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21/09/2016

N'oubliez jamais que le seigneur vous regarde !

Filles des oiseaux

Florence Cestac

éditions Dargaud

 

Une BD pleine d'humour, ce qui n'est pas étonnant de la part de Florence Cestac. Son "Démon de midi" date de vingt ans et je m'en souviens encore !

L'action se passe il y a une cinquantaine d'années, mais reste d'actualité. Les religieuses catholiques ont probablement beaucoup évolué, mais les tabous, en particulier sexuels, n'ont pas disparu. Comme l'écrit Jean Teulé dans sa préface, nous sommes passés de "l'emmerdement des soutanes" à "la chierie des djellabas avec des prisons grillagées de burka et les tristes morales qui les accompagnent". Avec le même avertissement : "n'oubliez jamais que le seigneur vous regarde".

Pas beaucoup de différence entre les talibans obsédés par les serviettes hygiéniques, non prévues dans le Coran,  et les religieuses considérant les tampons périodiques "un objet de Satan".

Ne serait-il pas possible de mettre aujourd'hui dans la bouche des Salafistes les paroles prononcées alors par des religieuses catholiques : "tu n'es rien , mais tu peux devenir une servante du seigneur ou une épouse exemplaire : jolie, douce, aimable, modeste et polie. Vous n'êtes pas là pour la fantaisie, ou le plaisir, mais pour occuper la place que vos parents et Dieu ont choisie pour vous !" 

Donc, il y a cinquante ans, dans un pensionnat religieux de provinces, deux adolescentes de milieux sociaux très différents se rencontrent et se lient d'amitié, jusqu'à ...mai 68 !

 

08:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

09/09/2016

Héros romantique par excellence ?

Adolphe

Benjamin Constant

Maxi poche

 

L'excellent film "Le prénom", reprise d'une pièce de théâtre à succès, m'a donné envie de relire "Adolphe".

Pour celles et ceux qui ne connaitraient par le film : Vincent, homme à la 4X4 et à la Rolex (interprété par Patrick Bruel) fait "marcher" la famille en faisant croire qu'il va appeler son fils Adolphe -PHE, "héros romantique par excellence".

En fait, dans le roman, Adolphe n'est en rien romantique. Il séduit Eléonore, mère de famille,  par défi et ensuite, par lâcheté, n'ose pas la quitter. Eléonore meurt d'amour pour cet égoïste total que Benjamin Constant qualifie "d'être malfaisant".

"La difficulté véritable était de ma part l'absence d'amour." "Eléonore ne m'inspirait qu'une pitié mêlée de fatigue."

Que le personnage de Bruel ne connaisse Adolphe que par oui-dire, passe encore, mais que le personnage de son beau-frère, professeur de littérature à la Sorbonne (Charles Berling), ne relève pas le contre- sens n'est pas crédible, pour ceux qui ont lu le livre, une infime minorité sans doute.

 

"Cela leur fait si peu de mal, et à nous tant de plaisir ! "

"La grande question dans la vie, c'est la douleur que l'on cause."

 

16:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

31/08/2016

Enquête, à Kaboul, sur un assassin en série de petites filles

BAAD

Cédric Bannel

éditions Robert Laffont

collection "la bête noire"

 

Il y a deux ans, je disais tout le bien que je pensais de "L'homme de Kaboul", le roman précédant de Cédric Bannel. 

"Baad", mot afghan qui ressemble tant, y compris dans sa signification, au "bad" anglais confirme le talent de conteur de l'auteur.

On retrouve ses critiques contre Karzaï et sa famille, et les "ministres qui se mettaient des millions dans les poches", "La rapacité des dirigeants n'avaient plus de limite." Reste l'espoir en une sortie de crise permise par une alliance entre les talibans modérés et les laïcs, en particulier  les partisans du commandant Massoud, "traqués à la fois par les talibans extrémistes et par les durs d'un régime décidé à empêcher toute émergence d'une solution politique extérieure à ses clans."

Le héros, le commandant Kandar, est la poursuite du tueur en série de petites filles. A Kaboul, et même hors de Kaboul. Bannel montre un pays assez loin des clichés habituels. "La croissance économique aidant, de nouveaux quartiers apparaissaient en continu autour de la ville. Kaboul entrait dans le XXIe siècle, se modernisait à toute vitesse."

A Paris, Nicole, ex agent des services secrets, mène l'enquête sur un "chimiste" ayant inventé une nouvelle drogue destinée à inondée le marché européen. Et l'Afghanistan, "narco-Etat",  "produisait 90% de l'opium et de l'héroïne fabriqués dans le monde." "La zone de la planète au climat le plus adapté à la culture du pavot.""Le triple du rendement laotien."

Bien entendu, les deux enquêtes finiront par se rejoindre !

Un excellent roman policier dans le cadre de l'Afghanistan.

 

"Sous la pression de la coalition, les lois changeaient sans cesse. La procédure pénale était de moins en moins compréhensible, renforçait d'autant la tentation de la population de recourir à la justice tribale ou religieuse."

"Les talibans refusaient les rasoirs et le papier toilette car le Coran n'en faisait pas mention, mais ils utilisaient sans vergogne explosifs, fusils d'assaut et missiles modernes." "Les talibans faisaient une véritable fixation sur les serviettes hygiéniques, considérées comme harams."

"Comme personne ne devait l'ignorer, la médecine moderne était un complot des Juifs et des Nazaréens pour asservir les vrais croyants."

 

 

08:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, polar

29/08/2016

Philosophie de la prostitution

Métaphysique de la putain

Laurent De Sutter

éditions Léo Scheer

 

"Passer un moment avec une putain, c'est passer un moment avec soi-même". "La putain était un révélateur. Ce qui était invisible devenait visible."

Essai très cultivé de Laurent De Sutter, professeur de philosophie à Bruxelles. Bukowski, Godard, Goya, Genet, James Joyce...

"Dans le cinéma de Godard, les putains étaient le visage de la vérité."" Le sexe n'est qu'une forme supplémentaire de cinéma."

"Ulysse était la mise en scène d'une véritable pensée du vrai - une pensée qu'il était permis d'appeler métaphysique."

"La vérité d'un sujet se donnait dans la rencontre affolante avec une putain." "La putain est la maîtresse du théâtre ritualisé par lequel toute vérité devient possible."

"La pornographie naissait au même moment que la philosophie : elle naissait en même temps que le commencement du dialogue entre vérité et image."

"Il n'est rien que l'humanité déteste davantage que la vérité, lorsque l'image qu'elle lui renvoie d'elle même est une image qui ne correspond pas aux idéaux qu'elle se donne pour mieux les trahir."

"Au même titre que ce qui se produit en psychanalyse, il est important de payer une putain. L'argent est l'instrument de la possession impossible." "La passe est le moment où la vérité se paie. Faut-il en déduite que tout psychanalyste est une putain ? Sans doute."

à chacun sa vérité ....

15:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philo

20/08/2016

Attraper dans le seigle

L'attrape-coeurs

J.D. Salinger

Pocket 4230

 

Roman publié juste après la guerre, toujours étudié dans les lycées américains, malgré son langage cru, et souvent blasphématoire,  et quelques thèmes peu moraux comme l'alcool et la prostitution.

Roman d'un adolescent mal dans sa peau, renvoyé de son lycée trois jours avant les vacances de Noël, et qui erre dans New-York.

Pourquoi "The Catcher in the Rye", le titre original, traduit par "l'Attrape-coeurs" ?

"Si un coeur attrape un coeur qui vient à travers les seigles..."

- "C'est :  "si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". C'est un poème de Robert Burns."

"Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle ; des milliers de petits mômes et personne avec eux, je veux dire pas de grandes personnes- rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise. Ce que j'ai à faire c'est attraper les mômes s'ils approchent trop près du bord. S'ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. Je serais juste l'attrape-coeur. C'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça."

"Lorsque tu auras une idée claire de là où tu veux aller, ton premier soin sera de t'appliquer en classe". Est-ce pour cette morale que le livre est toujours étudié dans les lycées américains ?

 

16:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature