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12/04/2021

Décrypter notre monde

Dictionnaire amoureux de la géopolitique

Hubert Védrine

éditions Plon / Fayard

 

La géopolitique, au carrefour de l'Histoire, de la géographie et de la politique. "C'est l'étude des interactions entre la géographie , l'histoire et la politique internationale."

Hubert Védrine est bien placer pour nous éclairer : deux septennats à l'Elysée aux côtés de François Mitterrrand, ministre des Affaires étrangères pendant les cinq années de cohabitation Chirac/Jospin. Mais les 249 entrées de son dictionnaire sont très claires, compréhensibles même pour les non initiés.

 

"La dissuasion nucléaire mutuelle a fait qu'il n'y a pas eu de nouvelle grande guerre entre les puissances."

"Sans cette suprématie du dollar, la scandaleuse politique américaine de sanctions extraterritoriales s'effondrerait"

"L'Europe n'est pas la mère de la paix, mais sa fille"

"en 2018, Google + Amazon équivalaient au PIB de la France"

"90% des victimes du terrorisme islamiste, qui en est la dégénérescence ultime, sont des musulmans"

"Les anciens "colonisés" devraient se demander pourquoi et comment ils ont pu l'être."

"la vie internationale est une négociation continue."

"Les fous, les visionnaires, les hallucinés, les névrosés et les aliénés , affirme Freud, ont, de tout temps, joué de grands rôles dans l'histoire de l'humanité."

 

06/04/2017

Un Etat-guérilla en mutation

Corée du Nord

Philippe Pons

éditions Gallimard

 

Il y a quelques années, j'ai raconté dans ce blog mon voyage dans ce pays si fermé. Philippe Pons, journaliste au Monde, propose une analyse très fouillée du passé, du présent et du futur de ce qu'il appelle cet "Etat guérilla".

La Corée, colonisée par le Japon à partir de 1905, , est sortie exsangue de la guerre qui a déchiré la péninsule après la dernière guerre mondiale, faisant au moins deux millions de morts coréens. D'un coté l'URSS et la Chine de Mao, de l'autre les Etats-Unis d'Amérique et ses alliés, dont la France. Il faut donc penser la RPDC dans le contexte de son histoire nationale qui explique, au moins en partie, pour quoi elle s'est transformée en "Etat forteresse", cherchant des marges de manoeuvre face à ses mentors chinois et russe. "La RPDC vit depuis plus d'un demi-siècle figée dans l'ère postcoloniale et la guerre froide."

"Un nationalisme ethnique exacerbé a progressivement évincé le marxisme- léninisme." "Un système totalitaire, "socialiste" dans sa forme, nationaliste dans sa substance. La Constitution de 1998 écarte toute référence au marxisme." Au pratiques staliniennes (répression, purges, camps de travail) s'ajoutent les méthodes de contrôle de la police d'occupation japonaise visant à réguler la vie quotidienne en jouant de la délation et de la surveillance mutuelle.

L'écroulement du bloc soviétique et la transformation de l'économie chinoise ont eu des répercussions catastrophiques pour l'économie de la RPDC. Famines, et pour survivre : marché noir et corruption généralisée après l'effondrement du système de distribution publique. Le décalage entre l'idéologie et la réalité est patent, même pour les Nord-Coréens.

La politique de W Bush a son égard  ("axe du mal" en 2002) a renforcé la mentalité d'assiégé permanent, "la militarisation à outrance absorbant les ressources nationales. La primauté accordée aux dépenses militaires s'opéra au détriment des conditions de vie." "Le pays le plus militarisé du monde" avec une surreprésentation des militaires dans l'appareil du pouvoir. L'intervention militaire américaine a été une leçon pour les dirigeants de la RPDC, paranoïaques non sans raison. Devenir une puissance nucléaire leur semble la seule façon d'éviter le sort de Sadam Hussein.

La Chine, même si elle désapprouve la politique des dirigeants nord-coréens, ne se débarrassera de la famille Kim que si celle-ci ne "tient plus le pays, et la remplacera alors par une junte militaire. La présence de ce "glacis" lui est indispensable.

La Corée du Sud ne pousse pas à l'effondrement du régime : elle a tiré les leçons de la réunification allemande et de son prix. D'autant que l'écart entre le nord et le sud est beaucoup plus important qu'il ne l'était entre l'oued et l'est.