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22/04/2021

Le Paris des "années folles"

Les nids de l'hirondelle

Claude Izner

10/18

 

Claude Izner est le nom de plume de deux soeurs spécialisées dans les enquêtes policières se déroulant "à l'aube du XXe siècle."

L'action du roman est centrée autour de la rue de l'hirondelle, en bas du boulevard Saint-Michel.

La propriétaire de l'immeuble disparait. Tous ses locataires ont de bonnes raisons de lui en vouloir. Au point de la tuer ?

Si vous suivez l'actualité, vous avez sans doute entendu parler de l'affaire, récente, de Bédarieux. Une femme disparue retrouvée sous une chape de ciment dans la cave. Mais cela ne dit pas qui l'a tuée et mise à cet endroit. Pareil dans le roman se déroulant en 1925.

L'enquête, dans le roman,  est menée par un jeune pianiste de jazz américain. Mais que fait la police ?

Bien entendu, il découvrira le coupable, totalement inattendu.

Au delà de l'enquête le livre nous parle du Paris de l'entre deux guerres. Le jazz qui fait son apparition, mais aussi les compositeurs contemporains. Il y a également les peintres avec l'émergence du cubisme, et l'exposition des "Arts décoratifs".

 

08:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman policier

27/12/2008

Camino 999

Camino 999

 

Catherine Fradier

 

Prix SNCF du polar français

 

Editions "Après la lune", collection "Lunes blafardes"

 

Le livre que l'Opus Dei a voulu faire condamner par la justice française.

 

L'Opus Dei ("l'œuvre de Dieu", organisation ultra catholique réputée pour son conservatisme et sa discrétion,  a porté plainte en diffamation, par l'intermédiaire de "la Prélature de la Sainte Croix",  contre Catherine Fradier, ancien flic,  dont le livre présente l'Opus Dei comme une "Sainte mafia", "le bras armé du Vatican", "la plus forte concentration de pouvoir intégriste dans l'Eglise", rappelle son rôle dans le scandale Matesa, "le plus grand scandale financier de l'Espagne contemporaine" (les Giscard  père et fils, et le Prince de Broglie, assassiné en 76,  ont été largement impliqués), et invente (c'est le rôle d'une fiction) une suite aux crimes que cette escroquerie avait provoqués.

 

Il est vrai que l'auteur a choisi pour titre "Camino" (le chemin), l'œuvre de Saint Josémaria Escriva de Balaguer (canonisé en 2002),  qui sert de base à la doctrine de l'organisation, en 999 "considérations spirituelles qui donnent la lumière et la force pour rencontrer Dieu".

 

Diffamation ou pas, reste un livre excellent, qui se lit facilement, qui parle de la vie quotidienne de policiers lyonnais confrontés à la misère humaine trop habituelle, pour finir par nous entraîner en Argentine et en Irlande, avec des rebondissements qui nous tiennent en haleine.

 

En 2006 Catherine Fradier avait obtenu le "Grand prix de littérature policière" et le "Prix sang d'encre" pour "La colère des enfants déchus" qui évoquait les crimes pédophiles.

Son prochain livre mettra en scène une multinationale qui vend des OGM.

 

Citations

 

"On ne parlait jamais d'argent, de pouvoir ou de religion. On le vivait. Entre soi et à l'abri des regards."

 

"Elle décida d'être flic quand elle comprit que le premier "serial  killer" de l'humanité était Dieu"

"Devenir flic lui avait fait perdre quelques bonnes manières"

 

"Tant de religions qui asservissaient les hommes, qui mettaient le monde à feu et à sang au nom de croyances qui servaient d'alibi à des manipulateurs et à des assassins"

 

"Aime la vérité, mais pardonne à l'erreur"

 

"Appuyez vous sur les principes, ils finiront bien par céder"

 

"Quiconque est courageux sans amour, généreux sans économie et chef sans humilité, celui-là va vers la mort".

 

"Les chefs sont tous les mêmes : ils sont instruits mais faut que ça se sache"

 

"- Tu sais pourquoi les hommes aiment les femmes en cuir ?

 - ça leur fait penser à une voiture neuve !"

 

29/11/2008

mort d'une héroïne rouge

Mort d'une héroïne rouge

 

Qiu Xiaolong

 

Points policiers n°1060

 

 

Cet été, pendant les Jeux Olympiques de Pékin, la parution, en feuilleton, dans Le Monde, d'un des romans de Qiu Xiaolong m'a incité à relire le livre qui l'a rendu célèbre.

 

Pour l'auteur, qui a émigré après les tragiques évènements de la place Tienanmen, le roman policier est prétexte pour montrer la vie quotidienne à Shanghai et Canton, "ville spéciale au sens où la plupart des codes socialistes orthodoxes ne s'y appliquaient pas". "A Canton, il n'existait aucun animal que les habitants n'aient pas trouvé le moyen de transformer en mets délicat". "La cuisine fait partie intégrante de la civilisation chinoise"(voir ma note sur "l'affaire du cuisinier chinois).

 

Les évènements se déroulent il y a bientôt vingt ans,  et les choses ont bien évoluées depuis, en particulier les habitations et la circulation. La pollution n'a fait qu'augmenter.

Dans cette Chine capitaliste, "les scientifiques gagnent moins que les marchands ambulants". Mais peut-être qu'ici aussi les scientifiques gagnent moins que certains commerçants ?

 

L'énigme se déroule un an après la répression de Tienanmen,  et la résolution du mystère criminel ne peut être que politique. Quelle est la ligne politique juste, à un moment où la "stabilité politique" est le mot d'ordre impératif de la direction ? Alors qu'en réaction à la "révolution culturelle", le nouveau mot d'ordre est : "regardez vers l'argent".

Faut-il porter "un coup symbolique aux tenants de la ligne dure, pour qu'ils cessent de se mettre en travers des réformes", "démontrer la détermination du Parti à combattre la corruption ?"

De la réponse dépend la poursuite de l'enquête, puisque la victime est une "travailleuse modèle de la Nation", une "héroïne rouge".

"Nous avons été élevés dans ces mythes communistes du modèle. En fait, cette notion trouve ses racines dans le confucianisme."

Confucianisme que l'on retrouve dans la sagesse populaire citée dans le livre :

"On n'étreint les jambes de Bouddha que dans le désespoir".

"L'homme n'est jamais que ce qu'il a décidé de faire, ou de ne pas faire".

"Ce n'est jamais une bonne idée d'effrayer un serpent en remuant les herbes".

"Ce ne sont pas les individus qui font les interprétations, mais les interprétations qui font les individus".

 

Inventant un personnage de flic poète, l'auteur imprègne son livre de poésie :

"Que m'importent les jours qui m'attendent,

Si, ce soir, ton plaisir avec moi est complet"

"C'est donc ça, l'hypnose de l'amour. Sa métamorphose. Être envouté. Sans défense. Sans poids, sans substance."

"Qui dit que la splendeur d'un brin d'herbe récompense

L'amour du printemps qui revient toujours ?"

01/11/2008

Un pour deux

Un pour deux

 

Martin Winckler

 

Editions Calmann-Lévy

 

 

 

Le docteur Winckler est bien connu depuis "La maladie de Sachs", il y a dix ans.

 

Ecrivain prolixe, ses romans policiers se déroulent dans  le milieu médical, dont il dénonce sans relâche les travers (cette fois-ci un complot médico-chirurgical), et plus spécialement dans la ville imaginaire de Tourmens.

 

Dans ce roman, il dote Tourmens d'un curieux personnage comme maire : "homme politique de petite taille (il porte des chaussures surélevées), animé d'une immense ambition",  tout puissant, nouveau riche, marié avec un ancien mannequin vedette,  d'origine italienne, il fait "une tête et demi de moins que son épouse". Il a "promis de nettoyer au jet les quartiers les plus malpropres de la ville".

Je me disais bien que les romanciers s'inspiraient de la réalité...

 

Ses deux nouveaux héros sont les jumeaux René et Renée qui constituent à eux deux la petite agence de "détectives privés" "Twain Peeks".

Cette gémellité est l'occasion d'une réflexion pointue sur les mystères de l'identité sexuelle.

 

Martin Winckler est passionné de séries télévisées américaines, et cela se sent.

 

07/09/2008

La taverne aux oubliés

La taverne aux oubliés

 

Paul Harding

 

10/18 ; collection "grands détectives" n°3998

 

 

Londres à la fin du XIVe siècle : sur le trône, Richard II, petit fils d'Edouard III qui réclama la couronne de France...et provoqua ainsi la "guerre de 100 ans" !

Le jeune roi est encore sous la tutelle de son oncle, Jean de Gand.

La guerre de cent ans s'est terminée par le "Traité de Brétigny", et les glorieux vétérans, revenus de leurs pillages en France, commémorent leurs exploits, quand ils ne sont pas devenus "chasseurs de primes", comme plus tard dans le Far-West.

 

Dans la taverne "La nuit de Jérusalem" se multiplient soudainement les meurtres.

Le frère dominicain Athelstan ("témoin bien placé de la misère des pauvres") mène l'enquête, de rebondissements en coups de théâtre. Le succès final est garanti.

 

Paul Harding est professeur d'histoire médiévale et nous fait revivre, pas le biais de roman policiers ce qu'était la vie quotidienne à cette époque : "Les seigneurs avaient œil perçant, cœur dur et doigts rapaces. Rien de surprenant à ce que la colère gronde chez les misérables paysans". 

Et les tavernes étaient d'excellents lieux d'observation, pour savoir ce que l'on buvait, ce que l'on mangeait, tout en préparant quelques mauvais coups hors-la-loi.