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12/07/2017

L'Encyclopédie, de Paris à Madrid

Deux hommes de bien

Arturo Pérez-Reverte

éditions du Seuil

 

Les "deux hommes de bien" sont deux Académiciens espagnols mandatés par leurs collègues pour ramener de Paris un exemplaire de l'édition originale (épuisée) des 28 tomes de l'Encyclopédie, alors "mise à l'index"par "le Saint Office", donc interdite, avec plus ou moins de rigueur en Espagne, et en France. Leur mission est autorisée par le roi Charles III, monarque "éclairé". Mais ceux qui s'y opposent sont prêts à financer le malandrin qui organisera quelques obstacles sur leur route, en particulier dans ce Paris où se lève le vent de la Révolution. A cause des idées diffusées par l'Encyclopédie, et de la pénurie récurrente de pain.

Arturo Pérez-Reverte, lui même membre de l'Académie espagnole, est célèbre pour "les Aventures du capitaine Alatriste" qui ne représentent pourtant pas la majorité de son oeuvre. On ne sera pas surpris de retrouver quelques scènes de capes et d'épées dans ce roman d'aventures qui reflète l'ambiance de Paris, et de quelques provinces de la France pré-révolutionnaire.

Les deux personnages et leur mission sont des réalités historiques que le romancier a habillé de quelques aventures dues à son imagination.

J'ai également apprécié les parties du livre consacrées au "making of" dans lesquelles l'auteur explique la façon dont il s'est documenté, les questions qu'il s'est posé, les choix qu'il a eu à faire.

Au total un livre intelligent qui se lit avec plaisir.

 

"Nul ne peut être sage sans avoir lu au moins une heure par jour."

"Il n'est de curé qui ne rêve d'administrer l'extrême-onction à un philosophe et de s'en faire gloire pendant son prêche dominical."

"Je suis moins orgueilleux de ce que je suis que de ce que j'ai réussi à ne pas être."

 

 

11:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

26/06/2017

Officiers et espions en Asie centrale

Le grand jeu

Peter Hopkirk

éditions Nevicata

 

Le "grand jeu", c'est l'affrontement, direct ou indirect, essentiellement pendant la deuxième moitié du XIXe siècle,  entre l'Empire britannique de la reine Victoria et l'Empire russe tsariste,  en Asie centrale.

La Russie a des visées expansionniste. "Les Russes ont la peur permanente d'être encerclés, d'où une poussée constante vers l'est et le sud."

L'Angleterre veut protéger sa colonie indienne de tout risque d'invasion qui pourrait survenir, en particulier en passant par l'Afghanistan. Le Tibet et la Perse sont également des voies de passage.

"Lorsque la partie débuta, les frontières des deux empires étaient distantes de plus de trois mille kilomètres. Cent ans plus tard, moins de trente kilomètres les séparaient. "Les deux empires avaient atteint les limites de leur capacité d'expansion."

De jeunes officiers, rêvant de gloire, se lancèrent sur les chemins extrêmement dangereux avec le même but : dresser les cartes des passages possibles vers l'Inde.

Jusqu'au jour où le tsar Nicolas II, mal conseillé, se lança dans le rêve d'un empire russe en extrême-Orient. La guerre contre le Japon tourna à la déroute. Ce qui aurait du alerter les alliés de la Russie avant 1914. "La guerre avait pour toujours détruit le mythe de la supériorité de l'homme blanc sur les peuples d'Asie."

En ce début de XXe siècle, " c'était la puissance allemande que la Russie et la Grande-Bretagne redoutaient le plus."

 

24/06/2017

Au temps du bassin minier

Germinal

Emile Zola

adaptation BD Philippe Chanoinat

dessin et couleurs : Jean-Michel Arroya

Le Monde et éditions Glénat

 

En 1986, à l'occasion de la campagne électorale des élections européennes, je suis descendu au fond de la mine, à Liévin. A l'époque où il y avait encore quelques mines de charbon en France, et  les corons n'avaient pas encore été réhabilités ni les terrils aménagés, les uns et les autres avec des fonds européens.

J'en ai gardé un souvenir pénible d'avoir été obligé de ramper sur les coudes et les genoux pendant un temps qui m'avait paru interminable.Mais c'est une chose d'aller y avoir, une autre d'aller y travailler plusieurs heures par jour, pour le restant de sa vie, ou même pour une période indéterminée. Même si les conditions de travail (les hommes n'étant là que pour vérifier le bon fonctionnement de machines automatisées) et surtout de sécurité,  n'avaient plus rien à voir avec la description faite par Zola.

Des catastrophes épouvantables ont provoqué une salutaire prise de conscience. Des luttes, dont celle d'Andin qui a inspiré Germinal,  restées dans l'histoire,  ont été nécessaires pour obtenir des améliorations notables.

Autre remarque : au fond il y avait surtout des immigrés, maghrébins ayant succédé aux Polonais, aux Italiens, aux Flamands. Ceux qui travaillaient sur le "carreau" avaient un certain sentiment de supériorité sur ceux du "fond".

 Ceux qui votent si massivement pour le FN sont-ils les descendants des uns ou des autres ? Pensent-ils vraiment que Madame Le Pen, la châtelaine, va améliorer leur sort ?

Cette BD permet de se replonger dans cette période pas si lointaine, comme l'avait fait le film de Claude Berri avec Renaud et Depardieu.

 

17:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

22/06/2017

Nous sommes tous sur écoute

Snowden

d'Oliver Stone

avec Joseph-Gordon-Levitt

en VOD

 

Pourquoi Edward Snowden, Américain patriote, employé par l'agence américaine de renseignements NSA, après avoir travaillé pour la CIA, petit génie de l'informatique,  a décidé de devenir "lanceur d'alerte" au risque de ne plus pouvoir revenir dans son pays ?

Parce qu'il s'est rendu compte que la lutte contre le terrorisme n'était qu'un prétexte pour les autorités américaines pour surveiller, espionner, tous les citoyens, avec une intrusion dans leur vie privée contraire à la Constitution des Etats-Unis. Parce qu'il a entendu les mensonges du responsable en chef de son agence. Parce qu'il a été déçu qu'Obama n'y mette pas fin.

Un sujet toujours d'actualité, et pas seulement aux Etats-Unis, puisque le terrorisme frappe quotidiennement. Qu'est-ce qui est vraiment indispensable à la lutte contre les terroristes, grands utilisateurs d'Internet ?  Quelle est la limite qui ne doit pas être franchie ?

La question est posée avec talent par Oliver Stone, sous la forme d'un film d'espionnage, d'un "thriller" plein de suspens, avec la conscience politique qui est une de ses caractéristiques.

 

10:39 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, terrorisme

16/06/2017

1848/1871

Le crépuscule des révolutions

Quentin Deluermoz

Histoire de la France contemporaine

éditions du Seuil

 

1848 : la révolution parisienne qui chasse Louis-Philippe fait tâche d'huile : l'Italie s'embrase contre la tutelle autrichienne. Les autres nationalités de l'Empire des Habsbourg s'agitent et demandent la création de parlements élus. A Berlin, Frédéric-Guillaume IV est obligé de céder face aux émeutiers. Malgré le reflux, "la fin du printemps des peuples n'est pas un retour en arrière."

1871 : la Commune de Paris, "le plus grand massacre civil du siècle français et européen." De nombreux combattants étrangers viennent porter main forte aux Parisiens, le plus célèbre étant Garibaldi, mais rien ne se passe au delà des frontières.

"La notion de propriété individuelle n'est pas remise ne cause. Le socialisme y apparaît dans son sens du XIXe siècle comme un remplacement progressif du capitalisme par la libre association des coopératives de travailleurs."

Le Second Empire soutient le capitalisme émergent. Naissance d'un véritable capitalisme industriel favorisé par la naissance de grands établissements bancaires (Crédit Lyonnais, Société Générale, Paribas etc..

Les travailleurs quittent les campagnes pour rejoindre les usines qui se développent dans la périphérie des villes, "véritables mouroirs pour les populations fragiles."

C'est "le crépuscule des révolutions", et le triomphe du parlementarisme. Un Parlement inflexible face à la Commune de Paris.

Quentin Deluermoz enseigne à Paris XIII. Il a participé à l'Histoire mondiale de la France.

 

17:13 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, révolutions