07/12/2009
imprévoyance ou mépris ?
Deux députés européens français supplémentaires
Le gouvernement français « découvre » que le Traité de Lisbonne (que tant de journalistes français persistent à nous présenter comme un exploit de notre Président) donne deux députés supplémentaires à la France.
Pas seulement à la France. Les autres pays concernés avaient prévu, qu’en cas d’adoption du Traité, les suivants de listes deviendraient députés.
D’autres pays que le notre, comme l’Espagne, élisent leurs députés à la proportionnelle régionale. Les nouveaux députés y seront élus en tenant compte du poids démographique des régions. Rien de difficile à prévoir et à organiser.
Sauf en France ?
Le gouvernement français n’a-t-il pas prévu que le Traité de Lisbonne pouvait être adopté et entrer en application ?
Le gouvernement avait-il oublié qu’avec le nouveau Traité, la France aurait droit à deux élu(e)s supplémentaires ?
Le gouvernement n’avait-il pas prévu la façon d’attribuer ces deux sièges supplémentaires ?
Le gouvernement a chargé le Président de l’Assemblée nationale de désigner deux représentant(e)s supplémentaires de la France au Parlement européen.
Inconvénients :
1) Ceux-ci, non élus, ne pourront être qu’observateurs ;
2) Député européen est un travail à plein temps à Bruxelles et Strasbourg (très bien rempli si le travail est fait « à fond »), impossible à cumuler avec un travail de député à l’Assemblée nationale, à Paris –qui n’est pas un travail à plein temps ?
Le gouvernement français ne vient-il pas de donner une nouvelle preuve de son imprévoyance, de son inorganisation ?
L’essentiel n’est pas de dépenser des millions pour des réceptions somptueuses, au moment de la Présidence française, l’Union européenne oblige à une attention constante aux problèmes concrets et quotidiens.
N’est-ce pas également une marque de mépris pour le Parlement européen et les français qui y siègent ?
11:12 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe
05/12/2009
Zulu
Zulu
Caryl Ferey
Série noire, Gallimard
Grand prix des lectrices de ELLE, policier 2009
Prix Quai du polar 2009
Prix du roman noir Nouvel Obs 2009
Grand prix du roman noir de Beaune 2009
Prix mystère de la critique 2009
Grand prix de littérature policière 2008
A la différence de « La mémoire courte », l’action ne se passe pas à Pretoria mais au Cap et ses environs (que je préfère, sans comparaison, à la capitale ; « un paradis sur terre pour qui peut payer »). Mais on retrouve la même violence (« principal moyen d’expression de ce pays »), liée au sida, le même contexte postapartheid (« avec la fin de l’isolement dû à l’apartheid, les activités criminelles étaient devenues transnationales »), avec des retours permanents à la période du régime raciste (« au mépris du Noir répondait la haine du Blanc »).
Le chef de la police criminelle, Zoulou, dans une ville qui ne l’a jamais été, enquête sur des meurtres qui pourraient être zoulous, qui pourraient avoir une dimension politique, et en prennent immanquablement une, à la veille de la Coupe du Monde de foot.
Un livre foisonnant, intense et dur : les riches, les pauvres dans les bidonvilles, généralement immigrés nigérians, la drogue, le sida, l’industrie pharmaceutique, la corruption, la violence sans espoir, et pourtant des instants d’amour…
« En étirant ses pôles, le monde devenait toujours plus dur pour les faibles, les inadaptés, les parias ».
« Les exclus étaient repoussés vers les périphéries des mégalopoles réservées aux gagnants d’un jeu anthropophage où télévision, sport et pipolisation du vide canalisaient les frustrations individuelles, à défaut de perspectives collectives »
« L’apartheid aujourd’hui n’est plus politique mais social »
« Les Huguenots français étaient venus, comme tous les migrants, avec leur culture et de quoi la développer »
« Les hommes seuls parlent trop, ou ils se taisent comme des carpes »
13:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
04/12/2009
(500) jours ensemble
(500) jours ensemble
De Marc Webb
Avec Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt
Une version particulièrement originale de la comédie romantique américaine, chagrin d'amour compris.
L'originalité du scénario est dans la construction du récit, les 500 jours n'étant pas pris dans l'ordre chronologique, mais avec de nombreux "flash back". Inutile également de montrer chacun de ces 500 jours.
Le couple est sympathique, l'histoire est crédible, c'est souvent drôle, même quand c'est triste, pas trop sentimental.
Trois leçons :
1) L'amour, c'est mieux quand c'est partagé.
2) Le dicton "il y a beaucoup d'autres poissons dans la mer", que l'on traduit en français par : "Un(e) de perdu(e), dix de retrouvé(e)s" n'est pas si évident à démontrer, quand il s'agit d'Amour "absolu".
3) l'Amour, c'est quand même bien, même si ça peut faire mal.
08:23 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
03/12/2009
Un pays uni et en mouvement
"Un Pays uni et en mouvement", tel est le slogan qui s'affiche massivement en Angola.
Moins de 10 ans après la fin de la guerre dont les civils étaient les victimes, cette volonté d'unité n'est pas surprenante. Mais comment unir cette Nation enfin réconciliée ? Par le foot, bien entendu ! Le compte à rebours est commencé : dans à peine plus d'un mois commencera ici la "Coupe d'Afrique des Nations", et les stades ont été rénovés en conséquence.
Mais tout n'est pas réglé et les esprits risquent de s'échauffer parmi les sportifs, les dirigeants et les supporters...sans que le foot n'ait rien à y voir.
4 heures ont été nécessaires entre le moment où l'avion a atteri et le moment où j'ai pu entrer dans ma chambre. Tous les collègues participant à la même réunion ont subi le même traitement, bien qu'arrivant à des heures différentes, du fait des lenteurs bureaucratiques.
Autre problème : il n'y a pas de taxi dans ce pays ! Pour se déplacer, tout le monde est, et sera pendant la Coupe d'Afrique, tributaire des transports "organisés". Une attende d'une demi-heure sur l'horaire prévu est un moindre mal : au moins il y a un bus et, à la fin, enfin, il part.
Les rues sont totalement embouteillées, et les voitures, surtout japonaises et coréennes, ne sont pas des "poubelles". Il va être difficile de circuler pendant la Coupe, les soirs de matchs.
A part ces désagréments, le pays est réellement en développement. Je n'y étais pas revenu depuis la mort de Savimbi. Les immeubles poussent comme des champigons (début des travaux à 6 heures : c'est ce que le Africains appellent "l'esclavagisme chinois", et pas besoin de réveil à l'hotel !).
Je profite de l'occasion pour saluer, depuis l'Angola, toutes celles et tous ceux qui, en novembre, ont rendu 2.410 visites à ce modeste blog.
08:32 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique
02/12/2009
et maintenant l'Angola !
Résumé succinct de l'Histoire récente de l'Angola
Les tentatives indépendantistes des années 1920 ont été brisées par la dictature de Salazar.
Plusieurs centaines de milliers de Portugais vivaient en Angola, attirés par des richesses agricoles et minières exceptionnelles.
1957 = Création du Front National de Libération de l'Angola (FNLA)
1962 = Fondation du Mouvement Populaire de Libération de l'Angola (MPLA, actuellement au pouvoir, et membre de l'Internationale Socialiste)
1966 : Scission du FNLA = naissance de l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA) dirigée par Jonas Savimbi. (Réunification en 2004)
1974 = La "Révolution des œillets" à Lisbonne ouvre la voie de l'indépendance.
1975 = Proclamation de l'indépendance
Les trois mouvements de libération se combattent. Le FNLA est soutenu par le Zaïre de Mobutu, et certains pays occidentaux. L'UNITA bénéficie du soutien, y compris militaire, de l'Afrique du Sud (y compris l'envoi de commandos de sabotage des installations pétrolières) et de la Namibie (au temps du régime d'apartheid), ainsi que du soutien convergent des USA (y compris livraisons de missiles) et de la Chine. Le MPLA peut compter sur l'aide de l'URSS (matériel militaire et jusqu'à 1.500 "conseillers"), de la RDA (jusqu'à 2.500 "conseillers"), et de soldats cubains, de 1976 à 1988 qui surveillent, en particulier, l'enclave de Cabinda, riche en pétrole.
Savimbi est reçu au Parlement européen, à Strasbourg, en 1986.
En plus des aides extérieures, l'UNITA se finance par l'exploitation des diamants et le MPLA par celle du pétrole.
Avec la disparition du communisme en Europe de l'Est les USA éprouveront moins le besoin de s'opposer au MPLA au pouvoir et plus l'envie de défendre leurs intérêts pétroliers, alors que les annonces de nouvelles importantes découvertes de gisements se succèdent.
La disparition du régime d'apartheid sud-africain, l'indépendance de la Namibie, la disparition de gouvernement amis à Brazzaville et à Kinshasa, affaiblissent également sensiblement l'UNITA.
Le MPLA, comme l'ANC et la SWAPO, demande alors son adhésion à l'Internationale Socialiste.
1991 = cessez-le-feu, et accord de paix négocié par un secrétaire d'Etat portugais nommé José Manuel Durao Barroso ; opération de l'ONU ; mise en place d'un comité tripartite USA/ Russie/ Portugal ; préparation d'élections libres. Le Président Dos Santos annonce la restitution de tous les biens ecclésiastiques saisis depuis l'indépendance.
1992 = élections, présidentielle et législatives, déclarées "libres et justes" par les observateurs de l'ONU. Entre les deux tours de l'élection présidentielle, Savimbi refuse les résultats et reprend la lutte armée. Le deuxième tour n'aura jamais lieu, mais la communauté internationale, y compris les Etats-Unis, reconnaît comme légitimes le Président, le Parlement et le gouvernement angolais issus des élections.
1994 = nouvel accord de paix, signé à Lusaka, accepté par une fraction de l'UNITA.
1997 = les députés de l'UNITA, élus en 1992, acceptent de siéger au Parlement. Des membres de l'UNITA entrent au gouvernement d'"unité et de réconciliation nationale"
Le Conseil de sécurité de l'ONU est incapable de faire appliquer les sanctions votées contre Savimbi, déclaré "criminel de guerre" par la SADC.
Les combats entre l'UNITA, qui contrôlera jusqu'à 1/3 du pays, et le MPLA ne cesseront qu'avec la mort de Savimbi en 2002.
L'armée gouvernementale peut alors concentrer ses forces contre les indépendantistes de Cabinda, qui ne bénéficient plus de l'aide congolaise. Le gouvernement refuse toute idée de référendum d'autodétermination.
Cette guerre interne, de presque trente ans, aura fait des dizaines de milliers de morts (l'ONU a parlé de 1.000 morts par jour), les populations soumises au pillage, à l'enrôlement forcé, à la terreur, plus de quatre million de déplacés (jusqu'à 1/3 de la population affectée à un moment ou un autre), et 450.000 réfugiés dans les pays voisins, dépendants de l'aide humanitaire, une destruction quasi totale des infrastructures, une désorganisation complète de l'économie et de la société.
La présence de milliers de mines antipersonnel empêchait l'exploitation de l'énorme potentiel agricole.
Pour réaliser la reconstruction, le gouvernement a emprunté des milliards, gagés sur le pétrole, y compris aux banques américaines, européennes et chinoises.
La croissance économique, entre 15 et 30% par an depuis dix ans, est directement liée aux fluctuations du prix du pétrole.
Les revenus du diamant se sont plus accaparés par l'UNITA.
Les investissements étrangers sont nombreux dans de nombreux secteurs.
Des accusations de corruption sont portées contre les dirigeants angolais, en particulier contre le Président et son entourage, en raison de l'opacité des comptes publics. "Transparency International" classe l'Angola comme un des pays les plus corrompus au monde. Le Président a lancé comme mot d'ordre pour le prochain Congrès du parti "tolérance zéro contre la corruption", proposant une autocritique collective.
Afin de resserrer les liens avec les USA, le gouvernement angolais a soutenu la guerre en Irak et signé un accord de coopération militaire.
Des centaines de milliers d'Angolais vivent encore de l'aide humanitaire internationale.
Les ONG "Human Rights Watch" et "SOS Habitat" ont dénoncé les opérations d'expulsions, sans relogement, de milliers d'habitants pauvres de Luanda. 3.000 "maisons" ont ainsi été détruites pour faire place à des projets gouvernementaux.
2008 : Après un recensement électoral étalé sur dix mois, premières élections législatives depuis 1992, sous observation internationale : le MPLA remporte 81% des suffrages et 191 des 220 sièges, l'UNITA 10% et 16 sièges. Tout le monde reconnaît les résultats, malgré les critiques concernant le manque de liberté de la presse (un journaliste, Mr Lello, a même été emprisonné). Le MPLA a clairement touché "les dividendes de la paix", même si, en son sein, d'anciens hauts responsables du parti critiquent l'absence de démocratie interne.
Les prochaines élections législatives auront lieu en 2012, et, probablement en même temps, se tiendra, enfin, l'élection présidentielle. Dos Santos est Président depuis 1979.
08:45 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique


