31.07.2009

ne te retourne pas

Ne te retourne pas

 

De Marina De Van

 

Avec Sophie Marceau et Monica Bellucci

 

Sélection officielle du Festival de Cannes

 

 

Une histoire de dédoublement de la personnalité, quasiment de la schizophrénie,  à faire le régal des psychanalystes, puisque l'histoire remonte à l'enfance.

 

Très intello, parfois un peu compliqué à suivre, mais il y a les deux actrices,  sublimes, malheureusement trop souvent défigurées par le morphing, comme si Esméralda était transformée en Quasimodo.

 

Si un truc pareil vous arrive, n'hésitez pas à demander un placement volontaire dans un établissement spécialisé !

 

 

08:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma

30.07.2009

Après la guerre

Après guerre

 

Tony Judt

 

Une histoire de l'Europe depuis 1945

 

Prix du livre européen 2009 (remis par le Parlement européen)

 

Editions Armand Colin

 

 

Un énorme ouvrage de presque 1.000 pages qui commence par l'héritage de la guerre et se termine par les guerres d'éclatement de la fédération yougoslave.

1.000 pages pour illustrer la phrase d'Hegel "l'Histoire universelle n'est pas un lieu de félicité, les périodes de bonheur y sont des pages blanches".

1.000 pages pour tenter de nous expliquer les changements intervenus depuis 65 ans.

Une histoire d'un auteur britannique marqué par sa culture : "le coût de la victoire pour l'Angleterre excéda celui de la défaite pour l'Allemagne" ; "A Bruxelles, règne une "imposante bureaucratie".

 

 

 

"La seconde guerre mondiale fut d'abord une expérience civile"

 

"Le nettoyage de la population autochtone par les Russes était sans équivalent depuis les hordes asiatiques"

 

"A eux deux Staline et Hitler déracinèrent, transplantèrent, déportèrent, dispersèrent quelque 30 millions de personnes"

 

"C'est où la véritable résistance avait été le moins en évidence, que le mythe de la Résistance importa le plus"

 

"Dans les procès des collaborateurs en France, trois juges sur quatre avaient été eux mêmes au service de l'Etat collaborationniste"

"En Bavière,  en 1951, 94% des juges et des procureurs étaient d'ex nazis"

 

"La politique européenne de l'après guerre a été gouvernée par la peur d'un réveil allemand"

"Toutes les parties préféraient un pays divisé à une Allemagne unie contre eux"

 

"On ne pouvait compter sur lui que si c'était non (Attlee sur Staline)

 

"Le réarmement occidental pris une ampleur spectaculaire. Le budget américain de la défense passa de 4,7% du PNB à 17,8%"

"Le plan Marshall se transforma en un programme d'assistance militaire"

 

"Le centre impérial (la Russie) était en fait plus pauvre et plus arriérée que sa périphérie assujettie"

"La puissance impériale fournissait les matières premières, et les colonies exportant des produits finis"

 

"La destruction des classes moyennes et l'expulsion des minorités ethniques ouvrit des perspectives d'ascension sociale aux paysans, aux ouvriers, et à leurs enfants"

 

"Le PCF avait toujours eu à sa tête des bureaucrates impitoyables et obtus"

26.07.2009

cote 512

La cote 512

 

Thierry Bourcy

 

Folio policier n°497

 

 

Célestin est policier de profession. En 1914, il aurait pu choisir de rester "à l'arrière" pour continuer à exercer sa profession. Mais il monte bravement au front. Et quand il soupçonne un meurtre, au milieu de cette "boucherie" générale, sa passion professionnelle reprend le dessus, et il enquête.

 

En fait,  le meurtre, et donc l'enquête,  n'interviennent qu'après une centaine de pages et ne sont qu'un ingrédient pour décrire les horreurs de la guerre, et les chagrins des femmes. Le livre, dessiné, de Tardi, sur la "grande" guerre, est, de ce point de vue, probablement plus fort.

 

 

"Il était rare que les crimes de la rue le menassent chez les aristos, c'était la misère qui, d'ordinaire, engendrait la violence"

 

"Est-ce la guerre qui nous rend fous, ou faisons nous la guerre parce que nous sommes fous ?"

 

"La guerre est une manière d'assassinat. Collectif et officiel."

 

"L'armée, c'est comme la police : pour un poilu qui fait son devoir et va risquer sa vie, tu as deux embusqués dans les bureaux, le cul bien au chaud, et qui font tout pour te rendre la vie impossible"

 

"Les statistiques, c'est la jouissance des cols blancs"

 

"A quoi bon tout raconter, puisque la moitié des choses qui se passent ici ne sont pas croyables ?"

 

"Il arrive toujours un moment où la guerre est au dessus de nos forces"

24.07.2009

Sans rancune

Sans rancune

 

D'Yves Hanchar

 

Avec Thierry Lhermitte, Milan Mauger, Marianne Basler

 

 

Un film sur les thèmes de l'adolescence, plus ou moins facile, sans plaisanteries de potaches,  de la paternité, des relations mère ou père/fils adolescent,  mais aussi sur ces gens qui recommencent une autre vie ailleurs. Cela se fait aujourd'hui. Il était relativement facile au moment de la guerre de se faire porter disparu.

 

L'action se déroule, juste après guerre,  dans un institut accueillant, à la campagne,  des orphelins de guerre.

 

La discipline y est douce, les professeurs originaux.

 

Thierry Lhermitte en est la vedette incontestable.

 

Un film avec plus de questions que de réponses, mais qui se laisse regarder avec plaisir, "sans rancune".

 

 

 

 

08:02 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma

21.07.2009

Autobiographie de Simone Veil

Une vie

 

Simone Veil

 

Editions Stock

 

Simone Veil raconte sa vie, au début tout à fait ordinaire, puis qui le devient beaucoup moins.

Une éducation laïque. Le goût de la lecture,  donné par son père.

Le piège  qui se referme, malgré les faux papiers. L'enfer du camp d'extermination d'Auschwitz. Les énormes spoliations.

Son entrée dans la magistrature. Sa découverte de l'état des prisons françaises (pas mieux depuis,  si j'en crois le rapport du Conseil de l'Europe). Puis son entrée au gouvernement, sa lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps, avec le soutien des médecins généralistes, "effarés de voir les dégâts qu'entraînaient les avortements sauvages dans les couches populaires".

Son élection à la Présidence du Parlement européen.

Son passage au Conseil constitutionnel.

 

Elle règle, au passage, quelques comptes. En particulier avec François Bayrou : "il se figure les autres à son image : intriguant et opportuniste".

 

Il est possible d'être en désaccord avec certaines de ses opinions, mais il faut lui reconnaître du courage et des expériences diverses.

 

 

"Les Juifs et les aristocrates sont les seuls qui savent lire depuis des siècles, et il n'y a que cela qui compte" (ce que lui répétait son père)

 

"Une femme qui en a la possibilité se doit de poursuivre ses études et de travailler. Il y va de sa liberté et de son indépendance" ; "Il faut non seulement travailler, mais avoir un vrai métier" (ce que lui disait sa mère)

 

"Nous ne comprenions pas ; nous ne pouvions pas comprendre. Ce qui était en train de se produire à quelques dizaines de mètres de nous était si inimaginable que notre esprit était incapable de l'admettre"

 

"Les actes des Justes prouvent que la banalité du mal n'existe pas. Ils ont incarné l'Honneur de la France, ses valeurs de Justice, de Tolérance et d'Humanité"

 

"Même si l'on gardait ses chaussures sur soi, il arrivait tout de même qu'on vous les vole pendant la nuit"

 

"Les bombardements, à la fois inefficaces et meurtriers, tuèrent finalement plus de déportés que de nazis"

 

"Dès que les Anglais sont arrivés, ils ont isolé le camp avec des barbelés infranchissables"

"Les autorités françaises n'étaient pas trop pressées de nous récupérer, et nous sommes restés là un mois."

"La communauté juive américaine ne s'est guère manifestée, sans doute dans la crainte d'un afflux brutal de réfugiés"

 

"La misère de la pénitentiaire était à l'unisson de celle de l'ensemble du système judiciaire"

 

"Il est essentiel que le droit prenne en compte les réalités sociales"

 

"La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu'elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. L'avortement ne soustrait pas les femmes à l'autorité des hommes, mais les meurtrit."

 

"Se porter candidat à un Parlement dont on conteste jusqu'à l'existence relève d'un paradoxe"

 

"L'Europe se nourrit plus souvent de symboles que de réalités"

 

"L'Europe sera avant tout ce que nous en ferons"

20.07.2009

conservateurs, "réformistes"(sic)

Les conservateurs britanniques se sont trouvés des alliés pour créer un groupe des "conservateurs et réformistes".

Que me dit mon "petit Larousse" ?

Conservateur : "qui conserve,  qui appartient à un système politique hostile aux innovateurs, et attaché aux institutions du passé"

Réformiste : "partisan d'une réforme politique, du réformisme" "Réformisme : système politique selon lequel la transformation de la société, en vue d'une plus grande justice sociale, peut s'effectuer dans le cadre des institutions existantes, au moyen de réformes"

Alors ce Groupe ? Hostile aux innovateurs ou favorable à la transformation de la société ? Partisan des institutions européennes existantes ?

Pour garder les mêmes initiales "Conservateurs et Réactionnaires" serait mieux adapté !

 

09:18 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe

18.07.2009

Lorraine connection

Lorraine connection

 

Dominique Manotti

 

Editions Payot / Rivages / Noir (format poche n°683)

 

 

L'histoire commence comme un roman social qui montre la colère ouvrière face aux conditions de travail, à la sécurité non assurée, aux primes promises et jamais versées,  le désespoir face au chantage à la délocalisation.

Impossible de ne pas penser à la situation actuelle dans tant d'entreprises.

 

Puis le social devient financier, crapuleux jusqu'aux meurtres.

Le désastre de la sidérurgie lorraine hante tout le monde. Les subventions, en particulier européennes, abondent.

Des jeux d'écriture, des comptes numérotés au Luxembourg, des rachats d'entreprises : tout est romancé, tout pourrait être tellement vrai. Y compris le Président du Conseil régional, ancien de l'OAS. Le Président de la Région a changé,  mais tout le système de connivence entre "élites" est tellement actuel, comme le climat social délétère !

 

Le style est nerveux, parfois à la limite du télégraphique.

 

Au total un vrai, bon polar,  avec une dimension politique et sociale décapante, malheureusement toujours d'actualité.

 

 

"Tu gagnes assez de fric pour le claquer, et avoir envie d'en gagner encore plus. Et jamais assez pour être vraiment riche et t'en foutre"

 

"Les sommes que manient les bureaucrates bruxellois nous introduisent dans la catégorie supérieure de la corruption."

 

 

17.07.2009

Fais moi plaisir

Fais-moi plaisir

 

D'Emmanuel Mouret

 

Avec Emmanuel Mouret, Judith Godrèche et Frédérique Bel

 

 

L'idée de départ du film vient d'un fantasme qui est peut-être répandu : avoir son /sa partenaire habituel incitant à "aller voir ailleurs", en toute déculpabilisation, pour lui "faire plaisir".

Comment refuser ?

 

Ce badinage est pimenté parce que l'aventure en question pourrait avoir lieu avec la fille (Judith Godrèche) du Président de la République (Jacques Weber, plus vrai que nature).

Emmanuel Mouret joue le rôle du mec complètement dépassé qui se laisse conduire par les femmes.

Frédérique Bel (l'ex "minute blonde" de Canal +) nous laisse apprécier sa plaisante plastique.

 

Les gags ne sont pas déplaisants, mais on les voit venir de loin, tellement ils sont inspirés des films de Jacques Tati et de Pierre Etaix.

 

Bien entendu, à la fin, la morale est sauve...

 

09:18 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma

16.07.2009

Barroso : débattre avant de voter

Les Socialistes et Démocrates européens veulent débattre avec Barroso avant de voter sur sa désignation

 

Les socialistes européens se sont opposés aujourd'hui à un vote précipité sur la désignation du Président de la Commission européenne et ont demandé au préalable des clarifications et des discussions avec M. Barroso.

 

Les chefs de file des groupes politiques au Parlement européen ont tenu compte aujourd'hui des objections exprimées par les Socialistes; mais ils ont convenu d'inscrire un débat le 16 septembre, laissant la porte ouverte à un vote éventuel de l'Assemblée en octobre. Une décision définitive sur le calendrier sera prise le 10 septembre par les leaders politiques au Parlement européen.

 

Nous aurons besoin de temps pour évaluer le programme de M. Barroso, le candidat officiel des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

 

Il faut engager des consultations sérieuses et constructives sur les priorités de la future Commission avec le candidat. 

 

Il faut également clarifier quel Traité servira de base à la désignation du Président et des membres de la nouvelle Commission. Dans l'hypothèse d'un "oui" irlandais au Traité de Lisbonne, le Parlement européen aurait la possibilité de se prononcer sur le Président de la Commission et le Collège des Commissaires sur la base d'un seul Traité.

 

La question de la date ne préjuge en rien la décision sur le vote final.

 

 

14:09 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe

15.07.2009

Dur de ne pas être "chinois" en Chine

L’irruption de violence dans la province autonome du Xinjiang est sévèrement réprimée par le gouvernement chinois. Les heurts entre Ouigurs et Hans ont fait officiellement 186 morts mais le le sang coule toujours. Cette violence est présentée par la Chine comme un simple conflit interethnique entre Hans et Ouigurs alors qu’elle est l’aboutissement quasi inéluctable de sa politique répressive dans la province du Xinjiang. La province est stratégique mais difficile à contrôler.  Voie de transit incontournable, riche en ressources naturelles (or, pétrole, gaz) elle est  indispensable à l'avenir énergétique de la Chine. Mais elle est peuplée de nombreuses ethnies non chinoises, dont la plus importante, celle des Ouigours. Ceux-ci, près de 50% de la population, sont majoritairement des musulmans sunnites d’origine turcophone. Ils sont depuis une décennie systématiquement discriminés, menacés d’assimilation, de disparition : leur identité est en péril. En réalité, la politique de la Chine vis-à-vis de ses minorités ethniques, libérale dans les années 80, s’est graduellement durcie et les autorités chinoises ont saisi l’occasion du 11 septembre 2001 pour afficher leur lutte - voyez l’amalgame !- : « contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux ». En avril 2009, Amnesty International lançait un cri d’alarme : après le Tibet, il y aurait le Xinjiang. La politique de non violence ayant échoué, les Ouigours chercheraient d’autres moyens de faire aboutir leurs revendications identitaires. C’est chose faite. Mais la Chine ne peut continuer à assurer sa cohésion à travers des bains de sang à répétition. En tant que signataire d’accords internationaux, elle est tenue de protéger ses minorités ethniques. Et sa constitution, comme sa loi relative à l’autonomie régionale de 1984 l’y contraignent également.

L’Europe va-t-elle encore fermer les yeux et se contenter de condamner la répression et de quémander- sans succès - la libération des prisonniers politiques ? Les droits de l’homme en Chine sont un problème politique. Il faut oser rappeler à ce pays ses propres engagements envers ses peuples et le risque de s’y soustraire.  Que va faire la Présidence suédoise de l'Union européenne.Nous espérons un geste fort.

Toutes les notes