12/10/2013
une enquête du mandarin Tân
Tran-Nhut
Picquier poche n°164
XVIIe siècle, Vietnam.
Les bonzes du "temple de la grue écarlate", sous influence chinoise, s'entraînent assidument aux arts martiaux.
Pourquoi le temple a-t-il perdu de sa splendeur passée ?
Qui sont ces enfants, tous difformes, qui viennent, chaque soir, trouver refuge au temple.
Le mandarin Tan, tout juste nommé dans la province "de Haute Lumière", enquête sur la mort brutale et successive de plusieurs de ces enfants.
Une occasion de se plonger dans le fonctionnement d'une société marquée par l'enseignement de Confucius, mais où le surnaturel reste présent dans les esprits, même si "en contradiction avec les doctrines bouddhiques, Confucius rejette les éléments magiques d'une croyance religieuse". "Avec cette suprématie confucianiste de l'enfant mâle, les femmes sont laissées pour compte : la femme réduite à une matrice nourricière" (Le livre a été écrit par deux femmes...).
"Dans sa maturité, ses traits étaient empreints d'une poignante séduction"
"La richesse, c'est comme le pouvoir, ça vous donne des droits sur tout : le droit de prendre, le droit d'oublier."
08:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
05/10/2013
Sexe, argent, politique...
Bonita Avenue
Peter Buwalda
Actes Sud
Bonita avenue, était l’adresse de Sigérius quand il enseignait dans une prestigieuse université californienne.
Mais l’essentiel du roman se déroulent aux Pays-Bas où Sigérius est recteur d’une grande université, pressenti pour devenir ministre dans un gouvernement de gauche. Sigérius, médaille « Field », l’équivalent du Nobel pour les mathématiques, mais également champion de judo. Un homme solide, donc, dans tous les sens du terme.
Mais, bien entendu, Sigérius a une faille : sa libido défaillante qui l’amène à surfer sur Internet pour regarder des sites érotiques, ou même pornos.
Cette créature de rêve qui l’accroche particulièrement ne serait-elle pas Joni, la fille, d’un premier mariage, de son épouse, sa fille adoptive ? "Qu'est-ce uqe ça sait, un père ?"
A partir de là, tout dérape, jusqu’à l’explosion finale.
"Si être amoureux revient à friser la psychose, se mettre en ménage, c'est plonger dedans".
08:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
28/09/2013
Telle l'araignée...
Mygale
Thierry Jonquet
Folio policier n°52
Thierry Jonquet est décédé il y a quelques années, mais il nous a laissé son œuvre.
Je connaissais de réputation ses livres tellement "noirs" que je remettais leur lecture toujours à plus tard.
J'ai l'habitude de lire des romans policiers, mais je n'ai pas l'habitude d'être surpris au point d'être estomaqué.
Au deux tiers du livre, j'ai pensé que le puzzle était en place, sans voir venir le coup de théâtre des dix dernières pages qui éclairent l'ensemble du livre.
Il faut bien parler de "scénario", dont la découverte est facilitée par une écriture aussi simple qu'efficace.
Qui est "Mygale", "telle l'araignée, lente et secrète, cruelle et féroce, avide et insaisissable dans ses desseins", et pourquoi agit-il comme il le fait ?
Une histoire d'amour, de haine, de secrets. Une dénonciation des viols plus forte qu'un plaidoyer.
Un livre publié pour la première fois il y a bientôt trente ans, et qui mérite ses rééditions car il n'a pas pris une "ride".
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
20/09/2013
Promenade à Richelieu, dans les pas du Cardinal
Ville close
Franck Maubert
Editions "écriture"
La ville close, c'est Richelieu, 2.000 habitants, en Poitou, construite par la volonté du cardinal du même nom, avec l'idée d'en faire une "cité idéale", bien entendu aux formes géométriques. "Une île de pierre au milieu de la campagne".
L'architecte choisi est Jacques Le Mercier qui venait de reconstruire la Sorbonne et avait construit, pour Richelieu, le "Palais-cardinal" devenu depuis le "Palais-royal".
"Ne pas se fier à la place paisible d'une petite ville de province avec ses tilleuls taillés et ses bancs repeints."
Un critique gastronomique décide de s'y retirer, pour fuir Paris et tenter de retrouver ses souvenirs d'enfance.
Pas grand monde dans les rues. Tout le monde semble épier tout le monde derrière les volets.
Cela n'empêche pas les morts suspectes (suicide ou assassinat ? morts violentes dont tout le monde semble connaître les auteurs, sauf la gendarmerie).
Notre journaliste, affecté à la rubrique nécrologique depuis sa "désertion", rencontre des personnages hors du commun, et une femme avec qui il aime passer du temps.
Les passages consacrés aux visites du cardinal, hypocondriaque, dans "sa" ville ne sont pas les moins intéressants.
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
14/09/2013
retour au village
HOME
Toni Morrison
Christian Bourgois éditeur
Frank, de retour de la guerre de Corée ("Plus il y avait de tués, plus les guerriers étaient courageux et non les commandants plus stupides"), rentre, par étapes, chez lui (home) en Alabama pour retrouver sa sœur, et l'amener dans le village où ils ont grandit.
"La plupart des jeunes gens s'étaient engagés dans le conflit ; une fois démobilisés, ils ne revinrent pas travailler dans le coton, les arachides ou le bois de construction".
Une bonne occasion pour parler des conditions de vie dans le sud de l'Amérique rurale des années cinquante, avec des retours en arrière à l'époque de la dépression économique de 1929 et du début des années 30. "Cette période que les riches appelaient la Grande Crise et eux, la vie".
Il fallait travailler très dur. "La paresse était plus qu'intolérable à leurs yeux : elle était inhumaine."
08:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature


