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15/11/2016

Dixième volet des aventures du policier Chen

Il était une fois l'inspecteur Chen

de Qiu Xiaolong

éditions Liana Levi

 

Comme pour son héros,  la famille de l'auteur a souffert de la "Révolution culturelle". Il revient sur cet épisode tragique de l'histoire de la Chine en racontant la première énigme policière résolue par le tout jeune inspecteur Chen, sortant de l'université et affecté à la traduction du code de procédure américain.

Les défauts du régime chinois actuels , les conditions de vie, sont également soulignés. Pas étonnant que ses œuvres soient censurées dans leur traduction chinoise.

Comme toujours dans les livres de Qiu Xiaolong, l'histoire est agrémentée de citations de poèmes et de proverbes chinois.

Le livre se termine par un récit autobiographique.

 

08:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

13/10/2016

Attraction, Apogée, chute

Les lois de l'apogée

Jean Le Gall

éditions Robert Laffont

 

Jérôme reçoit le prix Goncourt à 23 ans, puis n'écrit plus rien. Il fonde une maison d'édition qu'il conduit placidement à la faillite.

Il partage la vie d'une belle Italienne arriviste prête à tout pour faire sa place, très haute, dans le monde des affaires. MMM au féminin

Le frère de Jérôme est chirurgien esthétique. Il se fait élire député dans le Sud-Ouest avant de devenir ministre. L'allusion à Cahuzac n'est pas fortuite. Sauf la fin qui ne correspond pas à la réalité.

Leurs trois monde ont en commun "mensonges, omissions, fraudes, passe-droits". "Les lois de l'apogée" !

Plein d'allusion au "tout Paris", littéraire et des affaires. "Que des gens de lettres soient également conviés : il en allait du fameux vernis culturel, de cette caution indispensable pour que l'affairisme soit pratiqué convenablement." "Dans un dîner en ville, tout le monde se tait quand le plus riche parle."

 

"Quel autre plaisir trouverais-je dans la vieillesse que je ne saurais imaginer aujourd'hui ?"

"Comparez le temps qu'elles passent à se faire belles et celui qu'elles consacrent à faire l'amour..."

"Les hommes s'assignent un but qui recule sans cesse"

 

 

11:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

28/09/2016

La fin de Kadhafi

La dernière nuit du Raïs

Yasmina Khadra

Pocket n°16631

 

Un roman écrit à la première personne, comme si Kadhafi lui même nous racontait ses dernières heures.

Yasmina Khadra, écrivain algérien talentueux , nous présente un "Raïs" (terme arabe utilisé également en Egypte et en Palestine, équivalent de "président") mégalo et caractériel jusqu'à la caricature. Persuadé d'être "l'élu de Dieu", il ne comprend pas la révolte de son peuple dont il est le "Guide". Plus brutal que jamais avec ses subordonnés.

Cette nuit "blanche", qu'il ne croit pas être la dernière, est l'occasion de repenser à ses 63 années, commencées à Syrte où elles vont se terminer.

Ce n'est qu'à la dernière extrémité qu'il regrette de ne pas avoir accepté "l'invitation" d'Hugo Chavez qui lui offrait l'asile politique au Venezuela.

Bientôt cinq années plus tard nous savons que la disparition de ce dictateur, que personne ne pleure, n'a résolu aucun problème en Libye qui est toujours dans le chaos. Sarkozy et Cameron ont été plus déterminés à chasser ce gêneur qu'à reconstruire le pays toujours aux mains de milices rivales.

 

 

26/09/2016

Laurent Binet trouve Saussure à son pied

La Septième fonction du langage

Laurent Binet

éditions Grasset et Livre de Poche

 

Février 1980 : Roland Barthes est renversé par une camionnette . Assassinat ? Quel est le mobile ? Tout le monde, dans le monde intellectuel de la philologie, de la linguistique, donc de la sémiologie,  de la philosophie, est suspect : Derrida, Deleuze, Foucault, Sollers et Kristenva, BHL, Debray, Lacan, Todorov, Umberto Eco, Searle, etc. Que du "lourd" !

L'enjeu est une septième fonction du langage "découverte" par le linguiste russe Roman

 Jakobson à l'origine du structuralisme. "Elle permet à celui qui la maitrise de convaincre n'importe qui en n'importe quelle circonstance."

L'enquête en menée par un commissaire ayant peu de culture, assisté par un prof de la fac de Vincennes, contraint et forcé. "Contrairement aux flics des romans ou des films, il a d'autres affaires en cours, il ne peut pas consacrer 100% de son temps de travail à  celle-ci".

L'histoire se termine par la victoire de François Mitterrand en mai 81, en particulier après sa victoire dans son débat contre le président sortant.

Très intello !

 

"On prétend toujours à ce qu'on ne peut pas être ou à ce qu'on a été un jour et qu'on ne redeviendra jamais."

"Simon se demande si dans la vraie vie, la gauche peut réellement être au pouvoir. Ou, plus exactement, si dans la vraie vie, la gauche peut réellement être au pouvoir. Ou, plus exactement, si, dans la vraie vie, on peut changer la vie."

 

 

08:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

09/09/2016

Héros romantique par excellence ?

Adolphe

Benjamin Constant

Maxi poche

 

L'excellent film "Le prénom", reprise d'une pièce de théâtre à succès, m'a donné envie de relire "Adolphe".

Pour celles et ceux qui ne connaitraient par le film : Vincent, homme à la 4X4 et à la Rolex (interprété par Patrick Bruel) fait "marcher" la famille en faisant croire qu'il va appeler son fils Adolphe -PHE, "héros romantique par excellence".

En fait, dans le roman, Adolphe n'est en rien romantique. Il séduit Eléonore, mère de famille,  par défi et ensuite, par lâcheté, n'ose pas la quitter. Eléonore meurt d'amour pour cet égoïste total que Benjamin Constant qualifie "d'être malfaisant".

"La difficulté véritable était de ma part l'absence d'amour." "Eléonore ne m'inspirait qu'une pitié mêlée de fatigue."

Que le personnage de Bruel ne connaisse Adolphe que par oui-dire, passe encore, mais que le personnage de son beau-frère, professeur de littérature à la Sorbonne (Charles Berling), ne relève pas le contre- sens n'est pas crédible, pour ceux qui ont lu le livre, une infime minorité sans doute.

 

"Cela leur fait si peu de mal, et à nous tant de plaisir ! "

"La grande question dans la vie, c'est la douleur que l'on cause."

 

16:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature