14/08/2011
Cathares
Le talisman cathare
Jean-Luc Aubardier
« Pocket » n°14189
Un livre de plus sur la tragédie cathare.
Celui là possède la particularité d’être écrit par un écrivain périgourdin qui nous rappelle que les massacres ne se sont pas limités entre Béziers et Carcassonne.
La brutalité des guerriers cathares, dont la religion prônait pourtant la non violence, ne semble ne rien avoir eu à envier à celle des croisés venus du Nord.
« Première croisade jamais levée contre un pays chrétien ».
La description des « cours d’amour », animées par les troubadours amène à se demander comment pouvaient être concilié cet idéal chevaleresque avec les pires atrocités. Raccourci de la nature humaine ?
Un roman qui prend pour point de départ Bernard de Cazenac et son épouse, qui ont réellement existé. Un parcours initiatique tumultueux, de 1209 à 1244, pour découvrir que « l’essentiel n’est pas dans le dogme religieux. Le secret est dans l’Homme lui-même, dans sa capacité à aimer, comme survie de tout idéal. »
La première partie se termine avec la mort de Simon de Montfort pendant le siège de Toulouse. Le livre se termine avec la prise de Montségur, « modeste fortin, quatre murs de pierre sur un éperon rocheux ».
Je ne comprends pas bien la présence sur la couverture de la croix pattée rouge des templiers. Même si le héros est recueilli, temporairement, dans une commanderie templière faisant preuve de tolérance religieuse. Les Cathares, comme plus tard les Templiers, ont été accusés d’hérésie, et leurs richesses attiraient des convoitises. Ce sont leurs points communs. Mais il ne faut pas confondre Philippe Auguste, qui a lancé sa noblesse à l’assaut du Midi, et Philippe le Bel qui a forcé la main du Pape pour persécuter les Templiers…
La croix, boulée, d’Occitanie, me semblerait plus appropriée.
« Libérons le bonheur » (Cri de guerre des Toulousains face à Simon de Montfort)
« Quand les croyances sont nombreuses, le respect se révèle indispensable pour vivre au quotidien »
« La vérité n’est détenue par personne ; elle se recherche toute la vie. C’est la liberté et la responsabilité de l’Homme »
08:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
13/08/2011
Si, seniors...
Trois fois 20 ans
De Julie Gavras
Avec Isabella Rossellini et William Hurt
Avoir 60 ans, ce n’est pas tout à fait avoir trois fois 20 ans.
C’est ce que découvre, avec un brin de panique, l’héroïne, magnifiquement interprété par Isabella Rossellini.
Que propose la société à une jeune retraitée ? Aquagym et bénévolat !
Son mari, plus que jamais, fuit dans son travail d’architecte. Il multiplie même les heures supplémentaires, non payées, avec de jeunes stagiaires, sur un projet qui a peu de chances d’être retenu.
L’humour allège le propos. Les situations ne peuvent qu’être évocatrices pour les sexagénaires. Mais sont-elles parlantes pour les plus jeunes ?
Comme il y a des films pour adolescents, voici venu le temps des films pour une tranche d’âge qui se laisse gagner parfois par l’angoisse du vieillissement…
10:25 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
12/08/2011
Enquêtes policières à Maguelone
Les larmes de Maguelone
Yves Desmazes
Editions 3 D
Retour du super flic inventé par un ancien officier de police de Montpellier.
Le héros, en plus de ses responsabilités policières, est également diacre, champion de karaté, cultivé et séduisant, au point d’oublier que la religion, dont il est un des officiants bénévoles, considère que les relations sexuelles en dehors du mariage constituent un péché.
Il est vrai qu’il lutte contre l’intégrisme religieux, catholique, lors de cette enquête sur un meurtre perpétré au moyen d’une hostie empoisonnée qu’il a lui-même remise lors d’un office religieux, à Maguelone, cathédrale, avant d’être supplantée par Montpellier.
Chacun sait que l’empoissonnement était un moyen expéditif déjà très en vogue au Moyen-âge, et nous suivons, parallèlement, deux aventures se déroulant à sept siècles d’intervalle.
A Maguelone plus qu’ailleurs, « il est délicat, voire même risqué, de dissocier totalement une scène de crime de son histoire ». Et je n’ai pas boudé les allusions à l’histoire de la région de Montpellier.
Ce retour historique n’empêche pas l’utilisation des dernières méthodes de la police scientifique.
Petite précision historique, mais non moyenâgeuse : contrairement à ce qu’affirme un personnage du roman, ce n’est pas à cause de « cette maudite séparation entre l’Eglise et l’Etat » que les diocèses n’ont plus les moyens de réparer les édifices religieux (ils seraient bien en peine de le faire avec le seul produit des quêtes !), car depuis cette loi de séparation, les collectivités locales payent pour l’entretien et la restauration de ces monuments. Ce qui, parfois, pèse lourdement sur leur budget. Mais ne faut-il pas considérer que ces édifices font partie du patrimoine de toute la communauté, y compris des non croyants ?
10:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
10/08/2011
Des réponses européennes à la crise
Quelles réponses à la crise ?
Les Allemands pensent-ils vraiment qu’ils s’en sortiront mieux seuls face à la crise que dans le cadre de l’Union européenne ?
Depuis la guerre les dirigeants allemands avaient compris qu’en contre partie de leur domination économique et commerciale sur le « marché commun », l’Allemagne devait contribuer financièrement à un rééquilibrage des régions européennes, par le biais du budget européen.
Les crises provoquent toujours des retours vers les égoïsmes à courte vue. Les dirigeants allemands actuels, sous la pression de leurs électeurs, se sont ralliés à l’idée d’un vaste marché, par eux dominés, sans compensation pour les « clients ».
Face à la crise, les réactions sont nationales, et donc les actions de l’Union européenne sont quasi uniquement intergouvernementales. Jamais en anticipation, toujours en tentative de réponse : toujours trop tard et trop peu.
Face à la crise, qui a entendu Mr van Rompuy, président du Conseil européen ?
Le président de la Commission européenne, Mr Baroso, a timidement tenté une proposition. Berlin l’a prié de se taire. On ne l’entend plus.
Certains proposent un « ministre européen de l’économie ». Nous avons sous les yeux l’exemple de la « Haute représentante » pour la politique étrangère de l’Union européenne, sorte de « ministre des affaires étrangères » de l’Union européenne : elle n’exprime que le plus petit dénominateur commun des 27 !
Il est probable qu’un « ministre de l’économie » européen ne ferait pas mieux…
Face à la crise, les investisseurs, et les économies, réclament de la cohésion et de la stabilité.
Des réponses européennes, dans le cadre de l’Union européenne, sont nécessaires, et seraient même possibles : un vrai budget européen, avec des ressources propres, un renforcement significatif du « Fonds Européen de Solidarité Financière », la création d’un « Fonds Monétaire Européen » et d’une agence de notation européenne, la possibilité d’émettre des « Eurobonds », obligations permettant de relancer l’économie par de grands travaux d’infrastructures d’intérêt transnational (Keynes, réveille toi, ces économistes de droite ont tout oublié…). Cette relance permettrait de lutter contre la dette, contre la stagnation qui menace la cohésion sociale. Ces mesures permettraient de vaincre la spéculation, qui se déchaînera si chaque pays joue son jeu seul, alors que nos économies sont tellement imbriquées les unes dans les autres.
Un dernier regret : les parlements sont en vacances et, face à la crise, n’existent pas face aux exécutifs. Les décisions concernant les « Fonds Européen de Solidarité Financière », pour insuffisantes qu’elles soient, ne peuvent être activées tant qu’elles ne seront pas ratifiées par les 27 parlements nationaux…donc pas tout de suite !
Les socialistes européens réclament une réunion extraordinaire et urgente de la commission économique du Parlement européen. Même, ou surtout, si l’exécutif européen n’est pas à la hauteur de ses responsabilités, les parlementaires européens s’honoreraient à interrompre leurs vacances…
11:02 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe
09/08/2011
gavroche en politique
André Laignel, un gavroche en politique
Jean Diharsce
La première fois que je suis allé à Issoudun, c’était en 1984. J’accompagnais, à l’occasion des élections européennes, mon ami Roger Fajardie, député européen sortant, et qui sera réélu, et Nicole Péry, numéro deux de la liste socialiste française, dont mon épouse était l’assistante parlementaire. Quelques mois plus tard, Nicole sera élue vice-présidente du Parlement européen.
Nous étions les invités du maire de la ville, André Laignel. J’ai rarement autant ri qu’au cours du dîner qui a suivi la réunion électorale. André s’est montré féroce, mais avec un humour irrésistible.
Je suis retourné à Issoudun il y a quelques années : j’ai été frappé de voir comment cette petite ville de 15 000 habitants, dans une région enclavée, était équipée et son centre ville attractif.
Il est évident que son maire, depuis 1977, s’est décarcassé, avec talent, pour sa ville.
Je suis admiratif du parcours d’André Laignel. Pour avoir fait de nombreux aller et retour entre mes villes d’élection et mon lieu de travail, j’admire la volonté d’André, venant de Paris chaque fin de semaine pour passer ses week-ends dans le Berri, se faisant reprocher avec constance de ne pas être du pays. Cela lui a coûté, d’abord financièrement, en particulier pendant les huit années qui ont précédé sa première élection.
Ayant fait mes études universitaires tout en travaillant, passer ma maîtrise d’Histoire tout en faisant les 3X8 dans une gare de triage, je suis admiratif d’André, qui a quitté l’école à 14 ans, pour reprendre des études à 20, et aller jusqu’au Doctorat en droit, tout en travaillant, tout en militant, tout en prenant des responsabilités politiques.
Chapeau : j’ai une idée assez nette de ce que cela représente…
Son parcours électif a été à la hauteur de ses qualités : non seulement maire, mais aussi conseiller général, et même, pendant un temps président du conseil général, député, secrétaire d’Etat, puis député européen.
Pendant dix au Parlement européen, André Laignel a été un parlementaire présent, et critique. Je peux partager certaines de ces critiques. Il a raison de dire « C’est un parlement croupion, le parlement européen seul ne peut rien faire. » Mais qui peut croire que le parlement français, qui ne peut même pas fixer son ordre du jour, a plus de pouvoir face à l’exécutif ? Il a raison de regretter que le parlement européen n’ait pas de pouvoirs d’initiative (réservés à la Commission), mais combien de lois françaises sont d’origine parlementaire et non pas gouvernementale ?
En fait, comme beaucoup de responsables politiques français, André Laignel était perdu dans ce système plus complexe que l’affrontement majorité/opposition du parlement français.
Concernant le projet de Traité constitutionnel, André Laignel faisait partie de « ceux qui pensent que ce petit pas est insuffisant, qu’il faut un électrochoc ». Nous avons eu l’électrochoc, et nous en avons vu le résultat : une crise profonde dont l’Union européenne n’est pas sortie. J’avoue faire partie des sociaux-démocrates réformistes, espèce socialiste qu’André n’aime guère !
Citation de l’auteur :
« Ces réunions dont les socialistes raffolent, où l’on passe son temps à se morfondre, à rabâcher de vieilles querelles, où les militants rêvent de bâtir un monde plus juste, plus fraternel »
Citations d’André Laignel :
« Du moment que j’avais un bouquin sur une chaise, j’étais isolé, dans mon univers »
« J’ai lu, beaucoup lu. C’est peut-être pour cela que je ne me suis jamais senti seul »
« A un moment donné, ce qui fait la différence, c’est la détermination »
« La charité, c’est une démarche individuelle. Moi je suis porteur, en tant qu’élu, de la solidarité. Il y a un centre municipal d’action sociale dont le métier est la mise en œuvre de la solidarité. C’est le service public ».
« Un but qui a besoin de moyens injustes n’est pas un but juste »
« De toute ma carrière, tu ne trouveras pas un mot attaquant les personnes. Les idées, oui. Leur comportement politique, oui. Les personnes, jamais. »
« Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Sans aucun doute sur le plan personnel. Il n’est pas certain que cela soit aussi évident sur le plan politique »
« Quand on est défait, c’est le choix des électeurs, ce n’est pas une atteinte personnelle, même si on peut le ressentir personnellement, douloureusement »
« Il faut une bonne dose de courage pour rester au parti socialiste. D’abnégation parfois. On ne tire pas facilement un trait sur plus de trente ans de militantisme, de fidélité, d’amitié. »
11:21 Publié dans Livre, vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique


