23/03/2011
Le temps de l'argent : de Xiao Li (petit Li) à Lao Li (vieux Li)
Une vie chinoise
3. Le temps de l'argent
Prix "Château de Cheverny" de la Bande dessinée historique 2010
P. Ôtié et Li Kunwu
De Xiao Li à Lao Li, de "petit" Li à "vieux" Li.
Troisième et dernier volet de l'histoire de la Chine, de 1949 à nos jours, à travers "une simple vie chinoise, la vie ordinaire d'un dessinateur de presse, métier qui permet de montrer beaucoup de choses, y compris, entre autres, les petites annonces pour trouver un conjoint, des funérailles et le "Festival du vermicelle".
Bien loin des "années Mao", le contraste saisissant entre le pragmatisme pour atteindre la modernité et les traditions qui restent ancrées, surtout dans les campagnes, malgré l'arrivée d'internet.
Une modernisation accélérée, surtout en ville, avec l'inconvénient de la destruction des maisons traditionnelles, un habitat vétuste et surpeuplé, mais témoin du passé.
La possibilité de s'enrichir très vite, mais aussi la fin de l'emploi garanti et l'exode rural massif, malgré le "livret de paysan" pour le limiter. "C'en était fini de l'uniformité des destins". Contrairement au temps de la "révolution culturelle", les riches sont honorés.
La création des "zones spéciales" ouvertes aux investissements étrangers, avec avantages fiscaux permet le développement économique qui favorise la fierté nationale.
"Il y a toujours une autre montagne et un ciel plus haut"
"La lune la plus claire est celle du pays natal"
11:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
22/03/2011
abus ou corruption ?
Piégés !
Depuis 30 ans que je suis au Parlement européen, c'est la première fois que je vois une chose pareille :
Trois parlementaires européens, de trois nationalités différentes mais tous trois anciens ministres de leur pays, se sont fait piégés, en caméra cachée, par des journalistes du Sunday Times se faisant passer pour des "lobbyistes", leur demandant, contre des sommes importantes, de déposer des amendements à un texte législatif sur la protection des consommateurs.
Les documents sont disponibles sur "Youtube".
L'un, ancien ministre de l'intérieur, s'étant illustré dans son pays pour ses actions contre les immigrés, répond qu'il est déjà salarié de plusieurs groupes de pression et se qualifie de "député / lobbyiste".
L'autre, ancien vice-premier ministre, explique qu'il a fait déposer l'amendement par un député d'un autre groupe et facture sa prestation pour 12.000 euros.
12.000 euros pour un faire déposer un amendement par un député : je devrais revoir mes tarifs !
Cette affaire fait, bien entendu, grand scandale dans la maison. Deux des trois parlementaires incriminés ont démissionné du Parlement européen. L'un a déjà annoncé son retour...comme lobbyiste. Le troisième refuse, arguant qu'il n'a rien fait d'illégal, mais a été immédiatement exclu du groupe...socialiste !
Les parlementaires sont censés travailler, donc écrire des textes, en particulier des amendements, en fonction des intérêts de leurs électeurs, et de leurs convictions.
Il est clair que certains sont les porte-parole de groupes d'intérêts ou de pressions qui parfois les font élire. Elus, ils ne devraient pas être payés une seconde fois pour déposer des amendements conformes à leurs convictions, et aux intérêts de leurs mandants...Il s'agit alors d'un abus.
S'ils déposent, contre de l'argent, des amendements contraires à leurs convictions, il s'agit alors de corruption.
Le bon côté, c'est que cette affaire montre que le Parlement européen a pris de l'importance et possède un véritable pouvoir législatif, avec une réelle marge de manœuvre pour les parlementaires, ce qui n'est généralement pas le cas dans les Parlements nationaux.
Le mauvais côté est que cela va alimenter l'extrême droite sur le thème "tous pourris" et les campagnes contre l'Union européenne. C'était d'ailleurs le but recherché par ce journal britannique, qui promet de nouvelles révélations dimanche prochain !
15:05 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, politique
21/03/2011
Diffusion des idées xénophobes, racistes, anti-musulmanes
Quand on diffuse les idées du Front National...
Quand un ministre de la République est condamné, deux fois, pour propos racistes, quand son successeur, qui semble pourtant si bien élevé par l'ENA, tient des propos de même tonalité, les idées de l'extrême droite se diffusent, infusent, se banalisent.
Tout le monde sait que lors de la dernière élection présidentielle, le candidat de la droite avait tout fait, avec un succès certain, pour rallier les suffrages xénophobes.
Mais aujourd'hui le mécontentement est tel que ces électeurs en quête de boucs émissaires préfèrent voter pour l'original que pour la version édulcorée.
Le Front National fait donc un score historique. Comme l'abstention. Mais n'est-ce pas le même symptôme d'affaiblissement de l'esprit civique, républicain ?
L'UMP n'a qu'à s'en prendre qu'à ses choix politiques...ou à sa trop grande proximité d'idées.
Il est clair maintenant que la majorité présidentielle ne pourra gagner les prochains scrutins, présidentiel et législatif, qu'en faisant alliance morale et idéologique, sinon politique, avec l'extrême droite. Le refus d'appeler à voter pour les candidats de gauche face aux candidats d'extrême droite n'est qu'un signe de plus de cette alliance implicite.
Cela nous promet des moments difficiles dans le proche avenir...
Faire barrage au Front National : évident si un candidat de gauche est en face, mais si c'est un candidat UMP professant les mêmes idées que le FN ?
J'ai voté Chirac contre Le Pen, traumatisé par l'élimination de Lionel, mais, malgré tous ses défauts, Chirac, s'il a joué sans scrupule sur la corde sécuritaire, ne peut être soupçonné de trop grande proximité avec les idées des Le Pen.
Si j'avais, malheureusement, à choisir entre un candidat du Front National et Mr Hortefeux, ne serais je pas tenter de les considérer comme "blanc bonnet et bonnet blanc" ?
Le PS a fait un bon score, aidé par le fait que le type de scrutin favorise les sortants qu'il avait en nombre. Le mode de scrutin va lui permettre de gagner des cantons, par dizaines ? Par centaines ? J'espère de gagner quelques départements, pour conduire une autre politique.
Mais le PS n'a pas fait le score exceptionnel que j'espérais du fait de l'impopularité du pouvoir en place.
Il y a eu beaucoup d'abstentions, surtout chez les jeunes. Comment vont voter ceux-ci lors du prochain scrutin présidentiel ?
15:37 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique
20/03/2011
Polar retro
Du rififi chez les femmes
Auguste le Breton
Edition Plon, collection "Noir rétro"
Réédition, en format de poche, d'un succès de 1957, porté à l'écran l'année suivante. Ce qui n'est pas étonnant tant le livre semble avoir été écrit pour le cinéma, dans l'argot parisien des années 50, partiellement inventé par l'auteur, comme le mot "rififi" qu'il a utilisé dans toute une série de romans de "voyous". Un glossaire se trouve à la fin, mais je n'ai pas eu à l'utiliser.
1957 : la signature du Traité de Rome, donnant la naissance au "Marché commun".
La publication "D'un château l'autre" de Louis-Ferdinand Céline, livre qui a marqué mon adolescence (je ne l'ai pas lu à sa parution !), de "La reine des pommes" de Chester Himes, qui vient également d'être réédité, et dont je parlerai un autre jour.
Albert Camus reçoit le "prix Nobel" de littérature.
Au cinéma je vais voir "Le pont de la rivière Kwaï", mais pas question d'aller voir les nombreux films inspirés des romans d'Auguste le Breton ("Razzia sur la chnouf", "Le clan des Siciliens"...), ou de lire cette littérature argotique.
Ma mère désapprouve vivement mon père qui aime glisser quelques mots d'argot parisien dans ses propos.
"Du rififi chez les femmes" se déroulent essentiellement à Bruxelles, avec quelques incursions à Paris. "La Belgique, un beau pays pour les marlous au parfum de toutes les astuces".
"Vicky de Berlin" est une femme décidée, mais elle trouvera l'amour et son maître, et parviendra même à être docile...
Le féminisme a ses limites chez les hommes, les vrais ! "Rencontrer un mâle qui n'a pas le coup de tringle égoïste, c'est rare".
L'atmosphère sent l'après guerre, et dans les bars à filles, on écoute les microsillons d'Edith Piaf. "Les mâles solitaires cherchaient l'âme sœur pour la valse des braguettes".
Avec de tels romans, les "caves", que nous sommes, peuvent s'encanailler à bon compte...
14:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
19/03/2011
We want sex !
We want sex…equality
(Made in Dagenham)
De Nigel Cole
Avec Sally Hawkins et Miranda Richardson
1968 : les ouvrières de l’usine Ford se mettent en grève, à la surprise générale, pour demander la revalorisation de leurs qualifications. Très vite, elles réalisent qu’elles sont sous payées parce que femmes.
Le syndicat, dont tous les permanents sont des hommes, est très vite dépassé et les patrons de Ford exercent un chantage à la délocalisation. Pourquoi employer des femmes s’il faut les payer autant que les hommes ?
Le gouvernement, travailliste, va-t-il se plier aux arguments patronaux ? Céder à la peur face au chantage (l’arrêt des investissements américains, pas seulement dans l’automobile) ?
Mais il y a au gouvernement une femme énergique et décidée qui n’a pas peur de la lutte : Barbara Castle, que j’ai bien connu une quinzaine d’années plus tard quand elle est devenue députée au Parlement européen, avec un caractère toujours aussi fort que ce que nous montre l’actrice Miranda Richardson dans le film. A ma connaissance Barbara vit encore, elle doit avoir un peu plus de quatre-vingt dix ans, et sa dernière lutte était à la tête des retraités se dressant contre Tony Blair.
C’est un film différent de ce que l’on voit d’habitude et qu’il ne faut pas manquer. Un film comme les Anglais savent en faire, social et humain, avec l’humour « so british ».
Ce que le film ne montre pas, c’est que, malheureusement, l’industrie automobile anglaise a disparu, au mieux rachetée par les Japonais, et Ford a aujourd’hui effectivement délocalisé ses activités et fermé l’usine...
11:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma


