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22/11/2010

coca, la feuille sacrée des Incas

Coca, la feuille sacrée des Incas

 

Cultiver la coca n'est pas illégal, car la coca n'est pas la cocaïne, mais son commerce l'est. 90% de la production de feuilles de coca serait destinés au narcotrafic.

 

Le trafic, qui a explosé entre 1980 et 1995,  a muté après la chute des cartels de Cali et de Medellin.

Les Mexicains ont remplacé les Colombiens et, contrairement à ces derniers, ils préfèrent sous-traiter au maximum et laissent les chimistes produire sur place.

Dans le même esprit de vases communicants, quand la production diminue en Colombie, elle augmente au Pérou et réciproquement.

60.000 hectares sont concernés, dans des zones pauvres et qui le restent, à proximité des frontières avec la Bolivie et la Colombie.

La culture provoque une déforestation sauvage qui provoque la dégradation des sols et une perte de biodiversité.

La consommation sur place a augmenté, mais l'exportation reste largement prédominante.

Le phénomène nouveau est l'arrivée massive en Amérique latine de drogues de synthèse venues d'Europe.

L'exportation, par les fortunes qu'elle génère,  et qui permettent la corruption, pèse sur la gouvernance et provoque des violences.

Le reliquat des groupes terroristes sert, avec d'autres,  de force armée aux trafiquants.

 

Nous avons visité l'Agence gouvernementale qui tente de lutter contre le phénomène : prévention, réhabilitation, développement de cultures alternatives (huile de palme, cacao, café), mais ses responsables considèrent que la solution ne peut être seulement économique. Ils regrettent  qu'en cinq ans l'aide internationale ait été divisée par deux.

Selon un ambassadeur européen, cela ne sert à rien de verser de l'argent dans le "tonneau des Danaïdes" puisqu'en raison de la loi du marché, tant qu'il y a aura de la demande...

 

Je me suis contenté de ramener du "maté" de coca !

21/11/2010

dessous fripons

Dessous fripons

 

Editions "Les humanoïdes associés"

 

 

Déclinaisons sur le thème des "dessous fripons".

14 fois entre deux et quatre "planches", généralement assez réussies.

Parmi les auteurs Varenne et Enki Bilal,  pour les plus connus.

Une superbe couverture, qui mériterait de devenir "poster",  de Fred Beltran qui donne le  ton de l'esthétique.

Des dessous pour fantasmer, mis en situations plus ou moins audacieuses...

Coquin mais jamais graveleux, porno ou vulgaire.

Pas pour les enfants tout de même !

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, érotisme

20/11/2010

chasse à l'homme au Pérou

Chasse à l'homme au Pérou

 

Gérard De Villiers

 

SAS n° 79

 

 

L'homme chassé, c'est "le camarade Gonzalo", c'est à dire Abimael Guzman, le chef du "Sentier lumineux" ("Le marxisme-léninisme est le sentier lumineux de l'avenir").

Ce roman, récemment réédité, a été écrit, et publié la première fois,  en 1985, une des années les plus sanglantes du terrorisme mené par le "Pol Pot des Andes". Comme "La vie de Mayta" de Mario Vargas Llosa, publié la même année, il s'inscrit alors dans une actualité dramatique, aggravée par une crise économique épouvantable.

 

Le paradoxe est que les lecteurs de 1985 savent très bien que, malgré la chasse à l'homme, Guzman n'a pas été capturé.

Et les lecteurs de 2010 savent qu'il est sous les verrous, condamné à la prison à perpétuité (il a été capturé en 1992, donc sept ans après la publication du roman).

Il peut y avoir des moments de suspens, mais sur le résultat final de la chasse à l'homme, pas de doute possible !

Nous savons également qu'Alan Garcia, le social-démocrate,  n'a pas été assassiné et qu'il a été élu Président de la république, devançant largement le candidat de la "Gauche Unie" marxiste.

 

Reste que, comme "La vie de Mayta", ce roman est un témoignage intéressant sur la situation politique des vingt années  de terrorisme subies par le Pérou, de 1980 à 2000 (70.000 morts et 600 000 déplacés, selon la commission "Vérité et réconciliation").

Inutile de hurler, je sais que, contrairement à Vargas Llosa,  De Villiers n'est pas pressenti pour le Nobel de littérature ! Je revendique le droit de lire les deux...

 

Lire ce livre aujourd'hui, après l'arrestation de Guzman,  permet de voir trois intuitions exactes et une erreur grossière dans l'analyse :

1) C'est, en effet, en suivant la piste, y compris dans les poubelles,  des médicaments rares dont il avait besoin,  en raison de sa grave maladie rénale,  que la police a pu remonter jusqu'au chef du Sentier lumineux, et non grâce aux tortures.

Il est intéressant, à ce sujet, de voir un homme de droite comme De Villiers, obsédé de l'anticommunisme, dénoncer avec autant de conviction le recours à la torture par la police.

Comme l'a écrit Vargas Llosa : "Pour comprendre le Pérou, il faut visiter le musé de l'Inquisition !"

Comme moi, vous pouvez sauter la description des horreurs...

2) Le lien entre les terroristes et les narcotrafiquants. Comme pour le FARC en Colombie, l'idéal révolutionnaire a, peu à peu, disparu derrière les profits fabuleux du trafic de drogue et des rançons payées par les familles des otages ;

3) Chassé des campagnes par les paysans victimes de leurs actions, le "Sentier lumineux" choisit de s'implanter dans les bidonvilles de la capitale ;

4) Malgré ma haine pour le culte de la personnalité, je constate que l'arrestation de Guzman a quasiment mis fin aux actions terroristes du "Sentier". De Villiers ne l'avait manifestement pas prévu !

 

Encore plus que dans "Tintin et le temple du soleil", on boit du "Pisco Sour", l'apéritif national. Recette : eau de vie + jus de fruits + blanc d'œuf. A la votre !

 

 

"Lima grouillait de beautés farouches, provocantes avec leurs tenues super ajustées" (Il ne faut pas se fier à l'imagination des romanciers...ou alors les choses ont bien changé depuis !)

 

08:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

19/11/2010

Pas potiche du tout !

Potiche

 

De François Ozon

 

Avec Catherine Deneuve

Judith Godrèche, Karin Viard, Gérard Depardieu, Fabrice Lucchini, Jérémie Renier

 

 

Jubilatoire : voilà l'adjectif qui vient à l'esprit en dégustant ce film.

Drôle dans les situations, drôle dans les répliques, drôle au premier comme au second degré.

Jubilatoire par son féminisme intelligent (non agressif).

Jubilatoire par ses caricatures des rapports sociaux : le patron infect, sa femme qui réinvente le maternalisme, la fille et le gendre qui rêvent de délocalisation et de plans sociaux.

Jubilatoire dans les rapports de couples (pièce de boulevard  à l'origine, ça laisse des traces !)

Jubilatoire dans les allusions aux situations politiques actuelles, de Sarkozy au Chabichou...

 

Fille et épouse d'industriel, rien ne vous est demandé d'autre que d'être une potiche.

Les circonstances en décident parfois autrement, et le personnage joué, magistralement, par Catherine Deneuve se révèle au dessus de la mêlée.

La troupe met parfaitement en valeur la grande dame.

 

Une mention particulière pour Depardieu, en député-maire communiste fondu de désir nostalgique.

Et pour Karin Viard en dévouée secrétaire de direction. On ne disait pas encore "assistante". Elle nous livre une ode décalquée de Kipling ("Tu seras un homme mon fils"/ "Tu seras secrétaire, ma fille")  à la gloire de ces femmes indispensables.

J'ai soudain réalisé que cinq d'entre celles qui avaient directement travaillé avec moi ces trente dernières années étaient parties avant d'atteindre l'âge de la retraite. Usées prématurément ? Par moi ? Mais pas des potiches, assurément !

 

 

08:47 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

18/11/2010

Pérou : le livre indispensable

Pérou, ombres et lumières

 

Chrystelle Barbier

 

Editions "Toute Latitude"

 

 

Chrystelle Barbier est la correspondante du "Monde" et de "Radio France Internationale", au Pérou, ce pays grand comme deux fois la France, partagé entre le littoral du Pacifique, les Andes et la naissance de l'Amazone.

 

Ce livre n'et pas un guide touristique, ni un essai politique, encore moins un cours universitaire, et pourtant il est un peu tout cela : rappels géographiques,  historiques, politiques, sociologiques, culturels... C'est le livre éclairée d'une bonne journaliste. Elle commence chaque chapitre avec une scène de la vie quotidienne, puis tire le fil de la démonstration. Du particulier au général.

 

Un pays avec ses potentialités, ses "lumières" : ressources minières et touristiques extraordinaires, biodiversité, mais aussi ses "ombres" : inégalités, croissance économique sans véritable développement, pauvreté persistante,  production, trafic et consommation de drogue, violence.

 

Mon livre de chevet pendant mon voyage au Pérou. Le livre indispensable de celles et ceux qui veulent aller voir le Machu Picchu avec le minimum de connaissance des réalités du pays.

 

 

09:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)