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30/11/2022

Afrique du Sud aujourd'hui

Cupidité

Deon Meyer

série noire / Gallimard

 

Bientôt les fêtes de fin d'année, et quelques cadeaux à trouver. Pas de risque d'erreur en offrant le dernier polar du Sud-Africain Deon Meyer, à son meilleur.

Il y a deux enquêtes qui, a priori, n'ont rien à voir, sauf qu'elles se déroulent au coeur des vignobles du Cap, et qu'elles sont confiées au même tandem d'enquêteurs. Bien entendu elles vont se rejoindre avant la fin du roman.

Jamais Deon Meyer n'avait été aussi critique à l'égard de la direction de son pays post-apartheid.

 

"Près de 20% des vignobles sud-africains appartiennent à des capitaux extérieurs, 30% sont des acheteurs internationaux."

"La pagaille causée par la captation de l'Etat, la corruption endémique dans le pays ont pour conséquence que moins d'étrangers viennent investir et plus de Sud-Africains aisés placent leur argent à l'étranger."

"Personne n'a le courage d'affirmer que le gouvernement est un nid de kleptomanes corrompus qui pille le pays jusqu'à la moelle."

"le grand défi à venir : apprendre aux ordinateurs à penser comme des humains."

 

 

07:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, afrique du sud

26/11/2022

Cordoue, fin du Xe siècle

La bibliomule de Cordoue

Wilfrid Lupano, Léonard Chemineau

couleurs : Christophe Bouchard

éditions Dargaud

 

La dynastie omeyade a fait de Cordoue le lieu de tous les savoirs et de tous les arts, les universités y sont gratuites et les bibliothèques regorgent de milliers d'ouvrages savants. "C'est par les traductions arabes que l'Europe découvrit la philosophie grecque, les mathématiques, ou les contes indiens."

"Avec le secret de la fabrication du papier c'est la possibilité d'écrire en abondance et à bon marché qui entre dans le monde islamique. L'écrit se propage massivement dans le monde musulman. Ce savoir technique va permettre le transfert de tous les savoirs antiques grecs, latins et persans"

Malheureusement, en 976, le vizir mériterait de se nommer "Iznogood". Il ordonne un grand autodafé de tous les livres non religieux. "Les grandes familles arabes sont ivres de pouvoir. Les imams sont dépouillés de leur autorité et furieux de voir toutes ces femmes instruites au quartier des copistes." "La question s'est posée de la conciliation des vérités tirées de la Raison avec celles issues de la Révélation"

Les héros vont tenter de sauver un maximum de livres en chargeant la mule. "Leurs conception philosophiques et mystiques particulières de l'islam menaçaient les autorités religieuses traditionnelles."

Un livre savant mais aussi un livre d'aventures, un BD bien dessinée et bien coloriée.

 

07:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire, islam

20/11/2022

Annie Ernaux parle de son père

La place

Prix Renaudot 1984

Annie Ernaux

Prix Nobel 2022

folio

 

Le livre qui a fait connaitre Anne Ernaux.

Elle parle de son père, ouvrier devenu petit commerçant. Une "petite place au soleil." Ce récit montre que l'auteure n'a rien oublié de ses racines, même si elle regrette l'écart qui s'est creusé avec son père qui lui disait : "les livres, la musique, c'est bon pour toi. Moi, je n'en ai pas besoin pour vivre."

Pour des gens de mon âge et de mon milieu social ce récit "d'une vie soumise à la nécessité" rappelle des choses, surtout racontées par mes deux grand-mères,  que je n'ai pas oubliées.

 

"Il aurait été indélicat de renvoyer le ventre vide les gens qui vous font l'honneur d'assister aux obsèques."

"le grand-père travaillait. Le samedi soir, il rapportait à sa femme toute sa paye et elle lui donnait son dimanche pour qu'il aille boire son petit verre"

"ce qui le rendait violent, surtout, c'était de voir chez lui quelqu'un de la famille plongé dans un livre ou un journal. Il n'avait pas eu le temps d'apprendre à lire et à écrire."

"ma grand-mère, comme les autres femmes,  tissait chez elle pour le compte d'une fabrique de Rouen"

"bien que les maisons soient isolées les unes des autres par des haies et des talus, rien n'échappait au regard des gens."

"ma grand-mère ne pissait pas debout sous ses jupes comme la plupart des femmes de la campagne, par commodité"

"mon père faisait deux kilomètres à pied pour atteindre l'école. Chaque lundi, l'instituteur inspectait les ongles, le haut du tricot de corps, les cheveux à cause de la vermine. Il enseignait durement, la règle de fer sur les doigts, respecté. Mon père manquait la classe, à cause des pommes à ramasser, du foin, de la paille à botteler, de tout ce qui se sème et se récolte. A douze ans, il se trouvait dans la classe du certificat. Mon grand-père l'a retiré de l'école pour le placer dans la même ferme que lui"

"mon père est entré dans une corderie qui embauchait garçons et filles dès l'âge de treize ans. C'était un travail propre, à l'abri des intempéries. Après la sirène, le soir, il était libre"

"ma grand-mère avait perdu son père. Elle tissait à domicile, faisait des lessives et du repassage pour finir d'élever les derniers de ses six enfants. Ma grand-mère ne voulait pas qu'on lui prenne ses filles trop tôt, à chaque fois, c'était les trois-quart d'une paye qui s'en allait"

"elle a toujours eu honte de l'amour. Ils n'avaient pas de caresses ni de gestes tendres l'un pour l'autre"

"Pour faire face, surtout pas de désir"

"mon père ne buvait pas. il cherchait à tenir sa place. Paraître plus commerçant qu'ouvrier" "Il avait peur de tout perdre pour finalement "retomber" ouvrier"

"conscience de mon père d'avoir une fonction sociale nécessaire"

"toujours parler avec précaution, peur indicible du mot de travers, d'aussi mauvais effet que de lâcher un pet" "le souci de ce que penseraient les autres."

"Devant la famille, les clients, de la gêne, presque de la honte que je ne gagne pas encore ma vie à dix-sept ans. Mon père disait que j'apprenais bien, jamais que je travaillais bien. Travailler, c'était seulement travailler avec les mains"

"j'écris peut-être parce qu'on n'avait plus rien à se dire"

"il suffisait d'être "bien élevé". Ils n'ont pas cherché à savoir, comme ils l'auraient fait pour un ouvrier, s'il était courageux et ne buvait pas"

 

 

10:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

13/11/2022

Lucky Luke végétarien ?

L'arche de Rantanplan

dessin : Achdé

scénario : Jul

d'après Morris

couleur : Mel Acryl'ink

éditions Lucky Comics

 

Rantanplan ne comprend rien et n'a aucun odorat, mais il découvre une mine d'or qui revient à un vieil original qui a fondé une société protectrice des animaux au Far-Ouest, au milieu des élevages de boeufs, là où on ne mange que les steaks qui n'ont pour rivaux que les côtes de boeufs.

Il ne doit sa survie qu'à la vitesse de tir de Lucky Luke.

Les Indiens ne deviennent pas végétariens mais "coyotte affamé" devient "poireau agile".

J'ai été un peu gêné que le méchant de l'histoire soit un "basané" latino.

Les Dalton font de la figuration.

Un Lucky Luke dans la lignée historique, avec , comme d'habitude, des références contemporaines.

 

 

 

08:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

11/11/2022

Arméne, terre promise

Le chant d'Haïganouch

Ian Manook

éditions Albin Michel

 

Haïganouch, prénom d'une poétesse arménienne rendue aveugle par un coup de sabre kurde pendant le génocide arménien par l'armée turque.

Egalement le prénom de l'épouse d'Agop, pilier du roman. En 1947, à la demande d'organisations arménienne, l'URSS organise le départ d'Arméniens volontaires depuis Marseille vers l'Arménie soviétique. Agop, influencé par un ami communiste,  veut aller voir s'il peut y faire venir sa famille réfugiée dans la banlieue parisienne.

Il se rend vite compte de la réalité...et de l'impossibilité de revenir librement en France, malgré l'aide du parti arménien Dachnak. Pris dans une gigantesque rafle il se retrouve au goulag en Sibérie, avec de nombreux rapatriés de 47.

Ce grand voyage des Arméniens de France vers Erevan n'était pas inscrit dans ma mémoire. Encore moins que Christian Pineau, ministre des affaires étrangères, socialiste, se rendra sur place en 56 pendant que le Président du Conseil, Guy Mollet, restera à Moscou.

Il faudra encore un certain temps pour que Christian Pineau puisse faire revenir en France ces Arméniens français voulant revenir en France. Pineau ne sera plus ministre mais le Quai d'Orsay continuera à suivre l'affaire, jusqu'en 1960 !

Christian Pineau fut un des signataires, pour la France, du Traité de Rome instaurant ce qui deviendra l'Union européenne.

En 1979, au Parti Socialiste j'étais chargé de collationner et classer les candidatures pour être sur la liste socialiste pour les élections européennes. Je me souviens de la lettre de candidature de Christian Pineau. Je me demandais la raison du mépris du PS pour un signataire du Traité de Rome. La réponse est peut-être dans ce roman selon lequel Pineau affichait un mépris total à l'égard de François Mitterrand. Peut-être de la rancune ?

L'auteur en veut manifestement à Mitterrand d'avoir laissé faire l'opération de 47, alors qu'il était ministre des anciens combattants.

 

"Quand le camarde Beria a déporté 55 000 Arméniens catholiques hors de la République d'Arménie autonome, c'était pour défendre l'Arméne en la purifiant de ses éléments dissidents."

"Mon Arménie est nomade, je veux la trimballer en bandoulière dans mon coeur partout où j'irai."

 

07:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arménie, littérature