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28/02/2012

lutte contre la drogue

Deux jours de débats intenses, avec des spécialistes internationaux, de l'ONU, et des organisations latino-américaines,  et européennes, policiers, magistrats, etc., avec des parlementaires européens et latino-américains.

 

Mes conclusions personnelles :

 

L'usage de drogue est d'abord un problème de santé, auquel il faut donner une réponse sanitaire. Avec au moins autant de moyens que la réponse policière : prévention, cures de désintoxication, réinsertion, produits de substitution, recherches chimiques pour annihiler les effets pervers des drogues créées par la chimie.

 

Puisque la consommation de drogue est une maladie, son usage ne doit pas être pénalisé. Sauf en cas de conduite, comme l'alcool. Mais elle doit être soignée.

 

Deux drogues, l'alcool et le tabac, sont légales pour les adultes, illégales pour les mineurs. Dans tous les cas elles représentent un problème sanitaire majeur.

La prohibition, ou la légalisation,  ne règlent donc en rien le problème central, qui est de santé publique.

 

Comme l'a déclaré le Président du Guatemala, le problème de la légalisation doit être posé dans les pays consommateurs, pas dans les pays producteurs ou de transit.

 

Par contre, dans le domaine de la sécurité, du crime organisé, la prohibition, ou la légalisation, ont une influence majeure.

Tout le monde sait que c'est la prohibition de l'alcool qui a fait la fortune d'Al Capone à Chicago, et d'autres ailleurs.

 

Le trafic de drogue suit la loi du marché. Un marché faussé, puisqu'illégal, mais un marché quand même.

La lutte contre le trafic de drogues connait un phénomène de vases communicants, géographiquement et de produits : quand la production est détruite en Colombie, elle augmente au Pérou et en Bolivie (les Péruviens me l'avaient déjà expliqué l'année dernière) ; quand les "cartels" colombiens sont démantelés,  le trafic s'organise au Mexique ; quand la cocaïne devient trop chère, les drogues de synthèse se multiplient.

Toutes les politiques de lutte contre l'offre ont échoué. Il faut donc agir sur la demande, non pas en pénalisant les consommateurs, mais par de la prévention et des soins.

 

Dans un monde globalisé, les organisations criminelles utilisent les frontières. La coopération internationale sanitaire, policière, judiciaire doit être renforcée pour lutter contre le crime organisé transnational. A trafic global, riposte globale.

 

Mais la lutte "sur le terrain" encombre les tribunaux et surcharge les prisons, sans apporter de réponse à long terme si elle n'est pas accompagnée de désintoxication.

 

Pour paraphraser Victor Hugo, il serait possible de dire "un centre de soins qui s'ouvre, c'est une prison qu'il n'est pas nécessaire de construire..."

 

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