04/01/2016
Paris, ces photos qui racontent l'Histoire
Une centaine de photos, prises à Paris ou en proche banlieue, d'évènements historiques. Certaines très connues, d'autres beaucoup moins.
Parmi celles-ci :
La première est un "daguerotype" de 1838 qui montre le boulevard du Temple. Historique parce que la première image de Paris qui ne soit pas un dessin ou une peinture.
1848 : une barricade à l'occasion de la chute de Louis Philippe.
1871 : nouvelle insurrection, nouvelle barricade, mais aussi photo de morts de la Commune et la rue de Rivoli en ruines.
1878, 1888, 1900 : expositions universelles
1899 : construction du métro
1910 : Paris sous les eaux
les deux guerres mondiales
1928 : inauguration de la Samaritaine
1934 : l'extrême droite à l'assaut de la République
1953 : le siège du Parti Communiste en deuil à la mort de Staline
1944, 1968 ; nouvelles barricades
1968 : bidonvilles autour de Paris (Nanterre)
1986 : attentat rue de Rennes
Aux éditions Parigramme
09:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photos
11/11/2015
Les rivalités politiques exacerbées
L'inconnu du pont Notre-Dame
Jean-François Parot
éditions Jean-Claude Lattès
Une nouvelle enquête de Nicolas Le Floch. Un bond de trois ans depuis "La pyramide de glace". Derniers soubresauts de la fameuse affaire du collier "de la reine" : procès et jugement.
Un mot sur cette affaire rocambolesque : le prince-cardinal de Rohan rêve de devenir premier ministre. La reine ne l'aime pas. Il est persuadé que c'est elle qui l'empêche d'accéder à cette responsabilité. Une aventurière sans scrupule, se réclamant du sang des Valois qui coule dans ses veines, lui fait croire qu'elle peut servir d'intermédiaire (lobbyste !) pour gagner les faveurs de Marie-Antoinette. Un faussaire écrit des lettres signées "Marie-Antoinette de France". Faussaire ignorant qui ne sait pas qu'aucune reine de France n'a signé de cette façon. Prince tout aussi ignorant. Ces fausses lettres servent à emprunter de l'argent à Rohan. Argent qui va directement dans la poches des escrocs. Puis une lettre convie à un rendez-vous secret, à la tombée de la nuit, dans les jardins de Versailles. Un sosie joue le rôle de la reine. Le cardinal ne se sent plus de joie. Il va même jusqu'à servir d'intermédiaire pour acheter un collier de diamants, et avancer le paiement, à crédit, pour plaire, croit-il, à la souveraine. Le faussaire produira une fausse reconnaissance de dette. Une rencontre entre le joailler et la reine mettra fin à l'escroquerie. La reine, totalement innocente et découvrant l'affaire, commet une erreur de jugement : elle demande aux magistrats du Parlement d'établir la vérité. Que Jeanne de Valois soit coupable, pas de doute. Parot, à travers Nicolas, nous raconte l'exécution de la sentence : marquée au fer rouge de la lettre V des voleurs. Le cardinal n'était coupable que d'être un imbécile crédule : le peuple prend son parti, il n'est pas condamné, la reine en est offensée. Comme l'écrit Stephan Zweig : "Seules la haine, l'hostilité préconçue, la calomnie délibérée ont pu accuser Marie-Antoinette d'être de connivence avec l'aventurière et le cardinal imbécile." C'est toute la monarchie qui est ébranlée. Etait-il donc crédible que la reine fut endettée malgré sa fortune ? Etait-il donc crédible que la reine puisse donner des rendez-vous secret derrière un bosquet ? Etait-il donc crédible que la reine puisse acheter un collier de diamants à l'insu de son royal époux ? Le duc d'Orléans était-il derrière cette opération pour nuire au couple royal ? "L'intrigue du collier, affaire misérable où le sceptre et la crosse étaient roulés dans la fange. Dans l'état où se trouvait le royaume, ces menées élargissaient encore les fissures du vieil édifice branlant de la monarchie."
Pour en revenir à l'enquête du commissaire Le Floch, il s'agit de découvrir l'identité d'un cadavre décapité découvert dans une maison démolie du pont Notre-Dame (d'où le titre de l'ouvrage). Le coupable ne sera connu qu'à la fin, grâce à l'utilisation d'une méthode peu conventionnelle, préférable à la torture, supprimée par Louis XVI.
L'enquête est l'occasion d'une nouvelle promenade dans le Paris de l'époque. Le cimetière des Innocents est déménagé. La rivalité avec l'Angleterre reste sourde et les espions sont actifs des deux côtés de la Manche.
"Partout la richesse la plus extrême côtoyait la pauvreté la plus pitoyable."
Louis XVI est acclamé par son peuple lors de son voyage vers Cherbourg, à travers la Normandie. "Le royaume roulait à l'abîme sous un roi bienveillant et encore populaire, mais accablé et indécis.
Nicolas, élevé par le chanoine Le Floch, qui a découvert sur le tard qu'il était Marquis de Ranreuil, apprend qui était sa mère, dont il n'avait pas été question jusque là.
Malgré ses quartiers de noblesse, il est favorable à l'ancienne proposition de Vauban d'un impôt sur le revenu, proportionnel et payé par tous. Il faudra attendre les besoins financiers de la première guerre mondiale pour qu'il voit le jour.
"Le roi n'aimait pas le jeu et surtout les pertes qu'il engendrait. Il souffrait en silence les dépenses considérables de la reine qui y vouait une sorte de passion."
"La capacité de nuire est toujours supérieure aux mesures qu'on lui oppose"
08:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire
28/10/2015
Un Don Quichotte d'aujourd'hui
Un certain Cervantès
Christian Lax
éditions Futuropolis
Un cow-boy dans un monde qui n'a plus besoin de cow-boy. L'Afghanistan, dernier terrain d'aventures. Il y perd un bras...comme Cervantès à la bataille de Lépante.
C'est le début du parallèle entre Mike et Miguel Cervantès, à quelques siècles d'écart. Mike veut redresser les injustices de l'Amérique d'aujourd'hui : les victimes des subprimes, et des prédicateurs, les immigrés clandestins, les Indiens, les Afro-Américains. Mais la police veille.
Un "road movie" prenant, avec une Ford Mustang en guise de rossinante.
Le découpage entre les cases est particulièrement réussi, digne d'un story board.
08:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
27/10/2015
Le nouvel art d'être grand-père
Grands-parents, à vous de jouer
Professeur Marcel Rufo
éditions Anne Carrière
Depuis 20 ans j'ai grand plaisir à être grand-père. C'est donc avec reconnaissance que j'ai lu le livre de ce médiatique professeur en pédopsychiatrie : nous, les grands-parents, sommes sinon indispensables, du moins très utiles, et pas seulement pour garder les petits enfants, mais pour leur développement. Comme dit le proverbe africain repris par Hillary Clinton : "il faut tout un village..." "Les grands-parents sont un socle d'identification pour leurs petits-enfants."
La première partie est composée d'une promenade dans sa mémoire d'enfant, dominée par sa grand-mère. "On est de son enfance comme on est d'un pays."
Le seconde partie est faite de lettres thématiques adressées aux petits enfants que Marcel Rufo n'a pas encore. Elles sont autant de suggestions concernant la façon de nous adresser à eux, en fonction des problèmes.
"Les grands-parents n'ont pas à subir les volontés de leurs enfants devenus parents. Il s'agit d'un partage et non d'une disponibilité." "Mes occupations comptent tout autant que les leurs."
"Tu dois te rappeler, même si tu es né dans un milieu favorisé, le passé de ta famille et ne jamais le renier. pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. Avoir toujours en tête le respect absolu des milieux modestes."
"Sache que je suis prêt à écouter tes histoires peu glorieuses sans porter le moindre jugement"
"être grand-parent, c'est peut-être avoir une deuxième chance d'être un enfant ."
"Les grands-parents ont aussi pour mission de transmettre la politesse, la bienséance." "Vivre en société en respectant les autres est la preuve d'un bon développement psychologique."
"Ecouter quelqu'un, c'est lui permettre de penser qu'il est intéressant."
"Les grands-parents sont ceux qui valorisent leurs qualités, applaudissent à leurs succès et dédramatisent leurs échecs."
11:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
26/10/2015
Mystères d'Etat et pouvoir absolu
Les secrets de Louis XIV
Lucien Bély
Lucien Bély est professeur d'histoire moderne à la Sorbonne. Dans ce livre, il insiste sur le goût du secret et l'art de la dissimulation de Louis XIV, hérités de son parrain Mazarin et raconte les méthodes de l'absolutisme : usage immodéré de la "lettre de cachet", enlèvements de suspects, y compris hors de France (qui était le "masque de fer ?"), surveillance des correspondances, y compris de sa belle soeur, la princesse Palatine, dérive de la monarchie vers un pouvoir arbitraire, diplomatie secrète dans l'espoir de se partager le monde, secret de son testament.
Secrets également sur les expédients pour faire face aux frais des guerres alors que les caisses sont vides.
"L'engrenage des guerres accentue la présence militaire , ce qui renforce l'ordre public."
Les réseaux de surveillance et d'espionnage ne datent pas d'aujourd'hui.
Ne pardonnons-nous pas à Louis ses amours cachées et même son mariage secret ?
"Le secret de Louis XIV, ce sont les souffrances de ses sujets, frappés par les crises et assommés d'impôts, ce sont les persécutions des protestants et des jansénistes : tout l'envers d'un décor chatoyant."
"Aux yeux de ses contemporains, le secret fait partie de l'exercice du pouvoir". "Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner" (attribué à Louis XI) "La science de se taire n'étant pas moins importante que celle de parler." "Garder le secret sur ses intentions, c'est la première qualité d'un roi."
"Le secret se révèle nécessaire pour dissimuler les faiblesses trop humaines du monarque."
"Le souverain n'a ni à se justifier ni à s'expliquer. L'autorité du roi ne doit admettre ni résistance ni opposition." "La notion de lèse-majesté est étendue."
17:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire