06/06/2010
Du sang sur Vienne
Du sang sur Vienne
Frank Tallis
10/18 « Grands détectives » n°3983
Vienne, au début du XXe siècle, une atmosphère bien dans la ligne de « L’homme sans qualités » de Musil. L’Empire austro-hongrois est malade de ses divisions entre nationalités. Le pangermanisme prend son essor. Les hommes se tuent en duels pour préserver leur honneur. Le fossé entre classes sociales est immense.
L’auteur est docteur en psychologie, spécialiste des troubles obsessionnels, donc tout à fait habilité à imaginer une série de crimes liés les uns aux autres. Le policier se fait aider par un psychiatre émule du Professeur Freud, en butte au scepticisme…et à l’antisémitisme, ainsi que par une scientifique, adepte de la théorie de Mr Darwin, et qui lui fait profiter des balbutiements de la police scientifique.
Il y a de l’action et des rebondissements. Il y est, beaucoup, question de musique (Mozart), de peinture (Klimt) et, un peu, d’amour, de l’égalité hommes/femmes et de franc-maçonnerie (interdite par l’Empereur Joseph II, qui avait également prescrit que les synagogues soient dissimulées aux regards).
Tout cela permettra de découvrir la « logique » du criminel, et donc de l’arrêter.
Un bon roman policier, intellectuel, avec un vocabulaire qui nécessite parfois un dictionnaire.
« En dépit de notre propension à explorer et à habiter divers milieux naturels -ce qui, inévitablement, a donné lieu à quelques adaptations superficielles –nous restons une seule et même humanité »
« Parmi toutes les créatures terrestres, seul l’homme peut et doit travailler à son amélioration »
09:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
04/06/2010
Millénium 3
La reine dans le palais des courants d'air
Millénium 3
Réalisé par Daniel Alfredson
Avec Noomi Rapace et Michael Nyqvist
Dernier volet filmé de la célèbre trilogie.
Comme toujours, il y a moins de choses que dans le livre, mais Noomi s'est imposée dans le rôle de Lisbeth.
Manque, en particulier, toute la description du fonctionnement, y compris économique et humain, d'un grand quotidien.
A voir le film, on oublie complètement que "Millénium" est supposé être un magazine économique critique, alors que le livre montre bien comment, à force de licenciements pour augmenter les profits des actionnaires, une entreprise peut être tuée.
Le film a complètement gommé cet aspect, pour ne garder que le suspens policier, et la critique contre les systèmes psychiatrique et policier.
Si vous avez lu ou vu le deuxième tome, vous avez probablement envie de connaître la suite et fin qui pourrait s'intituler "la vengeance et le triomphe de Lisbeth".
Justice est faite !
Et c'est là où le film rejoint le livre : un certain manichéisme.
08:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
03/06/2010
100 dessins
100 dessins pour Haïti
Casterman
Surtout ne pas oublier Haïti. Montrer que l'on ne l'oublie pas, et que les promesses d'aide à long terme doivent être tenues.
Les bénéfices de la vente de ce livre seront versés, via la "Fondation de France", à des projets concrets en Haïti. Une goutte d'eau dans la mer, peut-être, mais, en plus du sentiment, agréable de faire une bonne action, le plaisir de découvrir, puis de revoir ces 100 dessins de talents.
"Y'a trop de souffrances, pas facile de trouver un gag", dit l'un des dessinateurs. Certains n'essaient pas et montrent leur sensibilité. D'autres osent l'humour, au détriment des "Occidentaux", Sarkozy ou les Américains en particulier.
Certains dessins sont incontestablement percutants : "La liste des médicaments ? Non, la liste de vos obligations en échange de notre aide !".
Je ne vais pas vous les décrire, le mieux est que vous achetiez ce livre.
Pour 14 euros, vous en aurez pour votre argent, et les Haïtiens aussi.
08:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haïti
02/06/2010
statut de la SNCF
Provocation scandaleuse
Je ne vais pas de nouveau parler des bateaux qui voulaient aller à Gaza, exemple de provocation ayant atteint son but, grâce à l'aveuglement des provoqués, mais de la demande de la Commission européenne de transformer la SNCF en société anonyme.
Ancien cheminot, attaché aux services "d'intérêts généraux", installé dans les couloirs européens depuis trente ans, cette "demande" me hérisse.
Nous savons bien que l'actuelle Commission européenne est largement de droite, puisqu'elle est le reflet des gouvernements des pays membres, et nous voyons une fois de plus qu'elle a pour but de "détricoter" les services publics.
La droite européenne a imposé la libéralisation du fret ferroviaire : tout le monde a pu en constater l'échec.
Tout le monde se souvient de la privatisation du rail britannique par madame Tatcher, et des déboires qui s'en sont suivis. Cela aurait du servir de leçon, et devrait dissuader la Commission européenne de poursuivre dans cette voie.
Le statut actuel de la SNCF d'"Etablissement public à caractère industriel et commercial" a été mis en place par le gouvernement Jospin, justement pour s'assurer du bon fonctionnement du service public, qui ne pourrait pas être assuré avec sécurité par des entreprises privées qui n'ont en tête que les profits à redistribuer à leurs actionnaires.
Le combat pour le statut de la SNCF, est aussi le combat pour le service public postal.
Aux Pays-Bas, la Commission s'en prend au logement social, puisqu'il "fausse la concurrence" !!!!
Le combat sera difficile, mais il vaut la peine d'être mené : ce n'est pas cette Europe là que nous voulons !
15:03 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe
31/05/2010
ce ne sont pas seulement des bâteaux...
Inacceptable
Comme tout le monde, je me place, spontanément, du côté des victimes.
Pendant des siècles les Juifs ont été victimes : cela leur donne le droit de vouloir vivre aujourd'hui en sécurité.
Volant de victoires militaires en écrasement de toute opposition, vont-il finir par se rendre compte qu'à force de se comporter en oppresseurs ils mettent en cause leur légitime aspiration à vivre dans la sécurité ?
Le temps du mépris à l'égard de la communauté internationale ne peut continuer qu'avec l'aide des USA, mais ne saurait être éternel.
Les institutions internationales ne peuvent éternellement courir le risque de se déconsidérer en ne réagissant que par des "résolutions" aux actes militaires israéliens.
L'Union européenne peut-elle continuer à payer ce que l'armée israélienne n'a aucun scrupule à détruire, à Gaza en particulier ?
Le jour où les Israéliens comprendront que, dans leur propre intérêt, la situation actuelle ne peut pas durer, que la politique de la force conduit à une impasse, ils devront choisir entre deux options :
- soit un Etat laïc et démocratique, dont tous les citoyens seront égaux en droits, indépendamment de leur religion, avec un droit au retour, pas seulement pour les Juifs ;
- soit la création d'un Etat palestinien, égal en droits à celui d'Israël, donc avec le droit de ne pas subir le blocus de son voisin, le droit de recevoir de l'aide humanitaire, par mer, par air, par route. Le droit d'importer selon ses besoins et d'exporter ses productions sans dépendre de son voisin.
Deux Etats dont les habitants auront le droit de vivre pacifiquement l'un à côté de l'autre.
13:06 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : palestine


