13/02/2026
Une insurrection linguistique
Trump, le pouvoir des mots
Alain Bauer
Décryptage d'une redoutable mécanique de persuasion de masse
éditions First
"La transition du vocabulaire sophistiqué des années 80/90 vers la simplicité agressive des années 2010/2020 s'effectue par des ruptures stratégiques synchronisées qui suivent les étapes de la conquête politique de Donald Trump. Cette évolution révèle une compréhension remarquable des attentes de l'électorat cible."
"L'architecture syntaxique du trumpisme politique se caractérise par l'hégémonie de structures affirmatives simples, dépourvues de nuances, la saturation cognitive : submerger l'auditeur sous un flux d'affirmations péremptoires, les phrases courtes, les répétitions obsessionnelles, les superlatifs systématiques pour court-circuiter les mécanismes de la délibération rationnelle."
"La maîtrise du flux devient plus décisive que la véracité du propos"
"il transforme la fonction présidentielle en spectacle permanent, une théâtralité agressive qui fascine."
"Il transforme chaque déclaration en évènement médiatique, chaque tweet en polémique."
"la communication trumpienne privilégie systématiquement l'émotion sur l'argumentation, la sensation sur l'analyse, la transformation d'un désaccord politique en duel personnel."
Trump a retenu les leçons de Roy Cohn :
- ne jamais s'excuser, ni admettre ses erreurs ;
- attaquer systématiquement pour ne jamais être mis sur la défensive ;
- ne jamais reconnaître sa défaite et toujours se présenter comme victorieux, même en niant la réalité.
Il utilise les techniques de persuasion commerciale, avec un style emphatique, avec des adjectifs hyperboliques. "La propagation du vocabulaire commercial vers la sphère politique"
"Il substitue à la preuve l'injonction à la foi personnelle."
"Donald Trump a transformé la diplomatie traditionnelle en un spectacle médiatique permanent, où les provocations calculées constituent un instrument de politique étrangère totalement assumé, avec une vision utilitariste des relations internationales."
08:08 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trump
11/02/2026
le nazi et le psychiatre
Nuremberg
de James Vanderbilt
avec Russell Crowe, Rami Malek
La guerre est finie. Perdue pour l'Allemagne. Les Alliés, y compris l'URSS, décident de faire un procès aux dirigeants nazis survivants, au premier rang desquels Göring. Il n'y a pas de lois spécifiques, pas de jurisprudence et quelques juristes crient au "casse-cou". Le procès va durer un an, ce que le film de deux heures ne montre pas...
Russell Crowe est magistral pour incarner un bon époux, bon père. "La banalité du mal" !
Pour contrebalancer, pour montrer l'horreur, le film contient six minutes de la libération des camps, filmée par l'armée américaine.
Sur le même thème vous trouverez dans mon blog une note sur "Le crépuscule des Hommes" d' Alfred de Montesquiou, Prix Renaudot 2025 qui raconte le procès vu par la presse étrangère présente à Nuremberg.
07:56 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, nazisme, guerre
09/02/2026
L'assassin de Jaurès assassiné
Les morts de Raoul Villain
Amos Reichman
grand prix du festival de la biographie
éditions du Seuil
L'enfance et la jeunesse de Raoul Villain. Sa mère internée en psychiatrie. Sa grand-mère paternelle qui n'est pas internée mais reconue comme ayant des problèmes psychiques.
Il en veut à Jaurès qui s'était élevé contre le service militaire porté à trois ans, et qui s'élevait contre la perspective de la guerre, qui sera déclarée le surlendemain de l'assassinat de Jaurès.
Cinq ans plus tard, la guerre est finie et dans un esprit de réconciliation nationale Villain est acquitté.
En 1936, il est tué sur une plage d'Ibiza, dans des circonstances troubles. C'est le début de la guerre civile espagnole, Ibiza n'est pas encore une sation balnéaire.
Un livre entre enquête historique et récit littéraire sur un personnage hors du commun, à la limite perpétuelle de la folie. Vagabond perpétuel, le plus souvent à la charge de son père.
08:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, jaurès
06/02/2026
4 ans à la Justice
Juré, craché
éric Dupond-Moretti
éditions Michel Lafon
L'ex-garde des Sceaux raconte les coulisses d'un monde dans lequel il n'était pas le bienvenu, attaqué par certains syndicats de magistrats dès sa nomination.
Il raconte également sa blessure d'être mis en accusation devant la Cour de justice de la République...et son soulagement d'être relaxé.
Il est fier des réformes qu'il a mené à bien, en particulier l'inscription de l'IVG dans la Constitution, et son émotion quand il a apposé les Sceaux sur le texte de Loi.
Autres affaires marquantes pendant son mandat : l'évasion sanglante de M. Amra, l'affaire Pelicot. Il regrette que la presse pousse la justice à céder au diktat de l'émotion. "La justice n'est pas un spectacle !"
Il est fier de s'être battu pour améliorer le budget de la Justice, dans un contexte défavorable. En particulier le budget de la pénitentiaire.
Il de réclame de la Gauche mais répète son admiration pour le Président de la République.
"il faut avoir un coeur de rhinocéros pour faire de la politique."
08:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice
04/02/2026
Godard tourne
Nouvelle vague
de Richard Linklater
avec Guillaume Marbeck, Zoey Deutch
10 nominations pour les Césars 2026
meilleur film, réalisation, espoir masculin, révélation masculine, son, photo, montage, costumes, décors, effets visuels
Fin des année 50, une nouvelle génération de cinéastes, issue des Cahiers du cinéma, émerge. Au journal l'un d'entre eux, Jean-Luc G, piaffe d'impatience.
On croise Truffaut, Chabrol, Varda...
Sa méthode a de quoi inquiéter le producteur qui risque son argent : improvisation, aucun souci des coûts...
Un film en Noir et Blanc, plein d'humour avec la musique jazzy de l'époque.
Les deux interprètes, excellents, son inconnus en France et j'espère que nous les reverrons bientôt, surtout l'Américaine Zoey qui me donne la nostalgie de Jean Seberg.
08:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma


