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11/03/2021

Table d'hôtes

Un dîner chez Min

Qiu Xialong

éditions Liana Levi

 

La table de Min, uniquement sur invitations, est réputée parmi les gastronomes de Shanghai, mais il faut faire partie des "gros sous".

Jusqu'au jour où la cuisinière de madame Min est assassinée.

L'inspecteur Chen est dans un placard, promu directeur du "Bureau de la réforme judiciaire". Mais il ne peut s'empêcher d'enquêter sous prétexte d'écrire un roman sur le célèbre juge Ti connu sous la dynastie Tang (VIIe siècle) pour ses facultés de déduction.

Chen bénéficie de l'aide de sa secrétaire Jin, diplômée d'histoire. A eux deux ils découvriront le coupable.

Comme tous les polars de Qiu Xialong le roman n'est pas à la gloire du système chinois.

 

08:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, chine

13/12/2018

Derrière les Murs rouges

Mao, sa cour et ses complots

Jean-Luc Domenach

éditions Fayard

 

Jean-Luc Domenach raconte les luttes de factions au sein de la caste au pouvoir en Chine. Mao n'était pas tout puissant. Il était surtout habile à utiliser les uns contre les autres.

Après le "Grand Bond en avant", la "Révolution culturelle" avaient d'abord pour but d'affirmer son pouvoir, au prix d'une terrible famine, les deux fois.

"Mao a presque toujours vu faux et conduit son pays aux désastres du Grand Bond et de la Révolution culturelle mais il a mis en oeuvre un remarquable talent politique pour conserver le pouvoir et battre tous ses opposants hypothétiques ou réels."

"36 millions de morts du Grand Bond, la guerre menée par Mao contre l'élite des Murs rouges a engendré la Révolution culturelle."

C'est la caste des pragmatiques qui s'imposera après sa mort, permettant une relance de l'économie, mais toujours sous le joug d'une répression féroce.

"La modernisation capitaliste fournirait ce que la révolution n'avait pas donné".

 

"Les épouses, conscientes de l'importance des avantages matériels, ont efficacement contribué à la constitution en caste de l'élite politique chinoise."

 

08:48 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, chine

23/03/2016

Une enfance en Chine

Petit canard blanc

histoire : Liu Na

illustrations : Andrès Vera Martinez

éditions Urban China

 

C'est l'histoire de l'enfance de Liu Na, dans la Chine des années 70 à Wuhan, au bord du Yang-Tsé, le "fleuve bleu", dans la province de Hubei.

A l'époque tout le monde idolâtrait le Président Mao. 

Né dans une famille pauvre de paysans, le père de Liu Na a pu faire des études scientifiques d'agronomie. Sa maman était institutrice. Une famille tournée vers le savoir et n'oubliant pas ses racines.

Liu Na est devenue médecin, spécialiste en oncologie. Partie travailler dans un centre scientifique américain, elle rencontre Andrès Vera Martinez, d'origine mexicaine, illustrateur. Ils se marient et écrivent ensemble ce livre.

 

08:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, chine

15/07/2009

Dur de ne pas être "chinois" en Chine

L’irruption de violence dans la province autonome du Xinjiang est sévèrement réprimée par le gouvernement chinois. Les heurts entre Ouigurs et Hans ont fait officiellement 186 morts mais le le sang coule toujours. Cette violence est présentée par la Chine comme un simple conflit interethnique entre Hans et Ouigurs alors qu’elle est l’aboutissement quasi inéluctable de sa politique répressive dans la province du Xinjiang. La province est stratégique mais difficile à contrôler.  Voie de transit incontournable, riche en ressources naturelles (or, pétrole, gaz) elle est  indispensable à l'avenir énergétique de la Chine. Mais elle est peuplée de nombreuses ethnies non chinoises, dont la plus importante, celle des Ouigours. Ceux-ci, près de 50% de la population, sont majoritairement des musulmans sunnites d’origine turcophone. Ils sont depuis une décennie systématiquement discriminés, menacés d’assimilation, de disparition : leur identité est en péril. En réalité, la politique de la Chine vis-à-vis de ses minorités ethniques, libérale dans les années 80, s’est graduellement durcie et les autorités chinoises ont saisi l’occasion du 11 septembre 2001 pour afficher leur lutte - voyez l’amalgame !- : « contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux ». En avril 2009, Amnesty International lançait un cri d’alarme : après le Tibet, il y aurait le Xinjiang. La politique de non violence ayant échoué, les Ouigours chercheraient d’autres moyens de faire aboutir leurs revendications identitaires. C’est chose faite. Mais la Chine ne peut continuer à assurer sa cohésion à travers des bains de sang à répétition. En tant que signataire d’accords internationaux, elle est tenue de protéger ses minorités ethniques. Et sa constitution, comme sa loi relative à l’autonomie régionale de 1984 l’y contraignent également.

L’Europe va-t-elle encore fermer les yeux et se contenter de condamner la répression et de quémander- sans succès - la libération des prisonniers politiques ? Les droits de l’homme en Chine sont un problème politique. Il faut oser rappeler à ce pays ses propres engagements envers ses peuples et le risque de s’y soustraire.  Que va faire la Présidence suédoise de l'Union européenne.Nous espérons un geste fort.

29/11/2008

mort d'une héroïne rouge

Mort d'une héroïne rouge

 

Qiu Xiaolong

 

Points policiers n°1060

 

 

Cet été, pendant les Jeux Olympiques de Pékin, la parution, en feuilleton, dans Le Monde, d'un des romans de Qiu Xiaolong m'a incité à relire le livre qui l'a rendu célèbre.

 

Pour l'auteur, qui a émigré après les tragiques évènements de la place Tienanmen, le roman policier est prétexte pour montrer la vie quotidienne à Shanghai et Canton, "ville spéciale au sens où la plupart des codes socialistes orthodoxes ne s'y appliquaient pas". "A Canton, il n'existait aucun animal que les habitants n'aient pas trouvé le moyen de transformer en mets délicat". "La cuisine fait partie intégrante de la civilisation chinoise"(voir ma note sur "l'affaire du cuisinier chinois).

 

Les évènements se déroulent il y a bientôt vingt ans,  et les choses ont bien évoluées depuis, en particulier les habitations et la circulation. La pollution n'a fait qu'augmenter.

Dans cette Chine capitaliste, "les scientifiques gagnent moins que les marchands ambulants". Mais peut-être qu'ici aussi les scientifiques gagnent moins que certains commerçants ?

 

L'énigme se déroule un an après la répression de Tienanmen,  et la résolution du mystère criminel ne peut être que politique. Quelle est la ligne politique juste, à un moment où la "stabilité politique" est le mot d'ordre impératif de la direction ? Alors qu'en réaction à la "révolution culturelle", le nouveau mot d'ordre est : "regardez vers l'argent".

Faut-il porter "un coup symbolique aux tenants de la ligne dure, pour qu'ils cessent de se mettre en travers des réformes", "démontrer la détermination du Parti à combattre la corruption ?"

De la réponse dépend la poursuite de l'enquête, puisque la victime est une "travailleuse modèle de la Nation", une "héroïne rouge".

"Nous avons été élevés dans ces mythes communistes du modèle. En fait, cette notion trouve ses racines dans le confucianisme."

Confucianisme que l'on retrouve dans la sagesse populaire citée dans le livre :

"On n'étreint les jambes de Bouddha que dans le désespoir".

"L'homme n'est jamais que ce qu'il a décidé de faire, ou de ne pas faire".

"Ce n'est jamais une bonne idée d'effrayer un serpent en remuant les herbes".

"Ce ne sont pas les individus qui font les interprétations, mais les interprétations qui font les individus".

 

Inventant un personnage de flic poète, l'auteur imprègne son livre de poésie :

"Que m'importent les jours qui m'attendent,

Si, ce soir, ton plaisir avec moi est complet"

"C'est donc ça, l'hypnose de l'amour. Sa métamorphose. Être envouté. Sans défense. Sans poids, sans substance."

"Qui dit que la splendeur d'un brin d'herbe récompense

L'amour du printemps qui revient toujours ?"