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01/06/2012

Sur un air de navaja

The long good-bye

 

Raymond Chandler

 

Folio policier n°524

 

 

En (re)lisant Chandler, le lecteur comprend pourquoi cet auteur est devenu un classique de la littérature policière.

 

Humphrey Bogart a rendu immortel le personnage du détective privé Philip Marlowe. Depuis, tant de "privés" de cinéma ou de romans l'ont copié ou détourné.

 

Au delà du personnage, au delà de l'intrigue, il y a le style d'écriture de Chandler, fluide,  qui, soixante ans plus tard, n'a pas pris une ride, et mérite donc une réédition chez Folio.

 

 

"Le premier baiser est un enchantement, le second : une familiarité ; le troisième : une habitude"

 

"On dit que le stupre vieillit les hommes et garde les femmes jeunes"

 

"Elle avait des yeux capables de faire l'inventaire de votre portefeuille au fond de votre poche révolver."

 

"Il est impossible de distinguer un camé sous contrôle d'un comptable végétarien"

 

"Il régnait un tel calme qu'on aurait presque entendu la chute de la température"

 

"Il était aussi calme qu'un pan de mur au clair de lune"

 

"La plupart des gens traversent l'existence en déployant la moitié de leur énergie pour essayer de protéger une dignité qu'ils n'ont jamais eu".

 

"Cela aurait déprimé une mouette rieuse et l'aurait fait roucouler comme une colombe"

 

"Le temps abîme, érode et dégrade tout. La tragédie de la vie"

 

"Les Américains mangent n'importe quoi si c'est grillé, maintenu par deux ou trois cure-dents avec un bout de laitue fripée qui dépasse des bords"

 

12:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

26/05/2012

Hoover : écoutes téléphoniques depuis 1924

La malédiction d'Edgar

 

Marc Dugain

 

Folio n°4417

 

 

Un livre complémentaire du film.

Un roman supposé être l'autobiographie de l'adjoint,  et amant,  de l'inamovible patron du FBI,  Edgar Hoover, et sa malédiction : une homosexualité non assumée.

Mais surtout sa haine de tout ce qui était progressiste, et son goût de l'espionnage de la vie privée, en particulier par la mise en place systématique d'écoutes téléphoniques, en commençant par l'épouse du Président Roosevelt.

 

Le livre insiste sur la façon dont Hoover a traqué la vie privée de la famille Kennedy qu'il méprise mais dont il se méfie.

L'assassinat du Président Kennedy était inéluctable. La thèse d'un tireur isolé ne tient pas, mais elle était voulue par Johnson et par Robert. L'assassinat de John n'était qu'un avertissement pour Robert qui n'a pas voulu en tenir compte, et dont le véritable assassin n'a jamais été retrouvé.

 

Hoover refuse de traquer la mafia. "Notre neutralité lui était acquise".  Il considère qu'il a assez à faire avec les progressistes et les "déviances" sexuelles des puissants : "Je préfère que nous consacrions nos moyens à lutter contre la gauche américaine". "Quatre cent agents sont affectés à la lutte contre le "communisme" et seulement dix à la lutte contre la pègre".

 

 

"C'était le temps comme l'écrivait William Styron de la passerelle chancelante entre le puritanisme de nos ancêtres et l'avènement de la pornographie de masse"

 

"Le désir supplante les croyances"

 

"Les braqueurs de banque avaient usurpé leur popularité en profitant de leurs exactions pour détruire des fichiers d'hypothèques et libérer des petits paysans du Middle West d'une insolvabilité qui les conduisait souvent au suicide"

 

"La bataille du temps, on la gagne par la postérité. En se mettant au service des idées qui ont le plus de chances de triompher"

 

"Qu'importe ce qu'on est, ce qui compte c'est l'image qu'on donne"

 

"C'est un des privilèges de l'alcool que de savoir briser la glace qui enserre les personnalités les plus imbues de leur rang dans la société."

 

"Les femmes aiment l'argent et les hommes aiment les femmes, c'est assez pour comprendre le monde"

 

Nous avons l'écrasante responsabilité d'une existence qui nous est donnée sans signification"

 

"Il n'y a vraiment que la politique qui puisse vous faire coucher dans le même lit que votre pire ennemi" Président Lyndon Johnson

 

"Quand je mourrai, puissé-je être détruit en plein action" Ovide

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

20/05/2012

Droit du sol

Mystère rue des Saints-Pères

Claude Izner

10/18 « Grands détectives » n°3505

 

Paris 1889 : Victor Legris est libraire, rue des Saints-Pères. A la grande irritation de son associé et de son employé, il n’est pas souvent dans sa librairie, tant il se trouve mêlé à des morts suspectes.

Au-delà de l’énigme (tueur en série ?), le roman est une bonne occasion de nous plonger dans l’ambiance de l’exposition universelle parisienne de la fin du XIXe siècle, destinée à commémorer avec éclat le centenaire de la Révolution.

 S’achève la tour Eiffel qui veut dépasser en hauteur l’obélisque de Washington, alors le plus élevé du monde. L’exposition est également l’occasion de faire découvrir, sommairement, les territoires que la France vient de coloniser. Il y a également la bien pratique invention du préfet Poubelle, les premiers appareils photographiques à pellicules souples,  et les premières cabines téléphoniques.

C’est également en 1889 qu’une loi fait prévaloir « le droit du sol » qui permet à ceux, nés en France,  de parents étrangers,  d’acquérir la nationalité française.

 

 

10:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

19/05/2012

l'Algérie : les années de plomb

Morituri

 

Yasmina Khadra

 

Folio policier n°510

 

 

Grandes interrogations sur la crédibilité des élections en Algérie.

Bonne occasion pour lire ce petit roman policier, qui sous prétexte d'une enquête du commissaire LLob, nous fait revivre ces "années de plomb",  de terrorisme aveugle face à un pouvoir qui ne l'était pas moins. Le temps où "tout paraît suspect. Chaque pas est un péril." "Des corps disloqués saignent sur le pavé". "Lorsqu'un collègue et tué par balle, on estime que c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux - au vu des cadavres horriblement dépecés qui jalonnent la malheureuse terre d'Algérie". "L'enfer ne brûle que par les flammes des illuminés". "Alger et un mouroir. Dieu y fait fonction de sédatif".

"La brise musardant dans les échancrures de la nuit ne bercera plus mes rêveries."

Mais c'était également "le temps où j'avais l'orgasme à fleur de peau ; le temps où je pouvais dissocier la fierté de la virilité".

 

Avec ce style,  inimitable, mais qui rappelle San Antonio :

"La légende raconte que notre éminent tributaire des sciences anales s'envoie tout ce qui bouge, sauf les aiguilles d'une montre, tout se qui se tient debout sauf les balises et tout ce qui se touche sauf les procès-verbaux."

 

"Il arrive que l'on pardonne la faute, jamais la différence"

 

"Il n'a pas plus de talent qu'une pantoufle n'a de talon"

 

"Il croyait en un seul dieu, le seul dieu qui n'a pas besoin de prophètes pour lui faire de la pub : le pognon !" "Ici, les valeurs fondamentales sont inhérentes aux relevés bancaires"

 

"Dans une société où l'on dit rarement merci et jamais pardon, l'ingratitude est nature"

 

"Les seules tâches qui échoient au peuple sont le vote et la guerre".

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

12/05/2012

De la Suède à la Chine, de la Chine à l'Afrique

Le chinois

 

Henning Mankell

 

Editions  du Seuil

 

 

Dans le nord de la Suède, toute la population d'un hameau est massacrée.

L'enquête n'est pas menée par le célèbre "commissaire Wallander", héros habituel de Mankell, mais par une juge, même pas chargée de l'affaire, même pas juge d'instruction,  et qui se retrouve mêlée à la lutte, au sein de la direction du Parti communiste chinois, entre les capitalistes et les partisans d'une politique plus égalitaire, héritée de l'idéal communiste.

 

Grande question de géopolitique : comment vont se comporter les millions de paysans pauvres, las d'attendre leur tour devant le spectacle de la richesse des villes ? "Existe-t-il une autre solution que la répression aveugle ?" En attendant la réponse, le régime augmente sensiblement ses dépenses militaires, alors qu'il n'y a pas de menace extérieure. Pour faire face à une importante menace intérieure ?

L'Afrique, ses richesses, en matières premières, en terres fertiles sous exploitées, est une piste pour permettre à la Chine de redevenir l'Empire du "Milieu", une grande puissance mondiale.

 

Un roman qui fait voyager, non seulement dans l'espace (les Etats-Unis, le Zimbabwe et Londres,  en plus de la Suède et de la Chine), mais également dans le temps, à l'époque de la construction du chemin de fer américain.

 

A la fin du roman, les méchants sont les perdants. Dans la réalité chinoise ?

"La question de l'avenir n'est jamais réglée une fois pour toute !"

 

 

"Le flic rationnel et complètement dénué d'imagination, c'est un mythe"

 

"Ils parlaient sans cesse de ce qui attendait l'homme après sa mort, jamais de la façon de changer le cours de sa vie"

 

"Pour lui, les affaires ou la politique étaient comme la guerre : hors du calcul froid et rationnel, pas de salut."

"On ne pouvait avancer qu'en identifiant clairement où se trouvait le pouvoir à un moment donné".

 

"Ce que nous avions en tête dans notre jeunesse. Ne pas seulement comprendre la réalité, mais la transformer"

 

"Vieillir exige de se méfier du sentimentalisme" ; "vieillir, c'est battre en retraite ; on ne va plus de l'avant. On revient lentement sur ses pas"

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature