27/03/2015
Une lutte pour le droit de voter
Selma
D'Ava DuVernay
Avec David Oyelowo, Oprah Winfrey
Le film raconte le combat de Martin Luther King pour le droit de vote des noirs, en Alabama, où il organisa une marche, à partir de la ville de Selma, il y a un demi-siècle.
Une lutte menée par Martin Luther King, mais d'abord une lutte collective. Qui n'a de force justement que parce qu'elle est collective.
Le film montre les doutes et les discussions internes sur la stratégie et les tactiques. Martin Luther King pouvait être contesté. Des erreurs pouvaient être commises.
Nous, Français, nous serons probablement un peu surpris de la place prise par la religion et les pasteurs dans cette lutte. D'après le film, c'est leur présence, en particulier celle de pasteurs blancs, qui aurait amené l'opinion publique, et donc les décideurs politiques, à la prendre en compte. Martin Luther King était d'abord un croyant, un homme d'Eglise. Ce film nous le rappelle.
Le film est enrichi de quelques images d'archives en noir et blanc.
Malcom X préconisait tous les types d'actions, y compris la violence. Il a été assassiné. Martin Luther King prônait et pratiquait la non violence. Il a été assassiné aussi.
Un film actuel, parce que le droit de vote est actuel, et parce qu'en Amérique, si les noirs ont le droit de vote, si la ségrégation raciale est abolie, la ségrégation sociale est plus forte que jamais.
16:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
22/03/2015
Relatos salvajes
Les nouveaux sauvages
De Damian Szifran
Avec Ricardo Darin
Un film argentin à sketchs. Six histoires ayant en commun une explosion de violence provoquée par un désir de vengeance. L'éducation, la civilisation craquent avec férocité quand les protagonistes "pètent les plombs" avec méchanceté.
Heureusement, il y a l'humour, noir évidemment, qui rend le film hilarant.
Comme d'habitude, j'ai détourné les yeux pendant les scènes les plus violentes...
14:31 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
13/03/2015
Clint Eastwood fait mouche
American Sniper
De Clint Eastwood
Avec Bradley Cooper, Sienna Miller
D'abord un film de guerre, comme Eastwood en a déjà faits. Loin de son dernier film, le "musical" Jersey Boys.
L'histoire vraie d'un tireur d'élite (sniper) de l'armée américaine, appartenant à une unité d'élite envoyée en Irak.
Il est chargé de protéger les "marines", il le fait, parfois avec un peu d'état d'âme quand il s'agit de tirer sur une femme ou un enfant porteur de bombe.
La question de la raison de l'intervention américaine en Irak (chercher les fameuses "armes de destruction massive") est à peine effleurée par le biais d'un copain de combat qui se pose des questions et lui ouvre son cœur sur ses doutes.
Reste la question psychologique du poids de l'absence, et de l'anxiété, pour l'épouse. Protéger son pays, c'est bien, mais cela doit-il être au prix de laisser sa famille sans défense ?
La difficulté de s'adapter à une vie "normale", entre deux missions, est soulignée. La réinsertion des combattants est tragiquement illustrée par la mort du héros, tué non pas au combat mais par un militaire revenu d'Irak complètement déséquilibré, et qu'il tentait d'aider.
Quelle connerie la guerre...
16:44 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
06/03/2015
Dans le Sahel comme à Mossoul
Timbuktu
D'Abderahmane Sisako
Les extrémistes religieux occupent le nord du Mali et font régner la terreur en imposant leurs principes par la force. Ce sont des occupants venus d'ailleurs, ne parlant pas la langue locale.
Le film souligne les absurdités. La partie de foot sans ballon est le summum. L'hypocrisie des interdits est soulignée, comme le mariage forcé. Il est possible d'être djihadiste et de fumer, à condition de le faire en cachette.
En contrepoint l'imam local rappelle les valeurs de l'islam.
Les évènements de Mossoul montrent, malheureusement que le problème est bien réel, même si les islamistes ont été chassés de la région de Tombouctou.
Au delà du problème religieux, le film pose la question des Touaregs, nomades depuis des siècles et qui ont du mal à survivre dans un monde où les noirs ne sont plus leurs esclaves. D'où l'affrontement entre le pasteur touareg et le pêcheur africain.
Un film aux multiples récompenses. Cela n'arrive pas si souvent aux films africains, il ne faut donc pas laisser passer l'occasion, même si lors de certaines scènes, comme la lapidation, mes yeux se sont détournés devant l'insoutenable.
16:24 Publié dans Affaires étrangères, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
28/02/2015
Grand-mère et petit fils
Les souvenirs
De Jean-Paul Rouve
Avec Mathieu Spinosi, Annie Cordy, Michel Blanc, Chantal Lauby
D'après le roman de David Foekinos
Demain la fête des grands-mères. Si vous en avez la possibilité, allez voir ce film avec elle.
C'est l'histoire d'une vieille dame (Annie Cordy, magnifique, a 87 ans) qui s'enfuit de la maison de retraite où son fils l'a mise, croyant bien faire. Comme elle dit : "il n'y a que des vieux !"
Ce n'est pas par hasard que c'est à son petit fils que l'on demande de la retrouver. Ce qu'il fait, parce qu'il comprend qu'elle est, avant de mourir, à la recherche de ses souvenirs. Ce qui nous vaut quelques belles images d'Etretat, les plus belles falaises du monde.
Au milieu, Michel Blanc, fils de l'une, père de l'autre. Il part à la retraite et cela n'arrange pas son caractère. La visite à ses anciens collègues qui ont d'autres choses à faire que de papoter avec lui est un peu cruelle tant elle montre que les pages se tournent...
Un film plein d'émotions, comme La Délicatesse, autre film de Foekinos qui avait été porté à l'écran.
J'avais également bien aimé le film précédent de JP Rouve, Poupoupidou, loin aujourd'hui des "Robins des bois" qui l'ont fait connaître.
13:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma