12/06/2017
Berlin 1904/2014
La robe de Hannah
Pascale Hugues
éditions "les arènes"
Journaliste française en poste à Berlin décide de partir sur les traces des femmes et des hommes ayant habité "sa" rue depuis sa construction au début du XXe siècle.
A travers leurs histoires, c'est tout un pan de l'histoire de Berlin, et donc de l'Allemagne, qui nous est donné à voir : la crise économique des années 30, la montée du nazisme, les familles juives quittant le pays ou déportées ("eux si parfaitement assimilés, "la bourgeoisie du savoir"), les bombardements destructeurs de la fin de la guerre, les viols à l'arrivée des soldats russes.
Rue de Berlin Ouest, abritant quelques artistes de passages tels David Bowie.
Rue qui se transforme en raison de la spéculation immobilière qui accompagne la réunification.
"Tout ce qui est étranger représente pour lui une menace permanente."
"Celui qui a beaucoup vu de ce monde sourit, croise les mains sur son ventre et se tait."
08:44 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire
05/06/2017
Paris, ses habitants, l'Etat, une histoire partagée
Le gouvernement des Parisiens
Exposition gratuite à l'hôtel de ville de Paris,
jusqu'au 22 juillet
Du XIVe siècle à nos jours la cohabitation du pouvoir central de l'Etat et des habitants de la capitale, avec des moments de tensions très fortes d'Etienne Marcel à Mai 68 en passant par la Fronde, la Révolution, les barricades de 1830, 1831, 1848, 1851, la Commune, la Libération.
Des tableaux, des photos, des documents sur un thème majeur de l'histoire de Paris.
08:52 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exposition, histoire
29/05/2017
L'affaire Dreyfus écrite comme un roman policier
D.
Robert Harris
éditions Plon
Sans hésiter mon livre préféré de ces derniers mois.
L'affaire Dreyfus racontée selon les techniques du roman, par un maître du genre, Robert Harris, auteur, entre autres, de "The Ghost Writer", adapté au cinéma par Roman Polanski, et "Imperium", dont j'ai parlé dans ce blog.
L'affaire Dreyfus comme si elle était racontée par Georges Picquart, nommé à la tête du service de renseignements de l'armée. Le plus jeune colonel de l'armée française. Homme intègre qui fera taire son ambition pour faire triompher la vérité. Très tôt, il a les preuves de l'innocence de Dreyfus, et bientôt les preuves de la culpabilité d'Esterhazy. Niée encore aujourd'hui par certains historiens...Sans oublier la responsabilité dans l'injustice commise à l'égard de Dreyfus par le colonel du Paty de Clam, officier chargé de l'enquête contre Dreyfus, son fils deviendra par la suite Commissaire général aux questions juives du régime de Vichy, le général Mercier, ministre de la guerre, le commandant, puis Colonel Henry, qui se suicidera quand les preuves des forfaitures ne pourront plus être cachées. Picquart, mis à l'écart de son propre service puis envoyé dans le désert, au sens propre comme figuré avant d'être chassé de l'armée.
Même si tout le monde connaît la fin (Dreyfus et Picquart réintégrés et réhabilités, promus, Picquart nommé général puis ministre de la guerre par Clemenceau), j'ai lu ce livre et suivi les rebondissements comme un excellent roman à suspens.
Condamné en 1895, Dreyfus ne sera totalement innocenté par la Cour de Cassation qu'en 1906.
"Le désir humain d'assister à l'humiliation de l'autre."
"Quand une société en est là, elle tombe en décomposition." ("J'accuse" d'Emile Zola)
07:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, histoire
27/05/2017
Berlin 1939
Zoo station
David Downing
éditions du "cherche midi"
Impossible de ne pas penser à Philip Kerr et son héros récurrent Bernie Gunther.
John Russell n'est pas Allemand, ni policier, mais journaliste anglo-saxon, correspondant à Berlin, père d'un enfant allemand. Il voit venir la guerre.
Quand un de ses confrères, qui enquêtait sur l'eugénisme organisé par le régime nazi, est poussé sous une rame de métro à la station Zoo, John n'enquête pas, mais poursuit le travail d'investigation journalistique.
"Les sujets d'actualité mentionnés sont d'une tragique authenticité."
"Hitler n'a jamais tenu secret son projet de purifier la race en stérilisant les handicapés mentaux et tous les autres malades soi-disant incurables."
"Même si un Juif couchait avec une Aryenne une seule fois, les membranes de son vagin seraient tellement imprégnées de semence étrangère que la femme ne pourrait plus porter d'Aryens de race pure."
"Les seuls criminels violents que l'on pouvait voir dans les rues de Berlin étaient les autorités."
"Il y a plus de larmes en ce monde que tu ne peux le comprendre" (Yeats)
08:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, histoire, littérature
26/05/2017
1848/2017 : 25 Présidents de la République
L'accent du Midi
éditions "La Dépêche du Midi" / "Midi Libre"
Le premier Président: Louis-Napoléon Bonaparte. La Constitution de la IIe République ne l'autorisait pas à se représenter : il a donc fait un Coup d'Etat, et préféré devenir empereur, Napoléon "le petit".
Parmi les 25 Présidents de la République (doit-on dire "des Républiques" la IIe, la IIIe, la IVe, la Ve ?) quatre avaient l'accent du Sud.
Emile Loubet, "le père tranquille", ancien maire de Montélimar. Succédant à l'anti-dreydusard Félix Faure, mort en pleine action amoureuse à l'Elysée, Loubet cesse de bloquer le procès en révision du martyr de l'île du Diable et signe la grâce de Dreyfus.
"C'est la Belle époque, la France entre dans le XXe siècle, la prestigieuse Exposition universelle, la tour Eiffel, la première ligne du métro..."
Le second est Armand Fallières, ancien maire de Nérac (Lot-et-Garonne), petit-fils de vigneron. Il fit transférer les cendres d'Emile Zola au Panthéon, ce qui était une façon de clore l'affaire Dreyfus. Opposé à la peine de mort, il graciait les condamnés. Il instaura l'isoloir afin de rendre les votes secrets. C'était le temps des premières automobiles et des début du cinéma. Il fit entrer l'armagnac à l'Elysée.
Sa phrase restée dans l'histoire : "La place n'est pas mauvaise, mais il n'y a pas d'avancement !"
Il ne fit plus parler de lui. Le régime de Vichy fit fondre la statue de bronze que le Lot-et-Garonne lui avait érigée.
Le troisième est Gaston Doumergue, natif d'Aiguës-Vives, aux portes de la Camargue, à moins de dix km de l'endroit où je me trouve. Une circonscription représentée aujourd'hui par Maître Collard, du FN. Ici, Doumergue reste pour toujours "Gastounet".
Il est le seul Président de la République "parpaillot". Quand il quitta l'Elysée , en 1931, il s'installa dans la propriété de sa femme, épousée 13 jours avant de quitter l'Elysée, à Tournefeuille, à côté de Toulouse.
En 1937, Gastounet est mort dans le lit dans lequel il était né, à Aigues-Vives.
Le quatrième fut le socialiste Vincent Auriol, fils du boulanger de Revel, Haute-Garonne. Il était parvenu à imposer dans les menus de l'Elysée le cassoulet et la garbure.
08:38 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire


