une telle taxe compenserait l'exemption de TVA dont bénéficient les services financiers.

Une taxe de 0,05% pourrait engranger des revenus équivalents à 1% du PIB mondial.

Elle fournirait à la Banque mondiale et au FMI des revenus considérables pour aider au développement, ou pour lutter contre le changement climatique.

 

 

26.10.2009

liberté de penser...et de parler !

Prix Sakharov pour "Mémorial"

 

Le prix Sakharov "pour la liberté de pensée" a été créé, il y a une vingtaine d'années, par le Parlement européen pour récompenser et mettre en valeur celles et ceux qui se battent pour la liberté de penser, et la liberté d'exprimer sa pensée.

 

Mémorial est une ONG russe fondée...par Andreï Sakharov, dans les années 80, au moment de la "perestroïka". Au début,  l'organisation s'occupait essentiellement des victimes du goulag. Aujourd'hui,  elle s'occupe prioritairement de la situation des droits de l'Homme dans les républiques russes caucasiennes.

 

Pendant longtemps, elle a été la principale source d'informations des journalistes s'intéressant à la région, en particulier en Tchétchénie, mais elle a fermé son bureau sur place depuis l'assassinat d'une collaboratrice à Grozny, l'été dernier, et le harcèlement dont étaient victimes les responsables locaux.

 

C'est la seule association de défense des droits de l'Homme qui subsiste en Russie, où les lois sont de plus en plus restrictives.

Poutine  compare ses membres à "des chacals à la solde des ambassades étrangères".

 

21.10.2009

Afghanistan : le choix entre deux options

Il faut choisir aujourd'hui entre deux stratégies: l'une axée sur la stabilisation, l'éradication de la pauvreté, le développement économique du pays, en assurant une présence militaire et civile dans tout l'Afghanistan, l'autre, c'est de se concentrer dans quelques zones urbaines et de déclencher, à partir d'elles, des opérations de grande envergure contre Al Qaïda.  Les deux options exigent l'envoi de troupes, mais la première est tournée vers  la population, la seconde vers la guerre- avec en arrière plan le risque d'un désastre.  N'appartient-il pas à l'Europe de préserver Barak Obama des vieux démons qui hantent les Etats-Unis et de l'aider à choisir la première de ces stratégies? 

14.10.2009

mieux vaut prévenir que guérir

Compensation  financière pour les effets du réchauffement climatique ?

 

Bien entendu, ce ne sont pas les pays les plus fragiles face au réchauffement climatique qui envoient le plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Ainsi l'Afrique ne serait responsable que de 4% de ceux-ci.

Cela amène l'Union africaine à réclamer plusieurs dizaines de milliards d'euros par an de dédommagement.

Et les Européens de chercher de nouvelles sources de financement pour mettre en place des projets pour lutter contre la désertification.

Zapatero envisage de proposer aux pays riches de consacrer 0,7% de leur PNB à cela.

On se souvient que la même promesse avait été faite pour l'aide au développement, et qu'elle n'a jamais été tenue.

On sait bien que nos Etats sont déjà hyper endettés et que les ministres des finances cherchent plutôt à diminuer les dépenses...

Taxes sur les billets d'avion, taxes sur les transactions financières, d'autres sources de financement sont étudiées.

Et si, plutôt que de donner de l'argent aux victimes,  on faisait ce qu'il faut pour éviter de provoquer ou d'augmenter le changement climatique ?

 

12.10.2009

Nobel de la paix : un choix social-démocrate

Prix Nobel de la paix : le rôle de Thorbjorn Jagland

 

 

Le journal Le Monde de samedi souligne, à juste raison, le rôle,  dans le choix d'Obama,  du nouveau président du comité de sélection du comité du prix Nobel de la paix.

 

J'ai bien connu Thobjorn Jagland, leader du parti social-démocrate norvégien, succédant à Gro Harlem Bruntland au poste de Premier ministre,  vice-président très actif de l'Internationale socialiste, cherchant à ressusciter les accords d'Oslo entre Israël et le Fatah, par d'interminables allers et retours entre les travaillistes israéliens et les Palestiniens d'Arafat.

 

Tout le monde interprète ce prix comme un encouragement donné au Président américain. Thornjorn pensait probablement plus à un "Oslo 2" qu'à une incitation à quitter l'Irak et l'Afghanistan.

 

Pour donner le prix à Obama, il est,  peut-être,  dommage que le comité Nobel de la paix n'ait pas attendu le résultat des négociations sur le désarmement nucléaire, dans le cadre du Traité de Non Prolifération, qui doit être renouvelé l'année prochaine. Pour ne pas avoir à partager le Nobel avec les dirigeants russes ?

 

  

01.10.2009

géopolitique des amériques

Géopolitique des Amériques

 

Coordonné par Vincent Thébault, sous la direction scientifique d'Alain Musset

 

Edition actualisée, Nathan éditeur

 

 

Les Amériques, un pluriel qui a un sens, du fait de la diversité du continent, mais également en raison du lien entre les USA et l'Amérique latine qui fait que les géopolitiques ne peuvent pas être indépendantes les unes de l'autre au nord et au sud du Rio Grande (Rio Bravo pour les Mexicains).

 

Les "Latinos" sont de plus en plus nombreux aux USA, dont le mode de vie et le cinéma restent les références.

Les relations centre/périphérie ont toujours joué, globalement, en faveur des Etats-Unis au détriment de l'Amérique latine, mais des résistances à l'ordre américain sont très claires.

Les résultats électoraux dans de nombreux pays latino-américains sont un signe d'un véritable retournement de tendance, même si Lula n'a pas grand chose à voir avec Chavez, et Michelle Bachelet avec Evo Morales, aussi différents qu'Alan Garcia peut l'être de Daniel Ortega...

 

Le livre est clair, découpé en thèmes bien choisis, avec de nombreuses cartes.

Probablement a-t-il été conçu pour les étudiant(e)s, mais il intéressera toutes celles et tous ceux qui, comme moi,  souhaitent mieux connaître les Amériques, et les relations entre elles. Un livre qui prouve que la géopolitique se trouve au carrefour de la géographie et de l'Histoire, donc des politiques menées.

 

 

  

31.08.2009

Japon

Japon : les forces de progrès se lèvent à l'Est

 

Après l'élection de Barack Obama à l'Ouest, les progressistes du monde se réjouissent de la défaite historique des libéraux japonais.

 

Le programme des vainqueurs semble prometteur :

Réduction des disparités sociales, augmentation du salaire horaire minimum, renforcement des allocations de chômage,  création d'une pension de retraite minimum, lancement d'un système d'allocation familiale, renégociation de l'accord sur les bases américaines.

 

Pourvu qu'en Europe, et en particulier en France, les progressistes ne mettent pas plus de 50 ans pour se débarrasser de la Droite !

 

26.08.2009

sortir du communautarisme

Irak : sortir du communautarisme

 

En refusant une "union sacrée" des chiites, le Premier ministre irakien, chiite, a pris un risque, mais prouve qu'il a la stature d'un homme d'Etat.

En proposant une alliance sur des projets concrets et non pas sur les appartenances religieuses, avec des représentants d'autres communautés religieuses, il montre,  sans doute,  la voie pour sortir l'Irak de la situation actuelle,  et en faire un Etat de Droit basé sur ses citoyens.

Si cette ligne l'emporte aux prochaines élections, nous pourrons espérer un nouvel avenir pour ce pays.

11.08.2009

Géorgie : Kouchner pas crédible

A l'occasion du triste anniversaire de la guerre de Géorgie, Kouchner s'est associé à son Secrétaire d'Etat pour reprendre la mélopée des louanges du Président à qui il doit son beau ministère.

Depuis un an il cherche à nous convaincre que Sarkozy, par son action, aurait sauvé l'existence de la Géorgie.

Il serait parvenu à "rétablir le dialogue". Est il possible de qualifier de "dialogue" les menaces proférées par les responsables russes ?

Intégralité territoriale ? Non seulement les troupes russes occupent deux provinces géorgiennes, mais, contrairement aux promesses, elles ne sont pas revenues sur les positions occupées avant le déclanchement des hostilités.

"Observateurs européens" ? Les troupes russes leur interdisent l'accès aux provinces annexées, et ils ne peuvent que constater que des milliers de Géorgiens, victimes du nettoyage "ethnique", ne peuvent pas rentrer chez eux.

5OO millions d'euros versés par l'Union européenne ? Chacun sait qu'elle sert généralement à payer pour les dégâts causés par d'autres, et que pèsent ces 500 millions à coté des 20 milliards investis par les Russes dans les deux provinces qu'ils occupent ?

L'Europe stratégique, quoi qu'en dise Kouchner, n'est pas "née" en Géorgie...


15.07.2009

Dur de ne pas être "chinois" en Chine

L’irruption de violence dans la province autonome du Xinjiang est sévèrement réprimée par le gouvernement chinois. Les heurts entre Ouigurs et Hans ont fait officiellement 186 morts mais le le sang coule toujours. Cette violence est présentée par la Chine comme un simple conflit interethnique entre Hans et Ouigurs alors qu’elle est l’aboutissement quasi inéluctable de sa politique répressive dans la province du Xinjiang. La province est stratégique mais difficile à contrôler.  Voie de transit incontournable, riche en ressources naturelles (or, pétrole, gaz) elle est  indispensable à l'avenir énergétique de la Chine. Mais elle est peuplée de nombreuses ethnies non chinoises, dont la plus importante, celle des Ouigours. Ceux-ci, près de 50% de la population, sont majoritairement des musulmans sunnites d’origine turcophone. Ils sont depuis une décennie systématiquement discriminés, menacés d’assimilation, de disparition : leur identité est en péril. En réalité, la politique de la Chine vis-à-vis de ses minorités ethniques, libérale dans les années 80, s’est graduellement durcie et les autorités chinoises ont saisi l’occasion du 11 septembre 2001 pour afficher leur lutte - voyez l’amalgame !- : « contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux ». En avril 2009, Amnesty International lançait un cri d’alarme : après le Tibet, il y aurait le Xinjiang. La politique de non violence ayant échoué, les Ouigours chercheraient d’autres moyens de faire aboutir leurs revendications identitaires. C’est chose faite. Mais la Chine ne peut continuer à assurer sa cohésion à travers des bains de sang à répétition. En tant que signataire d’accords internationaux, elle est tenue de protéger ses minorités ethniques. Et sa constitution, comme sa loi relative à l’autonomie régionale de 1984 l’y contraignent également.

L’Europe va-t-elle encore fermer les yeux et se contenter de condamner la répression et de quémander- sans succès - la libération des prisonniers politiques ? Les droits de l’homme en Chine sont un problème politique. Il faut oser rappeler à ce pays ses propres engagements envers ses peuples et le risque de s’y soustraire.  Que va faire la Présidence suédoise de l'Union européenne.Nous espérons un geste fort.

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