13/07/2012
Angels'Share
La part des anges
De Ken Loach
Prix du Jury, Cannes 2012
L'alcool mis en fût s'évapore partiellement. C'est ce que l'on appelle "la part des anges", aussi bien dans les chais de Cognac qu'en Ecosse.
Ken Loach fait ce qu'il sait faire de mieux : du cinéma social, avec des personnages attachants, plus paumés que délinquants, qu'il traite avec tendresse. Ils ont un accent et un vocabulaire épouvantables. Je ne sais pas ce que donne la version en français, mais en anglais, heureusement qu'il y avait les "fucking" sous-titres. Il doit avoir le record du monde de l'utilisation du mot fuck et fucking dans ses films.
J'ai pleuré à certains films de Ken Loach, j'ai aimé le précédent - "Irish Road", qui se passait en Irak, pas franchement drôle, aussi ai-je été un peu désarçonné par son choix de traiter le sujet sur le mode de la comédie, souvent drôle, rarement franchement hilarante.
Mais nous ne sommes pas obligés de croire à la rédemption par le whisky, même en Ecosse...
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06/07/2012
paternité biologique
Starbuck
De Ken Scott
Avec Patrick Huard
Prix spécial du Jury du Film de comédie de l'Alpe d'Huez
Le scénario est un brin "too much" : un donneur à la banque du sperme, sous le pseudonyme de "Starbuck", pas vraiment adulte dans sa tête, apprend que plus de 500 enfants sont nés de ses dons, dont une centaine a fait une demande en justice pour connaître leur père biologique.
Dans le même temps sa petite amie lui apprend qu'elle est enceinte, mais met en doute, avec raison, ses capacités à la paternité.
Il s'en suit une, parfois trop longue, réflexion sur le thème de la paternité, sur les hasards de la descendance, car, bien entendu, ses enfants biologiques sont très, très différents les un(e)s des autres. Ce qui est autant d'occasions de gags, réussis ou pas.
Un film plein d'émotions, de bons sentiments, totalement dépourvu de cynisme, parfois drôle. Comique de situations, et comique des dialogues, renforcé par le charme de l'accent québécois.
Ce qui enlève de la crédibilité à cette histoire, c'est l'absence totale des mères qui ont décidé d'avoir un enfant en ayant recours à cette méthode médicale. Certains de ces enfants, peut-être la majorité, ont été également été élevés par des pères, non pas au sens biologique, mais s'étant comporté comme pères. Ils sont tout aussi absents de la réflexion, et du film.
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29/06/2012
Bienvenue parmi nous
Bienvenue parmi nous
De Jean Becker
Avec Patrick Chesnais, Jeanne Lambert, Miou-Miou
Un sexagénaire déprimé au point d'être suicidaire.
A part son âge, il a tout pour être heureux : une belle maison, une belle voiture, une femme charmante, des enfants attentionnés, des petits enfants qui l'aiment.
Et pourtant, il en à "marre de tout". Peintre, il est en panne d'inspiration et de créativité.
Il part, mais n'a pas la force de se suicider. Sur le bord de la route, sous la pluie, il ramasse une adolescente que sa mère vient de "jeter" à la rue.
Son instinct paternel se réveille, et son goût de la vie avec, pendant que la gamine connaît, elle aussi, une nouvelle vie.
Jean Becker fait du "cinéma à l'ancienne" : "l'été meurtrier", "les enfants du marais", "la tête en friche". Les critiques sont sévères avec lui. Mais moi, j'aime bien ce cinéma avec une histoire, avec de la tendresse mais sans pathos, sans effets spéciaux, sans surprise mais beaucoup d'humanité.
Patrick Chesnais est parfait en vieux bougon, encore mieux que Bacri, car moins bavard.
Premier film, mais certainement pas le dernier pour la spontanée Jeanne Lambert qui rappelle la jeune Sophie Marceau. Pourvu que ses prochains films soient à la hauteur de celui-ci...
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22/06/2012
Des actrices et des acteurs sublimés par leur âge
Et si on vivait tous ensemble ?
Stéphane Rodelin
Avec Jane Fonda, Géraldine Chaplin,
Pierre Richard, Claude Rich, Guy Bedos
Ils ont bientôt quatre-vingt ans, et forment, depuis bien longtemps, une bande de copains / copines.
L'âge commence à faire sentir ses effets : perte de mémoire, accident cardiaque...
La brève expérience de l'un d'entre eux dans une maison pour vieux riches les décide : "et si on vivait tous ensemble ?", en communauté, comme certains en rêvait en 68...
En douceur, avec un humour qui donne de la légèreté à l'émotion, avec des comédiennes et des comédiens remarquables qui donnent au film toute sa saveur, les problématiques des troisième et quatrième âges : la dépendance (être ensemble pour être indépendant ?), le désir (éternel), l'envie d'être désirable (éternelle ?), la jalousie, présente ou rétrospective, et même la sexualité, réelle ou fantasmée.
Jusqu'à 80 ans, je ne me fais pas de souci. J'ai bien l'intention de dépasser les 90. Comment vivrais-je alors ? J'espère pas seul, mais pas en bande, encore moins dans un lieu dans lequel il n'y aurait que des vieux. J'espère pouvoir choisir mon "auxiliaire de vie" !
Le film est sorti à Paris au début de l'année. Je n'avais alors pas pu le voir. Pour des raisons mystérieuses il sort seulement maintenant à Bruxelles, en même temps que le DVD. Je suis content de l'avoir vu.
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15/06/2012
On the road
Sur la route
De Walter Salles
Avec Garett Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart
D'après le livre de Jack Kerouac
Ils sont jeunes, ils boivent, ils fument, et pas seulement du tabac, ils baisent, éventuellement à plusieurs, ils voyagent. Tout cela sur des airs de jazz. Ils vivent de "petits" boulots.
A la fin, l'écrivain est bien intégré socialement, mais son ami est au bord de la clochardisation et un autre s'est suicidé. La jeune femme libre est devenue mère de famille.
Peut-être plus moralisateur qu'il ne parait au premier abord.
Jack Kerouac est une icone de la génération "hippie". D'où ma surprise de constater que les faits se passent après la guerre, pas celle du Viet Nam.
Si le livre ne sort que dans les années cinquante, il montre l'appétit de vivre d'une jeunesse qui sort de la guerre. Une envie appropriée, vingt ans plus tard, par la génération née au moment des faits.
J'ai aimé la part de romantisme dans ces expériences décalées.
Les personnages sont touchants, interprétés par des inconnus, au moins pour moi qui n'ai pas vu "Twilight". Jack Kerouac voulait adapter son livre au cinéma avec Marlon Brando et James Dean...
Le film m'a donné envie de lire le livre, puisque je dois avouer cette lacune.
Anecdote : le film n'a pas été tourné dans les grands espaces américains, mais au Canada, et l'excursion au Mexique a été filmée en Argentine.
Un seul bémol : 2 heures 20, c'est quand même un peu long car tout n'était pas indispensable.
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