12/07/2017
L'Encyclopédie, de Paris à Madrid
Deux hommes de bien
Arturo Pérez-Reverte
éditions du Seuil
Les "deux hommes de bien" sont deux Académiciens espagnols mandatés par leurs collègues pour ramener de Paris un exemplaire de l'édition originale (épuisée) des 28 tomes de l'Encyclopédie, alors "mise à l'index"par "le Saint Office", donc interdite, avec plus ou moins de rigueur en Espagne, et en France. Leur mission est autorisée par le roi Charles III, monarque "éclairé". Mais ceux qui s'y opposent sont prêts à financer le malandrin qui organisera quelques obstacles sur leur route, en particulier dans ce Paris où se lève le vent de la Révolution. A cause des idées diffusées par l'Encyclopédie, et de la pénurie récurrente de pain.
Arturo Pérez-Reverte, lui même membre de l'Académie espagnole, est célèbre pour "les Aventures du capitaine Alatriste" qui ne représentent pourtant pas la majorité de son oeuvre. On ne sera pas surpris de retrouver quelques scènes de capes et d'épées dans ce roman d'aventures qui reflète l'ambiance de Paris, et de quelques provinces de la France pré-révolutionnaire.
Les deux personnages et leur mission sont des réalités historiques que le romancier a habillé de quelques aventures dues à son imagination.
J'ai également apprécié les parties du livre consacrées au "making of" dans lesquelles l'auteur explique la façon dont il s'est documenté, les questions qu'il s'est posé, les choix qu'il a eu à faire.
Au total un livre intelligent qui se lit avec plaisir.
"Nul ne peut être sage sans avoir lu au moins une heure par jour."
"Il n'est de curé qui ne rêve d'administrer l'extrême-onction à un philosophe et de s'en faire gloire pendant son prêche dominical."
"Je suis moins orgueilleux de ce que je suis que de ce que j'ai réussi à ne pas être."
11:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
24/06/2017
Au temps du bassin minier
Germinal
Emile Zola
adaptation BD Philippe Chanoinat
dessin et couleurs : Jean-Michel Arroya
Le Monde et éditions Glénat
En 1986, à l'occasion de la campagne électorale des élections européennes, je suis descendu au fond de la mine, à Liévin. A l'époque où il y avait encore quelques mines de charbon en France, et les corons n'avaient pas encore été réhabilités ni les terrils aménagés, les uns et les autres avec des fonds européens.
J'en ai gardé un souvenir pénible d'avoir été obligé de ramper sur les coudes et les genoux pendant un temps qui m'avait paru interminable.Mais c'est une chose d'aller y avoir, une autre d'aller y travailler plusieurs heures par jour, pour le restant de sa vie, ou même pour une période indéterminée. Même si les conditions de travail (les hommes n'étant là que pour vérifier le bon fonctionnement de machines automatisées) et surtout de sécurité, n'avaient plus rien à voir avec la description faite par Zola.
Des catastrophes épouvantables ont provoqué une salutaire prise de conscience. Des luttes, dont celle d'Andin qui a inspiré Germinal, restées dans l'histoire, ont été nécessaires pour obtenir des améliorations notables.
Autre remarque : au fond il y avait surtout des immigrés, maghrébins ayant succédé aux Polonais, aux Italiens, aux Flamands. Ceux qui travaillaient sur le "carreau" avaient un certain sentiment de supériorité sur ceux du "fond".
Ceux qui votent si massivement pour le FN sont-ils les descendants des uns ou des autres ? Pensent-ils vraiment que Madame Le Pen, la châtelaine, va améliorer leur sort ?
Cette BD permet de se replonger dans cette période pas si lointaine, comme l'avait fait le film de Claude Berri avec Renaud et Depardieu.
17:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
14/06/2017
Middle West, années 50
Indignation
Philip Roth
nrf Gallimard
L'indignation, c'est celle d'un étudiant américain parti dans une université de l'Amérique profonde pour s'éloigner un peu de son père, un peu trop envahissant.
Marcus est indigné, lui qui est athée, d'avoir l'obligation, pour avoir son diplôme universitaire, d'assister aux sermons hebdomadaires prononcés par divers religieux. Obligation qui ne sera abolie qu'en 1971...
L'université pour lui c'est également la découverte de la sexualité (orale) dans une Amérique pudibonde, surtout dans ces années 50, années de la guerre de Corée, avec la hantise d'aller s'y faire tuer.
Un roman "d'apprentissage" sur "La façon terrible, incompréhensible dont nos décisions les plus banales, les plus fortuites, voire comiques, ont les conséquences les plus totalement disproportionnées."
08:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, amérique
11/06/2017
De cape et d'épée
Le capitaine Fracasse
Théophile Gautier
Adaptation : Philippe Chanoinat / Djian
Dessins : Bruno Marivain
Couleurs : Catherine Moreau
"Le Monde" et éditions Glénat
Roman paru en feuilleton de 1861 à 1863, racontant, avec moult rebondissements, les aventures d'un gentilhomme gascon désargenté et fin escrimeur (les Trois mousquetaires à lui tout seul !), sous le règne de Louis XIII, deux siècles plus tôt. "Nul grand problème ne s'y débat". L'amour est contrarié mais tout se termine bien...
Abel Gance avait adapté le roman au cinéma, mais je garde en mémoire la version avec Jean Marais et Louis de Funès.
"Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien."
11:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
01/06/2017
Piquant
Quand sort la recluse
Fred Vargas
éditions Flammarion
Trente ans que Fred Vargas a publié son premier roman policier. Elle en maîtrise parfaitement la technique. Suspens jusqu'au dénouement final, personnages atypiques, cumul d'horreurs humaines inhumaines, enquêtes annexes qui n'ont rien à voir et succès en librairie.
L'action se passe à Nîmes et dans les environs où se produisent plusieurs mort mystérieuses qui seraient causées par des piqures d'une araignée surnommée "la recluse" car elle se cache.
Qui a pris le train en gare de Nîmes se demandera si l'auteur s'y est réellement rendue. Impossible de choisir une table au café de la gare près de la fenêtre, "avec vue sur les rails", car ceux-ci se trouve un étage plus haut...
"Ils connaissait les chiffres noirs, une femme violée toutes les sept minutes dans le pays et 1 à 2% des violeurs condamnés."
"Celui ou celle qui devient humain abandonne ses facultés divines"
20:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, littérature


