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27/09/2023

De l'Artzakh au Karabagh

Droit des peuples !

 

C'est Staline qui a décidé, en 1921, du rattachement administratif de l'Artzak, peuplé alors à 95% d'Arméniens,  à l'Azerbaïdjan . Pourquoi Staline voulait-il punir les Arméniens ? Trop attachés à leur Eglise et trop réfractaires à la collectivisation agraire soviétique. L'armée sera obligée d'intervenir contre les petits paysans de la région pour briser la résistance.

La question reviendra au moment de la perestroïka. En 88, le Soviet du Karabagh, région autonome encore peuplée de 80% d'Arméniens,  vote en faveur du rattachement à l'Arménie, au nom du droit à l'autodétermination.

Mais la volonté de Moscou était de maintenir le statu-quo administratif.

Aujourd'hui l'Azerbaïdjan est riche de son pétrole et de son gaz. Quand je suis allé à Bakou, on m'avait dit : "tu sentiras l'odeur du pétrole". en fait, j'ai surtout vu l'odeur de l'argent du pétrole dans les boutiques de Bakou. Le budget militaire de Bakou est supérieur au budget global de l'Arménie. Le déséquilibre est trop important. Et depuis l'agression de la Russie sur l'Ukraine les Européens ont trop besoin du gaz azéri...Le premier pogrom contre les Arméniens a été pour chasser les bourgeois arméniens enrichis par l'exploitation des puits de pétrole.

Deux principes contradictoires s'opposent : droit à l'autodétermination des peuples contre intangibilité des frontières. Y compris des frontières administratives internes ! Nous avons vu le résultat en Yougoslavie ! Et encore aujourd'hui avec le Kosovo...

Le Président azéri et le président turc viennent de se rencontrer et de se congratuler au Nakhitchevan, ancienne province historique arménienne, encore majoritairement peuplée d'Arméniens il y a un siècle...

Pour en savoir plus, et mieux, voir le "Que sais-je" de Claire Mouradian

 

07:47 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arménie

11/11/2022

Arméne, terre promise

Le chant d'Haïganouch

Ian Manook

éditions Albin Michel

 

Haïganouch, prénom d'une poétesse arménienne rendue aveugle par un coup de sabre kurde pendant le génocide arménien par l'armée turque.

Egalement le prénom de l'épouse d'Agop, pilier du roman. En 1947, à la demande d'organisations arménienne, l'URSS organise le départ d'Arméniens volontaires depuis Marseille vers l'Arménie soviétique. Agop, influencé par un ami communiste,  veut aller voir s'il peut y faire venir sa famille réfugiée dans la banlieue parisienne.

Il se rend vite compte de la réalité...et de l'impossibilité de revenir librement en France, malgré l'aide du parti arménien Dachnak. Pris dans une gigantesque rafle il se retrouve au goulag en Sibérie, avec de nombreux rapatriés de 47.

Ce grand voyage des Arméniens de France vers Erevan n'était pas inscrit dans ma mémoire. Encore moins que Christian Pineau, ministre des affaires étrangères, socialiste, se rendra sur place en 56 pendant que le Président du Conseil, Guy Mollet, restera à Moscou.

Il faudra encore un certain temps pour que Christian Pineau puisse faire revenir en France ces Arméniens français voulant revenir en France. Pineau ne sera plus ministre mais le Quai d'Orsay continuera à suivre l'affaire, jusqu'en 1960 !

Christian Pineau fut un des signataires, pour la France, du Traité de Rome instaurant ce qui deviendra l'Union européenne.

En 1979, au Parti Socialiste j'étais chargé de collationner et classer les candidatures pour être sur la liste socialiste pour les élections européennes. Je me souviens de la lettre de candidature de Christian Pineau. Je me demandais la raison du mépris du PS pour un signataire du Traité de Rome. La réponse est peut-être dans ce roman selon lequel Pineau affichait un mépris total à l'égard de François Mitterrand. Peut-être de la rancune ?

L'auteur en veut manifestement à Mitterrand d'avoir laissé faire l'opération de 47, alors qu'il était ministre des anciens combattants.

 

"Quand le camarde Beria a déporté 55 000 Arméniens catholiques hors de la République d'Arménie autonome, c'était pour défendre l'Arméne en la purifiant de ses éléments dissidents."

"Mon Arménie est nomade, je veux la trimballer en bandoulière dans mon coeur partout où j'irai."

 

07:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arménie, littérature

19/07/2015

Mémoires d'Arméniens

Le fantôme arménien

Reportage de Laure Marchand, Guillaume Perrier, Thomas Azuelos

Dessin et couleur de Thomas Azuélos

éditions Futuropolis

 

Il y a un siècle,  plus de deux millions d'Arméniens vivaient dans les provinces de l'est de l'empire ottoman. La fin du XIXe siècle avait marqué l'intensification des persécutions et le début de massacres de masse. Pendant la première guerre mondiale, le gouvernement nationaliste "Jeune Turc" s'en est pris aux minorités, donc aux Arméniens.

En 1915, il y a donc un siècle, les Arméniens, à commencer par les notables, sont "jetés sur les routes, massacrés ou contraints à marcher jusqu'aux déserts de Mésopotamie, véritables mouroirs à ciel ouvert. Leurs biens sont systématiquement confisqués." "Mort progressive par épuisement, maladie puis liquidation par des escadrons de la mort lors de la longue marche en direction du désert syrien. Très peu y parviendront." "Le massacre est systématique". N'est-ce pas ce que l'on appelle un génocide ?

Le berceau historique des Arméniens est vidé de sa population. "Plus de la moitié est exterminée (entre un million et un million et demi) . La majorité des survivants est contrainte à l'exil." "Sans retour possible était inscrit sur leur passeport ottoman à leur départ. Ceux qui sont restés "se sont convertis pour survivre et ont vécu cachés, occultant leur culture, leur langue." "En Turquie, il fallait s'assimiler ou mourir." Leurs petits-enfants refont surface aujourd'hui.Mais leur agitation politique ne fait pas l'unanimité "dans une communauté pour qui le silence a toujours été la meilleure protection." "Abandonnées, les églises ont été livrées aux pillards. Il n'y a plus que des ruines."

Un photographe français, d'origine arménienne, a organisé, avec l'aide d'autorités locales, une exposition avec les photos d'identité de 99 de ces survivants, prise quand ils ont débarqué à Marseille, où l'accueil fut parfois rude ("Arménien, tête de chien, mange ta soupe et dis plus rien"). "Les photos étaient épinglées au niveau du coeur."

Ses compagnons de voyage ont longtemps hésité avant de se décider à se rendre sur la terre de leurs ancêtres , dans la Turquie de bourreaux.

"En 1915 les Kurdes ont collaboré avec les autorités ottomanes. Certaines tribus ont été le bras armé des génocidaires dans les régions où les peuples arménien et kurde vivaient côte à côte." "Les kurdes prennent peu à peu conscience de ce qu'ils ont fait aux Arméniens. Dans une région où les descendants des bourreaux et des victimes vivent ensemble, dans des villages où les familles sont liées, où tout le monde se connaît, les histoires de sauvetage sont nécessaires." Comme pour les Juifs, il y a eu des "Justes" qui ont sauvé des Arméniens du massacre. Les fonctionnaires dissidents furent tués.

 

Un très bel album, très émouvant , même pour qui n'a pas d'ascendant arménien.

 

16:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, arménie

28/06/2015

Arménie 1915

Centenaire du génocide :

la ville de Paris accueille les collections du musée d'Erevan

Exposition gratuite à l'hôtel de ville jusqu'au 4 juillet

 

Lorsque je me suis rendu à Erevan, je n'ai pas manqué d'aller me recueillir au mémorial du génocide arménien. De là haut on voit le mont Ararat, qui se trouve en Turquie. La frontière est fermée entre les deux pays.

Au début du XXe siècle la population arménienne, essentiellement rurale, était nombreuse à l'Est de l'Empire ottoman. Les violences de masse ont commencé dès 1885. Aujourd'hui de nombreux Arméniens ont encore les clés de leur maison située en Turquie. J'ai vu le même phénomène dans les camps de réfugiés palestiniens.

Les guerres des Balkans se sont soldées par d'humiliantes défaites pour l'empire ottoman, amputant le pays de larges territoires, en particulier sur le continent européen. Pendant la Première guerre mondiale, l'empire ottoman est du mauvais coté, allié à l'Allemagne.

En 1913, un coup d'Etat porte au pouvoir des militaires nationalistes, "les Jeunes Turcs".

Les violences génocidaires contre les Arméniens, menées par l'armée avec le soutiens des chefs tribaux kurdes,  recommencent en décembre 1914, le long de la frontière avec l'empire perse.

En avril 1915, les élites arméniennes sont arrêtées.. Les déportations massives commencent, avec les massacres qui vont avec . Une faible minorité des déportés est arrivée dans "les lieux de relégation", une vingtaine de camps de concentration, mis en place à partir d'octobre 1915. L'année suivante, des massacres systématiques visent les survivants, en particulier femmes et enfants.

Entre 1922 et 1927, 58 000 Arméniens débarquent à Marseille.

 

C'est cette histoire terrifiante que raconte cette exposition...

 

19:03 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : expo, histoire, arménie