31/03/2006
Mitterrand et la Palestine
Mitterrand et la Palestine
Jean-Pierre Filiu
Editions Fayard
En 1983, il juge "illusoire" de "prétendre régler le sort de la Palestine sans les Palestiniens", puis "au carrefour de la guerre et de la paix, il ne s'agit pas de choisir son interlocuteur, il est là", avant de rappeler en 1992 "un Etat palestinien a été reconnu par les Nations Unies lorsqu'a été créé l'Etat d'Israël".
Jean-Pierre Filiu
Editions Fayard
Ancien du cabinet de Lionel Jospin quand celui-ci était Premier ministre, Jean-Pierre Filiu retrace l'évolution de François Mitterrand, ami d'Israël, qui favorise le départ des émigrants sur l'Exodus (en leur délivrant de faux papiers), qui devient le premier Président de la République française à se rendre dans ce pays (le premier chef d'Etat français à se rendre en "Terre sainte" depuis 1250)...pour évoquer devant la Knesset la perspective d'un Etat palestinien et qui, sensibilisé au drame palestinien empêchera l'élimination d'Arafat en 82 à Beyrouth assiégé par l'armée israélienne et les milices chrétiennes, puis en 83 dans le Nord du Liban face aux assauts syriens.
Dès 1970 il déclare : "Tout comme on ne peut nier l'existence de l'Etat d'Israël, on ne peut nier le peuple palestinien."
En 1983, il juge "illusoire" de "prétendre régler le sort de la Palestine sans les Palestiniens", puis "au carrefour de la guerre et de la paix, il ne s'agit pas de choisir son interlocuteur, il est là", avant de rappeler en 1992 "un Etat palestinien a été reconnu par les Nations Unies lorsqu'a été créé l'Etat d'Israël".
Ce n'est probablement pas un hasard si c'est à Paris que Yasser Arafat a déclaré "caduque" la charte de l'OLP qui prévoyait la destruction de l'Etat d'Israël.
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21/03/2006
Album photos
Tenez vous prêt nous partons
Claude Azoulay
Editions Paris Match
Claude Azoulay est photographe à Paris Match, et son journal l'a chargé de suivre François Mitterrand de 1978 à son décès en 1996.
C'est donc un album d'une centaine de photos superbement présentées, agrémenté de textes sobres, dont une préface de Jean Lacouture, qui nous restitue la pluralité de l'homme (candidat, Président, grand-père etc.) et des mondes où le photographe l'accompagne.
Ancien photographe de guerre, Claude Azoukay livre son ouvrage avec de nombreuses photos de la visite du Président Mitterrand à Sarajevo qu'il rapproche de la visite à Beyrouth.
On comprend mieux alors le courage physique dont François Mitterrand a fait preuve pour tenter deux fois de s'évader d'Allemagne avant de réussir une troisième, puis entrer dans la résistance au péril de sa vie.
Comme je lis rarement Paris Match, ces photos sont quasiment toutes inédites pour moi.
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17/03/2006
Considérations sur le malheur arabe
Considérations sur le malheur arabe
Samir Kassir
Editions "Actes Sud"
Partout la nostalgie d'une gloire fantasmée se double d'une impuissance citoyenne.
Egypte : "bureaucratie qui combine les désavantages du capitalisme d'Etat et l'ultralibéralisme. Le vrai pouvoir réside dans l'institution militaire. Népotisme qui a multiplié les voiles sur les têtes et les contraintes sur la liberté de pensée."
Soudan : "extraordinaire dilapidation des richesses naturelles".
Lybie : "société fermée sous surveillance policière".
Maroc : "accaparement des richesses".
Tunisie : "société encagée ; pratiques mafieuses qui gangrènent la croissance."
Algérie : "régime qui n'a de civil que la devanture ; enrichissement de la caste au pouvoir ; répression génératrice de guerre civile"
Irak : "dilapidation des richesses ; violence aveugle qui se justifie par le messianisme religieux."
Syrie : "sous l'éteignoir depuis 40 ans ; asséchée par les réseaux mafieux ; Lybie sans le pétrole."
Liban : "la guerre a privé le monde arabe de l'un de ses laboratoires de modernité."
Yémen : "zone de non droit régentée par des clans."
Emirats arabes : "la modernisation reste un trompe l'œil".
Arabie Saoudite : "train de vie somptuaire de 7.000 princes face à une population où la pauvreté ne se cache plus."
Partout le recours à la religion canalise la frustration face à l'échec des Etats et l'absence de démocratie.
Alors que dans les années 60 "le voile était devenu suffisamment rare pour être remarqué, avec la richesse pétrolière le monde arabe a été rattrapé par l'arriération des pays de la péninsule arabique."
Samir Kassir
Editions "Actes Sud"
Historien, enseignant, journaliste, éditorialiste, Libanais, Sami Kassir s'est fait connaître du grand public pour la pire des raisons : il a été assassiné, probablement par des agents à la solde du régime syrien qu'il dénonçait avec virulence.
Historien, Samir Kassir se plonge dans le mythe de "l'âge d'or" arabe sur lequel s'appuient les fondamentalistes religieux, et son corolaire : la "renaissance", par le retour à la "pureté originelle".
Partout la nostalgie d'une gloire fantasmée se double d'une impuissance citoyenne.
Bien entendu, le problème palestinien est au cœur du "malheur" arabe, impuissant à changer le rapport de forces face à un Etat israélien disposant de l'arme nucléaire et adossé à la superpuissance américaine.
S'assumer comme victime permet de gagner le paradis, ce qui fait les beaux jours de l'islamisme radical devenu majoritaire au sein de la résistance palestinienne, alors que le "kamikaze" n'appartient pas à la culture historique arabo-musulmane.
Journaliste, Samir Kassir passe en revue les différents Etats arabes, sans concessions :
Egypte : "bureaucratie qui combine les désavantages du capitalisme d'Etat et l'ultralibéralisme. Le vrai pouvoir réside dans l'institution militaire. Népotisme qui a multiplié les voiles sur les têtes et les contraintes sur la liberté de pensée."
Soudan : "extraordinaire dilapidation des richesses naturelles".
Lybie : "société fermée sous surveillance policière".
Maroc : "accaparement des richesses".
Tunisie : "société encagée ; pratiques mafieuses qui gangrènent la croissance."
Algérie : "régime qui n'a de civil que la devanture ; enrichissement de la caste au pouvoir ; répression génératrice de guerre civile"
Irak : "dilapidation des richesses ; violence aveugle qui se justifie par le messianisme religieux."
Syrie : "sous l'éteignoir depuis 40 ans ; asséchée par les réseaux mafieux ; Lybie sans le pétrole."
Liban : "la guerre a privé le monde arabe de l'un de ses laboratoires de modernité."
Yémen : "zone de non droit régentée par des clans."
Emirats arabes : "la modernisation reste un trompe l'œil".
Arabie Saoudite : "train de vie somptuaire de 7.000 princes face à une population où la pauvreté ne se cache plus."
Partout le recours à la religion canalise la frustration face à l'échec des Etats et l'absence de démocratie.
Alors que dans les années 60 "le voile était devenu suffisamment rare pour être remarqué, avec la richesse pétrolière le monde arabe a été rattrapé par l'arriération des pays de la péninsule arabique."
La voix de Samir Kassir va manquer dans le contexte actuel. Restent ses livres...
10:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
13/03/2006
écrits d'Afrique
Ecrits d'Afrique
Jean Hélène
éditions de la Martinière
Une sélection de ses textes, écrits de 1990 à 2003, pour RFI et pour Le Monde, ont été rassemblés et cela devient un livre indispensable pour comprendre l'Afrique et ses drames : la Somalie, le Rwanda, l'Ethiopie et l'Erythrée, le Zaïre, le Liberia, etc.
Cela ne se lit pas comme un roman, mais article après article, impossible de ne pas regretter de ne pas l'avoir lu plus tôt, de ne plus pouvoir le lire au fil de l'actualité...
Jean Hélène
éditions de la Martinière
Jean Hélène, 50 ans, correspondant de Radio France Internationale à Abidjan, a été assassiné, il y a deux ans par un policier ivoirien beaucoup trop nerveux.
Une sélection de ses textes, écrits de 1990 à 2003, pour RFI et pour Le Monde, ont été rassemblés et cela devient un livre indispensable pour comprendre l'Afrique et ses drames : la Somalie, le Rwanda, l'Ethiopie et l'Erythrée, le Zaïre, le Liberia, etc.
Cela ne se lit pas comme un roman, mais article après article, impossible de ne pas regretter de ne pas l'avoir lu plus tôt, de ne plus pouvoir le lire au fil de l'actualité...
10:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
24/02/2006
Pourquoi ils se battent
Pourquoi ils se battent
Voyages à travers les guerres du Moyen-Orient
Renaud Girard
Flammarion
Renaud Girard est "grand reporter" au Figaro, journal qui n'est pas ma lecture habituelle. Mais il faut reconnaître que son livre est clair et intelligent, posant bien les problèmes de la région.
Les premiers chapitres sont consacrés au problème israélo-palestinien, nœud ou prétexte de bien des crises. Ils ont été écrits avant la victoire du Hamas aux élections palestiniennes, mais on y trouve les raisons qui pouvaient laisser présager leur victoire : les accords d'Oslo ont été systématiquement sabotés, non seulement par le Hamas, mais aussi par les dirigeants israéliens successifs, en particulier de Droite. Qu'a reçu l'autorité palestinienne en contrepartie de ses concessions ? Pas l'arrêt de la colonisation. Rien qui aurait pu lui permettre de faire face à la montée islamiste, en particulier à Gaza, le plus grand ghetto du monde (2/3 de la population vivant dans des camps de réfugiés et ayant pour héros le Hezbollah libanais et les "martyrs" kamikazes).
Le 11 septembre ne pouvait servir de prétexte : les terroristes ne venaient pas d'Irak. Leurs financements venaient de l'Arabie Saoudite wahhabite et de Dubaï, "alliés" des USA.
La traque de Ben Laden et des talibans n'est pas non plus un succès : le gouvernement afghan ne contrôle que la capitale, et le reste du pays est aux mains des seigneurs de la guerre liés aux trafiquants d'opium.
Comme toutes les guerres, celles du Moyen-Orient sont contre-productives et c'est la population civile qui souffre le plus !
Voyages à travers les guerres du Moyen-Orient
Renaud Girard
Flammarion
Renaud Girard est "grand reporter" au Figaro, journal qui n'est pas ma lecture habituelle. Mais il faut reconnaître que son livre est clair et intelligent, posant bien les problèmes de la région.
Les premiers chapitres sont consacrés au problème israélo-palestinien, nœud ou prétexte de bien des crises. Ils ont été écrits avant la victoire du Hamas aux élections palestiniennes, mais on y trouve les raisons qui pouvaient laisser présager leur victoire : les accords d'Oslo ont été systématiquement sabotés, non seulement par le Hamas, mais aussi par les dirigeants israéliens successifs, en particulier de Droite. Qu'a reçu l'autorité palestinienne en contrepartie de ses concessions ? Pas l'arrêt de la colonisation. Rien qui aurait pu lui permettre de faire face à la montée islamiste, en particulier à Gaza, le plus grand ghetto du monde (2/3 de la population vivant dans des camps de réfugiés et ayant pour héros le Hezbollah libanais et les "martyrs" kamikazes).
Au lieu de s'investir dans la recherche de solutions offrant un avenir aux Palestiniens et aux Israéliens, comme Carter et Clinton avant lui, W. s'est fourvoyé en Irak, obtenant l'effet exactement inverse de ce qu'il disait rechercher : la guerre et la misère jettent une génération entière d'Irakiens dans les bras de l'Islam, chacun replié sur son identité religieuse, sunnite ou chiite, faisant courir le péril d'une guerre civile.
Le 11 septembre ne pouvait servir de prétexte : les terroristes ne venaient pas d'Irak. Leurs financements venaient de l'Arabie Saoudite wahhabite et de Dubaï, "alliés" des USA.
La traque de Ben Laden et des talibans n'est pas non plus un succès : le gouvernement afghan ne contrôle que la capitale, et le reste du pays est aux mains des seigneurs de la guerre liés aux trafiquants d'opium.
Comme toutes les guerres, celles du Moyen-Orient sont contre-productives et c'est la population civile qui souffre le plus !
En conclusion, l'auteur considère que l'Europe ne doit être accueillante que pour ceux qui adhèrent à ses valeurs démocratiques, la tolérance ne devant pas profiter aux intolérants et qu'elle doit aider les USA à régler, prioritairement, le problème israélo-palestinien.
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