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08/11/2019

De sang froid

La fabrique des salauds

Chris Kraus

éditions Belfond

 

Avant guerre, Koja vit avec sa famille à Riga. Ils appartiennent à la minorité allemande des pays baltes. Une famille riche. Koja suit son frère aux "Jeunesses Hitlériennes". La "fabrique des salauds".

Les deux frères se retrouvent dans les SS. Koja fait partie de ces groupes d'assassins chargés de "nettoyer" le Baltikum" de ses habitants juifs. Les terribles "Einsatzgruppen". Quand Koja se trouve contraint d'obéir aux ordres de son frère l'obligeant à tuer une mère et son bébé, il prend conscience de l'horreur. Il est un salaud, l s'en rend compte mais se sent incapable de sortir de ce système. Indissoluble ambivalence des hommes face à un dilemme moral.  Il devient chef espion, envoyant ses hommes à une mort certaine, puisqu'il joue double jeu avec le KGB.

Les réticences du BND à toute forme de renouvellement démocratique et antifaciste sont frappantes.

Comment la société de la République fédérale allemande a-t-elle réussi à trouver le chemin de la démocratie en dépit de l'intégration des anciens nazis ?

Après la guerre, les deux Allemagnes, mais aussi l'URSS et les USA récupèrent sans problème les anciens nazis qui peuvent leur être utile. Koja travaille donc pour les nouveaux services secrets d'Allemagne de l'Ouest, pour la CIA, tout en continuant à informer le KGB.

Il sert de pont entre le jeune Etat d'Israël qui a besoin d'armes, et l'Allemagne qui en a à vendre.

Une bonne partie du livre est consacrée aux services secrets du BND (Allemagne de l'Ouest), de la Stasi, de la CIA, du KGB et du Mossad.

Chris Kraus, qui a fait des études de cinéma était scénariste avant d'être romancier. Cela donne un livre plein d'actions très visuelles. Il est rassurant qu'un Allemand soit capable d'écrire un tel livre.

Un livre de presque mille pages...

 

 

 

 

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

22/10/2019

Les chevilles de papier, la suite

La famille Vollenhole

Michel Lefèbvre

édilivre

Le premier tome se passait en Flandre au XVIIe siècle, plus précisément dans la famille Breughel.

Le second tome se déroule en Flandre, à Bruxelles et en France, d'abord entre les deux guerres, avec la montée de l'idéologue nazie parmi les nationalistes flamands, en particulier la famille Vollenhole et son patriarche, restaurateur talentueux de tableaux, et bon connaisseur de la peinture flamande du "siècle d'or".

La collaboration avec les autorités allemandes d'occupation, qi ne se contentent pas des oeuvres d'art volées aux Juifs,  provoque le vol d'un tableau de Daniel Seghers, élève de Breughel, et peintre spécialiste de tableaux de compositions florales.

De nos jours un spécialiste pratiquant "la difficile discipline que représente la restauration des tableaux" résout  le mystère,  découvrant, au passage, que des tableaux mis aux enchères à Paris et à Londres sont des faux.

Ce livre ne pouvait être écrit que par un restaurateur de tableaux de haut vol, spécialiste de la peinture du XVIIe, combinant la connaissance de l'histoire de l'art et celle de la chimie des composants de la peinture de l'époque.

Les explications techniques au fil du récit n'alourdissent pas celui-ci et nous plongent dans l'univers de la restauration des tableaux, des galeries d'art et des ventes aux enchères.

 

"La Lys, cette généreuse rivière, ses eaux aux propriétés magiques qui donnaient aux fibres de lin une matière idéale à la fabrication de toiles à peindre pour artistes."

 

08:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, peinture

30/08/2019

Dans l'Amérique du XVIIe siècle

Un don

Toni Morrison

Prix Nobel de littérature 1993

10/18 n° 4339

 

Toni Morrison a été la première afro-américaine a être couronnée du prix Nobel de littérature.

Elle nous a quitté cette année, nous donnant un bon prétexte pour la lire, ou la relire.

J'ai jeté mon dévolu sur un petit livre de moins de deux cent pages qui raconte l'histoire de trois domestiques : une enfant noire de huit ans, fille d'une esclave déracinée d'Angola ; une jeune indienne, seule survivante du massacre de sa tribu lors de l'expulsion des indigènes de la Caroline ; une adolescente blanche, rescapée du naufrage du bateau de son père, n'ayant jamais vécu auparavant sur la terre ferme.

Un roman des débuts de l'Amérique colonisée, au XVIIE siècle. Vastes étendues et intransigeance religieuse.

 

"Elle se baigne tous les jours, ce que les chrétiens ne font jamais."

"En autorisant tout Blanc à tuer tout Noir pour n'importe quelle raison, en offrant des compensation aux propriétaires pour la mort ou la mutilation d'une esclave, ils séparèrent et protégèrent les Blancs de tous les autres, et pour toujours."

"Le tabac et les esclaves étaient mariés."

"Les hommes les plus riches de sa connaissance bâtissaient en bois, pas en briques."

"être femme ici c'est être une blessure ouverte qui ne peut guérir."

 

 

 

 

 

11/08/2019

Quelle vie ont eu nos grands-parents ?

Histoire de Rose et Jean Duchemin

Alphonse Karr

éditions des falaises

 

Mon fils m'a ramené d'Etretat, berceau de la famille Vallin, un petit livre racontant la vie de Rose Duchemin, née Vallin.

Une vie de dur labeur, à la limite de la misère ("nous étions pauvres honteux"). Une vie à demander au boulanger de pouvoir payer le pain, principale nourriture avec les pommes de terre, à crédit, au retour de pêche.

Sur la couverture on voit des femmes, et des hommes, tourner autour du cabestan pour remonter le bateau de pêche sur les galets. Une scène racontée par ma grand-mère paternelle. Les femmes attendaient sur la grève. Dès que les bateaux étaient en vue, le rappel était lancé pour que toutes les disponibles viennent tourner afin de remonter les cordes, et donc les bateaux.

Rose, treizième enfant de la maison Vallin, mariée en 1815 afin de son mari soit exempté de partir à la guerre de Napoléon.

Jean Duchemin était marin. Mais si pauvre qu'il n'avait pas de filet pour participer à la pêche. ("il faut six filets pour avoir son lot à la pêche du hareng") Seule solution : prendre un crédit. Une pêche difficile puisque déjà à l'époque les marins se plaignaient que les harengs aient quitté nos côtes. "Nous avons à présent un pays bien triste pour la pêche, nos côtes sont stériles."

Rose élèvera seize enfants. Sept garçons et neuf filles.  "Il ne faut pas crier après les enfants pour se faire craindre, on est plutôt servi à les prendre par la douceur. Quand on crie après eux, ils vous haïssent de suite ". La mer lui prendra deux garçons, dont l'ainé.

Aujourd'hui une école d'Etretat porte le nom de Rose Duchemin.

Alphonse Karr, romancier et journaliste (il fut même rédacteur en chef du Figaro de 1836 à 39) prête sa plume pour raconter la vie de Rose, en certifiant qu'il a reproduit fidèlement son récit.

 

 

17:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, histoire

13/07/2019

Roman noir et gastronomique

Souper mortel aux étuves

Michèle Barrière

Le livre de poche policier n°3143

 

L'action se passe lors du règne du malheureux roi Charles VI victime de crises de folie de plus en plus longues, laissant , de fait, la régence du royaume à son épouse, Isabeau de Bavière qui n'a pas laissé un bon souvenir dans l'histoire de France, marquée en cette période par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, portée à son maximum par les assassinats de Louis d'Orléans, frère du roi, et de son cousin Jean sans Peur, Duc de Bourgogne.

Un bourgeois de Paris a la gorge tranchée dans des étuves, haut lieu de prostitution. Son épouse veut venger son mari. Elle enquête et découvre que les études, comme aujourd'hui les saunas, peuvent être parfois autre chose que des lieux d'hygiène. Elle découvre également que son mari était en ces lieux sur la piste d'un trafic de fausses monnaies.

Son enquête la mènera jusqu'à Bruges, important lieu du commerce international à l'époque, et Lille "l'une des trois capitales, avec Dijon et Bruxelles, du duc de Bourgogne."

Michèle Barrière est incontestablement la spécialiste du livre policier et gastronomique.

 

 

14:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, littérature, histoire