Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/06/2020

Il y a bien des manières de truquer une élection

Feu pour feu

Leye Adenle

éditions Métailié / Noir

 

Un polar qui change des polars polaires glaçants. Un auteur nigérian prometteur.

Il y a une élection, au poste de Gouverneur de Lagos, la plus grande ville du Nigeria. Il y a de l'argent, du sexe, donc de la violence et de la corruption. Avec des rebondissements. Parfois tellement surprenants que l'on préfère penser que c'est exagéré. Une belle femme courageuse qui va faire changer le cours des choses en osant s'opposer à la volonté du "Lion du pays yoruba". Un polar féministe !

La brigade "Fire-for-Fire", "Feu pour Feu" est spécialisée dans la lutte contre les braqueurs. Le titre du roman, mais pas du tout le sujet...

 

"Vois-tu, manipuler les élections est une nécessité. Si on ne le fait pas, l'adversaire, lui, le fera quand même. Il faut tricher un peu pour contrer leur propre tricherie."

"Quand nous bourrerons les urnes, nous ne pourrons pas nous attribuer tous ces votes. "

"Aucun esprit n'est plus puissant que l'argent. L'argent, c'est le pouvoir."

"Grâce aux allocations publiques de terrains, j'ai bâti ma fortune. Mais il suffit qu'un petit gars se pointe et révoque mes allocations de terrains et, d'un coup, je perdrais tout."

 

16:03 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, afrique

07/06/2020

Loin des mythes

Les espionnes racontent

Chloé Aeberhardt

éditions Robert Laffont

 

Chloé Aeberhardt est journaliste à "M", le magazine supplément du Monde. Pendant cinq années elle a enquêté sur la trace de professionnellles des principaux services de renseignements, de l'Est et de l'Ouest, et du Sud.

Son livre raconte autant son long travail de patience pour convaincre ces femmes à parler que ce que les huit qui ont finalement, après bien des efforts,  raconté, loin des mythes qu'elles récusent totalement. "Personne ne cumule les casquettes d'officier traitant, d'agent infiltré, de cible sexuelle, de tireur d'élite et de pilote d'avion."

 

"C'était un monde de machos". "Chacune des huit a subi le sexisme à un moment ou à un autre." "Le KGB a tenu ses personnels féminins à l'écart des missions de terrain du milieu des années 50 à 1985."

"Si le contact n'apparaissait pas sur zone entre deux minutes avant et trois minutes après l'heure convenue, l'entrevue était reportée."

"26% des fonctionnaires de la DGSE étaient des femmes. Une seule Directrice, pour dix-sept Directeurs."

"Pouvoir pleurer, c'est ça le bonheur, pour une femme."

"De l'espion ou du contre-espion, c'est le plus tenace qui l'emporte."

"Dieu a créé les hommes pour que les uns puissent exercer du pouvoir sur les autres" (Yola, agent du Mossad retraitée)

 

 

 

 

02/06/2020

Le roman vrai de la mafia du CO2

D'argent et de sang

Fabrice Arfi (journaliste Médiapart)

éditions du Seuil

 

D'un côté deux gamins de Belleville qui ne traînent pas longtemps sur les bancs de l'école communale. Ils deviennent les roi de l'arnaque.

De l'autre côté, de Paris, et de la société, Arnaud, éduqué mais sans aucun scrupule.

Ensemble, ils montent une des plus importante arnaque à la TVA, basée sur la bourse aux quotas de CO2 prévue par "le Protocole de Kyoto", un accord international basé sur le principe "pollueur + payeur". Un millier d'installations classées parmi les plus polluantes se trouve en France.

Il faudra des années aux énarques de Bercy, des douanes, de la brigade financière, de la Caisse des dépôts,  pour démonter la combine. Résultat : au moins deux milliards perdus pour les finances de l'Etat. La Cour des Comptes arrive au chiffre de 1,6 milliards.  "Une arrogance, un aveuglement, une inconséquence sidérante, une bêtise incommensurable, bref un fiasco d'Etat !"

"L'intelligence de rue de quelques sans-grade de Belleville, qui ont su s'associer avec les bonnes personnes au bon moment, est parvenue à duper l'intelligence diplômée des meilleurs énarques."

"Le tiroir était grand ouvert et les gars se sont servis dedans, mais ce n'est pas la faute du tiroir."

"Samy est sorti le grand gagnant de la répartition avec 120 millions pour lui, devant 60 ou 70 millions à Marco et 20 millions à Arnaud (qui perdra tout au jeu)."

La différence entre deux milliards et à peine plus de 200 millions ? Il faut bien payer des intermédiaires...

La vie super luxueuse de l'ultra-richesse des trois ex-gamins se terminera un jour, au mieux en prison, au pire...

Ayant bénéficié des largesses de l'un d'entre eux : "Bibi" et sa femme, qui ne payaient jamais rien quand ils venaient en France.

Une enquête qui se lit comme un roman !

 

 

16:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enquête

31/05/2020

l'amour, des 70's à #metoo

Un homme qui passe

Dany et Denis Lapière

éditions Dupuis / Aire libre

 

En Bretagne, en pleine tempête, un photographe bourlingueur et suicidaire sauve une jeune femme sur un voilier en perdition. Poussé par celle-ci il raconte sa vie amoureuse sans attache et sans promesse, au fil de ses reportages photographiques. De quoi choquer une jeune femme de la génération #metoo qui le classe dans la catégorie des "prédateurs sexuels", même s'il n'a jamais violé ni même forcé aucune.

Dany est un dessinateur bien connu de la BD belge, et Denis Lapière un scénariste chevronné. Ensemble, ils ont réussi un bel album, plein de sensibilité, et de nostalgie pour notre génération.

 

17:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

25/05/2020

Tenter de comprendre la Birmanie

Aung San Suu Kyi,

Rohingya,

et extrémistes bouddhistes

Frédéric Debomy, Benoît Guillaume

massot éditions

 

Je suis de ceux qui avaient une photo de "la dame de Rangoon" affichée dans leur bureau. Celles et ceux qui entraient ne pouvaient pas ne pas la voir. Au fil des années j'ai écrit régulièrement, pour le compte du groupe socialiste du Parlement européen, des propositions de résolution pour défendre les droits de l'Homme en Birmanie. Je comprends ce que Aung San Suu Kyi a souffert, en prison ou assignée chez elle. J'ai rencontré son mari à Chicago, en marge d'une convention du parti démocrate. Je sais que l'armée veut garder la réalité du pouvoir, et donc l'étroitesse de la marge de manoeuvre du gouvernement, surtout sur la question des minorités.

D'où mon désarroi face au drame honteux des Rohingas.

Frédéric Debomy et Benoît Guillaume connaissent la Birmanie. Ils s'y sont rendus plusieurs fois et y ont de nombreux contacts, surtout parmi les défenseurs des droits de l'Homme. Ils montrent par leurs dessins. Des faits, peu de jugements, pour nous laisser nous faire notre propre idée.

Ils parlent des Rohingya, mais également d'autres minorités, comme les Karens, et les Chins très soutenus par le PPE, et les Américains, parce que majoritairement chrétiens (ça, c'est moi qui l'ajoute)

 

"Je me retrouve à écouter ceux qui m'expliquent que les droits de l'homme passent après l'intérêt national et que la démocratie n'est pas toujours la priorité."

"Les moines extrémistes ont aussi poussé au crime."

"Donner un peu de pouvoir à Aung San Suu Kyi a permis aux militaires d'obtenir ce qu'ils souhaitaient : le rétablissement de relations correctes de la Birmanie avec la partie du monde qui n'appréciait pas leur dictature."

"Il y a un réflexe de défense d'une fierté fragile : on se referme."

"On opprime le plus faible par crainte du plus fort."

"Quand la politique dérive vers les obsessions identitaires, il me semble que c'est très dangereux." "En Birmanie comme en France, quand il est question d'identité les problèmes sont à l'avenant. Je crains que l'esprit de tolérance ne mette encore du temps à s'affirmer."

"Il y a des politiciens irresponsables qui vont dans le sens des préjugés au lieu d'inciter à les dépasser. Ils pensent que de cette façon, ils deviendront populaires. C'est jouer avec le feu."

"La Birmanie a derrière elle des décennies de conflits qui s'expliquent par le refus de l'armée birmane de prendre en compte une demande des minorités : vivre dans un Etat fédéral et non dans un Etat centralisé, sous domination des Birmans bouddhistes."

Le livre ses termine par la situation des femmes :

"être une femme en Birmanie, c'est être confinée à un rôle d'éternelle mineure. Les jeunes femmes obéissent à leurs mères."

"Il suffit d'observer que le statut des nonnes n'est pas égal à celui des moines."

"La femme doit à l'homme déférence et respect."

"Au Parlement birman, il y a 10% de femmes."

 

18:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bd, birmanie