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24/07/2011

Jazz à Junas

A mi chemin entre Nîmes et Montpellier, entre Cévennes et Camargue, un petit village languedocien.
Depuis bientôt 20 ans des bénévoles y organisent un festival de jazz dans des anciennes carrières.
Au début, peu de chaises : nous étions assis sur les blocs de pierres.
La seule chose qui n'a pas changé : ce sont toujours les retraité(e)s qui vendent les billets, dont le prix dépasse peu les 20 euros.
Depuis deux ans ce petit événement a pris une autre dimension.
En association avec le festival Radio France Montpellier Languedoc Roussillon, et un certain nombre de sponsors publics et privés, des musiciens américains tiennent la vedette.
Résultats immédiats :
Des articles dans la presse nationale : leMonde et Libé, pour ne parler que de ceux que je lis ;
Un certain chaos dans l'organisation quand des centaines de personnes poussent derrière les barrières pour atteindre des chaises non numérotées : premier arrivé, premier servi. Je laisse deviner la cohue !

Cette année "Le Languedoc Roussillon rencontre Chicago".
Inconvénient : Chicago est le lieu de naissance du "free" jazz, qui n'est pas mon préféré.
Mais j'ai aimé le récital d'Ahmad Jamal. Le hasard de la bousculade avait placé ses mains directement dans ma ligne de vision. Je n'ai vu qu'elles. Quel spectacle ! Quelle passion chez cet homme de plus de 80 ans...

23/07/2011

tueur en série à Shanghai

De soie et de sang

 

Qiu Xiaolong

 

"Points policiers" n° P1939

 

 

Un tueur en série à Shanghai ! Un point commun a toutes les victimes : elles portent une robe fourreau "quipao",  de soie rouge.

 

Au delà de l'enquête policière, qui utilise largement la psychanalyse,  le roman vaut à la fois pour ses références à la littérature, et plus généralement à la culture chinoise, ses proverbes,  et par son portrait sans concession de la Chine contemporaine, mal remise de la "Révolution culturelle", et de la révolution capitaliste, maintenue dans un cadre largement encore bureaucratique, avec de nombreuses descriptions de la vie quotidienne en train de se moderniser.

"Shanghai, qui avait été un centre industriel, était en train de devenir un centre financier".

 

 

"J'ai décelé dans notre culture la diabolisation des femmes dans l'amour sexuel"

 

"Dans la Chine ancienne, le terme "maladie de la soif" pouvait être une métaphore pour la passion amoureuse".

"La passion amoureuse n'existait pas avant d'être inventée par les troubadours français".

 

"Les femmes mandchoues ne bandaient pas leurs pieds"

 

"Les Chinois ne pouvaient pas avoir de problèmes psychologiques tant qu'ils suivaient l'enseignement du président Mao"

 

Confucius :

"Une femme se rend belle pour l'homme qui l'apprécie"

 

Proverbes :

 

"Tuer le singe, c'est effrayer les poulets"

"Dans un état désespéré, on s'adresse à n'importe quel charlatan"

"La marée tient toujours sa promesse de retour"

"Il n'y a pas de mur qui ne laisse le vent passer"

"On ne brûle pas sans raison de l'encens au temple"

"Quand tout le nid est renversé, pas un seul œuf ne reste intact, même si la fêlure ne se voit pas"

 

"C'était l'heure étrange de la nuit où les fantasmes s'affolent comme des chauve-souris"

08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

22/07/2011

le nouveau Tati ?

Ni à vendre, ni à louer

 

De Pascal Rabaté

 

Avec Jacques Gamblin, Maria de Medeiros

 

 

Une superbe distribution des rôles pour des personnages à la fois ordinaires et qui sortent du commun.

 

Pas vraiment d'histoire pour une suite de situations généralement loufoques et sans parole.

Les destins se croisent et les gags s'enchaînent. Impossible de ne pas sourire. Plus ou moins souvent suivant le goût, ou non, pour cette poésie burlesque atypique,  ouvertement inspirée de Tati, Jacques. Je précise car je découvre que ce nom ne dit plus grand chose aux moins de 40 ans.

 

Parfait pour des vacances reposantes.

 

 

08:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

21/07/2011

50 fiches sur l'Amérique latine

L'Amérique latine

 

50 cartes & fiches

 

Cecilia Baeza

 

Editions Ellipses

 

 

Les cartes, en noir et blanc, ne sont pas toujours très claires, mais les fiches le sont, dans une présentation intelligente, en longueur, aérée, comme l'écriture.

 

Autre avantage du système des fiches : la possibilité d'aller directement à la question du moment. Exemple d'actualité : "Venezuela : géopolitique de l'anti-impérialisme".

 

Ce livre se donne pour but de "déconstruire l'entité Amérique latine". Il souligne la diversité des pays qui la composent.

 

Les fiches, qu'elles soient par thèmes ou par pays vont à l'essentiel et ouvrent des problématiques intéressantes.

 

Les fiches sur les racines historiques éclairent celles sur les "enjeux et défis actuels".

 

J'ai été tellement convaincu que j'ai acheté, dans la même collection, l'ouvrage consacré à l'Afrique.

 

 

 

07:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/07/2011

Périple de Byblos à Constantinople

Le périple de Baldassare

 

Le centième nom

 

D'après le roman d'Amin Maalouf

 

Joël Alessandra

 

Editions Casterman

 

 

1665 : certains ont annoncé la fin du monde pour 1666, puisque le 6 est le chiffre du diable, et qu'en ce temps là, on attend la fin du monde.

 

Baldassare est un libraire érudit et aisé,  d'origine génoise, à Gibelet, nom de la ville du temps des croisades. "Byblos" de son nom grec.

 

Baldassare entame son périple à la recherche d'un livre mythique : "Le centième nom". Le nom absolu pour écarter tous les malheurs, après les 99 autres noms de Dieu ("le miséricordieux, etc.)

 

Son périple va de Gibelet à Tripoli (aujourd'hui au Liban, pas la ville de Kadhafi), Alep (Syrie) puis Constantinople, la capitale de l'empire ottoman.

Une aventure entre les terres, les langues et les religions.

 

Baldassare, chrétien,  est un modèle de tolérance religieuse. "Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent !".

 

 

Joël Alessandra, Français d'origine sicilienne, en passant par le Nord de l'Afrique,  s'inspire des peintres orientalistes. Le résultat est probant : le texte, magnifique, est mis en valeur par des dessins aux couleurs pastel.

 

 

"Il y a des bras de  femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale" (Amin Maalouf)

 

 

 

08:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd