22/05/2012
un président normal ?
L'homme qui ne devait pas être Président
Antonin André et Karim Rissouli
Editions Albin Michel
9 décembre 2010, Alger, François Hollande déclare : "Le temps d'un Président normal est venu !". Quand ce concept est-il né ? Dès décembre 2004, Paris Match posait la question : "Les Français peuvent-ils élire quelqu'un de normal ?", à propos de François Hollande. Pas difficile de deviner l'auteur(e) de l'article...
Quand François Hollande reprend le concept, il avait pour but, d'après les auteurs, de se distinguer, non pas du candidat sortant, mais de DSK, lors des "primaires". D'où le flottement, en mai de l'année dernière, quand DSK a glissé en sortant de la douche de la suite du Sofitel.
Rapidement, "il intègre que le ressentiment à l'égard du sortant sera un élément clé.", "après avoir travaillé sur sa stature présidentielle".
Le principe est aussi vieux que les candidatures électorales "réussir à transformer ses faiblesses personnelles en atout politique".
Il veut donner un "image de gauche crédible et sérieuse".
François Hollande doit beaucoup à la Corrèze. Ce sont "les épousailles d'un territoire".
L'humour "corrézien" de Jacques Chirac, répétant à trois reprises qu'il votera Hollande lui donne une nouvelle légitimité.
"Il y a une sorte de mimétisme avec Mitterrand à la tribune, mais dès qu'il descend dans la foule, c'est Chirac !"
"Je pense que Hollande est l'inverse d'un homme normal. C'est quelqu'un de beaucoup plus fort que ce que l'on croit, beaucoup plus fermé aussi. Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi difficile à cerner" François Rebsamen, Sénateur-maire de Dijon.
François Hollande :
"Quand on gagne et qu'on veut remporter l'étape suivante, il faut n'avoir aucune mémoire"
"Je suis très bavard, mais sur l'essentiel, sur moi, je ne dis rien. Même à mes proches."
09:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hollande, politique
20/05/2012
Droit du sol
Mystère rue des Saints-Pères
Claude Izner
10/18 « Grands détectives » n°3505
Paris 1889 : Victor Legris est libraire, rue des Saints-Pères. A la grande irritation de son associé et de son employé, il n’est pas souvent dans sa librairie, tant il se trouve mêlé à des morts suspectes.
Au-delà de l’énigme (tueur en série ?), le roman est une bonne occasion de nous plonger dans l’ambiance de l’exposition universelle parisienne de la fin du XIXe siècle, destinée à commémorer avec éclat le centenaire de la Révolution.
S’achève la tour Eiffel qui veut dépasser en hauteur l’obélisque de Washington, alors le plus élevé du monde. L’exposition est également l’occasion de faire découvrir, sommairement, les territoires que la France vient de coloniser. Il y a également la bien pratique invention du préfet Poubelle, les premiers appareils photographiques à pellicules souples, et les premières cabines téléphoniques.
C’est également en 1889 qu’une loi fait prévaloir « le droit du sol » qui permet à ceux, nés en France, de parents étrangers, d’acquérir la nationalité française.
10:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
19/05/2012
l'Algérie : les années de plomb
Morituri
Yasmina Khadra
Folio policier n°510
Grandes interrogations sur la crédibilité des élections en Algérie.
Bonne occasion pour lire ce petit roman policier, qui sous prétexte d'une enquête du commissaire LLob, nous fait revivre ces "années de plomb", de terrorisme aveugle face à un pouvoir qui ne l'était pas moins. Le temps où "tout paraît suspect. Chaque pas est un péril." "Des corps disloqués saignent sur le pavé". "Lorsqu'un collègue et tué par balle, on estime que c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux - au vu des cadavres horriblement dépecés qui jalonnent la malheureuse terre d'Algérie". "L'enfer ne brûle que par les flammes des illuminés". "Alger et un mouroir. Dieu y fait fonction de sédatif".
"La brise musardant dans les échancrures de la nuit ne bercera plus mes rêveries."
Mais c'était également "le temps où j'avais l'orgasme à fleur de peau ; le temps où je pouvais dissocier la fierté de la virilité".
Avec ce style, inimitable, mais qui rappelle San Antonio :
"La légende raconte que notre éminent tributaire des sciences anales s'envoie tout ce qui bouge, sauf les aiguilles d'une montre, tout se qui se tient debout sauf les balises et tout ce qui se touche sauf les procès-verbaux."
"Il arrive que l'on pardonne la faute, jamais la différence"
"Il n'a pas plus de talent qu'une pantoufle n'a de talon"
"Il croyait en un seul dieu, le seul dieu qui n'a pas besoin de prophètes pour lui faire de la pub : le pognon !" "Ici, les valeurs fondamentales sont inhérentes aux relevés bancaires"
"Dans une société où l'on dit rarement merci et jamais pardon, l'ingratitude est nature"
"Les seules tâches qui échoient au peuple sont le vote et la guerre".
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
15/05/2012
Le paradis de Zahra
Zahra's Paradise
Amir& Khalil
Editions Casterman
Le "paradis de Zahra" est un gigantesque cimetière en périphérie de Téhéran, qui doit son nom à la fille unique du Prophète, Fatima Zahra, épouse d'Ali, mère d'Hussein et Hassan. "On raconte qu'enterrer les défunts dans cette terre sacrée leur assure de renaître au paradis".
Ce roman graphique, d'abord publié sur internet, en farsi, en arabe et en anglais, raconte la recherche, d'hôpitaux en prisons, d'un fils, d'un frère, étudiant, prénommé Mehdi, comme l'imam caché, disparu pendant les manifestations qui ont suivi les dernières élections présidentielles iraniennes.
"Nos anciens rois nous arrachaient les yeux, les nouveaux veulent débrancher Internet pour faire disparaître notre reflet."
Un témoignage de la détresse d'un peuple confronté à la dictature, mais aussi de l'amour, l'humanité, la dignité des Iraniens. "L'histoire comme preuve d'amour".
"Ils retiennent l'Iran en otage comme si l'ombre de Dieu sur terre n'était qu'un linceul de mort." "Ils ont fait de l'islam un bagne où le temps est une unité de mesure de la douleur".
"Nos gardiens de la moralité sont obsédés par le sexe. Ils ont fait du corps un objet criminel." "Qu'est-ce que ces gens ont tellement à craindre de l'amour ?"
"Il n'y a rien de plus encourageant, en détention, que d'apprendre que des gens, dehors, soutiennent la cause pour laquelle vous êtes à l'intérieur" Nelson Mandela. "Nous ne prenons vraiment vie que dans le cœur des autres". "A notre mort, ne cherchez pas notre tombe sous terre mais dans le cœur des hommes".
Pour des raisons de sécurité, évidentes, Amir et Khalil sont des pseudonymes.
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
12/05/2012
De la Suède à la Chine, de la Chine à l'Afrique
Le chinois
Henning Mankell
Editions du Seuil
Dans le nord de la Suède, toute la population d'un hameau est massacrée.
L'enquête n'est pas menée par le célèbre "commissaire Wallander", héros habituel de Mankell, mais par une juge, même pas chargée de l'affaire, même pas juge d'instruction, et qui se retrouve mêlée à la lutte, au sein de la direction du Parti communiste chinois, entre les capitalistes et les partisans d'une politique plus égalitaire, héritée de l'idéal communiste.
Grande question de géopolitique : comment vont se comporter les millions de paysans pauvres, las d'attendre leur tour devant le spectacle de la richesse des villes ? "Existe-t-il une autre solution que la répression aveugle ?" En attendant la réponse, le régime augmente sensiblement ses dépenses militaires, alors qu'il n'y a pas de menace extérieure. Pour faire face à une importante menace intérieure ?
L'Afrique, ses richesses, en matières premières, en terres fertiles sous exploitées, est une piste pour permettre à la Chine de redevenir l'Empire du "Milieu", une grande puissance mondiale.
Un roman qui fait voyager, non seulement dans l'espace (les Etats-Unis, le Zimbabwe et Londres, en plus de la Suède et de la Chine), mais également dans le temps, à l'époque de la construction du chemin de fer américain.
A la fin du roman, les méchants sont les perdants. Dans la réalité chinoise ?
"La question de l'avenir n'est jamais réglée une fois pour toute !"
"Le flic rationnel et complètement dénué d'imagination, c'est un mythe"
"Ils parlaient sans cesse de ce qui attendait l'homme après sa mort, jamais de la façon de changer le cours de sa vie"
"Pour lui, les affaires ou la politique étaient comme la guerre : hors du calcul froid et rationnel, pas de salut."
"On ne pouvait avancer qu'en identifiant clairement où se trouvait le pouvoir à un moment donné".
"Ce que nous avions en tête dans notre jeunesse. Ne pas seulement comprendre la réalité, mais la transformer"
"Vieillir exige de se méfier du sentimentalisme" ; "vieillir, c'est battre en retraite ; on ne va plus de l'avant. On revient lentement sur ses pas"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature


