27/04/2013
Pierre de patience
Syngué sabour
Pierre de patience
Prix Goncourt 2008
Atiq Rahimi
Folio n°5043
Une femme veille un homme, son mari, ayant reçu une balle dans la nuque.
Dans la tradition afghane, une "pierre de patience" est une pierre à qui il est possible d'exposer tous ses malheurs, toutes ses frustrations, tous ses secrets, jusqu'à délivrance de toutes les peines. Cette pierre "à qui tu confies tout ce que tu as sur le cœur et que tu n'oses pas révéler aux autres." Son mari, inerte, mais qui n'est pas mort, puisqu'il respire, devient sa "pierre de patience".
L'auteur a obtenu l'asile politique en France en 1984.
"Il ne faut jamais compter sur celui qui connaît le plaisir des armes"
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25/04/2013
Cohn-Bendit prépare sa nouvelle vie
Pour supprimer les partis politiques ! ?
Réflexions d'un apatride sans parti
Daniel Cohn-Bendit
Editions "Indigène", collection "Ceux qui marchent contre le vent"
Chez Dany, il y a d'abord l'aspect humain. Il raconte le parcours de ses parents, réfugiés en France pendant la guerre, puis le sien, né à Montauban, reparti en Allemagne, choisissant de devenir Allemand pour ne pas avoir à faire son service militaire, revenu en France pour faire ses études supérieures.
Pacifiste dans l'âme, il se heurtera au courant pacifiste allemand au moment de la guerre d'éclatement de la Yougoslavie : il demande alors que les soldats allemands soient "aux avant-postes de la protection de ceux qui se font massacrer ou jeter dans des camps de concentration."
Il raconte son itinéraire politique, teinté de pensée libertaire, "dans une opposition à tout concept d'autorité qui s'imposerait autrement que par une volonté collective autonome", dans la ligne antitotalitaire et autogestionnaire de "Socialisme et barbarie". "Contre la dictature du prolétariat et contre la dictature du capitalisme".
Quand il s'engage dans un parti, les Verts allemands, il choisit le courant "écolo-réformiste". "La grande leçon de la perestroïka, c'est que le réformisme peut être subversif."
"Dans la radicalité, il y a un danger majeur : le refus de l'autre, son déni, la volonté de l'anéantir". "Le rassemblement se fera non pas sur la position la plus radicale, mais sur des intérêts, des intuitions, des émotions et des désirs différents."
S'il a raison de dire qu'"un parti capte une grande partie de l'énergie des militants pour régler des problèmes internes", son appel à créer une "Coopérative politique" laisse plus sceptique.
Il prône le "réformisme subversif" constitué en "force de propositions".
Ce soixante-huitard assumé veut se "réinventer à l'aune de (ses) 68 ans" : "lecture, cinéma, football et rock'n'roll...autant de parades contre l'obscurantisme de la politique."
08:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique
24/04/2013
Patagonie de 1888 à2009
Chère Patagonie
Jorge Gonzalez
Editions "Aire Libre"
Une fresque épique, violente et poétique.
La Patagonie en 1888, 1915, 1926, 1939, 1973, 2002, 2009.
Le génocide des Indiens par des mercenaires à la solde des grands propriétaires anglais. Pour les moutons, et donc la laine.
Les Indiens exhibés comme des bêtes curieuses à l'Exposition universelle de Paris de 1889.
Les relations entre les Indiens et les colons, partageant la même vie rude au contact d'une nature souvent hostile. L'opposition récurrente entre la ville (Buenos-Aires), et la pampa.
La grande grève des ouvriers agricoles, qui se solde par 15.000 fusillés.
Les camps patagons où une dictature militaire enferme les militants de gauche et les péronistes.
Les tentatives de récupération des territoires mapuches (nom devenu générique pour la plupart des Indiens du Sud), contre Benetton et ses 900.000 hectares.
"Personne n'est coupable de ce qu'il doit vivre"
Une BD sombre dans son propos et ses couleurs.
08:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
20/04/2013
les aventures d'un centenaire
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Jonas Jonasson
Pocket n°14857
Il a 100 ans. La maison de retraite a organisé une fête, avec les autorités municipales.
Mails il est assez vaillant pour s'échapper et rejoindre la gare routière.
Commence alors le plus réjouissant des "road movies".
Et comme il a traversé le siècle, commencent des "flash back" improbables, de la guerre d'Espagne à Bali, en passant par les Etats-Unis de Truman, la Russie de Staline, la Chine, l'Iran, la France de mai 68, etc.
Comme le disait le grand-père de l'auteur : "Ceux qui ne savent raconter que la vérité ne méritent pas qu'on les écoute".
Un livre goûteux qui mérite amplement le bouche à oreille très positif dont il bénéficie.
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
13/04/2013
Sepuveda en Patagonie
Dernières nouvelles du Sud
Texte de Luis Sepulveda
Photographies de Daniel Mordzinski
Editions Métaillié
Luis Sepulveda et son "socio", le photographe Daniel Mordzinski sont partis tout droit vers le Sud, à travers l'immensité de la Patagonie, jusqu'au Détroit de Magellan, au sud duquel commence la Terre de Feu.
Bien loin de la Patagonie des touristes, telle que j'ai pu la voir. Les seuls points communs sont les paysages à perte de vue, les moutons, le vent omniprésent. "La voix puissante du vent raconte toujours d'où il vient et, chargé d'odeurs, dit tout ce qu'il a vu".
Ils ramènent des portraits de personnages hors du temps, comme sur une autre planète, ou d'un autre temps. Un incroyable dépaysement. "On a la nostalgie de ce que l'on vous arrache, non de choses imaginaires".
Sepulveda parle des Indiens, Tehuelches, et bien entendu Mapuches, qui "vivent sur les deux versants de la cordillère des Andes". Mais aussi "les regards bleus des habitants les plus âgés dont la plupart ont des patronymes allemands, suisses, autrichiens ou croates." "Il est très difficile d'écrire l'histoire des vaincus". "La tristesse est tout ce que les vainqueurs laissent sur leur passage".
"Le danger s'annonce chaque fois que les Nord-Américains parlent de liberté, de Dieu ou d'héroïsme" "Champion du néolibéralisme, trafiquant d'armes -l'un ne va pas sans l'autre." "Les privatiseurs, ces nouveaux héros de l'humanité". "Les maquereaux n'exhibent plus d'orgueilleuses cicatrices mais des diplômes de l'école de Chicago".
"Lire ou écrire, c'est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions".
"Selon la devise des Patagons, se hâter est le plus sût moyen de ne pas arriver".
"Le destin est toujours devant et on ne doit avoir dans son dos que la guitare et les souvenirs".
"L'argent n'est pas stupide, il est lâche".
"Le bon silence fait partie de la communication avec son éloquence particulière et son message sans équivoque".
07:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature


