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07/01/2010

expressions

Les expressions de nos grands-mères

Marianne Tillier

Points n°P2036

Collection « le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm

 

J’ai appris que « les nèfles » (pas grand-chose) viennent du nom d’un fruit fade qui ne pouvait se consommer qu’en confiture.

« Chenapan » vient de l’allemand « schnapphahn » (qui attrape le coq », moins évident que « loustic » qui vient de « lustig » (gai).

« Potron minet », c’est quand le chat montre son cul (« potron » = cul en bas latin, qui a donné également postérieur).

Le « marchand de sable » qui vient nous endormir est apparu au XVIIe siècle.

J’ai été déçu d’apprendre que Morphée n’était pas une ravissante créature dans les bras de laquelle je pouvais me réfugier, mais le Dieu des songes, fils d’Hypnos (le sommeil) et Nyx (la nuit).

La « greluche » était, dans les années 30, une femme aux mœurs légères.

Il y en a 150 pages comme ça, mais je conteste que la « der des ders » fasse référence à la seconde guerre mondiale. Il s’agit de la première, ce qui rend l’expression amère, justement parce qu’’il y eu la seconde…

 

 

08:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature

03/01/2010

l'interprétation des meurtres

L’interprétation des meurtres

Jed Rubenfeld

Pocket 13611

 

Quand un universitaire, ayant consacré sa thèse à Freud, décide d’écrire un roman policier, il y est question du subconscient qui guide les actions, y compris les criminelles.

Dans ce roman policier,  il est donc question de l’inconscient, de rêves, qui en sont la porte, de refoulement des désirs sexuels, de l’Oedipe, clé indispensable pour comprendre Hamlet. Mais si Freud avait compris à l’envers ? Si c’était les pères qui voulaient tuer les fils, par jalousie ? « Le secret du désir œdipien se cache dans le cœur des parents et non des enfants ». J’ai connu, au Niger, un lion qui cherchait à tuer tous ses descendants mâles…

L’action se passe au début du XXe siècle, à New-York en plein transformation, lors du seul voyage de Freud dans cette ville. Sont mélangées les personnes réels (Freud, Jung, le maire de New-York, etc.) et les personnages inventés, parfois à partir de cas connus et expliqués par Freud, en changeant à peine leur nom.

L’énigme est parfois un peu embrouillée : c’est quand elle colle à la réalité de « patients » ayant existés !

 

« Les malheureux se ressemblent tous. Une blessure d’autrefois, un désir jamais assouvi, un orgueil outragé, un amour naissant brisé par le mépris, ou pire, l’indifférence. »

« La psychanalyse exigeait qu’on eût conscience de ses véritables désirs sexuels, pas qu’on y succombât »

« Les traits que nous attribuons à Dieu reflètent les craintes et les désirs que nous éprouvions en tant que petit enfant »

« Le désir commence toujours par le désir du désir de l’autre » (Hegel)

08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

26/12/2009

Le manoir des immortelles

Le manoir des immortelles

Thierry Jonquet

Folio policier n°287

 

Thierry Jonquet est mort en cette année 2009. Il avait 55 ans. Puisque qu’il n’y aura pas de nouveaux livres de Jonquet, et que son œuvre demeure, il ne faut pas manquer le prétexte pour lire ou relire un de ses romans noirs.

Dans « le manoir des immortelles », il raconte, sans pathos,  entremêlés à l’intrigue policière, le cancer puis le décès de l’épouse du commissaire du mène l’enquête.

L’originalité de ce roman vient du fait que, dès le début, on connait l’assassin, même si on ne sait pas grand-chose de lui. Mais on ne connait pas le mobile, et on ne le découvre que dans les toutes dernières pages.

Un petit livre de moins de 200 pages : juste assez pour nous faire regretter la disparition de Thierry Jonquet, sauf sur les étagères…

 

"Il arborait une mine grave, propre à plonger un clown dans la neurasthénie"

 

 

08:07 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

19/12/2009

Tonton clarinette

Tonton clarinette

Nick Stone

Série noire Gallimard

 

« Tonton clarinette » est la version contemporaine, et caraïbe, du « joueur de flute » d’Hamelin, qui attirait les enfants par sa musique.

Un ex flic, ex détective privé, tout récent veuf,  et à peine sorti de prison,  accepte la mission de retrouver un petit fils de très riches, mystérieusement disparu, alors qu’aucune rançon n’est demandée.

L’enquête est bien menée, il y a de l’action et des rebondissements, mais ce livre est également l’occasion d’une impressionnante immersion en Haïti, un des pays les plus pauvres du monde.

J’y ai retrouvé les souvenirs du voyage que j’y ai effectué en 2003 : le déboisement dans les campagnes, la célèbre « Cité soleil », bidonville d’un million d’habitants. J’ai le souvenir d’un dispensaire à la clientèle à 80% insolvable, et d’une équipe admirable,  soignant avec deux heures d’électricité par jour. J’ai le souvenir d’une école où aucune cantine n’était possible : la nourriture était prise d’assaut par les adultes avant d’arriver à la table des enfants…

Alors, chercher un enfant dans ce contexte... « La police est le produit de la société » m’avait dit le Premier ministre haïtien de l’époque. Ce qui n’est pas faux, mais reste tout de même inquiétant, car cela justifie la thèse consistant à se faire justice soit même, un peu trop reprise, à mon goût, dans ce livre.

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

12/12/2009

Les Catapilas, ces ingrats

Les Catapilas, ces ingrats

Venance Konan

Editions Jean Picollec

 

Les « Catapilas », ce sont ces hommes qui travaillent sur les « Caterpillars », « ces gros engins qui abattaient les arbres et aplatissaient les montagnes ».

Dans ce roman, il est facile de reconnaître la Côte d’ivoire et ses protagonistes.

Les « Catapilas » sont ces Ivvoiriens originaires du Mali ou du Burkina qui ont défriché la forêt pour y cultiver le cacao, et dont la réussite attire des jalousies.

Vision carrément moqueuse de l’Afrique en général, et de la Côte d’ivoire en particulier, de ses pratiques sociales et politiques.

Mais est-ce seulement en Afrique que les immigrés, et leurs descendants, sont traités d’ « ingrats », qu’on leur refuse la nationalité (qu’est-ce que l’identité nationale ? qu’est-ce que l’ « ivoirité » ?), après qu’ils aient travaillé plus que les autres à (re) construire le pays, effectué les travaux que les nationaux ne voulaient pas faire ?

 

« Une religion qui interdisaient de boire de l’alcool ne pouvait pas être une religion sérieuse. Celle qui interdisait à ses prêtres de coucher avec des femmes ne pouvait pas non plus être sérieuse »

« Ils leur parlaient de démocratie, de liberté, et du socialisme, un système dans lequel tout le monde aura à manger et à boire gratuitement sans travailler, même que nous serions les égaux des Blancs et pourrions coucher avec leurs femmes. »

« Depuis quand avez-vous vu un militaire au pouvoir perdre les élections ? »

« Un homme politique qui veut faire carrière se doit d’être présent à toutes les funérailles, et d’y donner de l’argent, même s’il ne connaît pas le défunt »

« Chez nous, lorsqu’un homme meurt, on considère que c’est parce que ses femmes ne se sont pas bien occupées de lui »

08:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature