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23/05/2020

Lublin 1938/1944

Au nom de l'enquête

Marcin Wronski

Actes noirs / Actes Sud

 

Lublin, au sud-est de Varsovie, sur la route vers l'Ukraine.

En 1938, une jeune femme est violée puis étranglée.De mystérieuses sécrétions maculent le corps de la victime. Le commissaire Zyga Maciejewski enquête. L'année suivante, même chose, alors que l'armée allemande envahit la Pologne. "Au nom de l'enquête", Zyga accepte d'être intégrée à la fameuse Kripo, la police criminelle allemande, bien connue des lecteurs de Philip Kerr. N'étant un "collabo" que pour des raisons de recherche d'un criminel, Zyga est recruté par la résistance, ce qui contrebalance son appartenance à la police allemande.

Zyga est obsédé par ces meurtres. D'autres identiques suivront. Pour Zyga, ils occultent les milliers de morts causés par les nazis, en particulier l'extermination du ghetto, et les morts du camp de concentration de Majdanck. Avec les nazis, le crime est dans l'ordre des choses.

En 1944, ce sont les troupes soviétiques qui bombardent Lublin puis s'installent dans la ville, ce qui n'empêchent pas Zyga de se concentrer sur la recherche de son tueur en série. Enfin avec succès.

 

 

17:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, histoire

20/05/2020

Salomon, maître des djinns

Soliman le Magnifique

scénario : Clothilde Bruneau, Esteban Mathieu

historien : Julien Loiseau (maître de conférences en histoire de l'islam)

dessin : Cristi Pacurariu

couleurs : Andrea Meloni, Mad5 Factory

Le Monde / Glénat / Fayard

 

Il n'y a qu'un seul Dieu, il ne peut donc y avoir qu'un seul Empereur. Soliman n'a jamais reconnu Charles Quint comme empereur romano-germanique. Soliman a bénéficié de la faveur des armes, en particulier de l'artillerie la plus puissante de son temps, grâce aux innovations de ses artilleurs francs,   et donc de la main de Dieu.

A la tête d'un Empire allant de Buda à La Mecque ainsi que le Yémen, et de Tunis à Bagdad, il avait pour concurrents les Habsbourg, ainsi que le Shah d'Iran.

Il conduisit en personne dix expéditions en Europe et trois en Asie. Avec deux échecs : Vienne et Malte.

A la tête de ses troupes à plus de 70 ans, afin d'éviter d'être évincé par son fils le plus populaire au sein de l'armée, il n'a pas hésité à le faire exécuter, ainsi que les jeunes enfants de ce dernier.

Les Balkans ne cessèrent de former le coeur de l'Empire ottoman.

 

"Le canon de la loi doit toujours succéder au fracas des armes."

 

08:05 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, histoire

18/05/2020

Une famille puissante, mais déchirée

L'Empire des Plantagenêt

1154 / 1224

Martin Aurell

éditions Perrin

 

 

De par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, Henri II Plantagenêt se trouve à la tête d'un "empire" qui va de l'Ecosse aux Pyrénées, de l'Irlande au Limousin. Mais pour ses fiefs continentaux Henri doit l'hommage au roi de France.

Pour tenter de contrôler ce vaste espace disparate, Henri II instaure une organisation bureaucratique en s'appuyant sur des clercs cultivés et des chevaliers lettrés. "La promotion par les études est monnaie courante." Le multiculturalisme implique le multilinguisme. Henri II ne maîtrise pas l'anglo-saxon, mais maîtrise le latin et fait preuve d'une vraie curiosité intellectuelle. Richard Coeur de Lion, comme une grande partie de la Cour,  pratique la poésie occitane.

"Le népotisme et le clientélisme sont alors les moyens les plus sûrs de promotion politique"

Le roi est condamné au nomatisme. C'est un perpétuel cavalier. En 34 années de règne, Henri II a traversé 28 fois la Manche. Il demeure plus souvent en Normandie qu'en Angleterre. Jean sans Terre restera reclus dans ses palais.

"Plantagenêt" ne deviendra un patronyme qu'au XVe siècle. "Plantagenêt" était le sobriquet de Geoffroy le bel, Comte d'Anjou, marié à Mathilde (petite fille de Guillaume le Conquérant), père d'Henri II. Sobriquet qui renvoie à son goût pour les bois et les forêts en raison de sa passion cynégétique.  "Le fondateur de la dynastie Pantagenêt apparait comme un jeune désargenté qui s'est fait un nom dans l'aristocratie par ses hauts faits d'armes et qui, en épousant une riche héritière, a trouvé la fortune nécessaire à son installation."

Henri II est obligé de reconnaître l'hérédité des fiefs de l'aristocratie. En échange il fait accepter le caractère héréditaire de la royauté.

L'aristocratie se révolte régulièrement, en particulier contre la lourde fiscalité imposée pour payer les mercenaires qui font les guerres. "A la fin du XIIe siècle, dans le milieu aristocratique, les armes sont souvent l'aboutissement naturel de tout conflit." "Les guerres sont toujours psychologiques : elles se gagnent autant dans l'imaginaire collectif que sur le champ de bataille." "Le mercenariat est à la guerre chevaleresque ce que la prostitution est à l'amour courtois" (Bertrand de Born)

Les succès de Philippe Auguste se multiplient jusqu'à la conquête de la Normandie, de l'Anjou et de la Touraine qui échappent à jamais au roi d'Angleterre.

"L'impopularité de Jean sans Terre parmi ses nobles est pour beaucoup dans la perte de la Normandie" Après la défaite de Bouvines, une révolte généralisée impose à Jean sans Terre, la "Grande Charte qui limite les pouvoirs royaux et pose les bases du parlementarisme anglais. "L'échec final de Jean sans Terre face aux Capétiens trouve sa cause principale dans la mésentente pathétique des Angevins". "L'harmonie est trop souvent l'exception dans les maisons princières".

 

Martin Aurell est professeur d'histoire du Moyen-âge à Poitiers, université réputée pour sa tradition de recherches sur les Plantagenêt.

 

08:32 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

16/05/2020

Une campagne électorale nouveau genre

Brexit, la guerre incivile

de Toby Haynes

avec Bénédict Cumberbatch, Rory Kianear

 

Ce film est passé totalement inaperçu en France. Il donne pourtant matière à réflexions.

Il relate la campagne "Leave" au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, en 2016.

Et oui, déjà quatre ans, et ni les Britanniques, ni les Européens ne savent quelles seront leurs relations demain. En particulier dans le domaine commercial.

Pour vendre leurs produits dans ce grand marché continental les Britanniques devaient, et doivent toujours,  respecter les normes européennes. C'est parce qu'ils voulaient avoir leur mot à dire dans l'établissement des normes européennes que les Britanniques ont adhéré, en refusant toujours une Europe plus intégrée. Etaient-ils vraiment dans l'Union européenne ? Pour eux pas d'Euro, pas de Schengen. Contrairement aux Norvégiens et aux Suisses.

Le film est un mixte entre images d'actualités et scènes jouées par des acteurs. Il montre les mensonges éhontés et assumés, totalement démagogiques des partisans du Leave.

Le plus flagrant est ce bus qui a circulé pendant toute la campagne avec écrit dessus : "Nous versons 350 millions de £ chaque semaine à Bruxelles, sortons et nous les verserons à notre système de santé". Bien entendu le chiffre n'avait rien à voir avec la réalité, et le NHS n'a pas reçu un penny supplémentaire depuis le référendum.

La campagne du Leave a joué sans scrupule sur la xénophobie. Elle osait affirmer : "70 millions de Turcs vont déferler sur l'Europe, et Bruxelles les encouragera". Nous avons eu droit au même type d'argument pendant notre référendum sur le projet de Traité constitutionnel. Pas une réunion publique sans que l'on me pose la question de la Turquie, alors que ce n'était pas la question posée...

Mais ce qui est le plus novateur dans ce film, est de montrer comment la campagne a utilisé,grâce à l'intelligence artificielle,  par des algorythmes de la firme "Cambridge analytica" tous ce que nous postons sur Facebook, nos tweet, nos blogs. Pas besoin de chercher à convaincre les 2/3 d'électeurs convaincus, dans un sens ou dans l'autre, mais un ciblage pointu des électeurs indécis, et l'envoi de messages tout aussi ciblés pour les pousser à voter Leave. Pas de messages globaux. Encore moins de messages faisant appel à l'intelligence. Vous avez l'impression de ne plus avoir de contrôle sur votre vie dans ce monde globalisé ? C'est la faute de l'Europe ! Votez Leave ! et comment ensuite vous pourrez de nouveau avoir ce contrôle ? Ce n'est pas dit, bien entendu, mais le message démagogique est bien passé, même si ce n'était qu'à une petite majorité.

Cette campagne a servi de banc d'essai à la campagne présidentielle de Donald Trump, qui a utilisé les mêmes méthodes, avec une victoire marginale (avec presque trois millions de voix de moins que sa concurrente).

La prochaine fois chez nous ?

18:06 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, politique, brexit

11/05/2020

Cadfael se dévoile

Le capuchon du moine

Ellis Peters

10/18 n°1993

 

Maître Bonel meurt en plein repas, en dégustant une succulente perdrix offerte par le prieur du couvent, faisant office d'abbé, en l'absence de celui-ci.

Le poison foudroyant est l'aconit, appelé familièrement "capuchon du moine". Il sort du laboratoire du Frère Catfael, herboriste du couvent. Il a été préparé pour un usage uniquement  et  strictement externe.

A qui profite le crime ? Les héritiers possibles sont les premiers soupçonnés. En particulier le jeune beau fils désigné héritier dans un premier testament. Il fait un coupable idéal pour le sergent des gens d'armes de la ville.

Mais Cadfael n'y croit pas et va plus loin dans les investigations, malgré les obstacles dressés par le faisant fonction d'abbé à qui il doit obéissance.

Tout sera bien car tout se terminera bien.

Ellis Peters, de son vrai nom Edith Pargeter, décédée en 1995, nous a laissé 21 volumes des enquêtes du Frère bénédictin Cadfael, et 10/18 a l'excellente idée de les réimprimer périodiquement.

L'enquête se déroule à la limite de l'Angleterre et du Pays de Galles, au XIIe siècle alors que s'éloigne la guerre entre les troupes du roi Etienne (Stephen) et les partisans de l'impératrice Mathilde. Tous deux ayant pour grand-père Guillaume le Conquérant. Mathilde est "impératrice" car veuve de l'empereur romano-germanique Henri V. Etienne a été reconnu roi d'Angleterre par le pape qui le soutient.

 

 

 

16:41 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : polar, histoire