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29/04/2023

Dix femmes, dix vies philosophiques

Libres de penser

idée originale de Jean-Philippe Thivet

Scénario et dialogues : Jérôme Vermer, agrégé de philosophie,

Anne Idoux, agrégée d'histoire,

Adaptation en BD : Marie Dubois

éditions Rue de Sèvres

 

Dix femmes de Cléobuline ( VIe siècle avant notre ère) à Etty Hillesum (morte à Auschwitz en 1943), en passant par, pour les plus connues,  Hildegarde de Bingen, Louise Michel et Simone de Beauvoir.

"La nébuleuse des énigmes dissimule un savoir. La dissiper laisse entrevoir la sagesse" Cléobuline ou Eumétis

"Pour atteindre l'extase, il faut mener une vie de philosophe" Hypathie d'Alexandrie (IVe siècle)

"Qu'il s'agisse d'une chose ou d'une autre, peu importe...tout ce qui est petit est délicieux. C'est "utsukushi" Sei Shônagon, vers l'an 1000, Japon

"Ne sous-estimez pas les énergies qui pulsent en vous et vous relient au monde. Rassemblez-les et agissez !" Hildegarde de Bingen XIe siècle

"L'ordre est une noble vertu pour l'individu comme pour la société" Christine de Pizan XIVe siècle

"Les filles, aussi bien que les hommes vous avez droit à la science" Gabrielle Suchon XVIIe siècle

"La liberté de tous doit être l'ultime fin de toute révolution" Louise Michel XIXe siècle

"L'être humain n'est pas compliqué, il est complexe" Nathalie Sarraute XXe siècle

"L'homme nouveau ne peut advenir sans la femme" Simone de Beauvoir XXe siècle

"Il ne tient qu'à nous de trouver la paix au plus profond de notre être" Etty Hillesum XXe siècle

 

08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, philo

27/04/2023

Trois saintes siciliennes

Madones et putains

Nine Antico

éditions Aire libre

 

Santa Agata, Santa Lucia et Santa Rosalia, trois saintes de Sicile. Trois madones.

Nine Antico raconte les vies de trois femmes portant les mêmes prénoms dans l'Italie d'un XXe siècle retardataire. Trois putains ?

La mère d'Agata a été tuée par son amant qu'elle ne voulait plus voir. Un féminicide !

Lucia tondue pour avoir été surprise avec un soldat allemand, sans être passée à l'acte. Il fallait bien une coupable pour porter les péchés de la collaboration commis par d'autres.

Rosalia a permis de démanteler les clans mafieux de son village.

Les trois sont inspirées de personnes réelles.

Les dessins de Nine Antico, en noir et blanc, plus noirs que blancs, sont autant de coups de poings.

 

08:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

18/04/2023

Paternités douteuses, Islande XVIIIe siècle

Le roi et l'horloger

Arnaldur Indridason

éditions Métailié

 

Le roi, c'est Christian VII du Danemark dont l'Islande est une colonie.

L'horloger est un Islandais immigré à Copenhague.

L'horloger répare,  dans les archives du palais royal une horloge du maître horloger suisse Isaac Habrecht qui a réalisé également l'horloge de la cathédrale de Strasbourg.

L'horloger reçoit régulièrement la visite du monarque qui s'intéresse plus à la vie dans la lointaine Islande qu'à l'horloge.

L'horloger raconte donc au souverain comment son père et sa gouvernante ont été condamnés à mort pour fornication hors mariage et pour un inceste imaginaire.

Hors, il se trouve que Christian VII lui même préférait forniquer avec des prostituées qu'avec la reine, mais que, pour sauver la face de son épouse Caroline-Mathilde,  il a endossé la paternité de la fille conçue avec son amant, le médecin de la famille royale devenu Régent. Fait qui lui aurait valu la peine de mort en Islande. Mais, comme disait La Fontaine "selon que vous serez puissant ou misérable..." C'est donc l'amant et non le roi qui a été condamné à mort. L'histoire de Johann Strense a été raconté dans le film "A Royal Affair" en 2012 avec Mads Mikkelsen dans le rôle de Struense.

Le roi ne peut qu'entendre dans le récit le reflet de sa propre faute.

En Islande à cette époque les femmes condamnées à mort étaient noyées, enfermées dans un sac lesté de pierres. L'eau étant supposée les laver de leurs péchés...

 

"En fin de compte, le roi n'avait jamais été plus heureux qu'en compagnie du petit peuple qu'il avait fréquenté pendant ses années dorées."

"L'horloger se laissa tomber dans le fauteuil en essayant de se rappeler combien de fois il avait fait état dans son récit de paternités douteuses. Et combien de fois elles étaient assorties de duperies, de mensonges,de tromperies et de dérobades."

 

13/04/2023

Journaliste du Pakistan à l'exil

Dissident club

texte : Taha Siddiqui

dessin : Hubert Maury

couleur : Arriane Borra & Elise Follin

éditions Glénat

 

L'album commence un peu comme "L'Arabe du futur". Taha Siddiqui raconte son enfance, puis son adolescence et sa jeunesse, à Djeddah où travaille son père qui se radicalise dans la religion avec des principes dignes du Moyen-âge.

Nous en apprenons beaucoup sur le Pakistan, ses dictateurs militaires successifs,  leur hypocrisie et leur double jeu.

"Financé par les fonds américains et saoudiens, Zia formait et armait les djihadistes pour aller se battre en Afghanistan."

"Quand une fille rencontre un garçon, ils ne sont jamais seuls...il y a toujours un troisième individu avec eux : Satan !"

"Sans les djihadistes, plus de djihad au Cachemire, plus de contrôle religieux sur la population." "Qui s'occupera de l'action sociale dans ce pays si on dissout les groupes djihadistes ?"

"mon père prêche dans une mosquée chiite et s'il apprend que je sors avec un sunnite...il mourra de honte !"

"si mon futur mari découvre qu'il n'est pas mon premier amant...ce sera la honte pour lui, pour ses parents et pour toute la société."

Diplômé d'une prestigieuse université, Taha choisit le journalisme, à la grande fureur de son père qui comptait sur lui pour développer son agence de pélerinnage à La Mecque. A la télévision qui est une invention du diable ! Et Taha n'hésite pas à poser des questions qui ne peuvent que déplaire aux militaires. Il obtiendra, avec deux journalistes français le prix "Albert Londres".

Victime d'une tentative d'enlèvement et d'assassinat, Taha n'a plus le choix : il part à Paris avec femme et enfants. Les services de renseignements français l'informe que son nom figure sur une liste noire établie par les militaires et  lui conseille "de ne plus remettre les pieds au Pakistan."

Il a voulu créer une tribune aux dissidents du monde entier : le "dissident club" !

Les dessins sont clairs et aérés, rendant la lecture particulièrement facile.

 

 

11/04/2023

Violences de classes et violences de genre

Petite Sale

Louise Mey

éditions du Masque

 

Catherine est petite et elle "fait" sale. Catherine est pauvre, élevée par sa mère couturière et veuve. Catherine travaille comme domestique au domaine du plus gros betteravier de la région. Même les autres domestiques lui donnent des ordres.

Monsieur est riche. Il ne parle pas à Catherine, il lui donne des ordres comme à tout le monde, y compris au Maire, y compris à ses enfants, sans parler de son épouse. Monsieur a le pouvoir que donne l'argent.

Le jour où sa petite-fille de quatre ans est enlevée, Monsieur est face à un abîme : comment renoncer à son cher argent pour payer la rançon ? Comment accepter que ces policiers venus du quai des Orfèvres n'aient pas à son égard la même déférence que tout le village dont presque tous les habitants dépendent de lui ?

Ce livre est d'abord une intrigue policière : qui a enlevé l'enfant ? l'enfant sera-t-il rendu vivant(e) ? la rançon récupérée après coup ? Mais c'est également une galerie de portraits : le Maître et ses trois enfants adultes, les ouvriers agricoles, bucherons,  saisonniers italiens, suspects puisque étrangers...

Portrait également de ces paysages des Hauts de France, aux terres riches et lourdes qui collent aux chaussures. En plus,  l'action se déroule lors d'un hiver particulièrement dur. 

 

"de manière brouillonne, il pense qu'être riche, c'est avoir le luxe de décider devant qui on doit avoir honte."

 

17:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar