07/01/2014
Dessins pour la liberté de la presse
100 dessins de "Cartooning for peace"
Pour la liberté de la presse
Edité par "Reporters sans frontières"
J'ai déjà parlé à plusieurs occasions de "Cartooning for peace", l'association, fondée par Plantu, de dessinateurs de presse du monde entier. Certains d'entre eux sont en butte à la censure.
Je parle régulièrement de publication de "reporters sans frontières". Jusqu'à présent des albums de "100 photos".
La jonction des deux est particulièrement réussie.
Avec Plantu, et quelques autres Français, Heng de Singapour, sur le régime chinois, le fantastique belge Kroll, dont j'ai déjà parlé, Kichka, assez critique envers le régime israélien, les Suisses Chapatte, Mix et Remix, l'Algérien Dilem, Willis from Tunis, Glez du Burkina Faso. Et plein d'autres encore. Il y a même un Iranien !
Les écoutes des Européens par la NSA américaine sont le sujet de quelques dessins justement satiriques.
Un album incontestablement drôle et intelligent.
"Cartooning for peace" organise, avec le Conseil général de l'Hérault, un festival du dessin de presse. Malheureusement, je ne pourrais probablement pas être à Montpellier pour la deuxième édition, consacrée aux femmes, les 5 et 6 avril.
09:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
04/01/2014
Rescapés des années de plomb
L’évasion
Dominique Manotti
Série noire
Historienne de formation, et militante de gauche, Dominique Manotti écrit, depuis dix ans, des romans policiers ancrés dans l’actualité politique.
Dans « l’évasion » elle évoque les « années de plomb ». Des centaines de victimes du terrorisme en Italie, de 1969 à 1976. Certains protagonistes avaient trouvé refuge dans la France de François Mitterrand. « L’exil fabrique des mythomanes et des paranoïaques ».
Elle rappelle que c’est l’extrême droite qui a fait exploser la première bombe, en 1969, à Milan, faisant dix-sept morts et des dizaines de blessés. Personne n’a jamais été condamné.
Elle raconte également la création romanesque à partir de la réalité, vécue, ou imaginée. « Ecrire est devenu, sans que je l’aie décidé, le seul moyen de survivre. »
« Un pays qui occulte son histoire pourrit de l’intérieur ».
17:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
02/01/2014
Confessions inattendues d'une conductrice d'autobus
« La porte ! »
Anne Sari
Editions Michalon
Anne Sari, hôtesse de l’air, au bon niveau intellectuel, « sale gosse de riches et bobo décalée », la cinquantaine venue, se retrouve au chômage, et en instance de divorce.
Parce que « la liberté passe par l’épanouissement professionnel et l’indépendance financière », et parce que « les transports en commun demeurent encore une corporation très ouverte à l’embauche », après trois mois de formation, elle obtient le « titre professionnel de conductrice du transport routier interurbain de voyageurs ».
« Au pôle emploi j’étais classée dans les « séniors », plus de 45 ans oblige ».
Elle écrit pour raconter son quotidien. « L’on écrit parce que la vie ne suffit pas ».
« Des études de mœurs sur des populations très éclectiques qui raviraient à coup sûr n’importe quel sociologue ».
« La prise en charge d’êtres humains, quelle qu’elle soit, n’est pas une mission anodine ».
« Incroyable comme le cortex cérébral masculin perd si facilement tout discernement ».
« Un jovial collègue arabe m’a exposé sans états d’âme qu’il refuse les Roms à bord de son bus ».
« Démarré à 4h58 du matin. Tellement la trouille de ne pas me réveiller à 3 heures… »
« Impossible de savoir comment on va travailler, la veille pour le lendemain. »
« J’ai droit au fatal « la porte ! L’on a pas daigné ajouter « s’il vous plait » et l’on ne dira pas « merci ».
« Ma première insulte : deux « marmailles » de dix ou douze ans. »
« Une pierre lancée par un gamin de dix ans, accompagné de sa mère en burqua ».
« On peut être ferme, net et même dire des choses pas forcément agréables à entendre, tout en restant courtois. »
« C’est rigolo de voir les gens émerger, par encore stressés ni marqués par le poids de la journée ».
Total respect, et un seul regret : Anne Sari officie à Lyon, mais ses bus ne vont jamais à Tassin-la-demi-Lune !
08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transports en commun
31/12/2013
A l'ombre des jeunes vignes en fleurs
Chroniques de la vigne
Conversations avec mon grand-père
Fred Bernard
Editions Glénat
Fred Bernard est Bourguignon, et fier de l’être. Issu d’une famille de vignerons, il a abandonné la vigne pour « faire » les « Beaux Arts ». Il reste attaché à son terroir, proche de Beaune, et il fait parler son grand-père, qui parle du vin, « toute sa vie », et de l’ancien temps (« c’était considéré comme un aliment au même titre que le pain dans les années 30 »). Les temps anciens, c’est aussi la guerre.
J’ai appris qu’en Bourgogne « on a jamais eu droit aux assemblages comme à Bordeaux », que « la vigne adore le brouillard de novembre », qu’après le phylloxera « toutes les vignes françaises sont reparties de greffes américaines, sauf celle de Sarragachies dans le Gers, classée monument historique parce qu’elle est la seule à avoir survécu », que chaque pied de vigne représente environ une bouteille de vin, qu’ »apprécier le vin rouge demande une certaine maturité et d’assumer sa part d’animalité », que c’est le Bourguignon Gustave Eiffel qui a inventé le sécateur, car « il trouvait que le vignerons se blessaient trop souvent ».
Je ne l’ai pas lu un verre de Pommard à portée de mains, mais j’ai trouvé le livre « goûteux » !
« Je me méfie des gens qui ne boivent pas du tout. Je suis persuadé qu’ils craignent de perdre le contrôle » (Je suis de ceux-là, et j’assume !)
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
28/12/2013
Amitié impossible
L’ami retrouvé
Fred Uhlman
Folio + classiques n°50
L’amitié absolue est-elle possible ? L’amitié est-elle possible entre un Juif et un Allemand partisan d’Hitler ? « Inconnu à l’adresse indiquée » a fourni une réponse. Comme l’amour, l’amitié absolue, « dans un romanesque idéal », peut-être « la source du plus grand bonheur, et du plus grand désespoir ».
Le débat sur l’assimilation, pourrait être repris aujourd’hui. Le père du narrateur, Juif non croyant se met en uniforme allemand, avec sa croix de guerre 14/18, tout comme beaucoup de Juifs français l’ont fait, en France, pendant la seconde guerre mondiale : ils ne pouvaient pas croire qu’on puisse mettre en doute leur appartenance à la patrie pour laquelle ils s’étaient battus, au risque de leur vie.
Alors qu’Hitler est aux portes du pouvoir, « la question essentielle n’était plus de savoir ce qu’était la vie, mais de décider de ce qu’il fallait faire de cette vie ».
Intéressant de voir comment l’Histoire est présentée aux jeunes Allemands à cette époque de propagande nationaliste.
08:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature


