10/03/2011
Vargas Losa et l'Amérique latine
Dictionnaire amoureux de l'Amérique latine
Mario Vargas Llosa
Prix Nobel de littérature 2010
Editions Plon
Cet ouvrage se trouve dans la collection des "dictionnaires amoureux", qui compte une trentaine de titres. Ces livres n'ont de dictionnaires que la présentation alphabétique. Ils se lisent au gré des envies et des mots qui attirent.
Inutile de chercher des statistiques ou des analyses géostratégiques.
Mélange pluriel d'articles rédigés à différentes époques par un écrivain prolixe, et de talent. Il est possible de détecter quelques variations dans les opinions politiques de l'auteur.
Vargas Llosa est d'abord un écrivain. A l'article Chili, il nous parle surtout de Pablo Neruda, et ne fait qu'évoquer la situation politique des années 70. Les romanciers tiennent une place de choix, plus que les responsables politiques, fussent-ils présidents, dans ce dictionnaire amoureux.
Vargas Llosa est Péruvien et une grande place est faite à son pays, sa culture, sa littérature et son Histoire. "Un pays qui a la chance d'être un carrefour de races et de cultures".
"XIXe siècle, siècle des utopies sociales et des nationalismes à outrance" ; "les nationalismes, forme extrême de l'irrationalité politique, qui a été, assurément, un des facteurs principaux du sous-développement latino-américain".
"Les hommes de cœurs épousent de préférence les causes perdues"
"La sensualité n'est pas obligatoirement synonyme de sexualité"
"Dans ce monde essentiellement matriarcal, les mâles recherchent chez les femelles, plus encore que du plaisir, compagnie et protection"
"Ne pas manifester de doute dans le dialogue est un manque de courtoisie"
"Le pouvoir ne paie pas le travail mais la soumission"
"Seuls le développement et la modernisation des uns permettront aux autres de se libérer de la crainte d'être envahis par les masses migratoires en quête de travail et de sécurité"
"En politique, la duplicité et le cynisme sont des instruments indispensables du succès et, parfois, de la simple survie des acteurs"
"La jeunesse a cessé de croire que la justice et le progrès se trouvent hors des urnes"
"La folie religieuse n'est finalement, comme le sexe, qu'une somme de variations sur quelques thèmes pathétiques"
08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
08/03/2011
8 mars
100 ans de luttes
Nous célébrons aujourd'hui la journée internationale des droits de la femme, dont ce 8 mars 2011 est d'ailleurs également le centième anniversaire. Combien de progrès ont été réalisés en cent ans de lutte pour l'émancipation féminine et l'égalité des chances entre hommes et femmes! Mais il reste encore bien du chemin à faire, et les droits acquis dans ce domaine, comme d'ailleurs dans tout le champ de l'action sociale, doivent être défendus et approfondis au titre de valeurs universelles.
Je relève dans le rapport voté aujourd'hui au Parlement européen sur l'égalité entre les femmes et les hommes dans l'Union européenne :
- Les femmes ayant des enfants consacrent moins d'heures au travail que celles qui n'en ont pas, contrairement aux pères de familles, qui travaillent plus que les hommes sans enfants. Ils attendent que le repas soit prêt pour rentrer à la maison ?
- Pour les 2/3 ce sont les femmes qui assument la prise en charge des personnes dépendantes adultes. Après les enfants...
- 58,9% des diplômés, dans l'Union européenne, sont des diplômées. Une grande avancée par rapport au début du siècle passé, ou comparé à la situation dans les pays les moins développés, où les petites filles sont moins scolarisées que les garçons.
- "Insiste sur le fait que l'éducation joue un rôle central pour inculquer aux enfants, dès leur plus jeune âge, la notion d'égalité hommes/femmes, ainsi que pour leur faire accepter des cultures différentes et comprendre l'impact de la discrimination et des préjugés"
- "Invite à mettre en œuvre des mesures et des actions pour sensibiliser les hommes quant à leurs responsabilités sur les questions sexuelles et reproductives."
Les combats continuent...
13:19 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femmes, politique
07/03/2011
jamais la Méditerranée n'a été si petite
Relancer l'Union pour la Méditerranée
Jamais la Méditerranée n'a été si petite. Ce qui se passe sur la rive sud a des conséquences immédiates chez nous.
Un cadre de coopération est donc nécessaire.
Cela pourrait être "l'Union pour la Méditerranée", à condition
- que l'actuel président français cesse immédiatement de la considérer comme sa "chasse gardée" et accepte d'en céder la présidence ;
- de ne plus chercher à en faire un instrument pour parvenir à un règlement de la question israélo-palestinienne, car celle-ci sert de prétexte à tous les blocages ;
- de ne pas vouloir en faire prioritairement une "zone de libre échange" ;
- d'avoir des projets concrets communs, en particulier ceux qui peuvent contribuer à réduire l'écart de développement entre les deux rives et qui peuvent donner du travail aux jeunes ;
- pour les financer d'avoir un instrument financier, un peu similaire à la BERD qui avait été créée après la chute du mur de Berlin ; cela pourrait être une filiale spécialisée de la "Banque Européenne d'Investissement", intégrant des capitaux venant de la rive sud, donnant confiance aux investisseurs, en leur procurant une garantie.
L'Union européenne est devant un choix : soit augmenter ses crédits en faveur de FRONTEX pour empêcher l'arrivée des migrants, ainsi qu'en faveur de l'aide humanitaire, soit donner un signal politique et économique fort en augmentant ses crédits en faveur des transitions démocratiques, en gardant à l'esprit qu'il n'y a pas de démocratie sans justice sociale.
16:41 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0)
05/03/2011
Botticelli
Le rêve Botticelli
Sophie Chauveau
Folio 4509
Après "La passion Lippi", la biographie du plus doué des élèves de Fra Lippi : Botticelli.
C'est à Florence, sous le règne de Laurent de Médicis, le munificent, dit "Le magnifique", contre qui son maître l'avait mis en garde.
"C'est à Florence que coulent la vie, la folie, le génie..."
Florence symbole de la Renaissance.
L'histoire du peintre est indistinctement liée à celle de la cité, qu'il quitte le temps d'être le maître d'œuvre de la chapelle Sixtine, "capella magna" commandée par le pape Sixte IV.
Mais il reviendra à temps pour croiser Pic de la Mirandole et Savonarole, dominicain illuminé et fanatique, adulé puis mis à mort.
Nous sommes témoins du processus créatif du "Printemps", puis de "La naissance de Vénus", dont le modèle n'est autre que la fille de Lippi, enceinte de ses œuvres, lui l'homosexuel.
Nous voyons apparaître Léonard de Vinci puis Michel-Ange.
"L'homosexualité est d'autant plus pourchassée à Florence qu'elle s'y épanouit à l'égal de sa monnaie, le florin"
"Faire oublier aux pauvres leur misère, cacher, sous l'apparat, la dureté des temps"
"Il n'y a pas trente-six manières de chasser la peine, il n'y en a qu'une : le travail, le travail, le travail"
"Pour Botticelli, la peinture doit impérativement s'émanciper de la nature, surtout ne pas la copier"
"Désormais, la peinture peut exprimer les plus intimes sensations, les plus intenses bouleversements, l'effroi, l'horreur, le plus grouillant des tréfonds de l'âme humaine"
"Le désir rend les femmes intelligentes"
"Clitoris disaient les Grecs : c'est tout petit, mais ça jouit aussi haut et fort que ton sexe si long. C'est très petit mais ça fait des décharges aussi violentes que les éclairs des orages de chaleur."
"Tous les mystiques ont en commun un idéal de pureté dangereux"
"Il n'y a pas de raison. Pas plus de vivre que de mourir"
08:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
04/03/2011
Union pour la Méditerranée
Tandis que les populations du sud de la Méditerranée écrivent l'Histoire de ce début de XXIe siècle, l'Union pour la Méditerranée initiée par le Président français ressemble à un canard décapité continuant à s'agiter.
La présidence était assurée par Moubarak, disparu dans le tsunami démocratique, et Sarko, au mépris des règles européennes de rotation. En avoir fait la chose de Sarko en a causé, en partie l'échec, d'autant plus qu'au niveau international comme en France, la différence est trop grande entre les discours et la liberté.
A peine nommé, le secrétaire général a démissionné par manque de moyens.
Il a été impossible, depuis longtemps, de réunir un Sommet, et les réunions ministérielles sont annulées ou sans résultat. L'échec de la méthode intergouvernementale !
Heureusement que l'Assemblée parlementaire de l'UpM continue et que des choses s'y disent...
Quand les parlementaires saluent les valeurs universelles de la démocratie de la liberté de la justice sociale, du respect, du refus de l'arbitraire et de l'humiliation ...en Tunisie, en Egypte, en Libye, cela trouve un écho chez les parlementaires d'Algérie et du Maroc.
12:52 | Lien permanent | Commentaires (0)


