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23/11/2013

Un très bon Vargas LLosa

La fête au bouc

 

Mario Vargas LLosa

 

Prix Nobel de littérature

 

Éditions Gallimard

 

 

Je n'ai pas lu tous les livres de Vargas LLosa, je n'ai pas aimé tous les livres de lui que j'ai lus. J'ai beaucoup aimé celui-ci.

 

Le "bouc" dont il est question est le dictateur de Saint-Domingue,  pendant plus de trente ans, Trujillo, prédateur sexuel, y compris de très jeunes filles.

Avec son talent de conteur, Vargas LLosa nous raconte la tyrannie et le tyrannicide, l'attitude des Dominicains, y compris des parlementaires,  des USA et de l'Église dans les deux périodes.

Une grande réflexion sur la faiblesse des hommes.

 

Les relations xénophobes des Dominicains à l'égard des Haïtiens est toujours d'actualité. Le fait que beaucoup d'entre eux aient du sang haïtien aggrave le phénomène au lieu de l'atténuer.  La démocratie n'est pas exempte de démagogie.

"Ils travaillent gratis, sans toucher de salaire, pour avoir le gîte et le couvert".

 

Mon seul regret est de ne pas avoir lu ce livre plus tôt, par exemple avant mon voyage à Saint-Domingue.

 

Comme le chante un merengue dominicain : "la fête au bouc, le trente du mois de mai". Que les dames veuillent bien s'en souvenir !

 

 

"Le Bouc avait retiré aux hommes l'attribut sacré que Dieu leur avait concédé : le libre arbitre".

 

"Un livre ouvert est un cerveau qui parle ; fermé, un ami qui attend ; oublié, une âme qui pardonne ; détruit, un cœur qui pleure." (Tagore)

 

 

08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

16/11/2013

Woodsworth a-t- il raconté les révoltés du Bounty ?

Noirs tatouages

 

Val McDermid

 

J’ai lu « thriller » n°8964

 

 

« Lake district », région anglaise frontalière avec l’Ecosse. Autrefois,  avant les charters bon marché, les Anglais allaient y passer leur lune de miel, comme d’autres allaient à Venise.

Le tourisme y est encore une activité essentielle.

 

Là haut, dans une tourbière, est retrouvé un cadavre vieux de deux cent ans.

S’agit-il de Fletcher Christian, chef des révoltés du Bounty, revenu clandestinement dans sa région natale ?

Ses tatouages indiquent clairement qu’il s’agit d’un marin ayant séjourné dans le Pacifique.

Et Fletcher Christian a-t-il donné sa version de la mutinerie du Bounty à son camarade d’école, l’écrivain William Wordsworth qui en aurait fait un poème épique disparu ?

 

Une jeune universitaire, spécialiste de Wordsworth, en est persuadée car elle a trouvé dans les archives des indices troublants.

 

Elle enquête, mais elle n’est pas seule sur la piste, car ce manuscrit pourrait être vendu très cher à des collectionneurs.

Les cadavres s’accumulent et ce n’est qu’à la toute fin du livre que les lecteurs connaîtront les réponses aux questions et sauront qui est l’assassin.

 

 

« De même que les pauvres, le passé est toujours parmi nous »

 

« Dès que vous mettez un dieu dans la danse, toute logique fiche le camp »

 

 

 

08:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

09/11/2013

Petite enquête à Kiev

Truite à la slave

 

Andreï Kourkov

 

Eidtions Liana Levu, collection "piccolo"

 

 

Une "nouvelle" à la chute surprenante, qui laisse un goût de cendre dans la bouche.

Une fausse enquête pour retrouver le grand Chef de la cuisine du restaurant "Casanova" de Kiev.

 

 

"Il était disposé à dormir avec un enthousiasme bien supérieur à celui qu'il était censé avoir eu, à l'époque soviétique, à l'égard du travail et de la défense du pays".

 

"La vie de célibataire a ses avantages, mais ils ne passent pas par l'estomac"

 

"Les mets véritables, on les goûte d'abord avec les yeux"

 

"Un "fast food" où tout est si rapide qu'on y prend pas le temps de préparer les plats !"

 

 

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

02/11/2013

Au service de Sa Majesté

Mr Ashenden agent secret

 

Somerset Maugham

 

"Pavillons poche", Robert Laffont éditeur

 

 

Somerset Maugham a travaillé comme "honorable correspondant" de l'Intelligence Service de Sa Gracieuse Majesté, pendant la première guerre mondiale.

 

Ce livre regroupe sept nouvelles dans lesquelles l'auteur s'inspire de son expérience, pour décrire la vie d'un agent secret, très loin des exploits des James Bond de cinéma. "Dans l'ensemble le travail d'un agent secret est très routinier".

 

La nouvelle la plus captivante est probablement celle dans laquelle il raconte que Mr Ashenden, disposant de fonds importants,  était chargé d'éviter une paix séparée de la Russie avec l'Allemagne. La description de Petrograd (Saint-Pétersbourg) en 1917 démontre, rétrospectivement, que la mission était impossible.

 

Dans sa préface de 1941, Maugham insiste sur le fait que ce recueil de nouvelles est une œuvre de fiction. "Pourquoi tenir pour un axiome que la littérature doit imiter la vie ?"

 

Réels ou fictifs, ses personnages sont hauts en couleurs, et les anecdotes, réelles ou exagérées, retiennent l'attention.

 

La "chute" est souvent inattendue, ce qui constitue un élément majeur de l'art des nouvelles, comme Maupassant l'a également démontré.

 

 

"Rien n'évoquait en elle la tendre soumission que les hommes portés sur la bagatelle prisent par-dessus tout."

 

"- Il faut prendre une femme par la taille et une bouteille par le collet.

- C'est bon à savoir.  Je n'en continuerai pas moins à tenir les bouteilles par le ventre et les femmes à distance."

 

"La vieillesse vous libère des souffrances de l'amour mais la mort seule met un terme aux blessures de l'amour-propre".

 

"L'homme a toujours eu moins de peine à faire le sacrifice de sa vie qu'à apprendre la table de multiplication".

 

"N'importe quel imbécile peut gaspiller son argent, mais quand vous perdez votre temps, vous perdez l'irremplaçable".

 

08:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

25/10/2013

Avant la trilogie berlinoise

Chambres froides

 

Philip Kerr

 

Masque poche

 

 

Un livre qui vient d'être édité en France, probablement en raison du succès de "La trilogie berlinoise" du même auteur, mais écrit il y a vingt ans.

 

L'action se passe donc en 1993, à Saint-Pétersbourg. Un enquêteur moscovite, spécialiste de la lutte contre la corruption, est immergé au sein d'une brigade de lutte contre les mafias, ukrainienne, tchéchène, géorgienne...

Un journaliste d'investigation est assassiné.

Le racisme, très visible aujourd'hui en Russie, en particulier à l'encontre des "bronzés des républiques méridionales", chrétiens ou musulmans,  n'est pas masqué.

 

Le régime communiste a fait faillite, mais la période de transition est dure aux miséreux.

Je me souviens d'avoir été à Moscou à cette époque, et la pauvreté de ces retraités qui tentaient de vendre quelques biens usagés était pathétique.

"La démocratie a détruit le vieux système économique mais n'a rien mis à la place"

"Ce n'est plus la politique qui mène le système. C'est le FMI".

 

 

"Tchékov dit que quand on raconte une histoire, on ne devrait pas montrer la vie comme elle est, ni comme elle devrait être, mais comme on la voit en rêve."

 

"Il n'y a pas eu de grands changements depuis l'époque de Dostoïevski. La mafia a pris la place des nihilistes."

 

"L'écrivain russe a toujours mesuré l'ampleur de son succès au nombre d'ennemis qu'il a réussi à se faire."

 

"Tous ces capitalistes en herbe allaient être amenés à violer la loi"

 

 

 

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature