17/10/2010
la parisienne
La parisienne
Théâtre Montparnasse
Avec Barbara Schulz
Une pièce de 1885 qui montre, assez sévèrement, les mœurs de la bourgeoisie parisienne en ce début de IIIe République.
Tout tourne autour de la ravissante Barbara Schulz, qui porte à merveille des tenues d’époque. Elle est oisive, pense sorties et achats, rencontrer des amies après une visite au Bon Marché, ou chez la couturière et la modiste. Pour séduire.
Elle ne s’entend pas mal avec son mari, obsédé par sa promotion sociale. Elle va même l’aider grâce à ses relations très personnelles.
Il y a les amants, celui dont elle s’est éloignée, qui le sent bien et qui s’accroche maladroitement. Et le jeune aristocrate qui ne fera qu’un passage, car il s’ennuie loin de son château, de ses chiens, de ses fusils et des courbettes que lui prodiguent ses gens.
Un monde disparu ? Peut-être pas entièrement… Le besoin d’être aimé(e) traverse les époques !
Dans la famille Schulz, c’est définitivement Barbara que je préfère.
10:16 Publié dans Téâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre
16/10/2010
le pic du diable
Le pic du diable
Deon Meyer
Point policier P 2015
Un voyage en Afrique du Sud = un bon prétexte pour lire un roman policier de Deon Meyer !
J’avais bien aimé « Lemmer invisible » et plus encore son dernier livre « 13 heures ».
Le « pic du diable », nom d’un pic à proximité de la ville du Cap, porte sur la question de la justice. Avons-nous le droit de nous faire justice ? Et pour exacerber le problème, l’exemple pris est celui des enfants. Je n’ai, heureusement, pas eu à subir cette atroce expérience, mais je suppose que, comme tous les pères, j’aurais eu envie de faire souffrir horriblement le bourreau d’un de mes enfants, l’envie de meurtre n’étant pas la moindre. Surtout quand on est persuadé que « la société ne remplit pas ses devoirs envers nos enfants ». Et l’on sait que les violeurs et les pédophiles souffrent d’une pathologie qui porte à la récidive. Alors les violeurs pédophiles…
La question est encore plus tragique en Afrique, où le SIDA est très répandu, ainsi que cette croyance folle prétendant que faire l’amour avec une enfant peut guérir de cette maladie.
Bien entendu le livre pose la question de l’erreur judiciaire possible, encore plus irrémédiable quand on se fait justice soi même.
Le roman montre qu’il n’y a pas de réponses simples et définitives.
A part ça, il est beaucoup question (trop) d’alcoolisme, et de la lutte du héros, l’inspecteur Grissel, pour s’en sortir.
Et puis, il y a les problèmes de l’Afrique du Sud post apartheid : les énormes différences sociales, le racisme qui n’a pas disparu d’un coup de baguette magique, la discrimination positive, qui peut être perçue comme une injustice, les Afrikans, minorité à laquelle l’auteur appartient, et qui tente de défendre sa langue.
Je lirai d’autres livres de Deon Meyer, mais je n’oublie pas les conseils de lecture de l’ami Frédéric, pour, j’espère, mon prochain voyage en Afrique du Sud…
12:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature
15/10/2010
Wall street
Wall Street 2
L'argent ne dort jamais
D'Oliver Stone
Avec Michaël Douglas
Oliver Stone est un cinéaste engagé. A gauche, dirions-nous en Europe. "Liberal", donc gauchiste, disent les Américains conservateurs. La crise financière, transformée en crise économique à répercussions mondiales lui donne une excellent occasion de dénoncer une nouvelle fois ce système dans lequel certains peuvent gagner des millions, avec l'argent des autres, en toute irresponsabilité, pouvant faire perdre leur emploi à des dizaines de milliers de travailleurs. "Le capitalisme a eu une crise cardiaque. On lui a fait un triple pontage", a déclaré le cinéaste.
Stone insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas uniquement d'argent, pour ces joueurs, mais de sentiment de puissance face aux prises de risques.
"Quel est le chiffre ?" A partir de combien de millions gagnés par la spéculation, est-il possible de s'arrêter, et de vivre paisiblement, entre les siens, le reste de son âge ?
Bien entendu il n'y en a pas, car aucune cure de désintoxication, même en prison, ne peut venir à bout de cette addiction.
Au point de renoncer à tout amour familial, à toute réconciliation avec sa fille, de ne jamais connaître son petit-fils ? C'est la grande question de ce film, qui reste américain, et pour un grand public, et donc avec une fin heureuse...
08:36 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
14/10/2010
Des universitaires africains étudient les droits de l'Homme en Afrique
Les droits de l'Homme en Afrique
Dîner avec Joseph Diescho, professeur de droit à l'université d'Afrique du Sud de Pretoria.
Il vient de coordonner les travaux d'une douzaine de ses collègues, enseignants dans diverses universités africaines, sur les perspectives de la promotion et la protection des droits humains en Afrique, d'un point de vue juridique.
Première constatation : le décalage, dans la plupart des pays, entre les idéaux des luttes de libération et l'exercice du pouvoir.
Son leitmotiv : "c'est justement parce que nous sommes Africains que nous ne pouvons pas accepter toutes ces choses". Mais il insiste sur l'universalité de notre humanité. Il refuse le "relativisme" de valeurs universelles et se félicite des efforts de l'Union africaine dans ce domaine, au moins dans les principes.
Quand je lui parle de l'attitude de l'Union africaine à l'égard de la Cour Pénale Internationale, il me répond, fataliste : "dès que l'on touche au pouvoir...".
Il cite Obama : "l'Afrique a besoin d'institutions fortes, pas d'hommes forts".
Mais il constate que la démocratie a du mal à fonctionner avec des partis qui sont essentiellement tribaux, avant d'être des regroupements idéologiques.
J'ai du mal à partager son optimisme quand il prétend qu'en Afrique du Sud "les townships ont fait disparaître les tribus", car personne n'a oublié les affrontements entre Xhosas et Zoulous dans les townships, du temps de l'apartheid.
Je souhaite que "son" livre, préfacé par Desmond Tutu, soit traduit en français et largement diffusé en Afrique.
N'est-il pas bon que des universitaires africains se rassemblent pour synthétiser ces questions ?
18:28 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique
13/10/2010
Soweto
Ballade à Soweto
Je n’étais pas retourné depuis quelques années en Afrique du Sud, pays dans lequel je me suis rendu le plus souvent, parmi les pays non européens. Je ne suis pas venu pour la Coupe du Monde. Quelle Coupe du Monde ? La France y a participé ? Elle a gagné contre le Luxembourg ?
Moment idéal : là bas, c’est le printemps. A 1.800 mètres d’altitude, le temps est idéal, ensoleillé et doux. Les arbres, plantés par les pionniers boers, sont en fleurs dans les rues de Pretoria. Des « anacondas » me dit-on. Sur le chapeau en bronze de Pretorius, les pigeons, comme les pigeons de toutes les villes du monde, n’ont aucun respect pour le fondateur de la ville.
C’est qu’ils ont souffert pour arriver là, lors du « Grand Trek », ces paysans d’origine hollandaise, chassés par les Anglais, pourchassés par les Zoulous du chef Chaka. « Big riffles and big bibles », de « longs fusils » et des bibles énormes, comme je n’en ai jamais vues ailleurs que dans ce mémorial à la gloire des Afrikaners. Livres sacrés transportées dans leurs chars à bœufs, avec la certitude d’apporter la « lumière » en Afrique.
Alors, il n’était pas question, à peine un siècle plus tard, d’accepter facilement que l’enseignement ne soit pas en afrikaans, pour tous ces jeunes Bantous vivant dans les banlieues lointaines de JO’ Burg et de Pretoria.
SOWETO est le plus célèbre de ces « townships », alignements de petites maisons en parpaings. Et quand la révolte a éclaté dans les années 70, ce n’était pas contre l’apartheid, ni contre l’éloignement domicile/travail, mais contre l’enseignement en afrikaans, qui n’était ni une des langues maternelles, ni la langue dominante des blancs.
Vous avez peut-être oublié le nom d’Hector Pieterson, mais vous avez vu sa photo, qui a fait le tour du monde. Souvenez-vous, en 1976 : en noir et blanc, un jeune adolescent porte dans ses bras, en pleurant, un enfant qui vient d’être tué par la police anti-émeute : Hector Pieterson, dont un musée commémoratif, à Soweto, porte aujourd’hui le nom.
A Soweto, la rue Villakazi est la seule au monde à pouvoir se vanter de compter deux prix Nobel. La maison de Desmond Tutu, qui, de l’extérieur, semble assez luxueuse, ne se visite pas : c’est une vraie maison, habitée, contrairement à la maison dans laquelle Nelson Mandela a passé 20 ans, moins longtemps qu’en prison... Aujourd’hui transformée en musée où les groupes se succèdent, syndicalistes africains ou touristes japonais. Tous entendent la même histoire édifiante qui transforme Winnie en Pénélope moderne et militante. Le panneau indique en grands caractère que la gargote d’en face est tenue par « la famille de Nelson Mandela ». Ils ne sont pas les seuls, avec les marchands de souvenirs sur les trottoirs, à exploiter l’image du grand homme.
Soweto, à l’image de tous les townships, n’a jamais été un « bidonville ». Mais, comme je l’avais constaté la dernière fois, des bidonvilles se multiplient à proximité, malgré les 7 millions de logements construits depuis 14 ans. L’Afrique du Sud a des problèmes, mais ce pays avance et ses réussites attirent, comme partout, les habitants de pays moins bien pourvus. Contrairement à ce que pensent les Européens, les migrations internes à l’Afrique sont plus importantes que les migrations de l’Afrique vers l’Europe. Les mineurs venaient autrefois du Lesotho, les immigrés d’aujourd’hui, renvoyés chez eux par trains entiers chaque semaine, viennent du Mozambique et du Zimbabwe, depuis que ce pays, autrefois un des plus riches d’Afrique, est en crise. Ils viennent également de RDC, qui ne manque pourtant pas de richesses minières, et du Nigéria, premier producteur pétrolier du continent. Les Nigérians sont accusés de tous les trafics de drogue. Une véritable « afrophobia » se développe, qui a plus à voir avec la xénophobie et le racisme social qu’avec la couleur de la peau.
Comme en France il y a les banlieues chics, l’équivalent de Neuilly, les banlieues pour les classes moyennes qui chaque matin alimentent les bouchons sur l’autoroute qui va à Johannesburg, en attendant que le train, commencé pour la Coupe du Monde, soit terminé, et les moins bien lotis, souvent illégaux, ou vivant dans les « habitations » qui le sont, qui se déplacent dans des minibus dont les chauffeurs craignent l’arrivée du train, et donc la perte de leur emploi.
Ont-ils une pensée pour Liliane en passant devant l’énorme usine l’Oréal ?
18:43 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3)


