23/02/2026
Complexité d'un homme
François Mitterrand
Conversations intimes
Jean Glavany
éditions Perrin
Trente ans après la disparition de François Mitterrand, Jean Glavany, parle d'un homme dont il fut un des plus proches, avec pudeur, alors que d'autres se sont précipités pour sortir des "Verbatim" parfois éloignés de la vérité.
Jean Glavany est devenu le collaborateur direct du Premier secrétaire du PS avant la victoire de 81. Chef de cabinet du Président de la République pendant tout le premier septennat, il est resté proche pendant le second, devenant Serétaire d'Etat puis député, voisin de Latché.
Témoin privilégié, il défend la mémoire de François Mitterrand sur des sujets polémiques comme la Résistance, le Rwanda ou ses relations avec la mère de Mazarine.
Un livre qui se lit comme un roman. François Mitterrand était un homme secret et Glavany nous en dit beaucoup sans en trahir aucun.
"C'est déjà dur de croire en Dieu, alors croire en un mode de scrutin..." (FM)
"C'est comme cela qu'un mois à peine après un triomphe aux législatives, on recommence à perdre les cantonales..." (FM)
"On ne gagne pas les élections avec un bilan mais avec une espérance" (Amintore Fanfani, homme d'Etat italien)
08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mitterrand
16/08/2024
Témoignage sur Mitterrand
La promesse
Anne Lauvergeon
Grasset
Anne Lauvergeon, ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégée de sciences physiques est arrivée à l'Elysée pendant le deuxième septennat, d'abord comme conseillère technique puis, rapidement à la fois comme "sherpa" et comme secrétaire générale adjoint, dans le bureau voisin de celui du Président.
"J'ai voulu montrer combien un homme - à plus forte raison un homme d'Etat - est plus proche de nous que ceux qui, dotés de recettes de communicants, sont revenus de tout sans être allés nulle part."
Elle témoigne de l'attachement de Mitterrand à la terre de France, celle de son enfance et sa terre d'élections dans le Nivernais.
"Avec lui on peut discuter de tout"
"Que reste-t-il des millénaires qui nous ont précédés ? Des civilisations disparues ? Des monuments et des écrits." (FM)
"la reconnaissance est une maladie de chien, non transmissible à l'homme" (
"Vauban va proposer d'imposer le clergé et l'aristocratie. Louis XIV ne donnera pas suite. Louis XVI en pâtira."
"Contrairement à une idée reçue que j'entends souvent, les hommes politiques de premier plan ne sont pas dotés de cuirasses qui les protègent de tous les coups. Ils reçoivent leur compte d'horions, d'insultes, sont victimes de traquenards venant aussi souvent de leurs ennemis que de leurs amis. Et toujours ils affichent un "même pas mal". C'est parfois entièrement faux."
08:34 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mitterrand
06/06/2021
Trois affaires de la IVe République
Mitterrand et ses ombres
Patrick Rotman (scénario)
Jeanne Puchol (dessin)
éditions Delcourt
Sous la IVe République, François Mitterrand est un homme important : ministre de l'intérieur puis de la Justice. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait quelques ennemis prêts à toutes les machinations. Patrick Rotman évoque trois affaires :
- l'affaire des fuites du conseil de défense, alors que la guerre d'Indochine se termine par l'échec de l'armée française. La droite, bien aidée par des journaux comme Le Figaro, cherche à accréditer l'idée que le traitre est François Mitterrand. Même après la fin de l'enquête qui l'innocente complètement !
"Le bilan de Bien Dien Phu est terrible :1500 tués, 3.000 blessés, 10.000 prisonniers dont 250 officiers. On aurait pu éviter ce drame. S'être installés dans une cuvette sans tenir les hauteurs, c'est une erreur impardonnable."
Mitterrand qui avait beaucoup fait pour que Mendès-France devienne Président du Conseil n'oubliera jamais que celui-ci ne l'a pas prévenu qu'il était soupçonné d'être le traitre.
- l'affaire du "bazooka", tiré contre le bureau du général Salan à Alger, jugé trop tiède par les partisans de l'Algérie française. L'attentat coûta la vie au Commandant Rodier, principal collaborateur de Salan. Michel Debré, alors sénateur, est très impliqué dans le complot. Mitterrand, Garde des sceaux, fait en sorte que Debré ne soit pas inquiété. Il deviendra Premier ministre du Général.
- l'affaire du faux attentat dans le jardin de l'Observatoire qui reste la plus connue. C'était en plein pendant la guerre d'Algérie. Un attentat contre Mitterrand était crédible. Il a eu tord d'y croire. Il a été accusé de l'avoir inventé et organisé. Là encore la main de Debré...
08:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, politique, histoire, mitterrand
17/07/2015
Mitterrand ambigu ?
Portrait d'un ambigu
Philip Short
éditions du nouveau monde
François Mitterrand est décédé il y a bientôt vingt ans. La pile des livres qui lui sont consacrés continue à s'élever.
Philip Short était journaliste de la BBC accrédité à Paris pendant les présidences de François Mitterrand. C'est sa troisième biographie, après celle de Mao et de Pol Pot, sans qu'il ne faille voir un lien avec les deux ouvrages précédents.
Enorme pavé de plus de huit cent pages. La lecture terminée, j'en tire l'impression que François Mitterrand ne correspond pas du tout à cette image d'ambiguité.
Il n'était pas ambigu dans sa vie amoureuse : son épouse, Danielle, trop souvent laissée seule, vivait avec un autre homme à partir de 1958, aussi bien rue de Bièvres qu'à Latche. Mitterrand a eu de nombreuses relations extra-conjugales. Sans ambiguïté . Y compris avec la mère de Mazarine. Dont Danielle connaissait l'existence. Et Anne savait qu'il ne divorcerait jamais d'avec Danielle. L'ambiguité n'existait que pour l'extérieur des deux familles.
Le Président Mitterrand a été sans ambiguité dans le domaine des relations extérieures. Les exemples sont multiples : l'Europe ("il y a un danger qui plane sur elle, c'est que le grand nombre finisse par en faire simplement une zone de libre échange"), le Moyen-Orient ("la reconnaissance préalable et mutuelle du droit des autres à l'existence"), la force de dissuasion ("l'arme nucléaire n'est pas faite pour gagner la guerre mis pour l'empêcher" ;"les pacifistes sont à l'ouest, les missiles sont à l'est"), etc.
Dans le domaine de l'économie, celui qu'il maîtrisait le moins, il n'était pas ambigu, il tergiversait par manque d'assurance.
Son seul moment d'ambiguité politique a été lorsqu'il travaillait à Vichy tout en étant déjà un résistant actif. Il n'était pas seul dans ce cas, et la consigne donnée par Londres à ses semblables était de continuer le plus longtemps possible dans ce double rôle. Raymond Marcellin et Maurice Couve de Murville furent dans le même cas.
L'ambiguité de ses positions sous la Ive République ne venait-elle pas de la situation politique de l'époque ?
Il n'a pas été ambigu sous la Ve : toujours pour l'Union de la Gauche, avec pour objectif de battre la droite et de récupérer le plus grand nombre d'électeurs communistes. Il a été plus secret qu'ambigu."Ceux qui le connaissaient le mieux ne connaissaient que 30% de ce qu'il pensait". "Son mépris pour le pouvoir de l'argent et sa foi en la justice sociale furent constants tout au long de sa carrière politique." ("L'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine et l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes.")
Il n'a été ambigu que dans sa mort : "une messe est possible", avec un enterrement à Jarnac où il sera pour l'éternité, sans Danielle ni Anne. "J'ai une âme mystique et un cerveau rationaliste."
"Décider de la façon dont on devra passer ses dernières années n'est pas une hypothèse abstraite, mais un choix irréversible ."
"Ce n'est pas la mort qui me fait peur, c'est de ne plus vivre." "Je compte sur vous pour veiller à ce qu'on ne me voit pas ratatiné comme un légume, grabataire et inconscient. Il faudra tout faire pour m'épargner cette misère."
"Ce sont les rêves, non les réalités qui font gagner les élections."
"C'est plus difficile de négocier avec quelqu'un qui a un rêve qu'avec quelqu'un qui a un objectif"
"Il se voyait lui même comme un romantique dont la vie était un roman en train de s'écrire" (quel romancier plein d'imagination aurait pu créer une telle vie ?)
08:47 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mitterrand, politique
18/09/2008
le président de la république et le pape
Ceux qui croient, ceux qui ne croient pas...
Extraits de l'allocution prononcée par François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la visite du Pape, à Lourdes en 1983 :
"Votre voix (il s'adresse au Pape) est entendu et par ceux qui croient et par ceux qui ne croient pas, chaque fois qu'elle condamne l'injustice sociale, l'insolence des privilèges, la ruine des droits de l'Homme dans un monde où l'on voit trop d'individus, de familles, de groupes sociaux, de races, de peuples et de nations livrés à la violence de l'oppression et de la haine."
"La paix, jamais acquise, menacée de tous côtés, par la volonté de domination, par l'âpreté des intérêts et par l'intolérance, menacée par l'iniquité qui sépare de plus en plus les peuples riches des peuples pauvres, menacée par le gouvernement des puissants, a besoin d'être secourue, soutenue, au delà du nécessaire et difficile équilibre des forces, par la vigilance des peuples en péril."
"Notre loi, notre devoir et notre volonté s'accordent à préserver comme un bien très précieux la liberté pour chacun de croire et de vivre sa foi ou de servir son idéal, dans le double respect de la communauté qu'ensemble nous formons, et de l'Etat qui la rassemble".
1) C'est ça la laïcité, et c'est positif.
2) Il ne suffit pas de débaucher quelques carriéristes pour effacer la différence entre la Gauche et la Droite.
08:04 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mitterrand, sarkozy, le pape, laïcité


