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30/10/2021

Roman vrai d'un Coup d'Etat

La nuit des aventuriers

Nicolas Chaudun

éditions Plon

 

2 décembre 1851 : le Prince- Président ne veut pas quitter le pouvoir. Il refuse la disposition constitutionnelle qui ne lui permet pas de se représenter à la présidence de la République.

Nicolas Chaudun considère que ce Coup "scellait la faillite manifeste des élites". N'est-ce pas parce que les travailleurs se sont sentis trahis en 1848 qu'ils se sont peu mobilisés ? "Hugo l'humaniste avait appuyé de son talent la suppression des ateliers nationaux" ; "5500 morts parmi les insurgés, sans compter les détentions ni les déportations à Cayenne ou en Algérie".

Ou parce que, face à l'armée ils ne pensaient pas pouvoir bloquer le succès de l'opération ?

"Ce fut bien le républicain Cavaignac qui culbuta comme des Bédouins les émeutiers de juin 48."

En 51 : "-Croyez-vous qu'on va se faire tuer pour vous conserver vos 25 francs ?"

- le député Alphonse Baudin ainsi interpellé au pied d'une barricade:"Voyez comment on meurt pour 25 francs"

Je trouve que son action est la plus belle réponse que l'on puisse faire à l'anti-parlementarisme, et j'y pense chaque fois que je passe dans la petite rue qui porte le nom de Baudin. Mais combien de Français s'en souviennent ?

Bilan de la répression contre les opposants au Coup : 1000 morts, 30 000 arrestations, 10 000 déportés en Algérie ou en Guyane.

"La captation du pouvoir s'est opérée par la poigne d'aventuriers, d'affairistes, d'ambitieux, de renégats."

"L'exercice du pouvoir, c'est de mentir à bon escient ; l'idéalisme au pouvoir, c'est de croire à ces mensonges"

"La dictature était inéluctable. Les Français la préféraient à l'anarchie"

"Il faisait rire ; tout à coup il fit trembler" (Victor Hugo)

17:12 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

03/10/2021

Histoire de Thomas Müntzer

La guerre des pauvres

Eric Vuillard

Actes Sud

 

"C'est une réaction à la corruption de l'Eglise, à l'irrationalité de la doctrine et des sacrements. Car ils lisent autre chose qu'Augustin et Thomas d'Aquin. Ils lisent Erasme et Jan Hus."

"La grande querelle était de prôner un baptême volontaire et conscient."

"Les lollards propagent des idées saugrenues sur la sainte pauvreté, soupe égalitariste."

"Cette relation directe avec Dieu, sans l'intermédiaire des prêtres, sans la dîme, sans tout le train de vie des cardinaux."

"A l'époque trois papes revendiquent le trône de Pierre."

"La négociation est une technique de combat."

 

Ce petit livre est un récit historique, comme le formidable "Ordre du jour", Goncourt 2017.

 

08:43 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, religions

10/08/2021

Retour en Suède

1794

Niklas Natt och Dag

éditions Sonatine

 

Gustave III, "par la grâce de Dieu, roi de Suède, des Goths et des Vandales" est mort assassiné. Gustav Adolf, son fils unique, n'a que 15 ans et est sujet à des crises de démence. Son tuteur est son oncle. Il laisse la régence effective à son favori, le Baron Gustaf Adof Reuterholm. "Les mauvaises langues ont trouvé un surnom à 1794 : ils parlent d'âge de fer." "Un régime de régence en pleine déliquescence." "Je n'ai jamais entendu parler d'un régime qui souhaite autre chose que des sujets stupides et soumis."

Mais le roman s'attarde plus sur la vie miséreuse du peuple que sur les luttes au sein de la noblesse. "A Paris, l'aristocratie est envoyée à l'échafaud pour divertir la populace." (1794 est l'année de la Terreur. Après la chute de Robespierre en juillet - 9 thermidor- la terreur sera anti-jacobine)

L'orphelinat, l'hôpital, l'asile pour les fous, et la prison regroupent les pires misères.

"Q'un bandit s'échappe, passe encore mais on ne veut pas d'un fou dans la rue. Ce n'est pas pour rien que les asiles de fous sont appelés "tombeaux des vivants".

"La moitié des nouveaux-nés ont à peine le temps de venir au monde avant de devoir le quitter."

Si vous avez aimé 1793 vous retrouverez ces aventures plus noires que noires. Âmes sensibles s'abstenir !

Une virée à Saint-Barthélémy qui n'était pas encore "Saint-Barth",  nous apprend qu'à l'époque l'île était suédoise, offerte par Louis XVI,  en 1784, au roi de Suède, d'où le nom de la capitale "Gustavia". L'île restera suédoise jusqu'en 1878. En 1794, Saint-Barth était un port franc où le trafic des esclaves prospérait, alors que l'esclavage avait été aboli en France. Il sera rétabli par Bonaparte.

 

"Il ne sait rien de ce que c'est d'être une femme.C'est une vie où l'on attend de nous que nous étouffions la raison que nous a donnée Dieu pour nous en remettre en tout à l'homme."

"Sur le continent, on s'est libéré des chimères qui jadis nous opprimaient tous. Le Dieu du testament a été frappé à mort, les monarques qui gouvernaient en son nom sont remis en cause."

 

08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : thriller, histoire

18/07/2021

Fresque historique XVe et XVIe siècle

L'étoile brisée

Nadeije Laneyrie-Dagen

(professeure d'histoire de l'art à Normale Sup)

éditions Gallimard / nrf

 

Il ne fait pas bon être Juif dans l'Espagne d'Isabelle la Catholique. Afin d'éviter qu'ils soient massacrés, un couple envoie ses deux fils sur les routes. L'un part vers le Nord, l'Allemagne en passant par la France. Il devient le médecin d'un moine nommé Martin Luther. L'autre part vers l'ouest, donc vers le nouveau monde. Il devient intime d'Amerigo Vespucci et contribue à ce que son prénom devienne le nom de ce continent redécouvert.

Au cours de leurs péripéties ils croisent des personnages qui emmènent les lecteurs sur les routes, et les océans, y compris à Londres,  en Algérie et dans le ghetto de Vénise. L'un d'entre eux passent deux fois à Aire-sur-la-Lys !

L'étoile brisée est celle de David, séparée au moment de leur départ, chacun en gardant la moitié.

 

"Le seigneur Erasmus n'est pas tendre pour les femmes. Il dit que nous sommes vaines et créatures ineptes. Mais il nous reconnait, à cause de notre beauté et de ce manque de raison, un pouvoir sur les hommes. Si nous n'étions pas telles, écrit-il, le monde serait terriblement ennuyeux !"

"Martin assure qu'un dépouille ne doit pas être honorée puisque l'âme est partie"

 

 

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire

11/07/2021

1739 / 1751

Foudres

Philippe Vandamme

éditions "Poussière de lune"

 

Le siècle "des lumières", essentiellement en Provence. Une galerie de personnages que rien ne prédestine à se rencontrer : un notaire, veuf, qui cède tout à sa fille unique, y compris la laisser apprendre à lire, dans un livre d'anatomie, "elle achetait des ouvrages à la pelle et il réglait les factures",  un forgeron appartenant à une confrérie de libre pensée qui n'est pas sans rappeler la Franc Maçonnerie qui se répand à cette époque, un soldat "gueule cassée" qui sert d'espion au Lieutenant général de police (qui ne se nomme Lethor que dans l'imagination du romancier, le poste étant tenu par Claude Henry Feydeau de Marville jusqu'en 1747, puis par Nicolas René Berryer),  et un jeune homme curieux, habile,  qui invente le paratonnerre, avant que Benjamin Franklin ne le fasse en 1752, à Philadelphie. Ce qui donne le titre du livre.

"Ne restait plus qu'à inventer une suite". La fin de l'histoire est laissée à l'imagination des lectrices et lecteurs. A moins qu'un second tome ne paraisse ?

 

"Concevoir le Roi semblable à un découlement et une suite nécessaire de la nature de Dieu est une imposture basée sur l'ignorance. Le droit divin est pure imagination"

 

08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire