16/09/2018
Jacquerie
Jacquou le croquant
Eugène Le Roy
Adaptation : Christophe Lemoine
Dessins : Cécile
Couleurs : Mariacristina Federico
éditions Le Monde et Glénat
Les grands classiques de la littérature en Bande dessinée
Un grand roman politique du XIXe siècle, paru en feuilleton, comme cela se faisait beaucoup à l'époque. Eugène Le Roy est républicain, anticlérical, franc-maçon, libre penseur. Et tout cela se retranscrit dans le roman qui met en scène le prolétariat agraire opposé à une famille d'aristocrates exploiteurs et tout puissants, puisque l'action se passe pendant la Restauration. Dans le roman, la révolution de 1830 (la chute de Charles X) sauve Jacquou de la peine de mort.
Les parents d'Eugène Le Roy appartenaient à la domesticité d'un riche aristocrate qui lui a payé ses études dans un collège des Frères des écoles chrétiennes. Mais Eugène Le Roy refuse d'entrer au petit séminaire.
Républicain et anti-clérical, Eugène fait la part des choses dans Jacquou : il y a l'horrible Comte responsable de la mort des ses parents, mais aussi un gentil noble, de longue lignée mais désargenté qui aide Jacquou ; il a y le curé à la solde du Comte, mais aussi le bon curé qui recueille Jacquou, lui lit la Déclaration des Droits de l'Homme...et est démis de ses fonctions par l'évêque.
Pendant le Second Empire, Le Roy sera classé sur la liste des opposants. Il deviendra "franc-tireur" (on dirait aujourd'hui "franc-tireur et partisan", "résistant" ou "guérillero"), après la défaite de 1870, pour continuer à lutter contre les Prussiens qui occupaient une partie de la France et encerclaient Paris. Les Prussiens passaient immédiatement par les armes ces combattants qui n'appartenaient pas à l'armée régulière.
J'avoue ne pas avoir vu le film sorti il y a une dizaine d'années.
15:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, littérature
31/08/2018
immigrés de force
Les Linh Tho
immigrés de force
Mémoires de Viet Kieu
Pierre Daum et Clément Baloup
éditions "La boite à bulles"
Adapté de l'ouvrage de Pierre Daum "immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939/1952)
Une page peu connue de l'histoire du colonialisme français. En 1939, plus de 20 000 jeunes Indochinois ont été réquisitionnés, arrachés à leur famille, pour participer à "l'effort de guerre". Traités plus comme des esclaves que comme des auxiliaires.
En 1941, 5 000 ont été rapatriés. Les 15 000 autres ont été parqués dans des camps, et affectés à divers travaux, essentiellement agricoles. Beaucoup d'entre eux, avec l'accord du Maréchal Pétain, furent affectés à la relance de la riziculture en Camargue. Avec un certain succès car ils employaient des procédés que les Camarguais ne connaissaient pas.
En 1952, ces Indochinois furent rapatriés, mais un peu plus de 2 000 d'entre eux (10% de ceux venus en 39) restèrent en France et y ont créé des familles. En général ils parlèrent très peu de leurs vies à leurs enfants et petits enfants
"Pour mémoire, il y avait déjà eu 100 000 Indochinois requis pour les besoins de la guerre en 1914/1918. Personne ne s'en souvient aujourd'hui."
09:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire, indochine
29/08/2018
Ravaillac et Henri IV
Ils ont tué Ravaillac
Thierry Bourcy et François-Henri Soulié
10/18 "grands détectives" n°5307
Ravaillac a tué Henri IV, rue de la Ferronnerie, à proximité de l'auberge du "Coeur couronné". La question n'est pas là. La question est de savoir si l'assassin a agi seul. Les historiens se sont beaucoup interrogés sur l'éventuelle responsabilité de la Reine, couronnée la veille. Nommée Régente par son époux qui devait partir à la guerre contre l'Espagne. Guerre immédiatement annulée par la très catholique Marie de Médicis.
Pour les deux romanciers, la réponse est claire : il y a eu complot, organisé par le Duc d'Epernon, qui était dans le carrosse royal au moment du drame. Non seulement il n'aurait rien fait pour détourner la main du meurtrier, mais il aurait même donné le signal à Ravaillac. Concini, le favori de la Régente, aurait pris les dispositions pratiques.
Ces comploteurs pouvaient-ils prévoir que le carrosse serait bloqué par un embouteillage à cet endroit ?
Quelles sont les preuves historiques ?
Ravaillac a été rapidement exécuté. Sans révéler les noms de ses éventuels donneurs d'ordre.
L'enquête est parsemée des cadavres de celles et ceux qui pourraient témoigner à charge.
Les auteurs insistent sur le clivage entre catholiques et protestants. Souvenirs de la Saint-Barthélémy et de l'Edit de Nantes.
09:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, histoire
27/08/2018
Mai 68 en images
Mai 68
La révolution des images
de A à Z
Beaux Arts éditions
Dessins, affiches, photos, BD. Cabu, Siné, Wolinsky, Florence Cestac, Roland Topor, Reiser, Willem, Pétillon, Bosc, ainsi que les dessins du Canard enchainé, que l'on voit rarement dans les rétrospectives.
De tous les livres publiés à l'occasion des 50 ans de mai 68, j'ai choisi celui-ci, le plus visuel, le plus diversifié.
08:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai 68
25/08/2018
L'humanité coupée en deux
La machine à explorer le temps
Herbert George Wells
Adaptation : Dobbs
Dessins et couleurs : Mathieu Moreau
éditions Le Monde et Glénat
Les grands classiques de la littérature en bande dessinée
A l'époque où Wells écrit son roman, Londres est la capitale de l'industrie mondiale...et la condition ouvrière y est scandaleusement épouvantable, y compris pour les enfants.
Partisan des thèses darwinistes, Wells imagine une évolution des humains séparés en deux classes : d'une part les riches oisifs devenus complètement amorphes, d'autre part les travailleurs, vivant sous terre et ne sortant que la nuit.
"Les faibles, les vieux, ceux qui se perdaient, tous finissaient traqués et dévorés."
"Il n'y a pas d'intelligence là où il n'y a ni changement, ni besoin de changement."
"Lorsque l'intelligence et la force viendront à manquer, la gratitude et l'affection continueront à vivre dans le coeur de l'homme."
09:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, littérature