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22/09/2022

Réhabilitation de Paul Deschanel

Le tigre et le président

de Jean-Marc Peyrefitte

avec Jacques Gamblin, André Dussollier, Anna Mouglalis

 

Paul Deschanel est resté dans l'histoire comme "le président qui est tombé du train", comme Félix Faure est resté comme le président mort à l'Elysée en compagnie de sa maîtresse ("la pompe funèbre").

Paul Deschanel était partisan du vote des femmes, de l'abolition de la peine de mort, de la priorité donnée à l'éducation, de la mise en place d'une retraite pour tous les travailleurs. Un véritable républicain progressiste qui fustigeait le Traité de Versailles qui ne pouvait qu'entraîner le désir de vengeance de l'Allemagne.

Beaucoup se sont demandé comment Clemenceau avait pu être battu à l'élection présidentielle survenant au lendemain de la "grande" guerre. C'est oublier qu'à l'époque le président n'était pas élu par les électeurs mais par le Congrès réunissant l'Assemblée nationale et le Sénat. Et Paul Deschanel, inconnu du grand public,  était le président de l'Assemblée nationale. Clemenceau, par son arrogance avait indisposé nombre de parlementaires.

Clemenceau était un cabotin plein d'esprit. André Dussollier est bien dans la peau du personnage. Son adversaire, membre de l'Académie française,  ne manque pas de réparties ni de culture.

Afin de mettre en valeur Deschanel, le film moque son prédécesseur et son successeur. Poincarré, pendant sa présidence, pendant la guerre,  ne s'est pas contenté de choisir la couleur des chrysantèmes qu'il inaugurait, et Millerand valait mieux que ce personnage veule et fourbe incarné par Christian Hecq de la Comédie française.

Contraint de répondre à toutes les obligations de sa charge, lourde en ces années de multiplication de monuments aux morts et de remises de médailles aux blessés de la guerre mais voulant faire avancer ses idées progressistes le Président fut victime de ce que l'on appelle aujourd'hui un "Burn Out". En toute confiance, il a accepté de prendre un tout nouveau médicament venu d'Amérique : le véronal, un barbiturique puissant qui lui était servi avec de l'alcool. effet secondaire garanti...

 

07:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma

Commentaires

Bonjour.

L'un des problèmes posés par ce film est que, dans le désir (louable) de réhabiliter Paul Deschanel, il dénigre tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre : Clemenceau bien sûr (moins mesquin que ce qu'en dit l'interprétation de Dussolier), mais aussi Poincaré et Millerand, qui valent mieux que les visions caricaturales qui en sont données.

L'intrigue est aussi farcie de mensonges et approximations, pour qui a un peu lu sur le sujet, à tel point qu'on pourrait parler d'un film de propagande.

Écrit par : Henri Golant | 26/09/2022

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