16/11/2009
contrôles dans les aéroports
Contrôles : laissez-moi mon coupe-ongles et ma petite bouteille d'eau !
Puisqu'il y a des fous capables de se faire sauter dans des avions, pour rejoindre au plus vite les vierges promises, il est normal qu'il y ait des contrôles de sécurité dans les aéroports.
Pendant longtemps l'objectif prioritaire était les coupe-ongles. Je n'ai jamais entendu parler d'un pirate de l'air utilisant un coupe-ongles pour accomplir son forfait. Je me souviens, à l'aéroport de Londres, d'un bac contenant une multitude de ces instruments, un jour où je devais y abandonner un énième spécimen, oublié dans ma sacoche. Je me souviens même qu'à la même époque une compagnie aérienne asiatique vendait à son bord des petites trousses de toilettes contenant cet instrument supposé terroriste, sans qu'aucun de ses avions n'en pâtissent...
Aujourd'hui la prohibition se porte majoritairement sur les liquides. Il faut se dépêcher de boire la petite bouteille d'eau que l'on vient d'acheter, car elle est soupçonnée d'être un instrument du Jihad. Je me suis fait confisquer, en transit à Amsterdam, une bouteille de bière à la banane achetée à l'aéroport, africain, de départ. Je n'ai pas eu le courage, à 6 heures du matin, de la boire pour ne pas la laisser entre les mains des services de sécurité. Les femmes doivent abandonner les produits de beauté liquides qu'elles ont eu l'imprudence de laisser dans leur sac à main. Rien ne ressemblerait plus à une bombe qu'un démaquillant...sans parler des dentifrices et des biberons !
Pourtant la technologie pour différencier les liquides dangereux des autres existe !
Il s'agit donc de l'installer, s'il vous plaît au plus vite, dans nos aéroports.
Certains Etats européens demandent un délai de 5 ans.
Un délai plus court serait hautement appréciable...
08:57 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : voyages
15/11/2009
Happy Sex
Happy Sex
Zep
Réservé aux adultes
Editions Delcourt
Titeuf est bien connu, surtout par les élèves de primaires, leurs parents et grands parents.
Son créateur, Zep, avait imaginé une initiation sexuelle, pour la Cité des sciences de La Villette, sous le titre "Le zizi sexuel".
Cette fois-ci il s'adresse directement aux adultes, parents et grands parents des lecteurs de Titeuf.
Quelques planches ont été publiées par Libération à la fin de l'été.
Une soixantaine de petites histoires dessinées, avec talent, pour nous faire sourire des petits problèmes sexuels... des autres.
Ce n'est pas porno, mais ce n'est pas non plus pour les bambins.
L'ensemble est tendre et drôle, dans l'esprit de Titeuf.
09:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, bd
14/11/2009
le vieux qui lisait des romans d'amour
Le vieux qui lisait des romans d'amour
Luis Sepulveda
Points P.70
Prix "Relais H" et Prix "France culture" 1992
Le livre est dédié à Chico Mendes, défenseur de la forêt amazonienne, assassiné avant la parution du livre.
Comme le faisait Chico Mendes, ce livre parle des équilibres fragiles qui lient l'homme et son environnement.
C'est donc l'histoire d'un vieux (environ 60 ans...) qui vit dans la forêt amazonienne.
Venu là en colon, mais ne devant sa survie qu'à son amitié avec les indiens.
Autre avantage, indiscutable : il savait lire, et dans ses lectures, ce qu'il préférait, c'était les romans d'amour...
Un tout petit livre, par son format, qui a mérité le rare exploit d'être récompensé à la fois par le très populaire jury des "relais H" et par "France Culture"...
"Les pauvres pardonnent tout, sauf l'échec"
"Nul ne peut s'emparer de la foudre dans le ciel, et nul ne peut s'approprier le bonheur de l'autre au moment de l'abandon"
"Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire"
08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature
13/11/2009
Julie et Julia
Julie & Julia
De Nora Ephron
Avec Meryl Streep
Deux histoires qui se rejoignent : d'une part Julia, épouse de diplomate en poste à Paris, qui ne sait pas quoi faire de ses journées (fabriquer des chapeaux ? Jouer au bridge ?), qui aime manger, et qui découvre qu'il n'existe pas, à l'époque, de livre de cuisine française en anglais ; d'autre part Julie, jeune femme d'aujourd'hui, qui vit à New-York, qui ne se plaît pas dans son travail, qui aime cuisiner, qui se lance dans les recettes de Julia, et tient un blog quotidien pour raconter ses expériences culinaires.
Une, mauvaise, blague, américaine, dit que la cuisine française a trois secrets : 1) le beurre, 2) le beurre, 3) le beurre. Et c'est ce que le film, malheureusement, a tendance à laisser croire. Etudiant la géographie, j'ai appris qu'il y avait trois France : celle où la cuisine se fait au beurre, celle où la cuisine se fait à la graisse (de porc ou de volaille, oie ou canard), et celle où la cuisine se fait à l'huile d'olive. Le cassoulet ne se fait pas avec du beurre ! L'aïoli non plus !
Julie découvre les charmes du blog, de ces anonymes qui viennent sans laisser de commentaires, donc d'autre trace que la comptabilisation de leur passage. Le lien invisible qui se forme. Ce sentiment d'être attendu, et donc l'obligation d'écrire.
Les blogs de cuisine sont, après ceux consacrés au sexe, les plus visités...
Un film drôle, gourmant, qui donne envie de goûter à ces recettes qui sortent de l'ordinaire, joué avec gourmandise par Mery Streep déchaînée, qui en fait des "tonnes" et assure le spectacle.
08:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
12/11/2009
Les veines ouvertes de l'Amérique latine
Les veines ouvertes de l'Amérique latine
Eduardo Galeano
L'histoire implacable du pillage d'un continent
Le livre que Chavez a offert à Obama
Terre humaine poche
Pocket N°3022
Eduardo Galeano n'est pas universitaire, il est journaliste, et a voulu écrire un livre pour le grand public. "Auteur non spécialisé s'adressant à un public également non spécialisé".
La première édition de ce livre, en espagnol, date de 1971. Ce n'est donc pas un livre d'actualité, mais un livre qui raconte l'histoire du pillage du continent sud-américain, d'abord par les conquistadors espagnols, puis par le capitalisme, européen pour commencer, américain pour continuer, avec la collaboration active d'une bourgeoisie locale prédatrice.
"Les ports étaient les déversoirs par où se dilapidaient les revenus nationaux".
Il n'y a pas eu d'accumulation primitive d'un capitalisme local productif, celui-ci étant détourné pour la construction de palais, l'achat de nouvelles terres et dans les activités spéculatives, "malade d'apparat et de gaspillage".
Les cultures vivrières disparurent au profit des cultures d'exportation (sucre, cacao, caoutchouc, coton, bananes, café), nées de la demande européenne, nécessitant une main d'œuvre très bon marché, esclave pour commencer. " Le latifundio actuel descend en ligne directe de la plantation coloniale". "Les hommes politiques ont appris que la meilleure façon de ne pas faire de réforme agraire et de l'invoquer sans arrêt".
"Il arrive avec le pétrole ce qui arrive avec le café ou la viande : les pays riches gagnent beaucoup plus à le consommer que les pays pauvres à le produire". "Le pétrole imprègne présidents et dictateurs".
"L'échange mutuel de marchandises constitue, avec les investissements directs à l'extérieur et les emprunts, la camisole de force de la division internationale du travail", phrase qui reste d'une brûlante actualité, et qui pourrait se méditer en Afrique autant qu'en Amérique latine.
"Les rétributions de misère empêchèrent le développement d'un marché intérieur de consommation".
"Les bottes des dictateurs ne tardèrent pas à immobiliser les couvercles des marmites en ébullition". "Les dictatures s'efforçaient de tenter les capitalistes étrangers : elles leur offrait le pays comme les proxénètes offrent une femme".
A la manière des écrivains voyageurs, Galeano retourne sur les traces du passé et confronte celui-ci au présent.
"Il nous manquait une condition essentielle pour constituer une grande et seule nation : la communauté économique", mais "quelle communauté peuvent former des pays qui n'ont même pas réussi à faire leur unité nationale ?"
Pour le peuple, l'enjeu est clair : "récupérer les ressources usurpées équivaut à récupérer notre destin". "Certains croient que le destin repose sur les genoux des dieux, mais la vérité est qu'il travaille, comme un destin brûlant, dans les consciences des hommes", et pour terminer une note d'espoir : "Dans l'histoire des hommes, chaque acte de destruction trouve tôt ou tard sa réponse dans un acte créatif".
Le propos est un peu affaibli par le panégyrique de Cuba, et par des affirmations touchantes mais un peu ridicules, comme "Dans une société socialiste, les travailleurs ne sont pas mus par la jalousie"...
08:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, amérique latine


