13/02/2016
Donner une chance à la paix
Le dernier jour d'Yitzhak Rabin
D'Amos Gitai
L'année dernière, j'avais parlé sur ce blog du dernier film de l'Israélien Amos Gitai "Ana Arabia". Amos Gitai s'était fait connaitre en France par un reportage, diffusé par Arte, intitulé "Donner une chance à la paix."
S'il y en a un qui a mérité son prix Nobel de la paix, qui a véritablement cherché à "donner une chance à la paix", c'est Yitzhak Rabin. Prix Nobel de la paix en 94, assassiné en 95...
Le film est un mélange d'images d'archives et de reconstitution, et ne se contente pas du "dernier jour de Rabin"
Les images d'archives montre les manifestations de l'époque, celles favorables à la paix, mais aussi celles menées par Netanyahou, arrogant, insultant, haineux adversaire déclaré des accords d'Oslo.
Les images d'archives, comme certaines reconstitutions montrent la haine contre Rabin. Haine qui conduira à son assassinat. Un véritable "permis de tuer" délivré par des rabbins extrémistes. Rien à envier aux "fatwas" islamistes.
Quels arguments opposer à ceux qui considèrent qu'ils ont tous les droits sur cette terre "que Dieu leur a promise" ? Quelle négociation possible, quelle paix possible quand on rêve d'expulser tous les Arabes, et même de les tuer tous ?
Le film, qui dure deux heures et demie, éclaire le présent parce qu'il montre les racines du mal.
Les autres images de reconstitution sont celles de la commission d'enquête sur les failles de la sécurité. Alors que les services de sécurité israélien ont une solide réputation dans le monde entier, comment l'assassin a-t-il pu se promener avec son arme, pendant une heure, au milieu du dispositif de sécurité, sans être jamais contrôlé ? Comment a-t-il s'approcher si près du Premier ministre pour lui tirer dessus sans aucune intervention de ses gardes du corps ? Comme le dit l'un des participants à la commission d'enquête : "faut-il rire ou pleurer ?" Terrifiant à force d'être affligeant !
16:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
20/01/2016
la vie, la mort, le sexe
21 nuits avec Pattie
D'Arnaud et Jean-Marie Larrieu
avec Isabelle Carré, Karine Viard, André Dussollier
L'une (Isabelle Carré) vient enterrer sa mère qu'elle a peu connue car elle a été élevée par ses grands-parents. Depuis des années elle n'éprouve aucun désir.
L'autre (Pattie = Karine Viard) raconte sans complexe ses histoires de sexe physique sans amour avec divers partenaires. Avec des mots crus. Ses monologues font partie des meilleurs moments du film.
Les superbes paysages de l'Aude, et l'été plongent dans une atmosphère particulière.
Un film de femmes, par ses deux excellentes actrices, aux confins du réel.
11:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
15/01/2016
C'est le métier qui rentre
Arrête ton cinéma
De Diane Jurys
Avec Sylvie Testud, Josiane Balasko, Zabou Breitman
Tiré du roman de Sylvie Testud "C'est le métier qui rentre"
Depuis "La nuit américaine", j'aime les "films dans le film". "Mia Madre" est le dernier dans le genre, avant celui-ci. L'histoire d'un film qui, finalement, ne se fait pas. Une mésaventure réellement vécue par Sylvie Testud qui, actrice reconnue, voulait faire un film tiré de son autobiographie, le tournage ayant été annulé au dernier moment.
"Arrête ton cinéma" montre à quel point un film dépend de son financement, et donc du producteur chargé de le financer. Au point de modifier titre, scénario, casting. Balasko et Zabou, qui jouent les productrices, en font des tonnes dans le genre odieux.
Il est très difficile de se financer sans l'aide des chaines de télévision. Diane Kurys, réalisatrice reconnue et à succès depuis "Diabolo menthe", n'a trouvé l'appui que d'OCS. Le film dans le film n'en trouve aucun.
Celles et ceux qui attendent une pure comédie seront déçu(e)s.
08:03 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
13/01/2016
Mama mia
Mia Madre
de Nanni Moretti
avec Margherita Buy, John Turturo, Giulia Lazzarini
Prix oecuménique Cannes 2015
Une femme entre vie personnelle et vie professionnelle, comme tant de femmes d'aujourd'hui. Dans les deux cas, ses relations avec les autres, ses états d'âme, dont ses rêves sont révélateurs.
Coté personnel : un peu de difficultés avec sa fille adolescente, et qui vit avec son père, ce qui est révélateur. Des difficultés avec son amant, acteur, à qui elle demande rentrer chez lui. Et surtout l'évocation, avec tendresse, de la fin de vie de sa mère. Fin qu'elle n'accepte pas. Nanni Moretti, dont la mère est décédée juste avant l'écriture du film, joue le grand frère consolateur, avec sobriété.
Coté professionnel : un film dans le film, social, avec, en vedette, John Turturo qui fait des caprices de star, tout en étant incapable de dire son texte de trois lignes.
Quelques longueurs , mais un film qui ne laisse pas indifférent.
08:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
08/01/2016
The salt of the earth
Le sel de la terre
de Sebastiano Salgado et Wim Wenders
César et Oscar du meilleur documentaire 2015
Prix spécial "Un certain regard" à Cannes
En VOD
Salgado, Brésilien et francophone, c'est quarante ans de photographies autour du monde. "Un certain regard" résume bien son travail, un véritable hommage à la beauté de la terre qui nous remplit d'émotions.
Des photos, souvent en noir et blanc, au cinéma : le pari est réussi.
08:24 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma