14/09/2012
crimes sur la cote belge
Les vacances d'un serial killer
Nadine Monfils
Pocket n°14972
Sur la cote belge, il pleut souvent. "Tu peux te balader sans risquer une insolation". Cet été là il pleut des cadavres. Mais pas de policiers à l'horizon.
Les vacances de cette famille tranquille tournent au cauchemar. Le "serial killer" n'est pas seul à troubler la quiétude des vacanciers. Mémé n'est pas la dernière à mettre de l'ambiance, avec sa caravane et sa boule de cristal. "Les femmes, c'est comme le bon vin. Ca doit prendre de l'âge pour devenir buvable".
C'est drôle, et impertinent. La définition de l'humour noir.
Ecrit dans un style aussi enlevé que le rythme de la succession de péripéties.
Saupoudré de belgitude.
Obligatoire pour les Français qui voudraient demander la nationalité belge. Recommandé aux autres. "Comme tous les Belges, elle a le sens de la dérision".
"La mer du Nord va être nationalisée. Paraît que le sable sera aux Wallons et la mer aux Flamands"
"La Flandre est devenue triste avec ses Flamingants qui lui ont écrasé le cœur à coups de bottes de SS".
"On apprend plus avec les cons, mais on s'amuse beaucoup moins."
"Il faut toujours donner aux hommes l'impression que ce sont eux qui dirigent, tout en sachant très bien que ce sont les femmes qui les mènent par le bout du nez".
"Ne buvez plus au volant, buvez au goulot !"
13:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
11/09/2012
entre un photographe et un dessinateur de BD, un écrivain suit la campagne de François H.
Rien ne se passe comme prévu
Laurent Binet
Editions Grasset
"HHhH" : titre du livre qui a valu à Laurent Binet le "Goncourt du premier roman". J'en ai parlé dans ce blog. Traduction en français et en clair : "Le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich".
Qui est le "cerveau" de François Hollande ? Manifestement, ils s'y mettent à plusieurs... et François Hollande fait se qu'il veut. Le livre de Yasmina Reza, "L'aube, le soir ou la nuit", était centré sur Sarkozy : "il ne s'adresse qu'à lui même". "En politique on est tous tournés sur nous mêmes" (N. S.). Le livre de Binet l'est davantage sur l'entourage, dont certains vont devenir ministres, manifestement plus facile à aborder que le candidat lui même. "Je n'aurai pas dansé aux Antilles avec le candidat comme Yasmina Reza en 2007".
Au départ penchant plutôt pour Mélanchon, Binet reconnaît avoir été victime du "syndrome de Stockholm" : l'otage prend le parti des ravisseurs ! "J'observe, fasciné, l'altération progressive de ma subjectivité".
Avant même le résultat de la "primaire", il m'avait été demandé, comme probablement à un certain nombre d'autres, de faire des fiches argumentées sur d'éventuels déplacements du candidat à l'étranger, afin de lui donner cette dimension internationale, soit disant indispensable.
Je ne peux que souscrire aux réflexions lues dans ce livre, dans la bouche du candidat ou de certains conseillers :
- "tout le monde se focalise sur l'international, mais dans une élection présidentielle française, ce n'est jamais là-dessus que ça se joue" (et, selon moi, pas seulement pour la présidentielle, même pour les Européennes !)
- "je ne veux pas m'afficher avec tous les battus de la gauche".
- "en tant que président, c'est très important, mais en tant que candidat, pas tellement".
J'ai appris dans le livre le nom du "Conseiller d'Etat" chargé de trier et de synthétiser en une page maximum nos fiches. Mais je ne suis pas de ceux qui envoyaient des pensums de quinze pages. Travaillant depuis plus de trente ans pour les femmes et les hommes politiques, je sais que leur temps de lecture est des plus limité. Deux pages a toujours été mon maximum.
Les journalistes politiques sont assez sévères avec ce livre de témoignages. Il faut dire qu'il ne les épargne pas : "hystériques ; "les voies du journalisme sont impénétrables ; "un tel manque de lucidité, c'est fascinant" ; "la jouissance bornée du journaliste qui répète pour la millième fois la dernière expression à la mode". Il démonte, et démontre, leur fonctionnement au moins autant que celui du candidat. Et ce n'est pas à leur avantage.
"Rien ne se passe comme prévu", titre du livre, est la réflexion de François Hollande apprenant l'arrestation de DSK à New-York.
"Dans le débat, François Hollande fonctionne comme au judo, c'est à dire qu'il utilise la force de l'adversaire."
"Il ne faut pas confondre un débat sur le fond avec un débat qui touche le fond".
"La jovialité masque une ironie fondamentale, comme indice d'une distance à soi-même et aux évènements que je n'ai pas observée chez les autres, comme l'aveu qu'il n'est pas dupe de toute cette comédie humaine".
"Tu dois cliver avec les politiques de droite, mais pas avec les Français"
"Derrière ces attaques, c'est quoi ? C'est que la gauche est illégitime pour diriger le pays" (Manifestement toujours vrai après les élections...)
"Comment être très laïc et à l'écoute du religieux ?" (Manuel Valls)
"C'est surprenant l'importance des relations personnelles en politique. Beaucoup plus important que les considérations idéologiques."
"Pour faire de la politique, il faut deux choses : la santé et accepter de prendre des coups. François est fait en plumes de canard : les attaques glissent sur lui".
"Toute victoire appelle après, un nouveau combat"
14:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, hollande, littérature
08/09/2012
Washington et ses symboles maçonniques
Le symbole perdu
Dan Brown
Editions J C Lattès "Pocket" n°12265
Quand je suis allé à Washington, en mai, ma fille ainée, sachant que j'allais passer quelques jours au Capitole, et que j'avais la ferme intention de visiter la bibliothèque du Congrès, ne comprenait pas que je n'ai pas mis dans ma valise "Le symbole perdu". Non, je n'avais lu aucun livre de Dan Brown, rebuté par les films inspirés de "Da Vinci Code" et "Anges et démons", pleins d'actions et surtout d'invraisemblances.
La période estivale étant favorable a l'attaque du "pavé", j'ai pu parcourir de nouveau les sous-sols du Congrès où sans guide je me serais réellement perdu. Les couloirs sont si longs qu'un petit train électrique a été installé entre le Sénat et la Chambre des députés.
George Washington, franc-maçon, voulait donner une dimension symbolique à la ville qui a pris son nom.
C'est vêtu de ses "décors" maçonniques que Washington a posé la première pierre du Capitole.
"La ville de Washington compte plus de symboles astrologiques dans son architecture que n'importe quelle autre ville au monde".
" Les père fondateurs avaient baptisé Washington "la nouvelle Rome".
Cela contribue peut-être à la conviction d'un certain nombre d'Américains : les Etats-Unis sont une nouvelle Terre Sainte et Washington une nouvelle Jérusalem.
Mon ami, et fidèle commentateur historien, Frédéric Dubuisson évoquait la possibilité d'un plan de Washington inspiré des plans des jardins du château de Versailles. Ceux-ci auraient-ils été d'inspiration maçonnique ? Peu probable, la franc-maçonnerie spéculative n'ayant alors pas encore été "importée" d'Angleterre.
Peut-être des plans plus "astrologiques" que maçonniques, basés sur une symbolique séculaire qui n'est pas spécifique à la maçonnerie ?
Thomas Jefferson, lui aussi franc-maçon, décrivait le Capitole comme "le premier temple consacré à la souveraineté du peuple." "Plus de la moitié des auteurs de la Constitution étaient des francs-maçons".
"Les pères de l'Amérique rêvaient d'un pays spirituellement éclairé, dans lequel la liberté de penser, l'instruction du peuple et la science remplaceraient les vieilles superstitions religieuses".
Je n'aurais jamais imaginé la présence de symboles maçonniques sur le billet de 1$. J'ai regardé pour vérifier ce que je n'avais jamais remarqué : "une figure architecturale emblématique qui matérialise la capacité de l'homme à se libérer de ses attaches terrestres pour monter vers les Cieux, vers l'illumination suprême" (pas mal sur un billet de banque !) ; "rappelant à l'Amérique son destin encore inaccompli".
Il s'agit d'une enquête policière, à la suite d'un meurtre, et dont la clé se trouve dans des traditions ésotériques séculaires ("le symbole perdu") reprises par la franc-maçonnerie américaine.
Comme l'ont écrit Alain Bauer et Roger Dachez : "on imagine guère les francs-maçons français aller dissimuler sous l'Obélisque de la Concorde quelque rébus ésotérique dont la clé serait finalement kabbalistique, biblique et pour tout dire mystique !"
"Vivre dans le monde sans en explorer le sens est comme errer dans une grande bibliothèque sans toucher les livres" (Manly P. Hall)
"Le savoir est un outil, et comme tous les outils, son utilisation est entre les mains de l'utilisateur"
"Les premiers alchimistes s'étaient longtemps acharner à essayer de changer le plomb en or, sans jamais comprendre que cette transmutation n'était qu'une métaphore du potentiel humain"
"Le secret est à l'intérieur, non pas au paradis, au dessus, mais en son cœur, au fond de soi. C'était le message de tous les grands maîtres."
"L'idée de la vie après la mort est une invention humaine, une chimère destinée à nous faire supporter notre nature mortelle"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature
02/09/2012
une enquête de M. De Mortagne, bourreau
En ce sang versé
Une enquête de M. De Mortagne, bourreau
Andrea H. Japp
Editions Flammarion
1305, environs de Nogent-le Rotrou, "enclave bretonne en Perche"
Pour celles et ceux qui ont lu "Monestarium", l'action se passe un an avant, en partie dans la même abbaye de femmes des Clairets.
Le Roi de France est alors Philippe le Bel, et nous ne pouvons donc échapper à quelques allusions à l'Ordre du Temple ainsi qu'aux relations entre le Roi et le Pape.
Beaucoup de références aux problèmes de vie quotidienne de l'époque : les habitudes alimentaires, la faim, la tuberculose, la mortalité infantile, et des femmes au moment de l'accouchement.
Quelques chapitres nous permettent de mieux connaître la vie du puissant conseiller du Roi, Guillaume de Nogaret, sans que cela ait une incidence sur le déroulement de l'intrigue.
Une moniale, d'origine noble, a été assassinée, et l'enquête est menée par le bourreau de Nogent-le-Rotrou qui va au delà des apparences, en se basant sur les conclusions d'un "aesculapius" déjà rencontré dans "Les mystères de Druon de Brévaux". Il constatera que les relations à l'intérieur des familles peuvent être marquées par la haine.
Réhabilitation du métier de bourreau, ayant plus que d'autres quelques notions anatomie, bénéficiant à la fois de privilèges mais souffrant d'ostracisme.
Comme à son habitude, l'auteur nous offre en notes en bas de pages l'étymologie de mots et d'expressions venus du fond des âges.
"L'homme redoute ce qu'il ne comprend pas ou ce qui le remet face à sa faiblesse"
08:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
01/09/2012
On the road
Sur la route
Jack Kerouac
Nrf et Livre de poche
Le film m’a donné envie de lire le livre.
L‘écriture, hachée, sans paragraphe, avec des phrases courtes, rend bien le rythme fou, celui du jazz que l’auteur écoutait en écrivant, sur un seul rouleau, pour ne pas perdre le fil.
Comme son nom l’indique, l’essentiel se passe sur la route : par des traversées incessantes d’Est en Ouest, ou inversement, et pour finir du nord au sud vers le Mexique, en voitures, en cars, parfois en trains, clandestinement.
Dans ces années de l’immédiat après guerre, l’avion ne s’était pas démocratisé…
A moins de bien connaître les Etats-Unis, ce qui n’est pas mon cas, une carte, avec villes et Etats, est indispensable. Mais le livre constitue un formidable témoignage sur les USA de la fin des années 40.
« On s’attend toujours à trouver une forme de magie, au bout de la route ».
Le but est de découvrir soi même plutôt que les Etats traversés.
Comme chacun sait, c’est une histoire dans laquelle certains picolent pas mal, n’hésitent pas à prendre quelques substances licites, ou non (à l’époque il était possible d’acheter de la morphine en pharmacie sans ordonnance). Au passage, ils font tomber quelques tabous sexuels, y compris homosexuels.
Jack admire Neal, et sa vitalité, mais ne semble pas approuver sa propension à abandonner les enfants qu’il fait aux femmes qu’il séduit. « Libération » des hommes, pendant que les femmes font le ménage et préparent les repas, en attendant d’être abandonnées.
« Le monde ne trouvera pas la paix tant que les hommes ne se jetteront pas aux genoux de leur femme pour lui demander pardon ».
Les protagonistes semblent avoir du mal à répondre à la simple question : « qu’est-ce que tu veux de la vie ? » Après avoir « accompli leur unique et noble devoir du moment : bouger ».
« Ca ne peut pas durer toujours…ce délire, ces virées aux quatre coins du pays. Il faut qu’on se range, qu’on trouve notre place ».
Neil finira en clochard « mystique », et Jack sera sauvé par l’écriture.
08:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature


