05/09/2005
Les inégalités dans le monde
Inégalités dans le monde et en Europe
C'était le thème de "l'atelier" que je devais animer.
Un rapport de l'ONU, paru il y a deux semaines, résumait "la situation sociale dans le monde" par ce titre "la crise de l'inégalité", avec en conclusion "on ne peut faire de progrès sur le front du développement sans s'attaquer aux inégalités à l'intérieur des pays et entre ceux-ci".
Quelques chiffres : si on prend une moyenne mondiale de 100, la moyenne de l'Union européenne est à 400 et l'Afrique subsaharienne (donc y compris les pays qui ont du pétrole est à 10 !
Concernant la moyenne des revenus de l'Union européenne, un autre chiffre : les nouveaux pays membres sont entre le ¼ et la moitié de la moyenne.
Et ce n'est que pour les inégalités de revenus : tout va avec : l'espérance de vie dans les pays pauvres est, en moyenne, la moitié de ce qu'elle est dans les pays riches...
Ce qui est terrible, c'est que ni le "marxisme tropical", ni le libéralisme, avec les injonctions du FMI (dérégulations, privatisations, disparition des structures étatiques alors que les Etats ont bien du mal à exister etc.) n'ont fonctionné.
La mondialisation ignore l'Afrique : à peine plus de 1% du commerce mondial (même en comptant le pétrole) et pareil pour les investissements.
Une économie de prédation plus qu'une économie capitaliste, puisque le capitaux, y compris ceux de l'élite africaine, s'investissent ailleurs, sauf pour le pétrole.
Comment ne pas voir que la cohésion sociale est moteur de développement ?
Elle implique des services publics performants, accessibles à tous (éducation, transports, santé).
Le logement, et ce qui va avec (eau et électricité) ne peuvent être laissé aux seules lois du marché.
En aval, il faut des péréquations et des redistributions.
En amont, il faut des protections, des régulations, de la sécurité.
11:05 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0)
Ils ne pensent qu'à ça !
"Chantiers" du PS du Pas-de-Calais", comme tous les ans en septembre.
Un thème affiché, et repris dans tous les "ateliers" : les inégalités.
Rapports des groupes de discussion plus ou moins intéressants.
Le docteur Poher a dressé un diagnostic terrifiant de la santé dans le département : la carte des pathologies décalque la carte du chômage : il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade, parce que ça va ensemble.
Une fois les rapports expédiés, les discours des "ténors" :
Janquin, qui structure son discours sur un poème d'Aragon -"est-ce ainsi que les hommes vivent ?- et qui annonce sa candidature au renouvellement de son mandat, Dupilet qui moque, les "spécialistes des safaris photos, dont certains se trouvent à la tribune", histoire de rappeler qu'il roule pour Fabius et pas pour celui à qui il a cédé son siège de député,
Percheron, qui se fait lyrique pour proclamer ses soutiens à Hollande et Lang,
Lang qui remercie tout le monde, en particulier le Pas-de-Calais, dont il veut être l'élu pour longtemps, et Hollande,
Hollande qui balance les vacheries sans citer personne, mais il n'y a pas besoin, tout le monde reconnaît les cibles,
Ils parlent peu des inégalités, même quand ils attaquent la Droite, mais beaucoup des échéances : le congrès, la présidentielle.
Avec tout ça il est plus de 2 heures et demie, c'était un temps déraisonnable pour songer à se mettre à table.
10:38 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0)
30/08/2005
Histoire du PS par Mexandeau
Histoire du parti socialiste - Louis Mexandeau - (éditeur : Taillandier)
Louis Mexandeau est historien de formation, et c'est en historien qu'il traite le sujet.
Son livre est dense et "charpenté".
Les chapitres consacrés à la marche vers la création d'un parti socialiste unifié, en 1905, sont éclairés par la situation de la 3e république qui doit d'abord s'affirmer face aux royalistes, puis devenir laïque avant de songer à être sociale. La stature de Jaurès domine.
Puis vient le temps de Léon Blum : le "schisme" avec les communistes qui acceptent de s'aligner sur Moscou, baptisée "la patrie des travailleurs", le "Front populaire", la résistance, la reconstruction...et la défaite en Congrès face au discours plus à gauche de Guy Mollet.
L'écart entre les discours internes, très à gauche, de celui qui restera plus de 20 ans le "patron" des socialistes, et ses manoeuvres politiques en faveur d'hommes très marqués à Droite, son ralliement à De Gaulle en 1958 (ce qui provoque la naissance du PSA, qui deviendra PSU) est souligné.
En historien Louis Mexandeau traite rapidement, en deux chapitres, les évènements qu'il a vécu aux côtés de François Mitterrand, et, pudiquement, n'insiste pas sur le rôle qu'il a joué : il s'agit d'un livre d'Histoire, pas de mémoires, même s'il règle quelques comptes personnels au passage.
Mais Louis Mexandeau reste un militant. Dans sa conclusion, il appelle à "reconstruire une idéologie de rupture avec le capitalisme". Ce que promettait déjà la motion majoritaire au Congrès de Metz...en 1979, et ce que n'ont pas fait (pourquoi ?) les gouvernements dans lesquels il a été ministre.
Distinction entre "exercice du pouvoir" et "prise du pouvoir", comme l'a théorisée Léon Blum en 36 ?
Le livre se referme sur cette belle phrase : "Le Parti Socialiste, si imparfait qu'il soit, reste lourd de l'espérance des Hommes."
Louis Mexandeau est venu à Aire présenté son livre sur la résistance, j'aimerais qu'il revienne pour nous présenter cet autre volet de son travail d'historien engagé.
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29/08/2005
Karl Marx, ou l'esprit du monde
Biographie de Marx, par Jacques Attali (Fayard)
La vie de Karl Marx, plutôt moins bien connue que son oeuvre.Attali en fait une description assez sévère : penseur génial, complètement "habité" par son travail intellectuel, complètement inapte aux servitudes de la vie quotidienne, n'envisageant pas de gagner sa vie, mettant sa femme enceinte tous les ans (et même la domestique - payée par la belle famille- en l'absence de sa femme), sans jamais se poser la question du minimum vital, vivant donc, le plus souvent très chichement, essentiellement d'héritages (accumulation capitaliste réalisée par d'autres) et de l'argent versé par Engels, détourné de la plus value dégagée par le travail des ouvriers des usines de la famille ce celui-ci.
Attali n'insiste pas plus qu'il ne le faut sur l'oeuvre théorique de Marx, en mettant quand même l'accent sur trois points :
- La "dictature du prolétariat" n'était envisagée que dans un cadre électoral pluraliste et parlementaire, avec une majorité obtenue par l'alliance des ouvriers et des paysans, en aucun cas comme la dictature d'un parti sur le prolétariat ;
- Marx ne se sentait pas "marxiste" à la lecture des prises de position de ses "disciples" ;
- Sa pensée était évolutive, toujours à la recherche de la dernière information susceptible de corriger son analyse, rien de figé, donc...
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26/08/2005
Corée du Nord
Corée du Nord : combien de temps encore ?
Pour la première fois, une délégation du Parlement européen a été invitée à se rendre en Corée du Nord.
J'ai eu la chance de pouvoir accompagner cette mission.
Comme en Afrique, les gens se déplacent à pied, les femmes avec de lourds paquets sur la tête. Les vélos et les poussettes sont surchargés.
Alors que l'Afrique ignore les arrêts de bus, les Nord Coréens sont disciplinés : de longues files d'attente se forment pour attendre de vieux autobus déglingués, vite surchargés. Les trains, aperçus depuis la fenêtre de la chambre, puisqu'il ne nous était pas possible d'entrer dans la gare, sont vétustes. En province, ce sont des camions bennes qui servent de ramassage. Les accidents de transports en commun fournissent l'essentiel des patients des Français de "Handicap international", qui fabrique et pose des prothèses de jambes.
La nuit, les rues de Pyongyang sont à peine éclairées. Ce ne sont pas les malfaiteurs qui en profitent, mais, dans le parc voisin de l'hôtel, les amoureux... qui se tiennent par la main.
Le réseau de distribution de l'eau est, lui aussi, à l'agonie. Dans l'hôtel, réservé à la "nomenklatura", au bord d'une plage de sable fin, où nous avons passé une nuit, la baignoire avait été remplie avant notre arrivée, afin de nous permettre de disposer d'une réserve minimum d'eau froide, pour nous laver...et compenser le fonctionnement déficient des toilettes.
Les organisations humanitaires nous ont suggéré de revenir plus souvent : grâce à notre présence, la distribution d'eau avait duré deux heures sans être interrompue !
Nous avons eu la chance de faire cette mission en Juillet. En hiver, le vent dominant vient du Nord, donc de Sibérie, et les températures y sont bien en dessous de zéro...alors que tous les chauffages sont déficients.
L'économie souffre de ces infrastructures délabrées.
Peu de cheminées d'usine fumaient lors de notre visite à Hamhung, principale ville industrielle du pays, et port "important"...où seuls deux bateaux chinois se trouvaient à quai.
En 1998, 60% des enfants de moins de 5 ans étaient sous alimentés. Aujourd'hui ils ne sont plus que 30%, ce qui prouve que notre aide alimentaire ne va pas entièrement à l'armée...
Depuis 2001 le fonctionnement de l'économie a été "libéralisé". Les paysans peuvent dorénavant cultiver pour eux même et pour vendre au marché. Les petites échoppes se sont multipliées. En ville la moindre plate bande est utilisée pour faire pousser des légumes.
Dans le plus important marché libre de la capitale, flambant neuf, les acheteuses se pressent pour trouver les produits de consommation courante, généralement importés de Chine, mais aussi des produits alimentaires, dont un chien, dépiauté, prêt à être débité.
Face à cette situation, le gouvernement affiche une priorité : "d'abord l'armée" !
Alors que Clinton avait promis une aide énergétique, W Bush, avec la finesse dont il a fait preuve ailleurs, a accusé la Corée du Nord d'être "l'avant garde de la tyrannie", dans "l'axe du mal", alimentant une tension, utile au gouvernement pour consolider sa dictature, et expliquant, sans l'excuser, la course à l'arme nucléaire, réponse du faible au fort.
Le régime se considère comme toujours en guerre et menacé par les impérialistes.
Dès l'arrivée à l'aéroport nos téléphones portables, sur lesquels nous ne recevions pourtant aucun signal, nous ont été confisqués.
Les déplacements, en particulier les nôtres, sont strictement contrôlés. Deux d'entre nous, qui voulaient s'affranchir, ont très vite été rappelés à l'ordre. L'utilisation du vélo, trop pratique pour s'arrêter hors d'un des trois endroits autorisés, est interdite aux Européens.
Le droit de prendre des photos est strictement soumis à autorisation.
A longueur de journée, la radio et la télévision diffusent des chants patriotiques, des discours de Kim Il sun ("soleil rouge de l'Humanité") et de son fils, le "cher Leader" actuel, Kim Jong il, et des films guerriers dans lesquels les bons partisans écrasent les méchants impérialistes, Japonais et/ou Américains.
Le régime dictatorial ne semble pas menacer par une éventuelle rébellion de la population, qui consacre l'essentiel de son énergie à lutter pour sa survie.
Comme il n'y a pas de "rideau de fer" entre la Corée du Nord et la Chine, des milliers de Coréens traversent la frontière pour aller chercher de la nourriture, ou du travail, beaucoup ne rentrent pas au pays, la Chine étant en pleine expansion économique.
Mais la Chine ne veut pas de cet afflux de réfugiés économiques. Son aide à la Corée représente l'essentiel de son aide extérieure. Des usines coréennes deviennent sous traitantes de l'industrie textile chinoise, qui vend en Europe.
Comme quoi, il est possible de payer des travailleurs encore moins que presque rien...
Géant économique, mais nain politique, surtout depuis le 29 mai, l'Union européenne doit se contenter de payer sans participer aux discussions politiques. Comme au Moyen-Orient, en Afghanistan ou en Irak, les Américains choisissent le menu et nous laissent l'addition de l'aide humanitaire et de la reconstruction.
Personne ne veut de l'aggravation de la crise économique nord-coréenne. Nous participons donc massivement à l'aide alimentaire.
Mais puisque personne ne veut d'effondrement, pour favoriser l'ouverture du pays vers l'extérieur, et donc permettre une évolution politique, grâce aux nouvelles générations, pourquoi ne pas multiplier les invitations d'étudiants en Europe, avec des bourses d'études ? Cela serait pacifique, et probablement efficace.
Donner la priorité à l'éducation ?
Jean-François Vallin
conseiller municipal
10:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)


